dimanche 16 mars 2014

BD - Auguste Blanqui entre les cases


Qui se souvient encore de Blanqui ? Il existe bien quelques rues Auguste Blanqui en France (dont une à Carcassonne, cité de Barbès, son meilleur ami devenu pire ennemi, ironie de l'histoire) mais son discours s'est effacé des mémoires. Pourtant il est l'inventeur de cette formule reprise comme titre de sa biographie dessinée : « Ni Dieu ni maître ». Maximilien Le Roy en a écrit le scénario illustré par Loïc Locatelli Kournwsky sur près de 200 pages. Une gageure car Blanqui, aussi surnommé « l'enfermé » a passé 33 ans en prison et plus de dix ans en exil ou en résidence surveillée. 
Fervent républicain, aussi intransigeant contre la noblesse que la bourgeoisie, Blanqui a clairement milité pour la révolte armée. Il a souvent été arrêté les armes à la main, devant des hommes et femmes en colère face aux injustices. Jamais il n'a baissé pavillon, refusant la moindre compromission. 
Dans cet album on revit ses grands combats, ses longues périodes d'enfermement et comment il a marqué toute une génération de républicains avant de devenir le maître à penser d'une partie de l'ultra-gauche. La BD lui rend hommage, pour qu'il reste plus que quelques rues pour porter le nom et le message politique du redoutable et inflexible Auguste Blanqui

« Ni Dieu ni maître », Casterman, 23 euros

samedi 15 mars 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Ode politique à Balkany sur un air de Goldman

Jean-Jacques Goldman n'est pas du genre à se laisser récupérer politiquement. Engagé auprès des Restos du cœur depuis toujours, il a dû s'étouffer en entendant les membres du comité de soutien à Patrick Balkany, maire sortant de Levallois-Perret, candidat à sa réélection, entonner le refrain d'un clip à sa gloire. Lesquels ont légèrement modifié les paroles de la chanson « Tu es de ma famille ». Jean-Jacques Goldman a obtenu le retrait de la vidéo des plateformes de streaming. Une victoire salutaire, pas forcément sur le plan politique mais surtout acoustique. Les militants UMP chantent effectivement comme des casseroles. Ce qui ne détonne pas tellement dans le paysage de Levallois-Perret, connaissant la batterie de cuisine que le couple (Patrick et Isabelle) traîne derrière lui depuis 1995. A la base, ce clip était « une surprise » des militants pour les Balkany et seulement pour eux. C'était sans compter sur les fuites inévitables. Parmi les couplets, tous dignes d'une chanson de propagande pro gouvernementale en Corée du Nord, on relève ce passage : « Tu as l'âme d'un conquérant (…) On baissera jamais les bras et tu tomberas pas, parce qu'on a trop besoin de toi. »
Mettre la campagne en musique, mieux vaut le laisser aux professionnels. Les chansonniers par exemple, qui ont certainement en stock deux versions des « Petites femmes de Pigalle » de Serge Lama, l'une avec Hidalgo et l'autre avec NKM. Quant à Sarkozy, pas candidat (pas encore exactement...), il fera son retour sur la mélodie du « Téléphone pleure» de Claude François.

BD - Crisse imagine la jeunesse d'Atalante


Crisse, dessinateur et scénariste aux multiples casquette, a cependant un faible pour les héroïnes. Si Nahomi, sa première création, était une fillette japonaise, les suivantes étaient adultes et parfois bien en chair. Dans Atalante l'Odyssée, il propose l'enfance de son héroïne, amazone sensuelle et fougueuse. Il en a confié le dessin à Evana Kisa qui a coulé son trait rond dans celui de son maître. La grande astuce, c'est de faire intervenir également une autre héroïne de l'univers de Crisse : Ishanti, l'apprentie danseuse du temple d'Isis. Cette dernière, pour retrouver son chat Ramsès (Bonjour Alice...) passe par un tunnel et débouche dans la forêt du Pélion, chez Atalante
Les deux jeunes filles vont devoir s'unir pour récupérer le chaton et surtout empêcher Seth de lever une armée en vue de conquérir la terre. Une BD distrayante par excellence, même si les ficelles sont parfois un peu grosses.

