Impossible
de faire plus belge ! Cet album écrit par Bernard Swysen et dessiné
par Christophe Alvès est le summum de la belgitude. Le cadre :
Bruxelles. L'héroïne : Annie Cordy. L'époque : la fin de la
seconde guerre, quand l'Europe commençait à espérer un avenir de
paix et de progrès. A cela se rajoutent le média : la BD et le
style : franco-belge, tendance Jacobs et Jacques Martin, parfaitement
maîtrisé par Christophe Alvès qui a déjà signé plusieurs albums
des aventures de Guy Lefranc sur des scénarios de Corteggiani.
En
1949, Annie Cordy est encore totalement inconnue en France. Par
contre dans son pays de naissance, c'est déjà une vedette, même si
elle n'a que 20 ans. Il faut dire qu'elle a débuté très jeune.
Issue d'un milieu modeste, (mère épicière, père ébéniste), elle
aime chanter et amuser la galerie. Adolescente elle remporte un radio
crochet et découvre le music-hall. En 1949, le petite Léonie
Cooreman est connue sous le nom de Nini Cordy. Elle est meneuse de
revue au Bœuf sur le toit.
C'est dans les coulisses de ce célèbre
cabaret bruxellois que l'intrigue débute. Un des musiciens de
l'orchestre est poursuivi par deux hommes parlant russe. Ils
l'abattent mais ne trouvent pas le document qu'ils cherchent. La
suite, entre polar et roman d'espionnage en pleine guerre froide,
fait la part belle à Nini, dépositaire du dernier message, codé,
du musicien. Il y est question d’œuvre à protéger, d'un musicien
en danger… Les péripéties sont multiples, permettant à Bernard
Swysen de s'amuser à placer la future vedette dans des situations
qui rappellent aux plus anciens ses grands succès populaires comme
la trépidante et pittoresque la bonne du curé. Nini qui recevra
l'aide de son amoureux du moment, un dompteur de fauves et croisera
la route de ceux qui l'aideront à faire carrière à Paris, de
Francis Lopez à Maurice Chevalier en passant par Pierre-Louis
Guérin, le patron du Lido. Un album qui passionnera les amateurs
d'Histoire, de chansons populaires et de biographie.
Un dossier de
huit pages en fin de volume permet de mieux comprendre l'époque (la
guerre froide), la ville (Bruxelles en plein bouleversement
architectural) et découvrir la suite de la carrière de Nini,
transformée en Annie Cordy, artiste protéiforme excellant tant sur
les planches que devant un micro ou une caméra.
"Nini
Cordy 1949", Éditions Anspach, 56 pages, 16,50 €