vendredi 10 septembre 2021

BD - Georgia O’Keefe, artiste à redécouvrir


En complément de l’exposition au Centre Pompidou (jusqu’au 13 décembre), cette biographie dessinée permet de redécouvrir le parcours de Georgia O’Keeffe, artiste peintre américaine qui a marqué le XXe siècle. Luca de Santis et Sara Colaone, deux Italiens, racontent comment cette étudiante en arts plastiques a su dévier de sa voie naturelle (devenir enseignante ou dessiner des dentelles) pour s’imposer parmi les plus grands créateurs des USA. 

Elle a beaucoup peint de fleurs, mais aussi des villes et des paysages à couper le souffle, comme ces levers de soleil qu’elle a admiré depuis son Ghost Ranch au Nouveau-Mexique.

« Georgia O’Keeffe », Steinkis, 24 €

De choses et d’autres - Popularité en berne

Vous avez l’habitude de lire ici quelques saillies contre des hommes et femmes célèbres qui ont dérapé ou fauté. Ils sont nombreux, mais parfois c’est un peu tirer sur une ambulance. Ils ont perdu de leur aura, font flop sur flop et n’existent médiatiquement qu’en raison de leur nouveau statut de tête à claques.

J’ai hésité et puis finalement je ne vois pas pourquoi je me priverais, moi aussi, de souligner combien la vie est ingrate pour certains.

Jean-Marie Bigard a longtemps été un des plus représentatifs de l’humour à la française. Pourtant, il a vécu l’humiliation suprême. Vedette d’une soirée à Trélissac en Dordogne, l’organisateur à purement et simplement annulé sa venue. Normal, au lieu des 450 spectateurs espérés, il n’avait vendu que 29 tickets d’entrée.

À la place, il a organisé un loto. 200 inscrits. Idée pour Bigard, se reconvertir en tireur de boules : « Le vingt, comme ma boisson préférée ! »

Autre vedette qui a raté sa dernière sortie : Arnaud Montebourg. Homme politique reconverti dans le business vert (miel et amandes), il a finalement décidé de revenir devant les électeurs. Et pas pour n’importe quelle occasion : la présidentielle. Il a justifié cette décision par ce constat qui en dit long sur son ego : « Aujourd’hui, je ne sais pas pour qui voter. C’est pour cela que je me présente. » Si les millions d’abstentionnistes insatisfaits du choix proposé adoptent le même raisonnement, il va rapidement y avoir un embouteillage sur la ligne de départ.

Mais, ce n’est pas la candidature de Montebourg qui est raillée sur les réseaux sociaux, mais le nom de son mouvement : « La remontada de la France ». Mince, encore un politique français qui rêve de Barcelone

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 10 septembre 2021

jeudi 9 septembre 2021

Roman - En « Zone blanche » de l’enfance

Ecrit pour rendre hommage à Rémi Fraisse, jeune militant tué lors d’un assaut des gendarmes mobiles à Sivens dans le Tarn, ce roman de Jocelyn Bonnerave est cependant plus qu’une description minutieuse de la vie quotidienne dans une ZAD (Zone à défendre). Une ZAD qui est également une « Zone blanche », dénomination officielle de ces campagnes de la France profonde où les ondes passent mal. Ou pas du tout. Sans doute la raison qui a poussé une multinationale à construire un complexe pour y déposer les déchets nucléaires ultimes. Tout un symbole que ces ordures radioactives dont on ne sait plus quoi faire après des années passées dans les entrailles des centrales nucléaires

Avant de plonger dans cette zone humide qui abrite une espèce d’écrevisse très rare, raison de la lutte des écologistes aux côtés des quelques centaines de locaux qui voient leurs habitations perdre toute valeur, on fait connaissance avec Maxime, le narrateur. Personne ne le connaît sous ce nom. Cela fait quelques années qu’il a adopté un pseudonyme pour assumer la célébrité de son statut de leader de groupe rock en vogue. Il est sur le point de partir en tournée quand il reçoit l’appel d’Émeline. C’est la compagne de son petit frère Christophe. 

