Comment
sortir de la spirale infernale des mauvaises nouvelles ? Comment se
"laver" l'esprit de ces images de mort et de tristesse ?
Vendredi, dans le flot d'informations, une nouvelle sort du lot : le
dernier titre de David Bowie mérite le détour. Je ne suis pas
spécialement fan du chanteur androgyne. Je lance néanmoins le clip,
un peu de musique ne peut pas faire de mal vu le contexte général.
Le choc. Dix minutes de rythmes lancinants au cours desquelles le
chanteur ne cesse de répéter "I'm a black star".
Peut-être est-ce mon état d'esprit actuel (sombre, très sombre),
mais il me semble que ce titre, pourtant composé et enregistré bien
avant le vendredi 13, illustre parfaitement l'époque. Cette étoile
noire, qui irradie toutes les scènes d'une lumière crépusculaire,
brille encore au fond de mes yeux. Des yeux qui ne veulent plus voir
ces horreurs. Bowie, dans toute la première partie, semble aveugle
également, une large bande de tissu blanc nouée sur le haut du
visage. Derrière lui, des hommes et des femmes, en transe tels des
danseurs vaudous, semblent tout aussi absents, ailleurs, possédés.
Dix minutes hors du temps, de la réalité. A la fin, difficile de
quitter ce monde fantasmagorique. Le lendemain, dès le réveil,
après une nuit de cauchemars (je ne dois pas être le seul en ce
moment), la Black Star de Bowie m'obsède, me revient sans cesse à
l'esprit. L'évidence s'impose : dans ma mémoire, cette chanson
bizarre et dérangeante personnifiera pour toujours cette période,
ce malaise général installé depuis les premières explosions au
Stade de France.
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
lundi 30 novembre 2015
dimanche 29 novembre 2015
Roman - Politique fiction à droite toute !
Pour
beaucoup d'observateurs, l'élection de 2017 sera une revanche de
2012 entre Hollande et Sarkozy. Geoffroy Lejeune imagine la victoire
d'un outsider : Éric Zemmour.
Faut-il aimer se faire
peur ? Imaginer le pire pour se contenter du raisonnable ? On se pose
forcément la question en refermant ce livre de politique fiction
signé par un rédacteur de « Valeurs actuelles »,
hebdo ouvertement à droite pour ne pas dire à l'extrême droite.
Geoffroy Lejeune se met dans la peau d'un journaliste chargé de
couvrir la campagne présidentielle de 2017. Affecté au staff de
Marine Le Pen, il se réjouit d'être enfin dans le camp qui a toutes
les chances de l'emporter. Mais avant cela il raconte comment, en
coulisses, tout se met en place. Par exemple il détaille la façon
dont Sarkozy l'emporte aux primaires des Républicains et fait le
ménage autour de lui. Il découvre également comment le Front
National se retrouve profondément divisé depuis que sa présidente
décide de la dédiabolisation et surtout de l'inflexion de la ligne
vers un nationalisme protecteur qui doit beaucoup aux idées de
Chevènement. Conséquence, les plus à droite du FN se rebellent.
Le père, mais surtout la nièce, Marion, obligée de quitter le
parti pour désaccord et tentée de se retirer de la vie politique.
Mais un phénomène va la
faire changer d'avis. Quelques conseillers occultes, dont le
sulfureux Patrick Buisson, sont persuadés que les Français ne
veulent pas d'un remake de 2012. Ils font tout pour qu'un outsider
émerge. L'énorme succès de librairie du « Suicide français »
d'Éric Zemmour les persuadent qu'il peut être l'homme de la
situation. Clairement à droite, mais pas trop sectaire, apprécié
par une large frange de la population pour sa façon d'exprimer avec
des mots simples ce que certains pensent sans oser le dire. De plus,
considéré par les autres candidats comme un saltimbanque, il cache
bien son jeu.
Zemmour, du
saltimbanque au président
Buisson se lance dans la
bataille quand il est persuadé que Sarkozy n'a plus aucune chance de
l'emporter, tant devant Hollande que Le Pen, mal conseillé par une
Carla beaucoup trop à gauche selon certains. Le conseiller qui a
enregistré secrètement ses conversations avec l'ancien président
se réjouit de lui annoncer sa décision : « Nous
ne travaillerons plus ensemble, Nicolas, c'est fini. Tu ne peux plus
gagner et je ne te fais plus confiance. Tu as trahi, tu trahiras. »
Sarkozy se montre menaçant mais Buisson a
cette réplique qui éclaire peut-être l'ancien président sous un
jour nouveau : « Je te connais par cœur,
Nicolas. Tu as beaucoup de défauts, mais le pire d'entre eux, c'est
que tu ne sais pas tuer. C'est ta plus grande faille. »
Trop gentil Sarkozy ? Étonnant, mais c'est bien sous cet aspect
qu'il est décrit.
