mardi 16 mars 2021

De choses et d’autres - La Dominique s’offre aux télétravailleurs

Marre de bosser dans la chambre d’amis reconvertie en bureau provisoire ? Provisoire qui dure depuis plus d’un an… Les télétravailleurs du Covid-19 cherchent de plus en plus un cadre de vie plus agréable.

Alors, pourquoi ne pas répondre à cet appel de la Dominique, petite île tropicale nichée dans la mer des Caraïbes, exactement entre Martinique et Guadeloupe ?

Ce petit pays verdoyant, épargné par le tourisme de masse, propose aux télétravailleurs de s’y installer durablement. La Dominique a créé, depuis cette semaine, un visa de longue durée allant jusqu’à 18 mois. Au lieu de devoir subir la tramontane glaciale, bénéficiez plutôt des alizés rafraîchissants. Plongez dans des spots gorgés de poissons multicolores, baignez-vous dans des cascades gigantesques.

La carte postale semble parfaite, mais quelques surprises pourraient refroidir votre enthousiasme. Membre du Commonwealth, on y parle donc anglais, mais, surtout, on y roule à gauche… avec des voitures prévues pour rouler à droite. Compliqué, mais, de toute manière, il n’y a que 375 km de routes goudronnées sur l’île.

Autre particularité de la Dominique : la totale absence de plage. Par contre, on compte 365 rivières. Enfin, ce visa longue durée n’est pas automatique. Il faut, dans un premier temps, déposer sa candidature et débourser 100 dollars sur le site dédié. Ensuite, si vous êtes retenu, les frais de visa sont de 800 $ pour un individu seul et de 1 200 $ pour les familles. Et, mieux vaut bien prévoir son coup, car vous avez trois mois pour déménager. Finalement, je ne suis pas si mal dans ma chambre d’amis. 


lundi 15 mars 2021

De choses et d’autres - Allô maman dodo…

Depuis un an, la pandémie a des conséquences directes sur la vie quotidienne des Français. Sur leurs nuits aussi, le sommeil devenant de plus en plus compliqué à trouver quand on sait que le lendemain sera identique à la veille…

Il n’y a pas encore d’études récentes sur le sommeil en temps de crise sanitaire, mais les chiffres de ces dernières années nous éclairent sur les différences nationales face au dodo. Ainsi, si l’on considère qu’une nuit pour être réparatrice doit être de 8 heures, on constate qu’en France, on dort 3 minutes de plus. Sans doute le temps au cours duquel on se dit, « allez, encore une petite minute avant de me lever ». Minute qui triple comme de bien entendu.

Mais nous ne sommes pas les plus gros dormeurs de la planète puisqu’aux Pays-Bas ce sont plus de cinq minutes que les dormeurs s’octroient en supplément. Mais alors, qui dort le moins sur Terre ?

Vous ne serez pas étonné d’apprendre que la palme revient à deux pays asiatiques : les habitants de Singapour se réveillent plus de 36 minutes avant les fatidiques 8 heures suivis des Japonais qui dorment en moyenne 7 heures et 30 minutes.

En Europe, ce sont les Allemands qui sont les plus économes en sommeil grignotant leur quota de 19 minutes en moyenne.

Ces quelques chiffres du monde d’avant sont forcément différents actuellement. J’en connais certains (moi notamment), qui, en s’endormant le soir, espèrent ne se réveiller que quatre mois plus tard, quand tout ce bazar sera terminé. Car finalement, quitte à être traité d’ours en société, autant à en avoir les avantages, l’hibernation en premier lieu. 


dimanche 14 mars 2021

De choses et d’autres - Chiffres romains en voie de disparition ?

Grosse indignation, la semaine dernière, en Italie. Les musées français, honte à eux (che si vergognino en italien) seraient sur le point d’abandonner les chiffres romains au profit des plus connus chiffres arabes.

En exemple, la reproduction d’une gravure montrant Louis 14, roi de France.

Finalement, ce ne serait qu’une partie des explications fournies dans un seul musée (Carnavalet à Paris dans le IIIe arrondissement) qui serait concerné. Et pas les rois, juste les siècles. Une réforme déjà entreprise par le musée du Louvre qui ne parle plus du XIXe siècle mais du 19e.