Cela fait quelques années qu’ils ne se parlent plus. Christophe a disparu la nuit précédente, en pleine baston avec les gendarmes mobiles. Christophe vit sur la ZAD. Maxime, fonce vers cet Est de la France froid et humide et va voir sa vie changer en quelques heures. 

Toilettes sèches et éoliennes

Arrivé sur place, il découvre la maison (exactement la cabane) de son frère, « l’espace au sol n’est pas bien grand, mais le plafond est un dôme formé d’une structure en bois très savante, qui donne une vraie sensation de volume ». Le travail d’Émeline, compagne de Christophe et mère de sa fille, Lilia. Maxime se retrouve bombardé tonton d’une fillette adorable dont il ne soupçonnait pas l’existence. 

Alors que les recherches ne donnent rien, le chanteur se surprend à se souvenir des moments de joie, quand il découvrait la musique et le rock avec son frère à la batterie, lui à la basse. Maxime a percé, tiré un trait sur sa famille et son passé, Christophe aussi a coupé les ponts, mais pour fonder une famille dans ce village d’irréductibles, avec toilettes sèches et éoliennes autonomes. Le roman donne une occasion en or au lecteur pour lister toutes ces petites actions qui le transforme au quotidien en fossoyeur de la planète. Maxime en prend conscience mais se sent totalement impuissant : « Toute ma musique est électrique, alimentée par le nucléaire, cernée de déchets pour des millénaires. »

Un roman prise de conscience mais aussi très sensible sur la fraternité. Les souvenirs entre les deux frères, longtemps complices, donnent un petit côté Guerre des boutons à l’ensemble, quand la vie était simple, que les petits garçons ne se posaient pas de questions sur la finalité de leurs actions. Une cabane dans un arbre restait la meilleure façon de se croire maître du monde.    

« Zone blanche » de Jocelyn Bonnerave, La Brune/Rouergue, 19 €

De choses et d’autres - Deux mois et une solution

On se demande parfois à quoi servent les hauts fonctionnaires qui rédigent les lois et autres décrets qui régissent la vie de millions de Français. Dernier exemple en date avec la mise en place du pass sanitaire.

Dès le 30 septembre, il s’appliquera également aux jeunes à partir de 12 ans. Des parents consciencieux ont donc décidé de se mettre en conformité. Mais, la vaccination n’est possible qu’à partir de 12 ans, révolus. Or, un pass sanitaire n’est valide qu’une semaine après la seconde injection.

Même si l’enfant se fait vacciner le jour même de son anniversaire, il ne pourra obtenir son pass, au mieux, qu’un mois plus tard. Et les parents de se demander quel est le technocrate hors-sol qui a pondu une telle loi sans en comprendre les effets pratiques. Après quelques protestations et articles de presse, le gouvernement a fait amende honorable et, depuis hier, le pass sanitaire sera obligatoire à partir de 12 ans et deux mois.

Les deux mois de battement qui permettront aux parents prévenants de faire le nécessaire pour que leur gamin ne se retrouve pas coincé dans une sorte de vortex temporel et administratif qui l’obligerait, malgré un parcours vaccinal entamé, de faire des tests PCR tous les 72 heures pour aller au resto, au cinéma ou accompagner ses camarades (plus vieux ou plus jeunes de quelques mois) dans une sortie où le pass est nécessaire.