Par contre Hollande est
machiavélique. Il devine l'impact Zemmour. Une division
supplémentaire de la droite qui ne peut que lui être bénéfique.
Sauf si il parvient à coiffer sur le poteau les autres candidats. Il
va alors ratisser très large, de NKM à Marion Maréchal-Le Pen, en
passant par quelques apparatchiks de gauche. Ce texte se lit comme un
thriller, avec trahison et coups de théâtre. Il y a même quelques
morts célèbres. Comme un antidote à ceux qui croient trop vite que
tout est déjà joué.
« Une élection
ordinaire », Geoffroy Lejeune, Ring, 18 euros
samedi 28 novembre 2015
Cinéma - Rêverie audoise des frères Larrieu
Pattie existe. Le personnage principal du nouveau film d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu n'a rien d'imaginaire. Les cinéastes français au parcours si singulier ont écrit ce scénario original (ils ont jusqu'à présent surtout adapté des œuvres littéraires comme "L'amour est un crime parfait" de Djian ou "Les derniers jours du monde" de Dominique Noguez) l'été dans la maison familiale de Castans dans la Montagne noire audoise. Cette amie racontait sans cesse ses conquêtes sexuelles, ses exploits avec les gars du pays, son goût pour le sexe, la chair, le plaisir. Un univers qui parle à ces créateurs filmant à la perfection la beauté féminine et les mystères de la passion. Pattie au centre de l'intrigue, il suffisait ensuite de dérouler une histoire qui s'adapte aux décors d'origine.
Après les Pyrénées et les Alpes, les frères Larrieu ont décidé de filmer cette Montagne Noire qu'ils connaissent si bien pour y avoir passé tous les étés de leur enfance. A Castans, dans ce petit village aux pentes raides, entouré de forêts profondes et de légendes ancestrales, la mort et la vie font bon ménage. Et parfois, la barrière entre les deux états s'estompe au profit d'une situation plus complexe, où la raison est mise sous l'éteignoir des croyances. La mort, Caroline (Isabelle Carré) ne l'a jamais côtoyée. En vacances en Espagne en compagnie de son mari (Sergi Lopez) et ses deux filles, elle doit rentrer d'urgence pour s'occuper des obsèques de sa mère, Isabelle (Mathilde Monnier), morte d'une crise cardiaque. Entre la fille et la mère, cela n'a jamais été l'osmose ni le grand amour. Caroline va s'occuper des tracas administratifs (avis de décès, obsèques, mise en vente de la maison) et retourner bien vite au soleil de la Catalogne. C'est sans compter avec les facéties d'une morte qui aime s'évaporer… Le cadavre disparaît, la gendarmerie enquête, Caroline doit rester à Castans, qui justement est en pleine fête votive estivale.
Elle va donc cohabiter avec Pattie (Karin Viard), la meilleure amie, confidente et femme de ménage de sa défunte mère. Pattie qui ne s'embarrasse pas de fioritures pour entretenir la conversation. Elle parle de ce qu'elle connaît le mieux : le sexe. Et de comparer les techniques, mensurations et habitudes des divers hommes du village qu'elle croise et qu'elle semble avoir tous testés. Pour Caroline, introvertie et à la libido totalement morte, c'est un choc qui n'est pas sans effet. Quelques jours dans la nature exubérante de cette forêt audoise, entre arbres moussus et torrents rafraîchissants, vont changer la personnalité de la blonde Parisienne, sous le regard bienveillant de sa mère, fantôme agissant. Si les dialogues, notamment dans la jolie et élégante bouche de Karin Viard, sont d'une verdeur extrême (à ne pas mettre dans toutes les oreilles), les images restent sages. Belles comme un baiser chaste, préambule à'un déferlement de passion physique, que l'on imagine mais qui n'est pas montré.
