dimanche 23 mars 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Mickey vote Stromae

Plus rien n'arrête Stromae. Le chanteur belge, après avoir trusté les Victoires de la Musique et les ventes de disques, fait une entrée remarquée dans le classement annuel des personnalités préférées des 7 n 14 ans publié dans le Journal de Mickey. Loin d'être anecdotique, cette liste est toujours très attendue car elle préfigure la réussite des stars des prochaines décennies.

En accédant d'entrée à la première place avec une notoriété de 92 % et une note de 8,5 sur 10, Stromae semble bien parti pour une longue carrière. Un résultat quand même étonnant dans la mesure où les textes de ses chansons n'ont rien à voir avec les poèmes à deux balles de celles des autres chanteurs classés dans le "top 10 Mickey" comme Maître Gims, Tal ou M Pokora. Que peut comprendre un petit garçon de 8 ans au "jusqu'aux prochaines règles" du refrain de "Tous les mêmes" ?


Stromae, sous ses airs de chanteur à la mode, est un touche-à-tout de génie. Dernière trouvaille, une mise au placard (hélas) de sa tentative d'imposer l'un de ses morceaux comme hymne officiel à l'équipe de Belgique, les Diables rouges, qualifiés pour le prochain Mondial au Brésil. Dans la leçon n° 28, série de courts-métrages dans lesquels il explique son processus de création, il essaie de convaincre les joueurs de participer à un clip officiel. L'un doit interpréter... le ballon, l'autre la "mère" en train de passer la serpillière, le tout dans un gigantesque labyrinthe. Tourner une vidéo surréaliste avec du football, seul un grand artiste en est capable.
En France, on doit se contenter de Francis Lalanne...

samedi 22 mars 2014

Cinéma - Coup de foudre numérique dans "Her" de Spike Jonze

Dans un avenir proche miné par la solitude des grandes villes, un homme a le coup de foudre pour une intelligence artificielle. Her, de Spike Jonze explore les limites de l'amour.


Un film de science-fiction sans le moindre effet spécial, ni vaisseau inter-galactique et encore moins d'aliens. Le futur imaginé par Spike Jonze dans « Her » est purement intellectuel, cérébral. Dans le Los Angeles projeté, les gens se déplacent à pied, s'habillent comme dans les années 30 et portent en permanence une oreillette connectée qui leur débite les dernières informations ou le contenu de leurs emails. Ce monde ressemble beaucoup au nôtre. La grosse différence tient à la généralisation de la commande vocale. La voix prend donc une importance primordiale dans ce film centré autour de la personnalité de Theodore Twombly interprété par Joaquin Phoenix. Theodore exerce un de ces métiers qui n'existe pas encore de nos jours. Il est chargé d'écrire des lettres très personnelles pour des particuliers. Le petit-fils à sa grand-mère, le mari à sa femme... Il se fond dans le monde des clients et dicte de poétiques missives, imprimées en écriture cursive par la société portant le joli nom de « Belles lettres manuscrites ».


Si Theodore ressent autant d'empathie pour les autres, c'est peut-être parce qu'il ne s'est toujours pas remis d'une séparation douloureuse. Solitaire, limite dépressif, il tente bien les rencontres sur internet ou les rendez-vous arrangés par ses amis compatissants. Sans succès.