« Atalante l'Odyssée » (tome 1), Soleil, 14,50 €

vendredi 14 mars 2014

BD - "Les souliers rouges" explore la Résistance en Bretagne


Gérard Cousseau, le scénariste des « Souliers rouges », BD historique de la collection Grand Angle, est plus connu dans le monde de la BD sous le pseudonyme de Gégé. Un Breton pure souche, dans la lignée de Fournier, qui a beaucoup œuvré dans la BD humoristique (Gontran et les autres, Les Ripoupons ou les Toubibs). Sous son véritable nom, il signe une œuvre forte en émotion, tirée des souvenirs de son grand-père. 
En Bretagne Centre, en ce printemps 1944, les rumeurs de débarquement se font de plus en plus pressantes. Jules, un jeune du coin, fait la connaissance de Georges, Russe blanc exilé dans la région pour se soigner. Ensemble ils courent la nature à braconner grives, merles et écureuils pour améliorer l'ordinaire. 
L'arrivée d'un contingent d'Allemands chargés d'éradiquer la Résistance avec l'aide de la Milice locale va bouleverser leur quotidien. Un album dessiné par Cuvillier, qui a délaissé l'encre de Chine pour les tons pastels de l'aquarelle. Des couleurs directes de toute beauté.

« Les souliers rouges » (tome 1), Bamboo, 13,90 €

DE CHOSES ET D'AUTRES - Lost, au-delà du réel

La disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines a tout du feuilleton haletant. Et le grand amateur de séries télé que je suis n'a pu s'empêcher de penser, dès le premier jour, à une certaine similitude avec « Lost ». Tant que les autorités n'auront pas trouvé des débris de l'avion, l'espoir demeurera.

Plus les recherches sont vaines, plus j'imagine une partie des 239 passagers sur une île perdue en pleine mer de Chine tels des Robinson des temps modernes. Pour ceux qui auraient raté l'intrigue du phénomène télévisuel du début des années 2000, petit rappel des grandes lignes. Un avion, reliant l'Australie à la Californie, s'égare au-dessus du Pacifique. Il est pris dans un champ électro-magnétique et coupé en deux. Deux groupes de rescapés tentent de survivre sur une île occupée par les « Autres », peu hospitaliers.
Si dans la première saison l'avion se crashe, dans la sixième et ultime, un autre avion parvient à se poser sur l'île. Sans vous en dévoiler la véritable fin, il parvient même à redécoller pour rejoindre la civilisation. Qui sait, le vol MH370 peut réapparaître, comme par enchantement.
En attendant, toute une armada de navires et une escadrille d'avions ratissent la zone. Même les internautes sont sollicités. Ils peuvent scruter les images satellites récentes et signaler toute anomalie à la société Digital Globe. L'absence de résultat contribue à renforcer toutes les hypothèses farfelues et « complotistes ». Lost, d'histoire de science-fiction un peu tirée par les cheveux, en devient presque une œuvre prophétique un peu plus culte encore.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

jeudi 13 mars 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Les publicitaires rendent la bureautique sexy

Si la théorie du genre fait peur à certains, pas d'inquiétude à avoir chez les publicitaires et certains industriels. Pour eux, on trouve forcément des différences entre hommes et femmes. Et si par hasard elles n'existent pas, il suffit de les créer.

