Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
jeudi 22 octobre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Sens unique
Par contre ce nouveau plan de circulation urbain mettra sans doute quelque temps à pénétrer les esprits. Quatre jours après sa mise en place, nombre d'automobilistes s'engagent encore dans le sens interdit. Les habitudes ont la peau dure. Pourtant, des plots en plastique amovibles ont été provisoirement installés pour empêcher les plus grosses bévues et les policiers municipaux veillaient au grain, le premier jour, aux endroits stratégiques.
Il est vrai aussi (le moindre changement implique toujours son lot de mécontents) que désormais une partie des habitants du village doit effectuer un détour d'un bon kilomètre pour rejoindre la route nationale. Et d'hésiter entre le meilleur chemin : celui du "haut" qui passe dans des lotissements ou celui du "bas" qui oblige de prendre un passage à gué ?
Un moindre mal par rapport aux avantages, pour les piétons... et les rétroviseurs !
mercredi 21 octobre 2015
DVD - "Jurassic World", plus gros, plus méchant...
Énorme succès de cet été en salles, "Jurassic World" de Colin Trevorrow sort en blu-ray et DVD cette semaine. Un film monumental, par l'ampleur de son budget et l'ambition de ses effets spéciaux. Pour ce qui est du scénario, pas beaucoup de nouveauté par rapport aux autres titres de la série. On retrouve un gros dinosaure bien méchant, une jolie héroïne en talons aiguille (pas très approprié quand il faut courir dans la jungle), un aventurier cool et humaniste sans oublier les enfants en danger, marque de fabrique de tous les Jurassic...
Par contre, il faut reconnaître que sur ces bases peu révolutionnaires, le réalisateur a concocté un film rythmé, sans temps morts, agrémenté de quelques trouvailles originales pour faire passer une histoire un peu courue d'avance. On aime par exemple les multiples références au premier opus, notamment les vieilles jeep sorties de leur léthargie. Très bon aussi le patron un peu mégalomane qui tient absolument à piloter lui-même son hélicoptère, au risque de tuer tous les passagers...
Grosse production oblige, en plus des têtes d'affiches que sont Chris Pratt (muscles saillants et gentillesse dans le regard) et Bryce Dallas Howard (déjà vue dans Spider-man ou Terminator), on retrouve des stars venues d'horizons différents. Dans le rôle d'un dresseur de raptor, Omar Sy s'en tire avec les honneurs, Irrfan Khan, acteur indien, prête ses traits au nouveau patron du parc d'attraction et dans le rôle du super méchant, Vincent d'Onofrio est excellent.
Sur le DVD quelques bonus, notamment des passages coupés. Ne ratez pas la scène "merdique" entre Chris Pratt et Bryce Dallas Howard. Dans le genre "tue-l'amour", impossible de faire mieux.
"Jurassic World", 20 euros le DVD, 23 euros le blu-ray et 30 euros le blu-ray en 3D.
DE CHOSES ET D'AUTRES - Date futuriste
Dans le second volet de Retour vers le futur de Robert Zemeckis, sorti en 1989, le héros Marty McFly, interprété par Michael J. Fox, se propulse dans l'avenir et se retrouve exactement le 21 octobre 2015. Quelques décennies plus tard, tout le monde s'amuse à comparer les inventions présentées dans le film et notre présent. En gros, les scénaristes ont vu assez juste. Même si nous ne disposons toujours pas de voitures volantes, de skateboards gravitationnels ni de four agrandisseur de pizza, on note quand même la présence de lunettes à réalité augmentée, d'un drone promeneur de chien et de robots serveurs à l'effigie de stars.
Par contre, aucun smartphone à l'horizon, pas plus que la généralisation des écrans et du net. Au contraire, le papier règne encore en maître, toutes les informations arrivent à jet continu sur des fax prodigues. Fax qui, au passage, ont aujourd'hui quasiment disparu de la circulation...
Mais la plus grosse bourde concerne la royauté britannique. Dans le film, la reine est une certaine Diana. La pauvre Lady Di n'a pas eu l'occasion de monter sur le trône. Pire, Elisabeth vient même de battre le record de longévité de règne.