Le sexe parlé
Après les Pyrénées et les Alpes, les frères Larrieu ont décidé de filmer cette Montagne Noire qu'ils connaissent si bien pour y avoir passé tous les étés de leur enfance. A Castans, dans ce petit village aux pentes raides, entouré de forêts profondes et de légendes ancestrales, la mort et la vie font bon ménage. Et parfois, la barrière entre les deux états s'estompe au profit d'une situation plus complexe, où la raison est mise sous l'éteignoir des croyances. La mort, Caroline (Isabelle Carré) ne l'a jamais côtoyée. En vacances en Espagne en compagnie de son mari (Sergi Lopez) et ses deux filles, elle doit rentrer d'urgence pour s'occuper des obsèques de sa mère, Isabelle (Mathilde Monnier), morte d'une crise cardiaque. Entre la fille et la mère, cela n'a jamais été l'osmose ni le grand amour. Caroline va s'occuper des tracas administratifs (avis de décès, obsèques, mise en vente de la maison) et retourner bien vite au soleil de la Catalogne. C'est sans compter avec les facéties d'une morte qui aime s'évaporer… Le cadavre disparaît, la gendarmerie enquête, Caroline doit rester à Castans, qui justement est en pleine fête votive estivale.
Elle va donc cohabiter avec Pattie (Karin Viard), la meilleure amie, confidente et femme de ménage de sa défunte mère. Pattie qui ne s'embarrasse pas de fioritures pour entretenir la conversation. Elle parle de ce qu'elle connaît le mieux : le sexe. Et de comparer les techniques, mensurations et habitudes des divers hommes du village qu'elle croise et qu'elle semble avoir tous testés. Pour Caroline, introvertie et à la libido totalement morte, c'est un choc qui n'est pas sans effet. Quelques jours dans la nature exubérante de cette forêt audoise, entre arbres moussus et torrents rafraîchissants, vont changer la personnalité de la blonde Parisienne, sous le regard bienveillant de sa mère, fantôme agissant. Si les dialogues, notamment dans la jolie et élégante bouche de Karin Viard, sont d'une verdeur extrême (à ne pas mettre dans toutes les oreilles), les images restent sages. Belles comme un baiser chaste, préambule à'un déferlement de passion physique, que l'on imagine mais qui n'est pas montré.
vendredi 27 novembre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - La parole aux gens
La presse papier aurait sans doute un bel avenir devant elle si elle comprenait qu'il faut cesser de donner toujours la parole aux experts et autres "qualifiés".
L'expérience vient d'être tentée par le quotidien gratuit "20 minutes" dans son édition de mardi. Deux journalistes de la rédaction ont écumé les stations de métro, arrêts de bus et terrasses pour rencontrer ces anonymes dont on parle trop rarement. Une initiative lancée bien avant les attentats et qui résonne étonnamment dans cette France toujours en état de choc. Une première partie sérieuse, avec les avis simples et tranchés de ceux que 20 minutes appelle la "génération 404" (comme l'erreur informatique), quelques portraits et un volet plus satirique et carrément punk.
Le traditionnel horoscope est remplacé par un "Hackoscope" à vous donner la chair de poule. Du signe de la Balance, on me prévient : "Tu avais déjà un cul gros comme le Mont-Blanc et un bide à faire pâlir d'envie Carlos (pas le terroriste, l'autre)... Désormais, c'est ta tête (de con ?) qui ne passe plus les portes." Me voilà habillé pour l'hiver (hélas, ils tapent dans le mille à 80 %). Pas mieux pour les Cancer : "Tu passes une bonne journée ? Profites-en bien, parce que tu vas prendre très cher d'ici à ce soir."
En détournant l'horoscope de sa fonction première (affirmer qu'aujourd'hui est mieux qu'hier et moins bien que demain), les sales gamins nous donnent une formidable leçon de vie. On pourrait même élever ce "hackoscope" au niveau d'une doctrine philosophique digne des meilleurs nihilistes.
L'expérience vient d'être tentée par le quotidien gratuit "20 minutes" dans son édition de mardi. Deux journalistes de la rédaction ont écumé les stations de métro, arrêts de bus et terrasses pour rencontrer ces anonymes dont on parle trop rarement. Une initiative lancée bien avant les attentats et qui résonne étonnamment dans cette France toujours en état de choc. Une première partie sérieuse, avec les avis simples et tranchés de ceux que 20 minutes appelle la "génération 404" (comme l'erreur informatique), quelques portraits et un volet plus satirique et carrément punk.