Mesdames, avez-vous conscience qu'en utilisant des surligneurs classiques, vous abandonnez une part essentielle de votre féminité ? Heureusement, la principale marque de cette fourniture de bureau remédie à cette faute de goût. Voici le surligneur "Néon" de chez Stabilo®, pensé pour les femmes. Toute une campagne de publicité se met en place pour valoriser "une nouveauté sexy, unique et différente. La conception du tube est frappante et attire l'attention, ce qui en fait le sujet de conversation de tous ceux souhaitant se démarquer en matière de style". 
Certaines, en découvrant l'argumentaire, pensent à une blague. D'autant que "même sur le point de vente, Néon reste féminin avec une présentation inattendue en filet résille". Et pourtant, cette publicité est bien réelle et validée par la société. Les photos montrent une main délicatement manucurée, la couleur de son surligneur assortie à celle de ses bracelets.
Disponible en quatre teintes, le bleu est volontairement absent, trop masculin certainement. Maintenant, gare aux accidents. Si les femmes sont aussi idiotes que le pensent ces publicitaires sexistes, elles risquent de se tartiner les lèvres ou les paupières au surligneur, à cause de la similitude du conditionnement avec un produit de beauté.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant. 

DVD - Les frères Coen rendent hommage au folk

Le film « Inside Llewyn Davis », musical et nostalgique, suit les déboires d'un jeune musicien au début des années 60.



Grand prix au dernier festival de Cannes, ce film des frères Coen est un peu à part dans leur filmographie. Il paraît moins abouti, moins dense que leurs précédents longs-métrages. Comme fabriqué de bric et de broc, certaines séquences semblent rajoutées. L'explication est donnée par le co-producteur et musicien T Bone Mulligan dans une interview. Les réalisateurs, pour rendre hommage à la folk américaine, ont voulu bâtir leur film comme une chanson. La première scène, le passage à tabac de Llewyn Davis (Oscar Isaac) dans une cour sombre derrière un bar, revient à la fin, comme dans une chanson. La boucle est bouclée avec entre plusieurs couplet pour raconter l'histoire, pas forcément de manière linéaire.
Llewyn, jeune musicien et chanteur, vivote dans le Village à New York. Son disque ne marche pas, à la rue, il survit en donnant des concerts dans des bars. Pour dormir, il squatte chez des amis. Notamment chez Jim (Justin Timberlake) et Jean (Carrey Mulligan). Mais là il est devenu indésirable depuis que Jean, chanteuse à la voix douce mais au langage incroyablement ordurier quand elle est en colère, a découvert qu'elle est enceinte.

En plein doute, Llewyn part à Chicago rencontrer un producteur découvreur de talent. Le voyage a tout l'air d'un court-métrage dans le film. Il profite d'un co-voiturage et doit supporter les bavardages d'un John Goodman au sommet de son art. Ils roulent de nuit, sous la neige. Se font arrêter par un policer. Comme des réminiscences de Fargo...
Oscar Isaac dans le rôle de Llewyn est étonnant de vérité. Il est vrai qu'il joue parfaitement de la guitare et a un beau brin de voix. Si le film n'a pas le même pouvoir d'envoûtement que les précédentes productions des frères Coen, cela reste une référence pour les amoureux de la musique folk et du New York du début des années 60, gris, froid mais terriblement inventif.
En bonus, sur le DVD sorti chez Studiocanal, en plus du classique making-of avec de longues explications des frères Coen, retrouvez les entretiens avec Oscar Isaac, Justin Timberlake, Carrey Mulligan et T Bone Burnett, co-producteur du film et incontournable musicien de la folk aux USA. Dans le blu-ray, le film du concert « Another day, another time » est inclus en bonus exclusif.


Cinéma - Education rime avec émotion dans "La cour de babel" de Julie Bertuccelli

Souvent le système éducatif français est source de toutes les critiques. Pourtant il est exceptionnel quand on découvre La cour de Babel, documentaire sur une année scolaire dans une classe d'accueil.


