lundi 4 mai 2020

BD - L’amour 2.0 selon Grossetête


Parfois, dans un couple, l’amant ou la maîtresse se dématérialise. Madame passe plus de temps sur Facebook à discuter avec des amis imaginaires qu’à remplir son rôle d’épouse aimante. Monsieur est happé par ces créatures virtuelles plus aguichantes et avenantes. 
Yannick Grossetête, dessinateur humoristique, a transformé ces nouvelles amours 2.0 en scènes comiques irrésistibles. Il y est beaucoup question d’amour donc. Enfin, de relation entre deux personnes entraînant mélange de sécrétions et interractions sur réseaux sociaux. Amour est souvent un grand mot (pour ne pas dire un gros mot) dans ce milieu qui ne jure que par Instagram et autres applis pas encore inventées mais qui ont toute en commun de mettre en avant le paraître. La critique est acerbe contre ces Millenials irresponsables, sans tabou ni limite. Mais en rire est sans doute la meilleure façon de s’en affranchir. 



Ainsi cet oncle découvrant son jeune neveu jouant à la nouvelle version de FIFA, le jeu de foot. Il s’étonne car il n’y a pas d’équipe. Normal lui explique l’enfant, désormais on ne fait que vivre la vie d’un footballeur. 
Et de lui expliquer que « Là par exemple, je dois baiser la pute. Faut pas se faire choper, y a des paparazzis partout ».
 Sans la moindre limite, ces histoire courtes vues dans Fluide Glacial, placent la barre très haut dans la satire et l’humour noir. Salutaire en ces heures sinistres de confinement introspectif.

« Merci l’amour, merci la vie », Fluide Glacial, 9,90 €

DVD et VOD - « Monos », adolescents dans la fièvre de la jungle



Disponible en vidéo à la demande et en DVD, Monos d’Alejandro Landes fait partie de ces films uniques, au ton jamais entendu, surprenant du début à la fin. Une œuvre où comédiens professionnels doivent jouer avec des amateurs encore plus vrais que nature. Le tout dans une nature sauvage et pas toujours hospitalières, omniprésente, véritable vedette de cette histoire.
De nos jours en Colombie, un groupe d’adolescents enrôlés dans l’armée révolutionnaire clandestine, est chargé de surveiller une otage américaine. Cette femme, médecin, est une monnaie d’échange précieuse. Il faut la préserver. Les jeunes la détiennent presque au sommet d’une montagne. Il y fait froid et humide. Des conditions de vie extrêmes. Régulièrement , un messager vient prendre des nouvelles de l’otage. Cette fois, en plus, il amène une vache laitière qui permettra d’améliorer l’ordinaire de la troupe et de la prisonnière. 
La première partie du film raconte la vie de ces jeunes, six garçons et deux filles, coupés du monde, s’amusant malgré tout, dans la boue et le froid. Tout bascule quand la vache est ruée par inadvertance. Ils sont tous armés de mitraillette et une rafale est vite tirée, juste pour briser le silence. La panique gagne le groupe, l’union se désagrège, la violence prend le dessus. 
Tourné dans des conditions éprouvantes, ce long-métrage du Brésilien Alejandro Landes risque de vous marquer. Par les émotions fortes qu’il suscite mais aussi les paysages majestueux d’immensité et de liberté, denrées particulièrement rares depuis quelques semaines. Donc si vous avez envie d’un bol d’air frais, regardez en urgence Monos, vous ne serez pas déçu.