Deux mois. C’est en gros le temps que l’administration française a mis pour trouver la solution…

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le 9 septembre 2021 

mercredi 8 septembre 2021

Roman - Voyage pas extraordinaire

Le thème du voyage immobile est omniprésent dans ce court roman de Wolfgang Hermann, romancier allemand, qui dévoile la personnalité de son antihéros, Monsieur Faustini. Célibataire et retraité, il vit seul sur les hauteurs du lac de Constance. Il sort peu. Excepté quand sa femme de ménage intervient. Il va alors déambuler au bord du lac, plongé dans ses pensées, son monde intérieur. Beaucoup plus riche que son quotidien car « M. Faustini n’avait pour toute famille que son chat. En ces soirs qu’il passait dans son fauteuil à oreilles, bercé par ses ronronnements, celui-ci lui dispensait sa chaleur et sa lenteur. » 

Pourtant M. Faustini va cependant entreprendre un grand voyage dans ce roman, même s’il est essentiellement intellectuel. Ce texte est un petit bijou de fantaisie et de rêveries comme on se surprend parfois à en avoir un soir de mélancolie.    

« Monsieur Faustini part en voyage » de Wolfgang Hermann, Verdier, 16,50 €


De choses et d’autres - Tintin, Astérix et Lucky Luke au feu

Ça ne plaisante plus au Canada sur la représentation des Autochtones dans la littérature ou la bande dessinée. Une communauté d’écoles catholiques en Ontario a décidé de retirer des bibliothèques plusieurs dizaines de titres qui proposent des images stéréotypées des peuples autochtones. Il y a déjà tous les titres contenant le mot indien dans leur titre.

Et ce bannissement s’est accompagné d’une cérémonie hautement symbolique si elle ne rappelait pas de sinistres moments en Europe. Radio Canada rapporte qu’« une cérémonie de purification par la flamme s’est tenue afin de brûler une trentaine de livres bannis, dans un but éducatif. »

Et comme l’esprit écolo semble irradier partout, les responsables de cet autodafé expliquent que les cendres des ouvrages brûlés ont été récupérées pour servir d’engrais en plantant un jeune arbre. Quand on sait qu’il y a dans les livres bannis Tintin en Amérique, des Astérix ou plusieurs titres de Lucky Luke, on peut s’interroger de la pertinence de ce bûcher.

Car, s’il s’agit de l’édition originale du troisième titre des reportages du reporter belge, elle cote officiellement à 8 000 € l’exemplaire. C’est un peu cher payé pour quelques grammes d’engrais destinés à un arbre qui, si ça se trouve, n’est même pas originaire du Canada. Mais les organisateurs de ce feu de joie affirment qu’il s’agit de « tourner du négatif en positif ».

Pourtant, ils ont peut-être brûlé des pépites qui auraient pu financer la plantation de quelques milliers d’arbres. Mais notre société est ainsi désormais : tout dans le symbole, même s’il est ridicule car détruire des BD humoristiques n’a jamais contribué à la paix dans le monde. 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 8 septembre 2021

mardi 7 septembre 2021

Polar - Bleu d’Afrique

Maître du polar sud-africain, Deon Meyer relance son héros récurrent Benny Griessel dans une nouvelle enquête. Mais pour une fois le roman est court et percutant. Toujours aussi documentée, l’intrigue se déroule cette fois dans le monde de l’art. Après la découverte du corps d’une femme, nue, bien mise en évidence sur un panorama très fréquenté, Benny et son collègue et ami Vaughn Cupido, sont chargés de résoudre une affaire de tableau disparu. Or la femme assassinée est une experte en peinture de l’âge d’or hollandais

Les deux faits divers sont-ils liés ? 

On retrouve avec plaisir dans ce polar efficace le flair et les failles (un alcoolique abstinent qui tente de reconstruire sa vie sentimentale) de Benny. Sans oublier le volet dépaysant, Deon Meyer n’ayant pas son pareil pour décrire les décors de toute beauté de la région du Cap.    

« La femme au manteau bleu » de Deon Meyer, Série Noire, 14 €

De choses et d’autres - Savez-vous parler le Vert ?

Ceux qui ont des difficultés avec l’écriture inclusive ne comprendront sans doute jamais le verbiage en vigueur dans le camp écologiste. Ce dimanche, les cinq candidats à l’investiture écolo pour la prochaine présidentielle ont cherché à se faire comprendre du commun des mortels (ces cochons de votants…) en limitant volontairement ces formules alambiquées.