Enfin il manque le plus important, le seul truc qui pourrait véritablement nous être utile : les numéros du tirage du loto de demain soir.
Chronique parue le... 20 octobre 2015 à la dernière page de l'Indépendant.
mardi 20 octobre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Usurpation d'identité
Le dessinateur de presse Terreur Graphique (Fluide Glacial, Libération), comme la majorité de ses collègues, s'inscrit sur Facebook. Mais le réseau social, depuis quelques mois, tente de débusquer les surnoms improbables. Terreur Graphique entre parfaitement dans le cadre. Surtout, suite à son incapacité de fournir une pièce d'identité à ce nom, Facebook suspend son compte. Pour continuer à "exister" sur le net, le dessinateur se présente désormais sous son vrai nom : Georges Boissier. Beaucoup moins vendeur !
BD - Goossens est grand
Très belle voiture de course sur la couverture du nouvel album de Goossens. Dommage que la perspective du bolide aux courbes parfaites soit gâchée par un cowboy moustachu et poilu des mollets, en slip qui plus est, lascivement allongé sur le capot. Voilà tout le problème de Daniel Goossens, dessinateur de génie, au talent incommensurable mais qui ne peut jamais se contenter du beau. Il lui faut toujours enlaidir ses enluminures avec quelques tronches de dégénérés à gros nez. Pareil pour ses scénarios. Absurdes, forcément absurdes. Hilarants aussi. Toujours. Que fait donc ce cowboy en couverture. Il est le héros d'une des histoires composant cet album intitulé « Combats ». Gus fait partie d'une multinationale spécialisée dans la vente des femmes nues. Mais la conjoncture est mauvaise. Les ventes sont en baisse. Un stagiaire a l'idée du siècle : offrir un gadget avec la femmes nue. Une mécanique, sur roue avec un moteur. Une « vouature » ? Gus s'insurge : « glisser une voiture sous une femme nue pour la vendre, c'est dégradant. La femme nue n'a pas besoin de ça. Elle doit se vendre par elle-même, par ses propres qualités. » Toute ressemblance avec un salon de l'auto... On croise aussi dans ces pages Dieu, tellement énervé par le bazar qui règne à l'entrée du Paradis qu'il préfère aller s'en jeter un au bar du coin. Son fils, Jésus, revient. En technocrate imbattable en droit des sociétés. Et puis il y a aussi les personnages récurrent de l'univers de Goossens : Georges et Louis romanciers. Louis lassé de sa vie un peu trop plan plan. Il prend des cours de couture pour devenir... maître du monde. Si après ces exemples vous ne comprenez pas que Goossens est grand, arrêtez de lire de la BD en dehors du prochain Largo Winch...
« Combats », Fluide Glacial, 14 euros
DE CHOSES ET D'AUTRES - L'heure de changer
Que vaut-il mieux : décider de changer d'heure ou constater qu'il est l'heure de changer ? Éternel débat de fin octobre, au moment où toute l'Europe dort une heure de plus un dimanche et se lève comme si de rien n'était.
Hier, sans doute pour la première fois de ma vie, j'ai oublié le passage à l'heure d'hiver. Il a fallu que j'allume mon ordinateur, la tasse de café fumante à côté du clavier, pour constater le décalage. Ma mémoire flanche. La sienne jamais. Quel programmateur génial a inventé le réglage de ces machines diaboliques ? Qui, lorsqu'on les éteint, continue à égrener les secondes, les minutes, les jours... Idem pour les smartphones, qui opèrent la bascule automatiquement.
J'imagine l'éleveur qui a jeté son vieux réveil à ressort pour se lever au doux tintement de l'alarme de son téléphone. Chaque matin il est debout à 6 heures pour aller traire les vaches. Hier matin, ce sont les meuglements désespérés de ses animaux qui l'ont réveillé. Le téléphone s'aligne sur l'heure d'hiver, pas les pis des mammifères.