Le traditionnel horoscope est remplacé par un "Hackoscope" à vous donner la chair de poule. Du signe de la Balance, on me prévient : "Tu avais déjà un cul gros comme le Mont-Blanc et un bide à faire pâlir d'envie Carlos (pas le terroriste, l'autre)... Désormais, c'est ta tête (de con ?) qui ne passe plus les portes." Me voilà habillé pour l'hiver (hélas, ils tapent dans le mille à 80 %). Pas mieux pour les Cancer : "Tu passes une bonne journée ? Profites-en bien, parce que tu vas prendre très cher d'ici à ce soir."
En détournant l'horoscope de sa fonction première (affirmer qu'aujourd'hui est mieux qu'hier et moins bien que demain), les sales gamins nous donnent une formidable leçon de vie. On pourrait même élever ce "hackoscope" au niveau d'une doctrine philosophique digne des meilleurs nihilistes.
jeudi 26 novembre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Fausse info, vrais rires
Sur la base d'une citation déformée de Valérie Pécresse, le réseau Twitter a rebondi et transformé cette supposée bourde en une chaîne hilarante. En meeting, la tête de liste de la droite aux régionales en Ile de France fait le rapprochement entre fraude au métro et terrorisme et prend pour exemple la vidéo-surveillance d'Abaaoud franchissant un portique. Résultat, Valérie Pécresse semble dire qu'en "oubliant" son ticket on devient terroriste, "ça commence par là... » En réalité son discours n'établit pas de lien direct, elle remarque juste que les terroristes vivent dans un tel sentiment d'impunité qu'ils osent au vu et au su de tous de se comporter comme des délinquants.
Des propos sortis de leur contexte, repris sur Twitter et rapidement moqués avec le mot-dièse #commentjesuisdevenuterroriste. Un jeu très naïf où chacun prend plaisir à confesser ses premières "bêtises", lesquelles heureusement n'ont jamais provoqué le moindre bain de sang. Florilège.
La plus gentille : "Une fois j'ai mangé un grain de raisin dans le rayon fruits et légumes de chez Lidl, je ne l'ai pas signalé".
La plus rebelle : "Une fois, j'ai mis mon disque du stationnement sur 17 h 00, alors qu'il était 16h45".
La plus geek : "J'ai accepté les conditions d'utilisation d'un logiciel en attestant que je les avais lues, et en fait, non".
La plus chipie "Le jour où j'ai volé la carte Club Dorothée de Vanessa en primaire".
Enfin la plus bizarre (parce que tout le monde l'a fait sans penser mal) : "Petite, je remontais le toboggan à l'envers". Rires authentiques pour fausse info.
Des propos sortis de leur contexte, repris sur Twitter et rapidement moqués avec le mot-dièse #commentjesuisdevenuterroriste. Un jeu très naïf où chacun prend plaisir à confesser ses premières "bêtises", lesquelles heureusement n'ont jamais provoqué le moindre bain de sang. Florilège.
La plus gentille : "Une fois j'ai mangé un grain de raisin dans le rayon fruits et légumes de chez Lidl, je ne l'ai pas signalé".
La plus rebelle : "Une fois, j'ai mis mon disque du stationnement sur 17 h 00, alors qu'il était 16h45".
La plus geek : "J'ai accepté les conditions d'utilisation d'un logiciel en attestant que je les avais lues, et en fait, non".
La plus chipie "Le jour où j'ai volé la carte Club Dorothée de Vanessa en primaire".
Enfin la plus bizarre (parce que tout le monde l'a fait sans penser mal) : "Petite, je remontais le toboggan à l'envers". Rires authentiques pour fausse info.
DVD - Papy Terminator revient
Schwarzy bouge encore : vieux mais pas encore obsolète dans le rôle du Terminator.
Difficile de résister à une nouvelle version du film culte "Terminator", toujours avec Arnold Schwarzenegger, dans le rôle-titre, mais avec plus de 30 ans dans les dents (les rouages plus exactement). Curiosité malsaine ? Sentiment peu glorieux rapidement balayé par un film d'action qui s'appuie aussi sur une jeune génération d'acteurs en devenir.
Sarah Connor, la femme de John, le sauveur de l'humanité, est interprété par Emilia Clarke, jeune actrice anglaise qui a explosé dans son rôle de dresseuse de dragons dans Game of Thrones. Plus habillée que dans la série HBO, elle apporte une touche de rébellion dans une suite maligne. Le début de "Terminator Genesys" est comparable à l'original de James Cameron. Dans un futur dévasté, les machines sont sur le point de perdre leur guerre contre les hommes. Dernière solution, envoyer dans le passé un robot pour abattre la mère du leader de la révolte.
