vendredi 13 août 2021

BD - "Phobos" c'est Secret Story… direction Mars


Publiée sous forme de romans, la saga Phobos, de Victor Dixen, bénéficie d’une adaptation sous forme de bande dessinée. C’est le Brésilien Eduardo Francisco qui dessine les aventures de Léonor et de ses 11 colocataires.

L’intrigue a tout d’un scénario de téléréalité. Six filles et six garçons, enfermés chacun dans des appartements séparés, ont une année pour former six couples. Mais pas d’élimination possible, puisque l’émission est réalisée dans un vaisseau spatial lancé vers Mars. Une fois arrivés, les six couples pourront former la première colonie martienne.

Associer téléréalité et conquête de l’espace est l’idée de génie de Victor Dixen, romancier français qui vend des millions d’exemplaires, partout dans le monde. Et, comme dans Secret Story, chaque participant a un lourd secret qui risque d’hypothéquer le succès de l’opération.

Une série qui s’adresse plus spécialement aux adolescents.

« Phobos » (tome 1), Glénat, 16,90 €

jeudi 12 août 2021

Roman - Duel à la Défense

Marius et Priscilla sont deux jeunes et brillants managers d’une grosse multinationale basée à la Défense. Ils sont aussi dévorés d’ambition et quand le grand chef est remercié par le conseil d’administration, ils vont se retrouver en concurrence pour le poste suprême. Ce roman de Marin de Viry raconte comment ces nouveaux prédateurs du grand capitalisme s’entre-dévorent avec une méchanceté démentielle

L’occasion pour le romancier de brocarder ce monde qui, par chance, est étranger à la majorité des gens normaux. Mais il va beaucoup plus loin, imaginant un rapprochement des deux belligérants et l’adjonction de nouveaux joueurs. Et comme dans les romans à l’eau de rose, tout finit par un double mariage. Mais pour le bonheur, on repassera.  

« L’arche de mésalliance », Marin de Viry, Éditions du Rocher, 17,90 €

Polar - Afghanistan, nid d’espions

Les espions français sont toujours en action partout dans le monde. Cédric Bannel raconte leur quotidien dans une série de romans ancrés dans le réel.

Dans ce nouveau volume paru début juillet et sobrement intitulé L’espion français, on retrouve Edgar, 33 ans, élément essentiel du renseignement français même si officiellement il ne travaille pas pour l’État. C’est un des membres d’une entité chargée des dossiers les plus sensibles. Sa mission : éliminer physiquement des ennemis parfois intouchables. Le roman se déroule en grande partie en Afghanistan.

Un pays qui est en train de basculer aux mains des Talibans. Sur place, une Française, Alice Marsan, surnommée la veuve blanche, est à la tête d’une armée de djihadistes et sème la terreur. Mais Edgar osera-t-il, pour la première fois de sa carrière, abattre de sang-froid une femme ?

Quand le roman d’espionnage rejoint l’actualité. C’est très bien renseigné et parfois, cela fait froid dans le dos.

« L’espion français », Robert Laffont, 19,90 €

mercredi 11 août 2021

Roman historique - Magnificat de Narbonne

Après le succès du roman « Angélus » (Prix Historia), François Henri Soulié revient dans cette Occitanie médiévale pour raconter l’histoire d’Ermengarde de Narbonne. A la tête du comté en 1177, elle se retrouve contestée par les marchands de la ville. Ils voudraient faire du comté une république à l’égal de Gênes ou de Pise. Alors que le sang coule et qu’Ermengarde se retrouve de plus en plus isolée, elle décide de confier à un jeune troubadour un spectacle qui pourrait sauver sa tête. 

Ce roman historique, digne des plus grandes sagas, s’appuie sur de solides recherches. On est en pleine expansion cathare et la vie d’Ermengarde a été tout aussi mouvementée que dans le livre. Chassée de Narbonne, elle a récupéré son comté puis a terminé son existence exilée près de Perpignan. C’est elle la véritable héroïne de cette superbe fresque historique.

« Magnificat » de François-Henri Soulié, 10/18, 15,90 €


BD - Amour de vacances contrarié


Elles sont adorables ces trois sœurs Grémillet. Imaginées par Di Gregorio, dessinées par Barbucci, elles entraînent les lecteurs dans des aventures du quotidien se transformant en belles leçons de vie. Pour ce second tome, le trio quitte la ville pour passer l’été chez la grand-mère. Sarah, Lucille et Cassiopée, adorent ce moment un peu hors du temps.

Même si la santé de leur mamie les inquiète car elle a tendance à oublier de plus en plus de choses. Des trois, c’est Cassiopée la plus pressée de retrouver cette campagne bucolique. Pas pour les petits oiseaux (ça, c’est Lucille qui va sauver un oisillon tombé du nid), mais surtout, pour retrouver les garçons du village.


Problème : Cassiopée a désormais un petit ami. Comment choisir entre le soupirant estival et l’amoureux de tous les jours, absent ?

Un cheminement qui passe par une légende locale : celle de la dame du lac qui se serait suicidée après avoir constaté qu’elle s’était trompée en choisissant son mari. 

« Les sœurs Grémillet » (tome 2), Dupuis, 13,95 €

mardi 10 août 2021

Récit - Au-delà des ailes avec Alain Bonnefon

Alain Bonnefon, célèbre chirurgien esthétique bien connu à Perpignan et à Montpellier, a une passion : piloter des avions. Il a notamment créé, dans les années 70, l’aéroclub des Ailes roussillonnaises.

