Le dessinateur de presse Terreur Graphique (Fluide Glacial, Libération), comme la majorité de ses collègues, s'inscrit sur Facebook. Mais le réseau social, depuis quelques mois, tente de débusquer les surnoms improbables. Terreur Graphique entre parfaitement dans le cadre. Surtout, suite à son incapacité de fournir une pièce d'identité à ce nom, Facebook suspend son compte. Pour continuer à "exister" sur le net, le dessinateur se présente désormais sous son vrai nom : Georges Boissier. Beaucoup moins vendeur !
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mardi 20 octobre 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Usurpation d'identité
Le dessinateur de presse Terreur Graphique (Fluide Glacial, Libération), comme la majorité de ses collègues, s'inscrit sur Facebook. Mais le réseau social, depuis quelques mois, tente de débusquer les surnoms improbables. Terreur Graphique entre parfaitement dans le cadre. Surtout, suite à son incapacité de fournir une pièce d'identité à ce nom, Facebook suspend son compte. Pour continuer à "exister" sur le net, le dessinateur se présente désormais sous son vrai nom : Georges Boissier. Beaucoup moins vendeur !
BD - Goossens est grand
Très belle voiture de course sur la couverture du nouvel album de Goossens. Dommage que la perspective du bolide aux courbes parfaites soit gâchée par un cowboy moustachu et poilu des mollets, en slip qui plus est, lascivement allongé sur le capot. Voilà tout le problème de Daniel Goossens, dessinateur de génie, au talent incommensurable mais qui ne peut jamais se contenter du beau. Il lui faut toujours enlaidir ses enluminures avec quelques tronches de dégénérés à gros nez. Pareil pour ses scénarios. Absurdes, forcément absurdes. Hilarants aussi. Toujours. Que fait donc ce cowboy en couverture. Il est le héros d'une des histoires composant cet album intitulé « Combats ». Gus fait partie d'une multinationale spécialisée dans la vente des femmes nues. Mais la conjoncture est mauvaise. Les ventes sont en baisse. Un stagiaire a l'idée du siècle : offrir un gadget avec la femmes nue. Une mécanique, sur roue avec un moteur. Une « vouature » ? Gus s'insurge : « glisser une voiture sous une femme nue pour la vendre, c'est dégradant. La femme nue n'a pas besoin de ça. Elle doit se vendre par elle-même, par ses propres qualités. » Toute ressemblance avec un salon de l'auto... On croise aussi dans ces pages Dieu, tellement énervé par le bazar qui règne à l'entrée du Paradis qu'il préfère aller s'en jeter un au bar du coin. Son fils, Jésus, revient. En technocrate imbattable en droit des sociétés. Et puis il y a aussi les personnages récurrent de l'univers de Goossens : Georges et Louis romanciers. Louis lassé de sa vie un peu trop plan plan. Il prend des cours de couture pour devenir... maître du monde. Si après ces exemples vous ne comprenez pas que Goossens est grand, arrêtez de lire de la BD en dehors du prochain Largo Winch...
« Combats », Fluide Glacial, 14 euros
DE CHOSES ET D'AUTRES - L'heure de changer
Que vaut-il mieux : décider de changer d'heure ou constater qu'il est l'heure de changer ? Éternel débat de fin octobre, au moment où toute l'Europe dort une heure de plus un dimanche et se lève comme si de rien n'était.
Hier, sans doute pour la première fois de ma vie, j'ai oublié le passage à l'heure d'hiver. Il a fallu que j'allume mon ordinateur, la tasse de café fumante à côté du clavier, pour constater le décalage. Ma mémoire flanche. La sienne jamais. Quel programmateur génial a inventé le réglage de ces machines diaboliques ? Qui, lorsqu'on les éteint, continue à égrener les secondes, les minutes, les jours... Idem pour les smartphones, qui opèrent la bascule automatiquement.
J'imagine l'éleveur qui a jeté son vieux réveil à ressort pour se lever au doux tintement de l'alarme de son téléphone. Chaque matin il est debout à 6 heures pour aller traire les vaches. Hier matin, ce sont les meuglements désespérés de ses animaux qui l'ont réveillé. Le téléphone s'aligne sur l'heure d'hiver, pas les pis des mammifères.
