dimanche 16 mai 2021

BD - Tarzan, version originale


La mode est aux gros albums. Le premier tome de l’adaptation fidèle du roman d’Edgar Rice Burroughs, Tarzan, par Bec et Subic fait 84 pages. Cela permet au dessinateur de multiplier les scènes où grands singes et seigneur de la jungle s’apprivoisent. Ensuite, arrive Jane et l’expédition menée par son père.


Là, ce sont les combats avec les anthropophages qui permettent des planches sombres et musculeuses.

La dernière partie voit Tarzan découvrir le monde civilisé. Une diversité graphique qui fait aussi l’attrait de cet album.

« Tarzan » (tome1), Soleil, 17,95 €  

Polar - Enquête familiale pour Varg Veun

Présenté comme le premier détective privé de la littérature policière norvégienne, Varg Veun de Gunnar Staalesen revient dans une enquête qui contient nombre de révélations sur la famille du héros. Officiant à Bergen, ville natale de l’auteur, Varg, 61 ans, accueille une nouvelle cliente. Norma désire qu’il recherche Emma, la fille de sa cousine. Norma qui lui apprend également qu’ils sont frère et sœur. Ils ont la même mère, morte depuis quelques années. 

Un premier coup de théâtre familial qui ne sera pas le seul. En enquêtant sur la disparition d’Emma, étudiante, il découvre qu’elle aussi a un demi-frère dont elle n’a découvert l’existence que sur le tard. 

Ce labyrinthe familial se complique quand un vieux fait divers, resté impuni, refait surface ainsi qu’une bande de motards particulièrement violents. Un polar tout en finesse, avec un Varg de plus en plus usé physiquement, notamment quand il se fait rouer de coups.

« Grande sœur » de Gunnar Staalesen, Gaïa Noir, 22 €


Thriller - Noirs séquoias

Olivier Bal a de la suite dans les idées. Après « L’affaire Clara Miller » (qui vient de sortir en poche chez Pocket), il relance son personnage principal de Paul Green dans un roman encore plus sombre. Le journaliste a tout plaqué. Il a roulé jusqu’au bout des USA. Il s’est arrêté dans l’Oregon, entre Pacifique et forêt de séquoias. 

Dans une cabane, avec un vieux chien, il laisse passer les jours, détaché de l’actualité. Tout change quand une nouvelle jeune femme disparaît dans la forêt à la sinistre réputation et qu’une gamine vient se réfugier dans sa modeste demeure. Il retrouve ses instincts d’enquêteur et va se lancer sur les traces de cet « homme rouge » tuant, à l’abri des regards, derrière les arbres géants de Redwoods. 

Un thriller qui vous fera prendre un grand bol d’air frais. Méfiance cependant, car dans les bois sans fin, personne ne vous entendra crier d’effroi. Un pageturner dépaysant et brillamment mené jusqu’au dénouement final. 

« La forêt des disparus » d’Olivier Bal, XO éditions, 19,90 € 

Série télé - Jupiter’s Legacy : genèse du héros


Entre le héros mature et efficace et la genèse du héros, Jupiter’s Legacy, série en huit épisodes disponible sur Netflix, ne choisit pas. Il y a deux arcs de narration bien différenciés dans cette histoire tirée d’un comic de Mark Millar et Frank Quitely (publié chez Panini en France). 

De nos jours et dans les années 30, quand le groupe de six personnes, les six héros, a été doté de super pouvoirs. On voit en premier ce que sont ces super héros, de plus en plus impuissants face au mal qui se multiplie tels des virus en l’absence de gestes barrières. Mais le plus intéressant de la série pilotée par Steven S. DeKnight (Daredevil, Smallville) reste cette genèse des héros. Comment, de faibles, presque fous, presque inconséquents et totalement inconscients, ils vont devoir gravir des montagnes, traverser des déserts et un océan pour devenir ces créatures supérieures qui vont changer la face de l’Amérique. 

Josh Duhamel interprète Utopian, le chef de l’Union, celui qui a mené le groupe vers cette île mystérieuse. Sheldon, fils de bonne famille, découvre que son père a utilisé l’argent des retraites des ouvriers pour jouer en Bourse. Dans les années 30, après le crack, le père préfère se suicider. Sheldon va sombrer dans la folie. Victimes d’hallucinations, il finit par se convaincre que c’est une piste vers un destin. Il entraîne dans son sillage une jolie journaliste (qui deviendra son épouse), son frère, un ami richissime, un fils d’ouvrier et un médecin.

On retrouve une partie de la bande de nos jours, vieillis, en train de se battre contre une entité malfaisante, aidés de leurs rejetons. Car Jupiter’s Legacy, en bonne série américaine, explore aussi le champ de la famille. Utopian/Sheldon a des problèmes avec ses deux enfants. Brandon (Andrew Horton) semble ne pas être à la hauteur pour un jour succéder à son père. Quant à Chloé (Elena Kampouris), elle a tourné le dos à son rôle de justicière préférant profiter de la vie avec excès (drogue, sexe et alcool).

Entre l’idéal du début et la déviance de la descendance, Jupiter’s Legacy donne aussi à réfléchir sur l’évolution de notre société, toujours plus favorable aux solutions extrêmes.

Cinéma en streaming - « Oxygène » en fait des caisses


Alexandre Aja fait partie des rares cinéastes français ayant réussi aux USA. Son dernier film, « Oxygène », il l’a réalisé en France pour Netflix avec Mélanie Laurent en vedette unique. Un film de genre, prouesse technique, puisque 80 % de l’histoire se déroule dans un caisson de cryogénisation. 