Un fidèle soldat, Kyle Reese (Jai Courtney) le suit à la trace pour protéger la belle. Mais Sarah se défend très bien seule, aidée par un vieux modèle, version cheveux blanc du méchant du film d'origine. Son "Papy Terminator", protecteur, qu'elle tente d'humaniser. Et comme le propre de l'homme est de rire, Schwarzy endosse son vieux costume de comique quand il grimace un sourire particulièrement flippant. Ces quelques moments de détente permettent de faire passer un déluge d'effets spéciaux et de combats destructeurs. Le tout vaut largement les films d'action contemporains, le scénario s'étale sur trois périodes (1984, 2017 et le futur) et autant de réalités parallèles. Quant au méchant, mieux vaut ne pas en dévoiler l'identité…
Si la version DVD est pauvre en bonus (15 minutes de making of), le blu-ray est riche de près de deux heures de productions originales qui satisferont notamment les amateurs d'effets spéciaux.
"Terminator Genesys", Paramount, 17,99 euros le DVD, 22,99 euros le blu-ray.
Difficile de résister à une nouvelle version du film culte "Terminator", toujours avec Arnold Schwarzenegger, dans le rôle-titre, mais avec plus de 30 ans dans les dents (les rouages plus exactement). Curiosité malsaine ? Sentiment peu glorieux rapidement balayé par un film d'action qui s'appuie aussi sur une jeune génération d'acteurs en devenir.
Sarah Connor, la femme de John, le sauveur de l'humanité, est interprété par Emilia Clarke, jeune actrice anglaise qui a explosé dans son rôle de dresseuse de dragons dans Game of Thrones. Plus habillée que dans la série HBO, elle apporte une touche de rébellion dans une suite maligne. Le début de "Terminator Genesys" est comparable à l'original de James Cameron. Dans un futur dévasté, les machines sont sur le point de perdre leur guerre contre les hommes. Dernière solution, envoyer dans le passé un robot pour abattre la mère du leader de la révolte.
Un fidèle soldat, Kyle Reese (Jai Courtney) le suit à la trace pour protéger la belle. Mais Sarah se défend très bien seule, aidée par un vieux modèle, version cheveux blanc du méchant du film d'origine. Son "Papy Terminator", protecteur, qu'elle tente d'humaniser. Et comme le propre de l'homme est de rire, Schwarzy endosse son vieux costume de comique quand il grimace un sourire particulièrement flippant. Ces quelques moments de détente permettent de faire passer un déluge d'effets spéciaux et de combats destructeurs. Le tout vaut largement les films d'action contemporains, le scénario s'étale sur trois périodes (1984, 2017 et le futur) et autant de réalités parallèles. Quant au méchant, mieux vaut ne pas en dévoiler l'identité…
Si la version DVD est pauvre en bonus (15 minutes de making of), le blu-ray est riche de près de deux heures de productions originales qui satisferont notamment les amateurs d'effets spéciaux.
"Terminator Genesys", Paramount, 17,99 euros le DVD, 22,99 euros le blu-ray.
mardi 24 novembre 2015
BD - Marcel Pagnol en images
Monument de la littérature
française, « La gloire de mon père », souvent adaptée
au cinéma, n'avait jamais intéressé le milieu de la bande
dessinée. Une erreur de réparée grâce à l'initiative des
éditions Bamboo qui inaugurent avec ce premier titre une collection
« Marcel Pagnol ». Le récit de l'enfance de l'écrivain
et cinéaste provençal a été adapté par Serge Scotto et Éric
Stoffel, dessiné par Morgann Tanco, sous la supervision de Nicolas
Pagnol, petit-fils de l'auteur et gardien du temple. Un gros album de
plus de 80 pages, avec un cahier historique pour clôturer la
première partie des souvenirs de Pagnol.
On retrouve avec délice
l'émerveillement du petit Marcel dans cette garrigue provençale,
chaude et vivante, monde imaginaire qui a fait rêver tous les
enfants de France et de Navarre depuis des décennies. Fidèle à
l'œuvre, la partie « chasse » n'est pas l'essentiel de
l'album, on découvre aussi la jeunesse des parents de Marcel, leur
vie simple dans une époque en pleine mutation. Un programme
éditorial riche, Bamboo prévoyant de sortir deux à trois
adaptations par an. En 2016 sont déjà annoncés « Le château
de ma mère » et la première partie de Topaze avec Hübsch au
dessin.