Samantha, la voix
Son quotidien bascule le jour où il achète un nouveau système d'exploitation pour son ordinateur. Avant de l'installer, une voix synthétique lui pose quelques questions personnelles destinées à l'adapter au mieux à ses attentes. Theodore choisit une voix féminine et l'incroyable histoire d'amour imaginée par Spike Jonze peut débuter. L'intelligence artificielle se choisit un prénom. Samantha (voix de Scarlett Johansson) devient dès lors la confidente et meilleure amie de Theodore. Toujours disponible, pleine d'humour et de compassion, se perfectionnant sans cesse, Samantha va rapidement mieux connaître son utilisateur que lui-même.
Au début, Theodore éprouve quelques réticences à se confier à cette voix immatérielle mais aux tonalités incroyablement humaines. Quand il ose le dire à Samantha, elle lui répond, pleine de bon sens : « Un être non-artificiel a forcément des difficultés à comprendre ». Au fil des jours, la complicité entre ces deux solitudes prend de plus en plus d'ampleur. Jusqu'à cette incroyable scène où Theodore avoue à Samantha : il est amoureux d'elle. Sentiment réciproque. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cet amour virtuel nous paraît très plausible. Joaquin Phoenix est convaincant dans ses hésitations de petit garçon, Scarlett Johansson craquante avec sa voix grave et ses petits rires de gorge.
Mais ne vous attendez pas à une simple romance sentimentale sur l'amour virtuel, une bluette futuriste où l'amoureux promène sa petite amie (sous forme d'un téléphone portable) sur une plage bondée au soleil. Spike Jonze, comme dans son film « Dans la peau de John Malkovitch », va compliquer l'affaire. Si Theodore se contente pleinement de cette relation binaire, Samantha, intelligence artificielle en pleine expansion, veut aller plus loin. Beaucoup plus loin... Le final est digne des meilleurs romans de science-fiction et place la barre très haut, justifiant parfaitement l'Oscar 2014 du meilleur scénario original.

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Joaquin Phoenix, seul face à la caméra



« Her » repose sur les épaules de Joaquin Phoenix et la voix de Scarlett Johansson. Le premier est omniprésent à l'image. Pas un plan sans lui, au bureau, dans les rues aseptisées de Los Angeles, au restaurant, dans son appartement déshumanisé de célibataire dépressif. La seconde se contente de parler. Des réponses au début, beaucoup d'interrogations par la suite. La performance des deux acteurs est à placer au même niveau. Avec une nuance : Joaquin Phoenix doit jouer l'évolution de son état d'esprit durant les deux heures du film. Mélancolique, triste et dépressif, quasiment au ralenti dans la première partie, il retrouve goût à la vie après sa rencontre avec Samantha. Il court dans le métro, saute tel un cabri, fait des farces, profite à nouveau de ce corps qui semblait l'encombrer quelques jours plus tôt. Il doit en fait vivre pour deux, tenter de faire passer ces sensations très matérielles à son amie virtuelle. Une communion qui va jusqu'à la nuit d'amour, comme un couple ordinaire.

On se demande quand même comment Theodore résiste aux charmes des femmes (en chair et en os) qu'il croise. Toutes plus belles les unes que les autres : son amie d'enfance (Rooney Mara) qu'il aime toujours un peu, sa voisine aussi triste que lui (Amy Adams), la célibataire d'un rendez-vous raté (Olivia Wilde) ou la doublure humaine d'un soir de Samantha (Portia Doubleday). Il fallait tout le charme de la voix de Scarlett Johansson pour rendre crédible cette histoire d'amour hors normes. 

BD - Cobayes en prison dans "Asylum" de Lehman et Teague


La série concept « La grande évasion » permet à des duos inédits de signer des histoires complètes sur l'univers carcéral. Dylan Teague, dessinateur anglais déjà remarqué sur Judge Dreed et un des tomes du « Casse », est associé à une pointure de la SF française : Serge Lehman. La cité d'Asylum, dans les entrailles de la terre, n'est peuplée que de criminels en puissance. Ils sont regroupés par déviances, les psychotiques violents sont habillés de jaune et les politiques en bleu. 
Le tout est surveillé depuis quatre générations par des robots placés sous le commandement d'un certain Pastor. Anton-5 n'est ni bleu ni jaune. Il est vert, issu de l'union (contrenature selon Pastor) d'un bleu et d'une jaune. Perdu dans cette société en vase clos, il va trouver un indice prouvant l'existence d'un ailleurs et tout faire pour s'évader. 
Un scénario rempli de références psychologiques, un dessin réaliste efficace : cet album est à classer dans la catégorie des grandes réussites. Même la fin est heureuse. Mais depuis le film Brazil, il faut se méfier des illusions finales.