Sans être un fervent défenseur des traditions, j’avoue avoir du mal avec les évolutions typographiques. Pour moi, un siècle, comme un roi ou un pape, sera toujours en chiffres romains.

Par contre, force est de constater qu’une partie de la population a des difficultés à comprendre cette numérotation. Le plus célèbre exemple étant cet homme demandant comment aller à l’hôtel Georges V, prononcé Georges « Vé » au lieu de « Cinq »…  

Une petite polémique qui a donné l’idée à un fan de BD de reprendre la charte graphique des couvertures de la série d’espionnage de Vance et Van Hamme, XIII. En chiffres arabes, tout de suite, ça a moins de classe.

De toute manière, dans notre région, tout le monde sait lire en chiffres romains. Pour la bonne et simple raison que dès le berceau on nous explique qu’il n’y a pas un seul mais deux rugbys : le XIII et le XV. 


samedi 13 mars 2021

Album jeunesse - Le petit cow-boy et son courageux Desperado


La parution de « Desperado », album à partir de 3 ans, marque le retour d’Ole Könnecke au catalogue de l’École des loisirs. On apprécie toujours autant son trait simple et lumineux, tout en grâce et efficacité ». L’histoire est en réalité une adaptation, pour les plus petits, du film « La prisonnière du désert », de John Ford. 

Roy est un petit garçon vivant dans un ranch dans le désert. Tous les matins il va à l’école en chevauchant son cheval, Desperado. Un matin, alors qu’il est en retard, il trouve l’école déserte. Des brigands ont enlevé sa maîtresse, la très gentille Heidi. N’écoutant que son courage, aidé par le brave Desperado, il se lance sur les traces des méchants kidnappeurs. 

« Desperado » d’Ole Könnecke, L’École des loisirs, 13 €

De choses et d’autres - Du goût et du coût de la fraise Tagada

Rien de tel qu’une gaffe de la police pour détendre l’atmosphère. Mercredi, la Préfecture de police, sur son compte Twitter, se réjouissait d’avoir démantelé un atelier de conditionnement de produits stupéfiants. Et pas n’importe lesquels puisque les photos montraient des pilules roses et de la poudre. De la MDMA et de l’ecstasy selon le communiqué officiel.

Mais hier, deux jours plus tard, soit le temps nécessaire pour analyser le plus précisément possible les produits saisis, un autre communiqué du parquet de Bobigny indiquait que finalement, la poudre était « neutre ». Un terme vague pour dire qu’il ne s’agit en aucun cas de stupéfiant.

Finalement, une indiscrétion a donné le véritable résultat des tests. Ce que les policiers ont saisi dans cet appartement de Saint-Ouen était en réalité des fraises Tagada concassées.

La préfecture de police indiquait que la saisie représentait une valeur de 1 million d’euros. Cela ferait un excellent exercice de Nation apprenante, l’opération de l’Éducation nationale durant le premier confinement.

Premier énoncé « Si la police saisit 5,47 kg de fraises Tagada représentant une valeur marchande de 1 million d’euros, combien coûte chaque bonbon pesant environ, 3,5 grammes ? » (réponse : un peu plus de 639 € la fraise Tagada, ça fait cher la carie…)

Second énoncé. « Si la police saisit pour un million d’euros de fraises Tagada, combien de camions faudra-t-il pour transporter toute la marchandise si le prix au kilo de cette confiserie est de 5,77 € ? » (réponse : 4 semi-remorques de 44 tonnes…) 

Enfin, je lance le débat : le sucre est-il une drogue ? Pour quelques enfants, oui. Mais pas au point de mettre en place un laboratoire de conditionnement clandestin. De toute manière, qui préférerait avaler des comprimés au lieu de faire fondre les goûteuses et moelleuses fraises Tagada dont on s’est forcément régalé à un moment de notre enfance.