dimanche 3 mai 2020

Série Télé. « Good Omens », bien et mal s’unissent contre l’Armageddon



Les Anglais ont bien des défauts, mais il ne faut bien leur reconnaître un sens de l’humour incomparable où l’absurde et la dérision sont rois. Si vous avez le moindre doute, précipitez-vous sur la mini-série « Good Omens » au menu d’Amazon Prime. Six épisodes adaptés du roman « De bons présages » de Terry Pratchett et Neil Gaiman paru au début des années 200 en France au Diable Vauvert. L’histoire, entre fantastique et religieux, raconte comment un ange et un démon se retrouvent coincés sur Terre après avoir commis des erreurs. Le premier, Rampa (David Tennant), se transforme en serpent et pousse Eve à commettre le péché originel dans le Jardin d’Eden. Le second, Aziraphale (Michael Sheen), aide le couple à fuir. Dieu (qu’on ne voit jamais et qui a la voix de Frances McDormand dans la version originale), les chasse. Cela fait donc 6 000 ans qu’ils coexistent, l’un en faisant le mal, l’autre le bien. Quand l’Antéchrist arrive sur terre pour sonner la fin du monde, Rampa et Aziraphale s’unissent pour sauver ces pauvres humains, faibles mais si attachants. 
La série, portée par les deux acteurs d’exception que sont David Tennant et Michael Sheen, joue sur tous les clichés démoniaques et angéliques. Rampa est un jouisseur, toujours à la mode quelle que soit l’époque. Aziraphale, naïf et gentil, ne cesse de s’extasier devant les inventions culinaires des humains. L’intrigue nous permet de croiser aussi une sorcière adorable, un inquisiteur empoté et les quatre cavaliers de l’apocalypse, mais version XXIe siècle.


Polar - Les maux de la police dans « Que tombe le silence »


 Depuis toujours le roman policier, notamment en France, fait aussi dans la critique sociale. Plus étonnant, le polar d’un policier encore en activité, Christophe Guillaumot, aborde de façon frontale et sans détour le problème des suicides dans cette profession toujours sur la brèche.
Une exploration très renseignée et documentée sur un phénomène toujours aussi prégnant, qui n’empêche pas l’auteur de ficeler une intrigue captivante autour de ses personnages récurrents que sont le Kanak et Six. Sorti en janvier dernier, « Que tombe le silence » vient de se voir attribuer le tout nouveau Prix Midi, du nom de notre supplément loisir détente du dimanche. Vous pourrez lire dans l’édition de ce 3 mai, le portrait de Christophe Guillaumot, écrivain mais surtout flic toulousain, responsable de la brigade des courses et jeux de la capitale régionale. 

Arme compromettante

Renato Donatelli, géant originaire de Nouvelle-Calédonie, est surnommé le Kanak. Un nom qui claque comme les baffes qu’il distribue quand on le contrarie. Comme son inventeur, il officie à la brigade des courses et jeux de Toulouse. Ce déraciné vit sa troisième aventure. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les deux précédentes (disponibles en poche chez Points) pour plonger dans cet univers de potes. Il y a la police, mais aussi les malfrats, les paumés, le tout dans une ville passée à la moulinette de la plume de Christophe Guillaumot : « Toulouse est une ville du Sud, il y règne la violence, l’ordre est l’exception. Une jungle dévorante qu’aucun maire n’a su contenir. » Un décor urbain et ses tensions. 
Le roman débute avec un règlement de compte entre dealers. Un chef de quartier est abattu. Problème, c’est avec l’arme de Six, le collègue et ami du Kanak. Pistolet qu’un petit dealer lui a dérobé quand il était en pleine dépendance à la cocaïne. A ses supérieurs, sur le conseil du Kanak, il a déclaré l’avoir perdue dans le feu de l’action du précédent roman. La police scientifique fait rapidement le lien entre l’arme et son propriétaire. Six, qui venait de prendre la décision de quitter la police pour aller s’installer aux USA avec la femme de sa vie est interpellé au petit matin. Un vrai cauchemar pour ce flic efficace. Le Kanak va tout faire pour comprendre d’où vient ce coup tordu. 
Un roman foisonnant, multipliant les centres d’intérêt autour de l’intrigue principale, des amours de Renato à la maladie de sa grand-mère, en passant par des révélations sur ses origines et les retrouvailles avec une cousine qui a mal tourné. Il y a aussi quelques personnages hauts en couleur, du flic corrompu à l’avocat marron en passant par le haut fonctionnaire qui préfère abandonner la partie : « Je dois appliquer des circulaires que je ne comprends plus. De nos jours, les politiques sont des girouettes qui tournent sur elles-mêmes au gré des polémiques médiatiques. »
Sans oublier la hiérarchie, totalement dénuée d’humanité, qui par ses calculs et sa gestion à l’économie des effectifs, pousse de bons flics à bout.  