Certains voudraient s'affranchir de l'heure d'hiver. Même de celle d'été. Didier Goux, blogueur, bientôt à la retraite, envisage de se retirer loin de tout avec sa femme et de revenir à « l'heure française », celle des « romans de Simenon ». « La nuit de décembre, pour nous, redescendra vers trois heures et demie de l'après-midi, et les splendeurs de la mi-juin n’excéderont pas neuf heures. » Mais pour y arriver, il devra abandonner tout objet connecté. Pas sûr qu'il y parvienne.
lundi 19 octobre 2015
BANDE DESSINEE - Corto Maltese, l'aventurier perpétuel
Afrique, Asie Pacifique, Europe, Amériques... Les pages de garde des nouvelles éditions des aventures de Corto Maltese donnent une bonne idée de la bougeotte du héros imaginé par Hugo Pratt et dont un album inédit vient relancer la carrière. Le marin d'origine maltaise, anarchiste et romantique, ne craint pas de partir à la découverte d'horizons inconnus. Comme son créateur, l'Italien Hugo Pratt, longtemps installé en Argentine, qui a connu le succès en France et finit ses jours en Suisse il y a tout juste 20 ans. Vingt années durant lesquelles ses bandes dessinées ont régulièrement été rééditées, tant les aventures de Corto Maltese que ses productions antérieures comme Ann de la Jungle ou Sergent Kirk. Mais Corto tient une place à part dans sa carrière. Plus qu'un personnage, Pratt estimait qu'il avait "créé un mythe". De sa jeunesse en Mandchourie en 1901 à sa mort (ou disparition, son créateur n'a jamais été clair sur ce point précis) en Espagne après son engagement dans les Brigades Internationales dans les années 30. Un parcours fulgurant rempli de 'trous', bien pratiques pour les repreneurs de la série. Corto c'est un physique de jeune premier, impassible, imperturbable, charmeur. Casquette de marin vissé sur le crâne, longues rouflaquettes et boucle dans l'oreille gauche, il est reconnaissable aussi à son grand cardan, cependant plus élégant que les pantalons de golf de Tintin. Sa première aventure, en 1967, le montre d'entrée en mauvaise posture, dérivant dans l'Océan Pacifique attaché sur une croix. Une histoire de pirates, un peu comme le Sandokan exhumé des archives de Pratt.
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BD - Espion mignon
dimanche 18 octobre 2015
BD - L'autre Amérique du "Capitaine Perdu" de Jacques Terpant
DE CHOSES ET D'AUTRES - Démarchage à table
Nous partons déjeuner à la terrasse d'une petite brasserie ouverte depuis quelques mois. Bondée, bruyante et les tables aussi rapprochées qu'à Paris. Nous ne pouvons nous empêcher d'entendre des bribes de la conversation de nos voisins. Des histoires de bureau d'étude, de contrats, de voitures et de prêts. Discussions professionnelles.
De professionnalisme, le serveur en manque désespérément. Seul, il semble un peu débordé. Lassée d'attendre la carafe d'eau, ma tendre moitié est obligée de l'interpeller très fort. Elle s'en excuse auprès de notre voisin de table, au téléphone (qui venait d'ailleurs de lui lancer un regard contrit). "Désolée, le serveur est un peu sourd". "Entre autres... » répond-il, un sourire en coin. Finalement le reste du repas se déroule sans heurt, le plat principal (des queues de lotte à la provençale) se révèle même délicieux.
Au moment de régler l'addition, notre voisin nous demande tout de go si nous sommes d'ici. Et si nous sommes propriétaires. L'acquiescement poli de mon épouse scelle notre sort. "Je suis commercial pour une entreprise de pose de panneaux solaires. Vous serez étonnée par les économies réalisées. Voici ma carte, mais laissez-moi vos coordonnées, je vous recontacterai." Et voilà comment, persuadés d'échapper aux importuns téléphoniques, on se retrouve à leur donner directement notre numéro après avoir presque mangé en leur compagnie.
Pauvres de nous.
samedi 17 octobre 2015
BD - Vacances en famille
Livre - Lettres de Marcel Pagnol
DE CHOSES ET D'AUTRES - Hoquets de rire avec la version papier du Bilboquet Magazine
Des milliers de clics plus tard, les "ancêtres" vont pouvoir eux aussi se bidonner sans être obligés de taquiner le "mulot". Un livre, en papier, avec couverture en couleurs (illustrée par Vuillemin), doté d'une mise en page aussi criarde que bariolée digne des magazines people de la grande époque. En plus des articles réellement étayés comme "437 crises d'épilepsie lors du dernier défilé Desigual" ou "Le voleur des deuxièmes chaussettes enfin sous les verrous", quelques rubriques spécifiques dont ces tests pratiques sur les couverts en plastique ou le matelas à champagne (version luxe du matelas à eau).
Mais mon histoire préférée reste celle du "hipster qui s'étouffe à mort en boutonnant sa chemise jusqu'en haut". J'en ris encore !
"Bilboquet Magazine", Hugo Desinge, 14,95 euros