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le samedi 20 mars) 

vendredi 12 mars 2021

Polar - Les rennes se moquent des frontières

La frontière entre la Norvège et la Russie a toujours été très surveillée. Elle est moins hermétique depuis la chute de l’URSS mais reste sensible. Par contre, dans cette zone de Laponie, les troupeaux de rennes eux ne font pas la différence entre pâturage norvégien ou russe. Quand une cinquantaine de bêtes passent à l’Est, c’est le début des ennuis pour le propriétaire mais surtout Klemet, éminent membre de la police des rennes. 

Dans cette quatrième aventure du héros récurrent imaginé par Olivier Truc, la politique se mêle à l’enquête. Une nouvelle épreuve pour Klemet, d’autant qu’il retrouve son ancienne coéquipière Nina. Leurs relations sont toujours aussi tendues, même si on devine que ces deux luttent contre une attirance réciproque. 

« Les chiens de Pasvik » d’Olivier Truc, Métailié, 21 €


De choses et d’autres - Identité renforcée

À partir de cet été, nous aurons la possibilité d’avoir des cartes d’identité dernier cri. Biométriques, dotées d’une puce, au format d’une carte bancaire, elles sont à la pointe de la technique si l’on en croit les cocoricos des responsables gouvernementaux.

Enfin c’est le discours officiel mais qui tombe comme un château de cartes dès que l’on passe les frontières. Ces cartes nouvelle génération aux capacités renforcées sont en circulation aux Pays-Bas depuis 2004. La Belgique a fait la bascule en 2009 et l’Allemagne en 2010.

En réalité, rien de glorieux dans cette nouvelle carte d’identité française car nous avons dix ans de retard par rapport à nos voisins.

Sur ces nouvelles cartes, il est toujours interdit de sourire quand on fait la photo. Une spécificité tricolore car sur la carte spécimen allemande trouvée sur le net, une certaine Erika Mustermann, blonde aux yeux bleus, arbore un sourire très jocondien.

Cartes allemandes qui sont en trois langues. L’Allemand bien évidemment, mais aussi l’anglais et le français. On ne leur a pas rendu la politesse, rajoutant simplement par rapport aux précédentes cartes en circulation, l’anglais.

Dernière petite particularité de cette innovation administrative, la carte d’identité française spécimen publiée dans certains journaux est celle de Gisèle Chevallier, 26 ans de Bordeaux. Il est précisé dans la rubrique nom d’usage « veuve Dubois ». Si jeune et déjà veuve, ça ne transpire pas la joie et la bonne humeur chez les fonctionnaires de l’état-civil.

(Chronique parue le vendredi 19 mars en dernière page de l'Indépendant)

jeudi 11 mars 2021

Série Télé - Avec les caïds des cités de Marseille


La grammaire des séries télé en est encore à ses balbutiements. Il n’existe pas de format ultime. L’effervescence de la catégorie, notamment depuis l’arrivée en masse de nouveaux acteurs comme Netflix, permet toutes les expérimentations. C’est le cas de Caïd, série française se déroulant entièrement dans une cité chaude de Marseille. Nicolas Lopez et Ange Basterga, les deux jeunes cinéastes à l’origine du projet testent un format court et percutant. Dix épisodes de 10 minutes pour, selon leurs déclarations sur la radio Le Mouv’, «tendre encore plus le récit, d’avoir une immersion encore plus forte que dans le film. En fait ce format de 10 minutes sert à ne pas respirer. » 

Tout va effectivement très vite dans le premier épisode. Franck (Sébastien Houdami) est envoyé par un label de musique dans la cité pour tourner le clip d’un rappeur prometteur, Tony (Abdraman Diakité). Problème, Tony est également le boss et caïd du trafic de drogue de ce quartier. Franck et son cameraman vont devoir filmer l’artiste en plein travail. Et comme ils arrivent en pleine guerre des gangs, ils vont avoir leur dose d’action, de fusillade et de course-poursuite. 

Filmé caméra à l’épaule, Caïd a parfois des airs de reportage sur le trafic de drogue. Notamment sur l’organisation minutieuse de l’accueil des clients et de la vente au plus vite des doses. Une infrastructure performante qui pourrait faire envie à nombre de managers rêvant d’équipes aussi efficaces pour leur business. Courte et percutante, la série se voit en une soirée. Seul bémol, une fin pas totalement assumée. Mais c’est de plus en plus la loi des séries qui espèrent une suite sans oser le dire trop fort. 