« Que tombe le silence » de Christophe Guillaumot, Éditions Liana Levi, 19 €

samedi 2 mai 2020

BD - Maïana égrène les jours



La scénariste Carbone a retrouvé ses repères d’auteur jeunesse pour imaginer cet album de Maïana intitulé « Le calendrier de l’Avant ». La petite fille découvre dans sa chambre un calendrier de l’avent bourré de papillotes. 
Chaque friandise dévoile un message. Comme si quelqu’un essayait de lui faire passer un message. Toutes les maximes débutent par « L’amour c’est comme… » 
Elle se demande si ce n’est pas son meilleur ami, Antonin, qui utilise ce calendrier pour lui déclarer sa flamme ? Dessinée par Pauline Berdal dans un style très coloré et « girly », l’histoire passionnera toutes les petites filles. On apprécie particulièrement la description très détaillée et réaliste de la vie familiale de la fillette, entre sa maman et son beau-père.
   
« Maïana, le calendrier de l’Avant », Miss Jungle, 11,95 €

De choses et d’autres - Les gouvernés choisissent leurs gouvernants

A une semaine de la fin du confinement strict, les vieilles habitudes françaises vont reprendre de plus belle. Privé de défilé du 1er-Mai pour crier son rejet de la politique sociale du gouvernement (une phrase qui fonctionne depuis plus de 50 ans, quel que soit le bord du fameux gouvernement), le Français moyen commence à réfléchir sur la composition du futur gouvernement d’Union nationale (ou de Concorde), que le président Macron concocte dans son coin.
Car comme pour le foot, derrière chaque ressortissant de notre pays se cache un sélectionneur. La meilleure équipe de France ? C’est celle qu’il a élaborée dans sa tête en fonction de critères personnels et pas forcément sportifs. De la même façon, il existe 60 millions de gouvernements différents sur lesquels on a pu réfléchir longuement vu l’inaction forcée durant ce long confinement.
Voilà sans doute pourquoi certains, qui semblaient totalement relégués au fin fond de l’actualité, se font de nouveau entendre.

Passons sur le cas Manuel Valls qui de sa villa aux Baléares se disait disponible. Question concorde nationale, sa seule présence hypothéquerait totalement la popularité du gouvernement.
Par contre en voilà un autre qui lui n’a jamais baissé dans les sondages. Et si pour relancer la Culture mise à mal depuis deux mois, Macron pour une fois choisissait l’ancien monde et remettait Jack Lang, l’iconique ami des artistes sur les rails ? Pas vraiment révolutionnaire, mais au moins, question fêtes, face au peu souriant Franck Riester, on y gagnerait au change.
Et faire la fête, franchement, c’est ce qui nous manque le plus en ce moment !



Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le samedi 2 mai, 47e jour du grand confinement

jeudi 30 avril 2020

BD - La bonne fée des jazzmen



Personne, en dehors des réels amateurs de jazz, ne réagit au nom, peu banal, de Pannonica de Koenigswarter. Pourtant il existe quantité de morceaux dédiés à une femme exceptionnelle, dont un tout simplement intitulé « Pannonica », composé par Thelonious Monk. Cette remise dans le contexte musical est signée par Francis Marmande dans une préface savante et admirative à « La baronne du jazz », BD écrite par Stéphane Tamaillon et dessinée par Priscilla Horviller. Un roman graphique de 160 pages couvrant toute la vie de celle qui a longtemps été considérée comme la bonne fée des jazzmen. 


La fortune de sa famille l’a beaucoup aidée. Née Rothschild en Grande-Bretagne, Pannonica perd son père alors qu’elle n’est pas encore adolescente (il se suicide) puis résiste longtemps au mariage. Elle rejette tous les beaux partis qu’on lui propose jusqu’au coup de foudre, au Touquet en France, pour le baron Jules de Koenigswarter. 
Nous sommes dans les années 30, l’antisémitisme fait des ravages en Allemagne. Pannonica n’est pas encore passionnée par le jazz. Mère de famille, elle assiste impuissante à l’invasion de la France, pays où elle vit depuis son mariage. Elle rejoint Londres et s’engage dans la France Libre. A la Libération, elle sera décorée avec son mari par le Général de Gaulle. Après son divorce, elle s’installe aux USA et vit à New York, sortant tous les soirs dans les clubs de jazz, ramenant les musiciens chez elle pour prolonger les concerts. C’est à cette occasion qu’elle rencontre les plus grands, partageant leur lit au passage. La baronne était très libre pour l’époque. Avant tout le monde, elle devine le génie novateur des compositions de Monk. Son musicien préféré, celui avec qui elle sera le plus fidèle comme le raconte avec beaucoup d’empathie cette BD à écouter avec la playlist proposée par Francis Marmande dans son texte introductif. 