Aller à l'école, apprendre, s'éduquer. Ce qui nous paraît une évidence en France est loin d'être évident ailleurs. Pourtant critiquer le système éducatif français est quasiment un sport national. Les mauvaises langues n'auront plus d'argument après avoir vu « La cour de Babel », documentaire de Julie Bertuccelli qui sort aujourd'hui en salle. Une année scolaire en compagnie de ces élèves de 24 nationalités différentes et de leur professeur de français Brigitte Cervoni balaie toutes les critiques, ouvre les yeux et prend carrément aux tripes à plusieurs reprises. Une émotion au cœur de l'éducation de ces gamins aux parcours parfois cabossés, enfin considérés, écoutés et aidés dans cette exemplaire école de la République.

Naminata, Oksana, Xin, Rama, Maryam... Quand Brigitte Cervoni, professeur de français dans un collège parisien fait l'appel de sa classe d'accueil, c'est toute la diversité de la planète qui défile. Des prénoms et autant « d'histoires incroyables » qui ont touché Julie Bertuccelli, la réalisatrice. L'idée du film vient d'une rencontre dans un festival de films scolaires. Présidente du jury, la réalisatrice de « L'arbre » s'intéresse au travail de Brigitte Cervoni qui lui explique le principe des classes d'accueil destinées à permettre aux étrangers de vite progresser en français pour intégrer un cursus éducatif normal. « A la rentrée suivante, j'avais l'intention de faire des repérages. Mais je suis vite tombée amoureuse de ce groupe avec plus de 20 nationalités représentées. »

Julie Bertuccelli va se fondre dans le décor et filmer des heures de cours, les rencontres parents-profs, une sortie à la piscine et des examens d'évaluation. Jamais elle ne rentre dans l'intimité familiale des enfants. Ce parti-pris de resserrer son travail sur le groupe d'élèves lui permet de suivre une dizaine d'élèves. Oksana, la Roumaine, venue en France rejoindre son père pour apprendre la comptabilité et s'ouvrir des horizons nouveaux. Maryam, libyenne en provenance d'Égypte, attend que sa mère obtienne enfin son statut de réfugiée politique. Felipe apprend le français mais consacre l'essentiel de ses journées au violoncelle. Ce Chilien virtuose a obtenu son admission au conservatoire de Paris. Et puis aussi Xin, la Chinoise, Rama la Mauritanienne ou Luca l'Irlandais. Une classe arc-en-ciel qui va apprendre à se connaître et se souder grâce à l'enseignement tout en douceur et intelligence de Brigitte Cervoni. Des cours où la parole est libre, tous les sujets sont abordés, de la politique à la religion, dans une liberté de parole que seule l'école laïque permet. Ils réaliseront aussi un film, sur la différence, dont des extraits sont utilisés dans le film, notamment les scènes d'interview ou les élèves présentent leur parcours.
Après un remarquable travail de montage, le film raconte ces histoires individuelles dans une histoire commune, avec des plans de la cour de récréation, vide ou animée, sous la pluie ou la neige en fonction des saisons qui passent. Et à la fin de l'année scolaire et du film, quand le groupe se sépare, la boule dans le ventre est communicative, l'émotion submerge les « acteurs » et le spectateur.
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Financement compliqué 
Lors de la présentation en avant-première de « La cour de Babel » la semaine dernière à Paris, Julie Bertuccelli, avant de remercier son équipe, a chaleureusement salué toutes les chaînes de télévision qui... lui ont refusé tout financement. Pourtant elle croyait en ce projet. Et elle a déjà fait ses preuves, tant dans les documentaires que dans la fiction. Mais cela n'a pas suffit. Personne n'a voulu s'engager. Seule sa productrice habituelle lui a fait confiance. Le film a donc débuté presque en catimini, sans savoir si ces premiers rushes serviraient à quelques chose... C'est en les visionnant que tout s'est débloqué. Par le plus grand des hasards, le directeur de la société de distribution Pyramide a vu quelques séquences. Il a adoré et s'est engagé à diffuser ce documentaire au cinéma puisque les télévisions n'en voulaient pas. Et pour boucler le financement, il crée en son nom propre une société de production et investit dans sa première œuvre. Par la suite, Arte France Cinéma a aussi rejoint le projet et « La cour de Babel » a convaincu d'autres partenaires.
Achevé depuis de longs mois, le film a été montré à quelques enseignants et les réactions ont été très favorables. Au point que Vincent Peillon, ministre de l'Éducation, est venu le soutenir lors de sa présentation. Une séance qui a vu se reformer la classe d'accueil. Les adolescents se sont retrouvés, pour la première fois depuis des mois pour certains, avec une joie non dissimulée. Heureux aussi de retrouver leur professeur, Brigitte Cervoni qui depuis a cessé de s'occuper des jeunes pour devenir inspectrice et chapeauter des enseignants, d'autres grands enfants dans leur genre. 