Aujourd’hui à la retraite, le spécialiste du lifting a voulu partager ces 50 années de découvertes de tous les pays du monde lors de ses voyages. Un livre témoignage, richement illustré, où il se raconte, mais met, surtout, l’accent sur les avions et les péripéties de vols parfois mouvementés.

Comme cette première aventure aux USA et au Mexique, en 1967, avec Jean-Pierre, un ami, lui aussi passionné de pilotage. Ensuite, durant plus de 200 pages, le lecteur va du Moyen-Orient à l’Amérique du Sud en passant par l’Australie, le grand nord canadien ou Saint-Pétersbourg… juste pour y réveillonner en décembre 1995.

Sans oublier la fameuse piste de Courchevel, redoutable, mais qui revient régulièrement dans ce livre témoignage où l’amitié tient aussi un rôle important.

« Les tribulations d’un pilote privé à travers le monde », Éditions JPO, 24,35 €

lundi 9 août 2021

BD - Comet Girl, une sacrée nana de l’espace


Ce manga a un délicieux air rétro. Bien que dessiné, en 2019, par la jeune Yuriko Akase dont c’est la première œuvre, on a l’impression de se balader dans une série du genre d’Astroboy ou de San Ku Kaï. On a d’ailleurs l’impression, parfois, que l’Azuris, le vaisseau aux voiles gigantesques, va surgir d’un moment à l’autre de derrière une planète.

Ces deux tomes de 240 pages raconte les aventures de Sazan et de Mina. Le premier, jeune célibataire, agent de voirie intergalactique (il va de planète en planète pour aménager les espaces verts…), croise, un soir, le chemin de la fameuse Comet Girl. Une rousse flamboyante qui, au guidon de sa moto spatiale, a des dizaines de malfrats aux trousses.


Elle a une énergie inépuisable que tous guignent.

On retrouve dans Comet Girls des combats dans l’espace, gags avec cochons volants, des grands méchants et un joli message écologique. Mais, c’est avant tout une histoire d’amour contrariée qui fera rêver petits et grands.

« Comet Girl », Casterman, 11,95 € chaque volume

dimanche 8 août 2021

BD - Un privé et des divas


Le plus célèbre détective privé de Marseille est de retour dans les bacs des librairies en cette rentrée littéraire. Un 28e tome toujours dessiné par Serge Carrère et scénarisé par Loïc Nicoloff qui a pris la succession d’Arleston. Tout commence au cours d’une représentation à l’opéra municipal.

Une ultime répétition d’une version très moderne de Carmen. Un accident interrompt l’opéra. La cantatrice star est blessée. A trois jours de la première, c’est sa remplaçante qui doit reprendre le rôle. Léo Loden intervient à la demande de l’assurance. Accident ou sabotage ? Les dédommagements ne sont pas les mêmes…

Un privé au pays des divas cela donne pas mal de coups de sang, des cris et quelques crises de nerfs. Une enquête classique résolue de main de maître par le jeune privé.

Mais le meilleur reste le quotidien du papa de jumeaux qui entrent en maternelle. Léo pas toujours aidé par la maman, par ailleurs commissaire de police légèrement surmenée, Marseille oblige.

« Léo Loden » (tome 28), Soleil, 10,95 €

BD - Frédéric Bézian exposé à Paris en septembre à la Galerie Glénat


Dessinateur de bande dessinée, originaire d’Occitanie, Frédéric Bézian présentera plusieurs de ses dessins, à la rentrée, à la Galerie Glénat, du 8 au 28 septembre.

Celui qui est souvent venu au FID de Perpignan et même au défunt festival de BD de Fillols et qui a présenté des planches de l’album Aller-retour, à Bram, dans l’Aude, ville où se déroulait cette autofiction, exposera à Paris une quarantaine d’œuvres originales, planches en noir et blanc, à l’encre de chine et crayonnés.

Elles permettront de retrouver les traits du légendaire génie du crime, Docteur Radar, à l’occasion de la parution de Morts à Venise, troisième et dernier tome de la série lancée en 2014. 

samedi 7 août 2021

BD - Adoption au bout du monde


Si Andrea Ferraris, dessinateur italien, est surtout connu pour son travail sur Donald (il a signé des centaines d’histoires publiées dans les divers magazines Disney), une autre facette de son travail est beaucoup plus adulte.

Dans Le bourdonnement du moustique, il raconte comment, vers l’âge de 30 ans, après avoir fait le constat que lui et sa compagne n’arrivent pas à avoir d’enfant pour cause de kyste aux ovaires et de « spermatozoïdes fainéants », ils décident d’adopter. Un long parcours semé d’embûches et d’attente.

La première partie détaille ce cheminement et un jour, la bonne nouvelle arrive : Sarvari, petite fille de 4 ans, les attend à Bombay. Ce voyage, le premier si loin pour Andrea, est un calvaire car en plus de se retrouver dans un pays inconnu, la fillette est désespérée de quitter son quotidien.

Un long apprivoisement sera nécessaire avec, au bout un sourire et ces deux mots magiques : « maman et papa ».

« Le bourdonnement d’un moustique », Delcourt, 18,95 €