« La grande évasion, Asylum », Delcourt, 14,95 €


vendredi 21 mars 2014

BD - Maggy la fouineuse


Débutées discrètement dans les pages de l'hebdo Spirou, les aventures de Maggy Garrisson s'imposent rapidement comme une de ces séries, à l'exemple de Soda ou Seuls, qui comptent dans une décennie. Pourtant, Lewis Trondheim, au scénario, s'attaque à un genre qu'il n'a que peu exploré : le polar urbain. 
Maggy, petite, célibataire, chômeuse et un peu ronde, a enfin dégoté un nouveau boulot dans cette Londres en pleine crise économique. Secrétaire d'un détective privé, elle résout une première énigme (un canari disparu) avec une facilité déconcertante. Il est vrai qu'elle n'a que peu de principes déontologiques quand il y a quelques dizaines de livres à gagner. Son patron, alcoolique et dépressif, cache bien des secrets. Quand il est agressé dans son bureau, Maggy reprend les affaires en main et va se lancer sur la piste de petits malfrats et d'un gros magot. Stéphane Oiry enlumine cette Angleterre humide et dépressogène. 
Heureusement l'héroïne et les pubs anglais ont de la ressource. Maggy, son scepticisme et son manque de morale, a tout pour devenir la nouvelle petite amie des amateurs de BD.

« Maggy Garrisson » (tome 1), Dupuis, 14,50 €

jeudi 20 mars 2014

BD - Hacker dans le temps


La curiosité d'Edgar Cadès, jeune génie de la physique quantique et hacker à ses heures perdues risque de le perdre. Alerté sur la recrudescence de micro séismes dans le secteur du bois de Vincennes, il se rend sur place en compagnie d'un ami, armé d'une caméra numérique, toujours à l'affût de phénomènes inexpliqués. Là, il découvre un bosquet gelé (alors que la température ambiante est largement supérieure à 20°) et un groupe d'hommes, nus et tatoués. Ces derniers, en le découvrant, l'attaquent immédiatement. Il ne doit son salut qu'à l'intervention des membres de la section infini. 
Le prologue de la série écrite par Laurent Queyssi et dessinée par Tocchini plonge rapidement le lecteur dans cette histoire de course dans le temps. Les hommes nus, des pirates, vont du futur au passé et luttent contre cette cellule secrète en action depuis un siècle et dont la direction est occupée par l'arrière petite-fille de la première victime des pirates. 
Outre son intrigue prenante, cette BD vaut par le dessin de Tocchini. Élégant, tout en mouvement et lignes de force, il fait parfois penser à Poïvet voire Gillon, autres experts en histoires de naufragés du temps.

« Section infini » (tome 1), Le Lombard, 13,99 €

mercredi 19 mars 2014

Livre - Graine de détective

Apprenti détective, Sigmundo Salvatrio va devoir résoudre une énigme se déroulant au cœur de jardins virtuels inspirés de l'Atlantide.

S'il est Argentin et que ses intrigues se déroulent à Buenos Aires, Pablo de Santis a tout du romancier français, tendance feuilletoniste de la fin du XIXe siècle. L'époque dans laquelle évolue son héros, apprenti détective. Sigmundo Salvatrio était le meilleur élève de l'agence Craig. Pour elle, il est même allé à Paris résoudre l'énigme du « Cercle des douze ». De retour en Amérique du Sud, il se retrouve seul dans l'agence en compagnie de Mme Craig. Le mentor, le mari, vient de mourir. Alors qu'il pense se retrouver au chômage sous peu, on propose à Salvatrio de résoudre une nouvelle affaire, la première où il devra agir en solo sans les conseils judicieux de son regretté maître. 
Un antiquaire a disparu. Sa femme ne croit pas à la fuite amoureuse (malgré les certitudes des policiers). Un de ses amis, poète et journaliste, charge Salvatrio de retrouver sa trace. Enquêtant méticuleusement, il remarque quelques éraflures au bord d'un bassin d'eau d'un jardin d'intérieur, à l'arrière de la boutique. Bingo ! Affaire résolue. L'antiquaire est retrouvé. Mort, mais retrouvé. Alors que la police, toujours aussi peu performante, conclue à un accident, plusieurs amis de l'antiquaire suspectent un crime. Nouvel engagement pour Salvatrio qui doit cette fois découvrir le meurtrier.