Exemple : le Vert ne fait pas pousser des plantes vertes dans son salon, il « crée une micro-forêt pour lutter contre le dérèglement climatique ». Face au problème de l’insécurité, Eric Piolle, maire de Grenoble, préfère expliquer qu’il est urgent « de réinvestir avec de la présence humaine notre citoyenneté collective ». Une autre militante verte affirme que « L’antibiorésistance sera le fléau de l’avenir ! ». Mais c’est quoi exactement « L’antibiorésistance » ?

Des Verts qui ont des problèmes de compréhension même chez les jeunes. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, fier d’inaugurer la nouvelle cour de récréation d’une école a dû subir les remontrances d’un élève de CM1 regrettant qu’il n’y ait pas de place pour jouer au foot à cause de… l’immense bac à copeaux.

Des copeaux, mais c’est un sacrilège. J’attends la réaction outrée de l’autre maire écolo d’une grande ville, le Bordelais Pierre Hurmic, contre l’exploitation totalement odieuse des restes « d’arbres morts ».

Si ça se trouve des sapins de Noël qui, en plus, ont terminé leurs jours sur la place d’une ville qui pense qu’on peut encore « faire rêver les enfants ». 

Chronique parue le mardi 7 septembre 2021 en dernière page de l’Indépendant.

lundi 6 septembre 2021

Cinéma - Absence mortifère au cœur de “Serre moi fort”


Clarisse (Vicky Krieps) quitte le domicile conjugal. Au petit matin, elle part, seule. Un dernier regard vers son mari Marc (Arieh Worthalter) qui dort encore. Elle lui prend juste son briquet. Dans la chambre des enfants, elle remet le garçon dans le bon sens du lit. L’aînée, Lucie, semble la regarder. Clarisse sort par la porte de la cuisine, monte dans une vieille voiture (celle de la jeunesse de Marc) et part vers la mer. Elle a envie de voir la mer…

Les premières minutes du film signé Mathieu Amalric sont très déstabilisantes. On devine dans l’attitude de la mère une grande tristesse. De la lassitude aussi. Presque du renoncement. Mais pourquoi partir ? Ensuite, c’est un tsunami d’interrogations. Les enfants se lèvent. Constatent l’absence de leur maman. Le père fait comme si de rien n’était. La vie continue. Clarisse est-elle un fantôme comme le suggère Lucie ? À moins que la famille n’existe plus que dans le souvenir de Clarisse ? 

Tiré d’une pièce de théâtre de Claudine Galéa, Serre moi fort, comme les musiques classiques qui rythment le film, va crescendo dans l’émotion. Quand on comprend où se trouve la réalité, on entre en empathie avec cette famille brisée. Et comme Clarisse, on redoute l’arrivée de ce printemps, même s’il conserve son caractère de renaissance. 

Film de Mathieu Amalric avec Vicky Krieps, Arieh Worthalter

Disparition de Jean-Paul Belmondo - En 1975 à Perpignan, Bébel produit et joue dans L’Alpagueur de Philippe Labro

Durant le mois d’octobre 1975, Jean-Paul Belmondo tourne plusieurs scènes de L’Alpagueur, polar écrit et réalisé par Philippe Labro. L’acteur a décidé de créer sa propre société de production pour donner des rôles en or à Bébel.

Archives l'Indépendant

Jamais il ne se sera fait doubler. Jean-Paul Belmondo aimait assumer de bout en bout les défis physiques imposés par les rôles qu’il choisit. Comme Jean Marais quelques années auparavant, il n’hésite jamais à payer de sa personne pour rendre les prises de vue plus spectaculaires. Même si parfois c’est douloureux.

Dans « L’Alpagueur », polar réalisé par Philippe Labro en 1975 à Perpignan et ses environs durant une dizaine de jours (le reste du film a également été tourné à Rotterdam et en région parisienne), il doit courir derrière un camion-citerne de vin et monter sur la remorque en marche. Quatre prises sont nécessaires.