Polar : "Les fantômes du delta" au Livre de Poche


Une catastrophe écologique et humanitaire est en cours en Afrique. De tous les pays à l'agonie, le Nigeria a pourtant nombre d'atouts. Mais l'exploitation à outrance de ses richesses, naturelles et humaines, condamne ce géant. Ce cauchemar est au centre du second roman d'Aurélien Molas, jeune écrivain français. 
« Les fantômes du delta » plonge le lecteur dans cette Afrique où vivre est parfois si compliqué que la mort fait figure de délivrance, presque de chance. Remarquablement documenté, ce thriller suit le parcours de Benjamin, médecin français et Megan, infirmière américaine. Une fois ouvert, vous ne pouvez plus quitter ce delta, cette lutte pour la vie. Benjamin et Megan, écorchés de la vie vous touchent. Et même les « méchants » aux parcours si complexes sont une raison supplémentaire de dévorer ces 600 pages d'une traite. (Le Livre de Poche, 7,90 €)

mercredi 12 mars 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Tout se sait

Garder un secret devient impossible de nos jours. Vidéosurveillance dans la rue, écoutes téléphoniques, cookies sur internet : ce qui était réservé aux spécialistes il y a quelques années est à la portée de tous aujourd'hui. A chaque nouvelle affaire, la première réaction est toujours de fustiger ces atteintes aux libertés individuelles. Mais bien vite le vieux fond français revient à la surface, celui qui a eu tant de succès durant l'Occupation. Espionner, dénoncer...
Qui ne connaît pas une voisine ou un voisin (et ce bien avant l'apparition du phénomène des voisins vigilants) qui sait tout de vos déplacements, des gens qui vous rendent visite, de l'heure à laquelle vous éteignez la lumière le soir. A la limite mieux que vous.
Ces mêmes personnes qui à présent donneraient cher pour devenir expertes en piratage informatique, juste pour capter les images de vidéosurveillance de leur rue. Un programme devenu incontournable chez les candidats maires même les plus progressistes, et certes plus passionnant que Drucker le dimanche.
Relevons au passage l'initiative de la commune du Cannet dans les Alpes-Maritimes : l'ouverture d'un "police drive". N'importe quel quidam peut signaler un "problème" sans même quitter sa voiture. Vive la délation au volant. Même si au final on n'a rien inventé, les bouches de dénonciation à Venise du temps des Doges fonctionnaient déjà sur le même mode. Il suffisait de glisser un petit mot anonyme dans ces boîtes aux lettres particulières pour faire emprisonner quelqu'un...

En bonus, l'extrait du concert de Hubert-Félix Thiéfaine à Bercy en 2008 ou il propose un "Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable. il y explique "J'me sens coupable d'imaginer la tête laborieuse de certains de mes voisins, de certains de mes proches, de certaines de mes connaissances, de certains petits vieillards crapuleux, baveux, bavards, envieux et dérisoires, appliqués à écrire consciencieusement ce genre de chef-d'oeuvre de l'anonymat J'me sens coupable d'avoir une gueule à être dénoncé "
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Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.