Jardiner les mots
Pablo de Santis semble prendre un malin plaisir à compliquer les pistes à explorer. La graine de détective est en plein doute existentiel : il est attiré par la veuve Craig, aime toujours une certaine Greta, devenue assistante d'un autre détective, et déteste Troy, son rival dans la reprise des affaires de l'agence Craig. Malgré ces difficultés, il doit se plonger dans les vieilles histoires de ce cercle d'amis qui se réunissaient pour tenter d'élaborer le jardin parfait. Plusieurs théories s'opposent entre jardin à la française, strict et discipliné et celui, libre et désordonné prôné par les Anglais.
Mais c'est surtout la notion intellectuelle de jardin qui est débattue entre l'antiquaire (mort), un chasseur, un médecin, le journaliste et le riche entrepreneur. Ce dernier explique à Salvatrio qu'un « jardin doit être comme un livre : on ne commence jamais par le milieu ou par la fin. Tailler une plante ou arracher une fleur fanée, c'est comme corriger un poème, comme biffer les mots qui n'ont plus de vie ». De poésie il en sera aussi question dans les indices disséminés par le meurtrier.
Le jeune enquêteur, avant de démasquer le tueur et découvrir ses motivations, va devoir visiter nombre de jardins et subir les explications savantes de spécialistes. Ce qui lui provoque cette réflexion : « Pourquoi alourdir les arbres de paroles, alors que ce qu'il y a de merveilleux dans les plantes c'est qu'elles ne parlent pas, ne grognent pas, n'aboient pas ? » Ce polar botanique aux multiples rebondissements ancre Salvatrio dans le cercle fermé des détectives qui comptent, ceux qui ont toujours une longueur d'avance sur les assassins. Et les lecteurs.
Michel LITOUT

« Crimes et jardins », Pablo de Santis, Métailié, 20 €

mardi 18 mars 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - #OuiJeVote et je le dis !

La bataille de l'abstention aux élections municipales s'annonce rude. Face au désintérêt des Français pour la chose publique, il faut absolument trouver de nouveaux attraits à cette démocratie de moins en moins sollicitée.
Pour toucher les jeunes, principale réserve parmi les régiments d'abstentionnistes, une campagne sur les réseaux sociaux s'imposait. Facile et pas cher (sauf quand le boulot est confié à une agence "amie" qui surfacture allègrement), l'efficacité n'en est cependant pas garantie. Loin de là.
Donc sur Twitter, le mot-dièse pour inciter à la participation est #OuiJeVote. Une rapide recherche montre que l'utilisation massive concerne surtout les partisans de certains candidats, qui y accolent le nom de leur champion. Pour démontrer la simplicité du vote, la formule "Voter c'est tweeter en vrai" me semble un poil excessive. Chez beaucoup de jeunes, tweeter est devenu presque un toc. Aller expliquer à un jeune adulte qui "pond" plus de 100 messages chaque jour qu'il n'a droit qu'à un seul et unique vote. Et pour une seule liste de sa commune. Lui aimerait voter en rafale, pour tous ceux qui ont retweeté l'un de leur selfie...
Pareil sur Facebook : "Vous aimez liker ? Votez !" Sauf que l'on n'est pas limité en like. Et puis ce n'est pas parce que l'on aime un point du programme du candidat qu'on en approuve l'ensemble. Alors non, voter n'a rien à voir avec les pratiques en cours sur les réseaux sociaux. Une fois le bulletin glissé dans l'urne, aucun moyen de revenir en arrière, contrairement aux "like" qui se retirent aussi facilement qu'ils s'accordent.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

DE CHOSES ET D'AUTRES - Vrrraoooum...