« La gloire de
mon père », Bamboo Grand Angle, 18,90 €
lundi 23 novembre 2015
BD - N. Burma par N. Barral
Après
Tardi, Après Moynot, Nicolas Barral est le nouveau titulaire de la
collection Nestor Burma. Toujours fidèle aux romans policier de Léo
Malet parus au Fleuve Noir dans les années 50, le dessinateur a
conservé le style imposé par Tardi pour son second album dans la
collection, le 9e titre de la série, “Micmac moche au boul’
Mich”. En plein hiver, la belle Hélène, grippée, est
malheureusement peu présente danqs cette enquête. Burma est
embauché par une jeune étudiante (striptiseaseuse la nuit dans un
cabaret) désespérée après le suicide de son fiancé. Sceptique,
le détective à la pipe va malgré tout enquêter et découvrir que
ce suicide cache bien des mystères. Drogue, racisme, avortements
clandestins : les thèmes sont multiples, pas forcément modernes
mais totalement intégrés dans l’univers du maitre du polar
français. Nicolas Barral, au dessin, agrandit les cases, accélère
le rythme mais reste fidèle aux décors parisiens immortels.
“Nestor
Burma” (tome 9), Casterman, 16 euros
dimanche 22 novembre 2015
BD - Jeremiah découvre l'autre jungle
Toujours sur les routes,
Jeremiah et Kurdy semblent de plus en plus résignés. Le monde
post-apocalyptique dans lequel les a plongés Hermann voici une
trentaine d'année va de mal en pis. Pas le moindre soupçon d'espoir
ou d'optimisme dans ce pays livré aux bandes et mafieux tout
puissants. Dans le 34e tome, ils cherchent un endroit ou dormir. Un
hôtel un peu trop regardant sur le look refuse de leur louer une
chambre. Jeremiah, de plus en plus énervé, laisse en pourboires
quelques horions. Ils se rabattent sur un établissement moins
classe, situé dans un quartier surnommé « Jungle City ».
Ils vont s'y retrouver coincés après le vol de leurs motos.
Toujours à cran, Jeremiah cherche la bagarre et envoie tous ses
adversaires au tapis. Cela donne envie au caïd du coin de se mesurer
à lui. Une bonne occasion pour les habitants de la Jungle de
retrouver un peu de sérénité. Si Jeremiah l'emporte. Encore
faut-il qu'il accepte de combattre. Regrettons que le dessin de
Hermann ne soit plus le même. Les couleurs restent lumineuses, mais
les compositions anatomiques parfois de plus en plus aléatoires...
« Jeremiah »
(tome 34), Dupuis, 12 €
samedi 21 novembre 2015
BD - De Happy à Felicity dans le nouveau XIII Mystery
Pas de nouveauté de la
série XIII cette année. Mais les fans de l'amnésique le plus
célèbre de la BD pourront toujours se consoler avec le 9e tome de
« XIII Mystery », série parallèle indépendante qui
brosse les portraits de quelques seconds rôles. Chaque album,
indépendant des autres, est réalisé par un scénariste et un
dessinateur différent. Cette fois c'est Matz (scénariste du Tueur)
et Rossi (dessinateur de WEST) qui osent affronter le monde de XIII.
Osent car les duos sont souvent attendus au tournant par les milliers
de fans. Ces derniers scrutent le dessin (plus ou moins fidèle à
Vance) et le scénario. En choisissant Felicity Brown, les auteurs
n'ont pas choisi la facilité.
Elle fait partie des « méchantes »,
souvent en travers de la route du héros. Le récit s'intercale entre
les tomes 5 et 9 de la saga originale. La belle vient de faire
emprisonner XIII. Elle pense s'être tiré d'affaire en héritant de
son riche mari. Mais le FBI la soupçonne d'avoir « anticipé »
l'échéance. Il s'ensuit une course poursuite à travers les USA
pour aboutir au Costa Verde, au service du colonel Peralta. Une
histoire dense, où l'ancienne callgirl Happy se révèle plus
humaine qu'il n'y paraît. Rossi, au dessin, s'est approprié la
belle, mais est très fidèle aux personnages originaux comme de
Préseau.
« XIII Mystery »
(tome 9), Dargaud, 11,99 €
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