Dans un froid glacial, on est fin octobre. Belmondo ne rechigne pas. Pourtant il a passé une nuit affreuse. Il souffre d’une crise de sciatique aiguë due à une hernie discale. Même le réalisateur ne saura pas lors des prises de vue le degré de souffrance enduré par sa vedette. Son médecin personnel a fait le déplacement et en secret de tous, il lui fait des piqûres pour supporter la douleur. Le film aurait pu être interrompu le temps des soins et du repos nécessaires. Mais Belmondo est un dur au mal. D’autant plus que sur ce long-métrage au budget conséquent, il est la vedette mais aussi le producteur. Un double rôle qui le pousse à prendre sur lui pour ne pas faire exploser le budget entièrement financé avec ses deniers personnels.

Au milieu des années 70, Jean-Paul Belmondo est au sommet de sa célébrité. L’acteur français, après des débuts tonitruants dans les films de la Nouvelle Vague, s’est orienté vers un cinéma plus commercial, entre comédie et action. Pas toujours satisfait des scénarios qu’on lui propose ni des cachets qu’il tire des succès astronomiques de réalisations qui lui doivent tout, il crée sa propre société de production, Cerito, et devient une star doublée d’un patron. Pour le premier film entièrement monté par sa maison de production, Bébel fait appel à Philippe Labro. Le journaliste et écrivain a toujours été attiré par le cinéma. Il tente de transposer à la France l’ambiance et les thèmes typiques des réalisations US. Lui-même sera souvent déçu du résultat et a décidé au bout de six tentatives de se recentrer sur l’écriture et son métier d’origine.

Dix jours de tournage en octobre 1975 à Perpignan et dans les environs

Mais en 1975, à Perpignan, il croit dur comme fer que « L’alpagueur » va passionner les foules et révolutionner le genre. Notamment pour le personnage atypique interprété par Belmondo. Un tueur à gages qui travaille pour l’État, en dehors de toute légalité. Il est engagé pour éliminer un certain « Épervier ».

Dans son étude exhaustive et très imagée publiée par Mare Nostrum, « 100 ans de cinéma en Pyrénées-Orientales », Jean-Noël Grando revient sur la couverture quotidienne du tournage dans l’Indépendant. Des articles parus entre le 13 et 22 octobre 1975. Malgré son statut de star française absolue, Jean-Paul Belmondo reste particulièrement disponible, tant pour les journalistes que ses fans. Arrivé par avion, accueilli dès sa descente par Philippe Labro, il prend immédiatement la direction de Salses. Déguisé (moustache et lunettes aux montures en fer), il s’attable à l’Euromotel de Salses. Ça tourne ! Il y lit un exemplaire de l’Indépendant imprimé spécialement pour le film. A la Une, on distingue nettement un titre sur l’Épervier mais également une manchette à propos de l’arrestation d’officiers à Barcelone preuve que l’actualité catalane a toujours été bien traitée dans le quotidien des Pyrénées-Orientales (et de l’Aude).

Ambiance nocturne au centre-ville et balnéaire sur le pont du Lydia  

Philippe Labro, originaire de Midi-Pyrénées, connaît la région et ses atouts. Il profite du centre ville de Perpignan pour réaliser des scènes nocturnes à l’ambiance trouble. Enfin il plante également ses caméras sur le pont du Lydia, le paquebot ensablé à Port-Leucate.

Le film, comme beaucoup de réalisations des années 70, a pris un sérieux coup de vieux. Mais pour les scènes de rue dans Perpignan ou sur le paquebot ensablé, il reste un témoignage de la région à un moment clé de sa modernisation, de sa transformation définitive et irrémédiable. Heureusement, les films restent les témoins de ces mondes perdus.

Quant à Belmondo, il restera à jamais cet Alpagueur capable de changer d’apparence comme il veut. Un immense acteur aux mille facettes qui brilleront longtemps au firmament du cinéma français.