La nouvelle saison de Formule 1 a débuté hier en Australie. Comme chaque année, la réglementation a énormément changé. En plus de l'adjonction de l'électrique, la puissance des moteurs à explosion est moindre. Une nouveauté qui fait jaser.
En leur imposant de passer de 8 à 6 cylindres, la Fédération internationale de l'automobile a chamboulé l'un des charmes de la F1 : le hurlement des moteurs. La mélodie précisent immédiatement les puristes. Tout au long de la course, les commentateurs ne cessent pas de regretter le vacarme du V8, trouvent des accents ridicules au V6. En fait, il produit deux fois moins de décibels. Si discret que l'on entend désormais les pneus crisser dans les virages, autre bruit qui fait se hérisser les poils des fondus de vitesse. Bizarre comme ces passionnés restent aussi les plus conservateurs.
Il est vrai qu'en matière de course automobile, le "plus gros, plus fort, plus vite" a longtemps été la seule ligne de conduite. Alors forcément, les nouvelles monoplaces avec leur murmure de tondeuses à gazon font un peu moins rêver les amateurs de "Vrrraoooum... », ces énormes onomatopées qui accompagnaient les images de la BD Michel Vaillant de Jean Graton. De toute manière, dans quelques années les moteurs seront tous électriques (comme c'est déjà le cas dans le dernier titre de la série reprise par Lapière et Bourgne).
Les amateurs de F1 devront se contenter des grincements de caoutchouc sur le bitume et d'un petit "BBzzzzzz" au niveau des roulements. Des grondements des V12 d'une époque révolue ne subsistent plus qu'un vague souvenir. Du temps où le pétrole dirigeait le sport automobile... et le monde.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Débrouille et embrouilles dans "Ordures" de Piatzszek et Cinna

Ils sont rares les scénaristes de BD qui ont tout bon. Un sans faute et même un certain crescendo dans les trouvailles, l'univers. Stéphane Piatzszek fait partie de cette infime minorité. Son Commandant Achab va compter dans les séries policières et sa nouvelle création, « Ordures », avec Olivier Cinna, est largement du niveau de leur première collaboration « Fête des morts ». Ces « Ordures » ce sont les matières premières du travail de Moudy, le Noir, et Alex, le Blanc. Ils sont employés dans un centre de tri de déchets en banlieue parisienne. Moudy, qui aime les garçons, ne supporte plus la promiscuité du foyer de travailleurs immigrés. 
Il décide de squatter une immense usine vouée à la démolition dans une semaine. Tel Di Caprio sur le Titanic, il se sent le roi du monde dans ce « loft » de 20 000 m2. Le duo va croiser la route de Samir, un petit Arabe qui survit en vendant des cigarettes de contrebande. 
Toute la misère sociale de la France des années 2000 est résumée dans ces 72 pages en noir et blanc. Sa violence aussi, entre réseau islamiste, bande de roms et répression policière. Une histoire âpre, au ton juste, même si la Justice en est totalement absente.

« Ordures » (tome 1), Futuropolis, 17 €

lundi 17 mars 2014

BD - Bataille de démons dans "Orféa" de Corteggiani et Barison

Quand le diable décide de revenir sur Terre pour accroître son pouvoir (pourtant déjà très important) les humains ont quelques inquiétudes à avoir. Heureusement il existe encore des gardiens des portes, aux épées redoutablement efficaces. « Orféa » écrit par Corteggiani et dessiné par Barison raconte une de ces batailles épiques. Orféa est une jeune femme ignorante de son destin. Quand son fiancé se suicide en prison, elle ne sait pas encore qu'un pont vient de se former entre elle et les ténèbres. 
Elle en prend conscience lors de l'enterrement. L'ectoplasme de son amour lui apparaît et la supplie de venir le chercher... Elle devient alors une cible pour le démon qui lâche ses chiens de l'enfer à ses trousses. Heureusement le Baron Samedi veille. Une histoire purement fantastique, mais ancrée dans le réel. 
Ce gros album de 150 pages est en fait le regroupement de trois titres classiques de 46 pages. Une BD qui semble avoir eu quelques difficultés à voir le jour, une des planches de la première histoire ayant été dessinée en 2006... Comme le souligne le scénariste sur son blog : « La patience est parait-il une vertu. »
« Orféa », Dargaud, 17,95 €