samedi 28 mars 2009

BD - Bocal story


Mieux que Prison break ! La série de gags de Nicolas Poupon, « Le fond du bocal » propose l'existence au quotidien dans un univers carcéral pire que le plus malfamé des bagnes américains. Les héros, en plus d'être enfermés dans un espace minuscule, sont exposés à la vue de tous. Des héros rouges, une prison de verre : bienvenue dans la vie trépidante des poissons rouges ! 

Pas évident de se renouveler vu la petitesse du décor. Et pourtant, l'auteur multiplie les idées et les trouvailles. Sans se répéter, il fait vivre ce petit univers de l'absurde. Comment ne pas rire quand un des personnages téléphone pour proposer un don d'eau et d'expliquer son plan d'évasion : « Une fois dans le Canadair, on le détourne vers la mer... » Quitter le bocal, c'est une obsession pour ces pauvres poissons. Des gags thématiques regroupés sous la rubrique « Dans l'enfer de Bocalcatraz ».

Publiés il y a quelques années (de 2001 à 2007) aux éditions du Cycliste, la série bénéficie d'une seconde chance chez Drugstore. Les deux premiers tomes parus à un mois d'intervalle sont une parfaite mise en bouche.

« Le fond du bocal » (tomes 1 et 2), Drugstore, 10 € 

vendredi 27 mars 2009

BD - Les 7 derniers


« Sept prisonniers » clôt la série ayant pour point commun ce chiffre. Ces prisonniers s'embarquent pour le centre pénitentiaire ultime : la Lune. 

Sept hommes et femmes condamnés à perpétuité dans ce qui va se révéler un véritable enfer. Depuis quelques années, les détenus ont pris le pouvoir dans la prison. Trois clans se sont formés et ils se livrent une guerre acharnée. Les sept nouveaux, menés par un milliardaire, ont pour objectif de découvrir un secret vieux de plusieurs millions d'années, caché dans une grotte préhistorique. 

Les coups de théâtre vont se multiplier au cours de ces 56 pages écrites par Mathieu Gabella et dessinées par Patrick Tandiang. Pour un final particulièrement sombre. Oui, cette Lune est bien l'Enfer tant redouté.

« Sept prisonniers », Delcourt, 14,95 € 

jeudi 26 mars 2009

BD - Fils du désert


Tykko est ramasseur de brouzes (excréments de kamles, sorte de chameau) dans l'oasis de Mubarre sur Troy. Un métier ingrat et qui ne suffit pas à soigner sa mère, malade. Juste avant de mourir, elle lui apprend que son père était un pirate des sables. Tykko, seul, va s'engager dans une caravane pour tenter de retrouver une jeune fille qui lui est apparue en rêve. Mais au détour d'une dune, c'est son père qui va réapparaître. 

Le premier tome de ces "Légendes de Troy" permet à Kéramidas de donner sa vision graphique du monde imaginé par Arleston. Le scénariste qui a reçu l'aide, pour ces séries dérivées, de Mélanyn. Une légende moins humoristique que la série principale, plus dramatique et grave.

« Tykko des sables » (tome 1), Soleil, 12,90 euros 

mercredi 25 mars 2009

BD - Mexique libre


Le Mexique, durant les années 20, a été un formidable pays d'espoir et de liberté. Un Eden pour des artistes voulant casser des carcans trop rigides en Europe ou aux Etats-Unis. Denis Lapière, le scénariste a proposé à Pellejero, dessinateur du très remarqué "Un peu de fumée bleue", d'illustrer l'histoire d'amour entre le photographe américain Edward Weston et Tina Modotti, fille d'émigrés italiens. 

Edward a laissé femme et enfants aux USA pour vivre pleinement avec sa maîtresse. Il photographie ce pays toujours au bord de la révolution, découvrant des artistes géniaux et torturés. 

Passion et politique font bon ménage dans ces 56 pages qui sont également un hommage aux peintres "muralistes" de cette époque.

« L'impertinence d'un été » (tome 1), Dupuis, 14,50 euros 

mardi 24 mars 2009

BD - Cédric presque marié...


Dans « Je veux l'épouser ! », 23e titre de la série, Cédric est de nouveau aux prises avec sa jeune voisine Lily. Cette petite rouquine espiègle est tombée amoureuse de Cédric. Mais pour ce dernier, la différence d'âge est beaucoup trop importante : elle a deux ans de moins que lui, bref c'est une « petite ». Mais Lily ne va pas abdique, au contraire. Elle va envahir la vie de Cédric, occultant sa relation contrariée avec Chen, sa copine de coeur. Un nouveau personnage imaginé par Cauvin et Laudec pour donner un côté un peu plus humain à la série. Car Lily vit seule avec sa mère. Dans une histoire, Cédric tente de savoir pourquoi le papa de Lily est absent. Il ne l'apprendra pas et cette absence devrait être un des thèmes du prochain album.