« La baronne du jazz », Steinkis, 20 €


De choses et d’autres - Virus volant non identifié

Sur l’origine du coronavirus, dans la somme de toutes les hypothèses un peu farfelues concernant sa naissance, personne encore n’a osé impliquer les extraterrestres.
Cela va peut-être changer dans peu de temps car avant-hier, les militaires américains ont déclassifié trois vidéos où apparaissent des ovnis, ces fameux objets volants non identifiés qui font tant rêver (ou cauchemardé) depuis les années 50. Il existait déjà des extraits de rencontres inexpliquées, mais cette fois, les scènes enregistrées par des avions de la marine américaine sont très récentes.
Une première date de novembre 2004, les deux autres de janvier 2015.
Les pilotes commentent en direct ce qu’ils voient. Rien de bien concluant, si ce n’est que ces hommes habitués à la vitesse, sont totalement estomaqués par la célérité des objets très brièvement aperçus. Les vidéos, en noir et blanc, sont suffisamment nettes pour que l’on se pose des questions. Mais n’apportent pas de réponse.

Exactement comme la pandémie actuelle. Le virus, sans le moindre doute, est partout sur la planète. Il est virulent et redoutable. Mais on ne sait pas d’où il vient et encore moins quand il compte disparaître. Quand à sa provenance, elle n’est a priori pas spatiale.
Dommage, cela aurait permis à nombre de laboratoires comme celui de Wuhan de se dédouaner.
Alors reste l’hypothèse animale. Le pangolin notamment. Qui, à bien y réfléchir est un mammifère pour le moins intrigant. Un peu comme les petits hommes verts supposés piloter les ovnis filmés récemment par les militaires américains.

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le jeudi 30 avril, 45e jour du grand confinement

mercredi 29 avril 2020

BD - Boule de gomme, le majordome perspicace du baron Mystère




Étrange album que cette première aventure de Mystère et Boule de gomme. Sous l’expression bien connue mais un peu désuète se cachent deux héros du XIXe siècle : le baron Mystère et son majordome, Boule de Gomme. L’histoire est racontée sous forme de lettres à la réalité très enjolivée que le second envoie à sa maman. Il quitte enfin les jupons maternels pour tenter sa chance dans la grande ville. Plein d’illusions, ce petit bonhomme rond et viscéralement optimiste va découvrir que la vie est parfois difficile pour les moins que rien. 


Il finit pourtant par dégoter un travail peu commun : devenir le majordome du comte Mystère. Mystère est un grand aristocrate aux manières coincées et plein de principes. Pour engager Boule de Gomme, il lui fait passer l’épreuve dite de la matelote de lotte. Bien que piètre cuisinier, le chômeur qui se rêve détective privé à la façon de Sherlock Holmes, passe l’obstacle haut la main. Ce drôle de duo, imaginé par Arnaud Le Gouëfflec et Pierre Malma, se retrouve rapidement plongé dans une enquête palpitante car un inconnu a dérobé une partie des secrets consignés par Mystère dans son immense bibliothèque souterraine, là où il hypnotise ses patients pour leur faire oublier ce qu’ils ne veulent plus savoir. À travers une ville étrange, dans des lieux tout aussi bizarres, ils vont tenter de découvrir qui veut connaître ces secrets et pourquoi. C’est gothique, mais avec un trait rond et enfantin.
 Un contraste qui donne encore plus de charme à ce livre qui semble véritablement venu du XIXe siècle. Pourtant il regorge de bonus cachés numériques, actionnables avec l’application delcourtsoleil + qui vous permettra de voir une chouette voler ou savoir qui est Tonton Mastic, un des personnages secondaires les plus intrigants.