Certains voudraient s'affranchir de l'heure d'hiver. Même de celle d'été. Didier Goux, blogueur, bientôt à la retraite, envisage de se retirer loin de tout avec sa femme et de revenir à « l'heure française », celle des « romans de Simenon ». « La nuit de décembre, pour nous, redescendra vers trois heures et demie de l'après-midi, et les splendeurs de la mi-juin n’excéderont pas neuf heures. » Mais pour y arriver, il devra abandonner tout objet connecté. Pas sûr qu'il y parvienne.
lundi 19 octobre 2015
BANDE DESSINEE - Corto Maltese, l'aventurier perpétuel
Afrique, Asie Pacifique, Europe, Amériques... Les pages de garde des nouvelles éditions des aventures de Corto Maltese donnent une bonne idée de la bougeotte du héros imaginé par Hugo Pratt et dont un album inédit vient relancer la carrière. Le marin d'origine maltaise, anarchiste et romantique, ne craint pas de partir à la découverte d'horizons inconnus. Comme son créateur, l'Italien Hugo Pratt, longtemps installé en Argentine, qui a connu le succès en France et finit ses jours en Suisse il y a tout juste 20 ans. Vingt années durant lesquelles ses bandes dessinées ont régulièrement été rééditées, tant les aventures de Corto Maltese que ses productions antérieures comme Ann de la Jungle ou Sergent Kirk. Mais Corto tient une place à part dans sa carrière. Plus qu'un personnage, Pratt estimait qu'il avait "créé un mythe". De sa jeunesse en Mandchourie en 1901 à sa mort (ou disparition, son créateur n'a jamais été clair sur ce point précis) en Espagne après son engagement dans les Brigades Internationales dans les années 30. Un parcours fulgurant rempli de 'trous', bien pratiques pour les repreneurs de la série. Corto c'est un physique de jeune premier, impassible, imperturbable, charmeur. Casquette de marin vissé sur le crâne, longues rouflaquettes et boucle dans l'oreille gauche, il est reconnaissable aussi à son grand cardan, cependant plus élégant que les pantalons de golf de Tintin. Sa première aventure, en 1967, le montre d'entrée en mauvaise posture, dérivant dans l'Océan Pacifique attaché sur une croix. Une histoire de pirates, un peu comme le Sandokan exhumé des archives de Pratt.
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BD - Espion mignon
dimanche 18 octobre 2015
BD - L'autre Amérique du "Capitaine Perdu" de Jacques Terpant
DE CHOSES ET D'AUTRES - Démarchage à table
Nous partons déjeuner à la terrasse d'une petite brasserie ouverte depuis quelques mois. Bondée, bruyante et les tables aussi rapprochées qu'à Paris. Nous ne pouvons nous empêcher d'entendre des bribes de la conversation de nos voisins. Des histoires de bureau d'étude, de contrats, de voitures et de prêts. Discussions professionnelles.
De professionnalisme, le serveur en manque désespérément. Seul, il semble un peu débordé. Lassée d'attendre la carafe d'eau, ma tendre moitié est obligée de l'interpeller très fort. Elle s'en excuse auprès de notre voisin de table, au téléphone (qui venait d'ailleurs de lui lancer un regard contrit). "Désolée, le serveur est un peu sourd". "Entre autres... » répond-il, un sourire en coin. Finalement le reste du repas se déroule sans heurt, le plat principal (des queues de lotte à la provençale) se révèle même délicieux.
Au moment de régler l'addition, notre voisin nous demande tout de go si nous sommes d'ici. Et si nous sommes propriétaires. L'acquiescement poli de mon épouse scelle notre sort. "Je suis commercial pour une entreprise de pose de panneaux solaires. Vous serez étonnée par les économies réalisées. Voici ma carte, mais laissez-moi vos coordonnées, je vous recontacterai." Et voilà comment, persuadés d'échapper aux importuns téléphoniques, on se retrouve à leur donner directement notre numéro après avoir presque mangé en leur compagnie.
Pauvres de nous.