Lily qui exaspère Cédric mais qui au final l'émouvra profondément au cours d'une histoire de Noël très symbolique. Un album au ton un peu plus sérieux, mais avec quand même une bonne dose d'humour comme ce gag faisait un parallèle hilarant entre les mauvaises notes de Cédric et le trou dans la couche d'ozone. On y retrouve tout le génie de Cauvin, toujours prompt à s'inspirer de l'actualité du moment.

« Cédric » (tome 23), éditions Dupuis, 9,45 € 

lundi 23 mars 2009

Jeunesse - Les aventures de Pitikok


Christian Heinrich et Christian Jolibois, déjà comblés avec les aventures des P'tites Poules lancent un nouveau héros toujours destiné aux plus jeunes, à partir de 4 ans. Pitikok est un peu l'ancêtre des P'tites Poules.

Au cœur d'une Amérique encore inexplorée, il est une sorte d'Indien intrépide rencontrant de nombreux animaux. Deux albums au format carré, mettant en valeur les superbes illustrations de Christian Heinrich, paraissent simultanément.

Dans « Pitikok et la plume magique », le jeune volatile participe à une course folle pour récupérer une plume magique prisonnière d'un arbre biscornu. La plume permettra à celui qui la délivrera d'exaucer tous ses vœux. Repoussé par le vent du désert, Pitikok s'accroche à ce qu'il croit être une racine. C'est en fait la queue d'un serpent qui accepte de l'aider dans sa quête. Il devront franchir de nombreuses épreuves avant de finalement réussir à découvrir cet arbre sec et désagréable. Chaque épreuve permet à l'enfant de découvrir un chiffre tout en comprenant l'intérêt de l'entraide. Une complicité qui sera récompensée en fin d'histoire.

L'autre volume, « Pitikok et la forêt enrhumée », se passe au printemps. Alors que les premiers bourgeons apparaissent dans la forêt, Pitikok rencontre un jeune raton-laveur affamé. Les deux amis vont être confronté à un géant de glace qui ne veut pas abdiquer malgré la fin de l'hiver.

Ces deux petits albums de 32 pages, aux histoires universelles, enchanteront les plus jeunes. Le personnages principal, un petit coq rouge très sympathique, est particulièrement réussi. A noter les dessins de Christian Heinrich, particulièrement mis en valeur sur des pleines pages et dans un format un peu plus grand que les P'tites Poules.

« Pitikok et la forêt enrhumée », « Pitikok et la plume magique », Pocket Jeunesse, 6,50 € chaque volume. 

dimanche 22 mars 2009

Mes BD souvenirs (5)

En quittant le collège, j'abandonnais également la campagne. Terminé le collège de Langon, gros bourg du bordelais à 10 km de Sauternes, le village que nous habitions à l'époque, pour Talence, banlieue sud de Bordeaux. Surtout, je devenais interne, ne revenant chez mes parents que le week-end, après les cours du samedi matin. Ce fut un choc. A tous les points de vue. Inscrit dans une filière technique, le niveau ne volait pas très haut. Mais je ne boudais pas mon plaisir d'une certaine indépendance. Je découvrais une grande ville en ce mois de septembre 1976. Bus de ville, train, bibliothèque... et librairies. A la bibliothèque, le mercredi après-midi, j'empruntais des classiques à tour de bras que je dévorais le soir au cours des interminables heures d'études. Et en chemin, je m'arrêtais dans les diverses maisons de la presse. Et je découvrais qu'il n'y avait pas que Tintin, loin de là.

 


Spirou était systématiquement présenté à côté de mon hebdomadaire favori. Je n'ai pas résisté à le feuilleter. En deux ou trois librairies, je lisais l'exemplaire en entier. C'était devenu mon rituel du mercredi après-midi. Et dès que j'ai pu, je l'ai acheté. Mon maigre argent de poche allait prioritairement dans l'hebdo de Marcinelle qui venait de franchir le cap du numéro 2000. Et le sommaire était particulièrement riche et prestigieux. Un Spirou, bien évidemment (l'Ankou de Fournier) et d'autres séries comme Isabelle, Tif et Tondu, Natacha, Archie Cash ou les Tuniques Bleues qui m'ont également marqué. Mais le gros choc, le déclencheur, ce fut le Docteur Poche de Wasterlain. C'était sa première histoire. Le dessin de Wasterlain était à l'opposé des autres BD, très rondes et soignées. On avait parfois l'impression que sa plume avait accroché le papier, le trouant presque. Et l'histoire, fantastique, mystérieuse, poétique, me fascinait, notamment les mannequins prenant vie. J'ai pris l'histoire en cours (débutée en août) mais j'ai adoré.

Côté gags, j'avais l'occasion de redécouvrir les vieux Gaston (Le coin des classiques), les premiers Agent 212 et Boule et Bill. Les récits complets étaient déjà trustés par Cauvin qui signait les Mousquetaires (Sandron) et Boulouloum et Guiliguili (Mazel). Mais tout n'était pas exceptionnel. Je n'arrivais pas à accrocher au dessin laborieux de Devos et de son Génial Olivier. Je passais sans les lire les Paul Foran et autres séries espagnoles...