À l’intérieur, une femme (Mélanie Laurent). Elle vient d’être réveillée par l’intelligence artificielle (voix de Mathieu Amalric) car une défaillance est détectée. Problème, il reste moins d’une heure d’oxygène et le caisson est bloqué. Mélanie Laurent se débat dans cet espace réduit, tentant de se souvenir qui elle est. 

L’exercice cinématographique est périlleux. Alexandre Aja s’en tire avec les honneurs même si, parfois, l’actrice en fait des caisses dans son caisson et que le spectateur, lui aussi, a envie de prendre la fuite. Heureusement, il lui suffit d’appuyer sur sa télécommande pour mettre fin au calvaire.

samedi 15 mai 2021

BD - « Contrapaso », une enquête sous Franco


Attention, cette BD de 150 pages grand format en couleurs place la barre très haut. Teresa Valero, autrice espagnole, a mis beaucoup d’elle-même dans ce polar digne des meilleures séries noires. L’action se déroule en 1956 à Madrid.


Un journaliste blasé tente de démasquer un tueur en série. Mais, dans cette Espagne franquiste, c’est peine perdue. Seuls les faits divers sans envergure sont repris dans les pages de son journal. Il reçoit l’aide d’un jeune franco-espagnol à l’esprit plus ouvert.

Leur enquête va se déplacer vers les notables aux mœurs douteuses, prêts à tout pour avoir une descendance.   

« Contrapaso », Dupuis, 23 €  

vendredi 14 mai 2021

BD - Les ados connectés de « Alienated »


Ils sont trois à avoir un prénom commençant par les trois mêmes lettres : Samuel, Samantha et Samir. Les trois Sam (un neerd introverti, une fille idéaliste et un musulman gay) deviennent les confidents d’une entité extraterrestre. 
Ils peuvent communiquer entre eux par la pensée mais Chip (ils l’ont baptisé ainsi), leur permet également d’avoir des pouvoirs. 
Que vont-ils en faire ? Une réflexion très pointue sur les dérives des ados américains signée Spurrier et Wildgoose.
 « Alienated », Hi Comics, 17,90 €

jeudi 13 mai 2021

BD - Quand l’amour fait boum dans le "Canonnier de la Tour Eiffel"


Une fois construite, il a fallu trouver une utilité à la Tour Eiffel. Les autorités ont pensé y mettre un petit canon qui tire tous les jours à midi pile permettant à tous les Parisiens de mettre leurs montres à l’heure. Sur ce petit métier d’antan, Manini et Richez ont écrit une belle histoire d’amour dessinée par David Ratte.

Célestin, ancien militaire, sculpteur sur bois, rêve d’une jolie fille. Quand il la croise, il n’en croit pas ses yeux. Le coup de foudre fonctionne à merveille, mais les deux tourtereaux auront les pires difficultés à se retrouver.

Frais et optimiste, juste ce qu’il nous faut en ces temps troubles.

« Le canonnier de la Tour Eiffel », Bamboo, 15,90 €  

mercredi 12 mai 2021

BD - Aliens contre nazis


Certains auteurs sont fascinés par la seconde guerre mondiale. Plus exactement par les nazis. A se demander parfois s'ils ne regrettent pas d'avoir vécu à cette période. Nolane, scénariste prolifique, aime placer ses récits guerriers dans ces années 30 et 40, quand l’Allemagne dominait une bonne partie du monde. Il a lancé plusieurs séries dans cette mouvance comme Wunderwaffen ou Space Reich.


Cette fois c'est un roman de science-fiction qu'il adapte pour le dessinateur croate Vladetic. Le château des millions d'années de Stéphane Przybylski, paru au Bélial, raconte comment Freidrich Saxhäuser, un espion allemand, sert d'agent de liaison entre Hitler et une civilisation alien qui vit cachée au fin fond de l'Irak. De Berlin à Bagdad en passant par le désert, on suit les déambulations de Saxhäuser, sorte de James Bond nazi, qui a toujours un coup d'avance et met dans son lit d'un claquement de doigts tout ce qui a une jupe et des seins.

L'ensemble est assez indigeste. On ne sait pas si c'est à cause du machisme totalement déplacé du héros, de la mise en avant de l'idéologie fasciste ou de l'invraisemblance de ce peuple extraterrestre. 

« Le château des millions d'années » (tome 1), Soleil, 14,95 €

mardi 11 mai 2021

BD - Venise dans la tourmente fasciste


Le titre de la série, « Fleur de nuit », est en réalité celui d'une pièce de théâtre qu'écrit en cachette Ester, jeune Italienne de Venise. Comme sa mère, d'origine allemande, elle rêve d'être dramaturge. Pour interpréter les deux rôles principaux de cette histoire entre une prostituée et un bourgeois, elle pense à Jacopo, son frère jumeau pour l'homme et Hans, un ami allemand, pour la femme.

Une histoire impossible qui l'est également dans la vraie vie. Car Jacopo et Hans sont amants. Mais dans cette Italie fasciste de la fin des années 30, les homosexuels sont déportés dans des camps dans le sud du pays. Hans, blond comme les blés, fils d'un dignitaire nazi, est promis à un grand avenir après son admission dans les rangs des SS. Jacopo, de son côté, veut devenir chirurgien. Mais il est juif et chaque jour qui passe lui complique la tache.

Cette histoire de Giovanna Furio est superbement mise en image par Marco Nizzoli. Cette jeunesse idéaliste est croquée avec grâce et tendresse. Pourtant la suite de l'histoire entre Hans et Jacopo sera dramatique. Entre l'amour ou le parti, le jeune SS devra choisir. 

« Fleur de nuit » (tome 1/2), Glénat, 14,50 €