De choses et d’autres - La supplique de la chenille

Vendredi dernier, pendant que sur Canal + Corinne Masiero se déshabillait en direct à la cérémonie des César, sur TF1, une autre séquence sujette à polémique était diffusée. Pas de problème de nudité cette fois, mais de bien-être animal.

Les aventuriers de Koh-Lanta, pour se nourrir, doivent pêcher. Un certain Arnaud, maraîcher dans le civil, a tout tenté pour rapporter un peu de protéines aux membres de sa tribu. Simplement armé d’une machette et d’un bâton, il s’est attaqué à des raies qui nageaient près du rivage, puis à une murène repérée dans des rochers.

Espérons qu’Arnaud est meilleur avec ses légumes qu’avec les poissons, car il est rentré bredouille. De peu, puisqu’il a touché une raie avec la machette et la murène, avant de s’enfuir dans l’océan, a été un peu écrabouillée à coups de talon.

Un scandale pour l’association de protection des animaux PETA qui a solennellement protesté contre « ces scènes d’une telle barbarie ». Mais quel méchant cet Arnaud. Et la prochaine fois, il va écorcher vif un chaton et le cuire au barbecue ?

Non, il faut raison garder, mais au vu des images diffusées pour annoncer l’épisode suivant, il rentre fièrement au camp avec des crabes plantés sur la fameuse machette. De quoi encore plus énerver les militants de PETA.

Et je ne vous raconte pas leur indignation quand arrivera l’épreuve dite des chenilles. La seule où j’aurais peut-être pu briller : on ne doit pas courir, sauter, nager ou soulever, pour l’emporter, juste avaler vivante une grosse chenille se tortillant dans tous les sens. Il faut cependant être sourd à la supplique de la chenille.  


mercredi 10 mars 2021

Série télé - Les trois renardes de "Sky Rojo"


Alex Pina et Esther Martínez Lobato reviennent frapper un grand coup sur Netflix. Les géniaux créateurs de La Casa de Papel proposent depuis vendredi Sky Rojo, série trépidante se déroulant aux Canaries près de Ténérife. Un décor quasi désertique de western pour ce thriller hyperviolent que Tarantino ne renierait pas.

En huit épisodes de 30 minutes chacun, Sky Rojo se propose de raconter comment trois jeunes femmes vont prendre leur destin en main. Trois héroïnes nommées Coral (Veronica Sanchez), Wendy (Lali Esposito) et Gina (Yani Prado). Une Espagnole, une Argentine et une Cubaine. Elles ont en commun de travailler pour le même patron, Roméo (Astier Etxeandia vu dans quelques films de Pedro Almodovar). Le pire patron possible puisque Roméo, contrairement au romantisme de son nom, est proxénète. 

Les trois belles sont donc prostituées dans ce bordel isolé en bord de route. Au cours du premier épisode, l’établissement est fermé pour cause de décès. Un premier mort qui va en appeler d’autres. Car Gina, en voulant racheter sa liberté, va provoquer un enchaînement de contrariétés susceptible de rendre Roméo très méchant. Sky Rojo raconte cette fuite en avant, laissant une grosse traînée de sang derrière elle. Les trois amies sont chassées comme de vulgaires lièvres. Mais arrivées à un point de non-retour, elles changent d’attitude et endossent le rôle du prédateur en devenant des renardes enragées. 

Si les premières images font un peu mal aux yeux en raison de l’esthétique très vulgaire et clinquant avec corps féminins dénudés à foison, la suite permet à ces femmes de quitter vêtements riquiquis et maquillage à paillettes pour redevenir des humaines à part entière. Car le message principal de la série, en dehors d’une volonté de distraire avec actions et gags, est de dénoncer la prostitution. Les souteneurs mais aussi, et surtout, les clients. 

Cette première saison trépidante se termine avec son lot d’incertitudes (signature d’Alex Pina, expert en suspense et retournement de situation), donnant encore plus envie de retrouver ces trois femmes.