« Une aventure de Mystère et Boule de Gomme », Delcourt, 16,50 €

mardi 28 avril 2020

Les dernières nouveautés en VOD au cœur du confinement


Si le déconfinement approche, il ne permettra pas dès le 11 mai à se reconfiner dans une salle de cinéma. Il faut se faire une raison, mai et sans doute juin, après avril, seront trois mois « blancs » pour les fans de 7e art. Pas le moindre blockbuster à se mettre sous la dent, exit les prises de tête avec les films français introspectifs, finies les rigolades en groupe devant les comédies. Ce pan de nos vies, pourtant essentiel dans le bon fonctionnement du vivre ensemble (partager ses émotions, c’est les démultiplier à coup sûr), n’est pas prioritaire dans les plans gouvernementaux. Alors encore une fois, on va faire un tour d’horizon des dernières sorties en VOD (location vidéo à distance), pis-aller décevant par définition.

Première constatation, certains films ne sortiront jamais en salle. L’embouteillage s’annonçant monumental à la réouverture des salles, des distributeurs ont jeté l’éponge au profit des plates-formes de VOD. Il y a eu Forte, comédie française intégrée au menu d’Amazon Prime, mais la suite se passe plutôt sur la VOD. Ainsi Bloodshot, grosse production Sony avec Vin Diesel en vedette n’attire pas les foules dans les salles obscures depuis le 26 mars. Par contre le film est disponible sur toutes les plates-formes avec ce petit mot magique (par la force des choses) qui peut interpeller le chaland : « inédit ». Le chauve aux gros muscles (Vin Diesel…) interprète, un soldat tué en mission, et ramené à la vie par une entreprise qui joue à l’apprenti-sorcier en le transformant en super-humain. Des nanotechnologies coulent désormais dans ses veines (ce qui, on l’admet est mieux que ce foutu virus), ce qui le rend invincible. Mais les petites bestioles techno contrôlent aussi son esprit et ses souvenirs. Ray Garrison va-t-il redevenir humain ? Vin Diesel l’a-t-il jamais été ? De la castagne et un atout charme avec la plastique irréprochable de Eiza Gonzalez.

Biopic pédagogique  et roman de Jane Austen

Autre film qui sort directement sur votre télé, L’extraordinaire Mr Rogers de Marielle Heller avec Tom Hanks. Moins de baston, plus de neurones dans ce biopic de Fred Rogers, un homme de télé américain dont le programme éducatif Mister Rogers’Neighborhood a été suivi par des millions de téléspectateurs entre 1968 et 2001.


Des films que l’on peut voir sur toutes les plates-formes, ce qui n’est pas le cas de The Hunt et d’Emma. Ces deux longs-métrages, privés de sortie en France, sont proposés en exclusivité que Rakuten TV. Société japonaise qui tente de s’imposer sur ce marché compliqué de la VOD, Rakuten, en plus de l’ensemble des titres disponibles partout ailleurs, a quelques exclusivités. Emma, film britannique de Autumn de Wilde, est l’adaptation d’un roman de Jane Austen. Comment la charmante Emma Woodhouse (Anya Taylor-Joy) tente de faire rencontrer aux célibataires de son cercle d’amis leur âme sœur. Une jolie fresque en costumes, typique de cette frange du cinéma anglais.

Pour The Hunt, lui aussi en exclusivité sur RakutenTV, c’est une autre histoire. Pas de gentilles amourettes mais une chasse à l’homme impitoyable. Ce film d’horreur de Craig Zobel (réalisateur de quelques épisodes de Leftlovers et de Westworld) a bénéficié d’un superbe coup de pouce de Trump qui l’a fustigé comme étant l’exemple parfait du « Hollywood gauchiste, raciste au plus haut point. » Dans le film, de riches Américains de l’élite progressiste, chassent des bouseux des états ruraux. Bref, les amis milliardaires des Démocrates contre les électeurs de base des Républicains. C’est violent, pas forcément moral et à prendre au second degré selon le réalisateur et les producteurs.

(Article paru le 28 avril dernier dans les pages "Culture à la maison" de l'Indépendant)