 Je devenais cependant fidèle et au fil des mois j'ai eu d'autres coups de cœur. En priorité pour Bidouille et Violette. Cette petite histoire d'amour contrariée, un peu en décalage avec les autres séries, me parlait car j'avais pile poil l'âge et le physique du héros. Je n'ai pas pleuré (on ne peut pas pleurer quand on vit en internat), mais l'émotion était bien réelle. J'ai une admiration sans borne pour Bernard Hislaire. Par la suite, j'ai acheté les albums, mais il m'en manque un (le tome 2, Les jours sombres) et je n'ai jamais trouvé l'intégrale parue chez Glénat (quand elle est sortie, j'étais en Polynésie, loin de tout...)

J'ai découvert Spirou dans les librairies, mais il y avait quantité d'autres revues BD à l'époque. Dites adultes, ce que je n'étais pas. Mais les couvertures de Solé (pour Pilote, Métal, Fluide Glacial ou l'Echo des Savanes) attirèrent mon œil. J'allais me déniaiser avec des récits de Franc, Wallace Wood, Pétillon ou Lauzier.

(A suivre dimanche prochain) 

samedi 21 mars 2009

BD - Love Lovemidou !


Nouveau personnage dans la série humoristique Krän Univers. Lovemidou est serveuse dans un bar de la ville de Torgnol. Régulièrement elle sert des bières à Krän et Kunu. En présence de ces deux grands guerriers, elle ne demande qu'à apprendre. La ravissante jeune femme va se révéler une fière guerrière, pleine de ressource. Son épée, longue de deux mètres et large de 40 centimètres, va faire de sérieux dégâts dans les trolls, gobelins et autres "méchants". Elle a également un sortilège de pétrification qu'elle va expérimenter sur ses deux amis : le "Nichonus pétrificus". En clair, montrez votre poitrine (si possible jeune et généreuse comme celle de Lovemidou) à deux guerriers et vous aurez 10 bonnes secondes d'avance...

Hérenguel, le créateur de Kran, a décidé de décliner son personnage de barbare ignare sous forme de gags en une ou deux planches. Il en a confié la réalisation graphique à Pierre Loyvet qui prouve, de planche en planche, qu'il est arrivé à la hauteur de son maître. Si l'héroïc fantasy trop sérieuse vous ennuie, savourez "Krän Univers", vous serez vengé et rirez à coup sûr.

"Krän Univers" (tome 3), Vents d'Ouest, 9,40 euros 

vendredi 20 mars 2009

BD - Lointaine Altaïr-3


Il y a un avant et un après Leo en bande dessinée de science-fiction. Le créateur d'Aldebaran a conquis un important public avec ses histoires de planètes isolées, sauvages, inhospitalières. Son imaginaire, sans limite, s'est mis au service d'autres dessinateurs. 

Il signe le scénario de "Terres lointaines", dessiné par Icar, nouveau pseudo de Francart (Jeepster) qui a simplifié son trait. Une femme, accompagnée de ses deux enfants, jeunes adultes, débarque sur Altaïr-3. Une plongée dans l'inconnu pour ce trio, d'autant que le mari n'est pas au rendez-vous. Dans cette ville de colons, dure et hostile, la mère trouve du travail dans un restaurant, le fils, Paul, se lance à la recherche de son père. 

Il se liera d'amitié avec un extraterrestre, un stepanerk, sorte de scorpion géant, protecteur attentif. Paul se joindra à une expédition pour se rapprocher le plus du dernier endroit où son père a été vu vivant. 

La première partie, urbaine, laisse la place à la seconde relatant l'expédition où on retrouve toute la pâte de Leo, avec végétation mystérieuse, bêtes énigmatiques et danger omniprésent.

"Terres lointaines" (tome 1), Dargaud, 10,40 euros 

mercredi 18 mars 2009


Qui était Cassio ? Qui l'a tué en 145 ap. JC ? Sa vengeance peut-elle encore être d'actualité de nos jours ? Ces questions, le lecteur se les pose tout au long des deux premiers tomes de cette série prévue en quatre titres. 

Desberg, le scénariste, a particulièrement soigné les transitions entre les événements de l'époque et leur redécouverte par une archéologue, Ornella Grazzi. En découvrant en Turquie le premier puzzle de l'énigme, elle est persuadée que Cassio, jeune et brillant avocat, par ailleurs médecin, a été assassiné par quatre personnes. Mais était-il vraiment mort ? 

Elle en doute en découvrant un texte désignant son premier meurtrier. Le premier tome, réédité pour l'occasion avec de nouvelles couleurs, plate l'ambiance. 

Le second, toujours dessiné par Reculé, dévoile un peu plus la personnalité du héros. Sous des dehors de jouisseur aimant les femmes et tous les plaisirs de la vie, il est surtout attaché au triomphe de la vérité et à l'accomplissement de sa vengeance. Une double intrigue : historique et policière.

"Cassio" (tomes 1 & 2), Le Lombard, 10,40 euros