mardi 31 octobre 2017

De choses et d'autres - Filmer les poussières

Admirateurs du progrès, nous demeurons trop naïfs. Chaque fois qu’une nouveauté vient faciliter notre vie quotidienne, une contrepartie cachée pas toujours reluisante nous est imposée en retour. Prenez les smartphones. Ils sont devenus indispensables. Ils nous donnent l’heure, des informations, la météo et même le nombre de pas effectués chaque jour. Mais aussi, avec la géolocalisation obligatoire pour nombre d’applications, ils nous pistent en permanence. Les centaines de satellites qui tournent au-dessus de nos têtes ne cessent de répercuter nos déplacements dans ces serveurs gigantesques, à une dizaine de mètres près. Des informations essentielles pour les malveillants. Notamment les cambrioleurs qui ont là un moyen infaillible pour obtenir la confirmation que vous n’êtes pas dans votre domicile.

Des voleurs qui ont un autre moyen de s’en assurer. Certains aspirateurs robots automatisés présentaient une faille dans leur système de contrôle. Un hacker (même peu expérimenté), pouvait non seulement le démarrer mais aussi le diriger et surtout récupérer en direct les images de sa caméra. Avoir un allié dans la place reste encore le meilleur moyen pour s’assurer que la voie est libre. D’autres, à l’esprit plus mal tourné, auraient utilisé cette caméra à des fins plus personnelles et hautement répréhensibles de voyeurisme, même si l’angle de prise de vue n’est certainement pas le meilleur.

Alors faut-il céder à la paranoïa et se sentir surveillé en permanence ? Tout dépend de l’importance de ce que l’on a à se reprocher. Ainsi je pré- fère ne pas connaître les activités privées de cette connaissance qui pose un cache sur la webcam de son ordinateur, persuadé qu’on utilise cet « œil » pour le surveiller quand il est face à son écran. 

lundi 30 octobre 2017

De choses et d'autres - Une croix encombrante

Le sujet est délicat mais révélateur des crispations de notre société contemporaine. Le conseil d’État vient d’ordonner à la commune de Ploërmel en Bretagne de retirer la croix qui surplombe une statue du pape Jean Paul II.

Paradoxalement, la croix, symbole religieux par excellence, ne peut pas être plantée n’importe où « au nom du respect de la loi de séparation des Églises et de l’État. » Par contre, une statue de l’ancien pape, haute de plus de 7 mètres, ça c’est autorisé. Ce don d’un sculpteur russe peut être installé dans un lieu public par une municipalité. L’arche construite au-dessus du pape défunt et surmontée d’une croix, par contre, est clairement interdite. Car, selon le premier jugement du tribunal de Rennes, cette croix présentait « un caractère ostentatoire », notamment par ses dimensions, 8 mètres de haut au total. A la base, toute l’histoire vient de la Fédération de la libre pensée et du désir de deux habitants de la commune de déboulonner ladite statue. Finalement seule la croix se retrouve promise au démontage, dans un délai de six mois.

Résultat, cette bête histoire de croix se trouve propulsée en problème national avec le mouvement #MontreTaCroix. Les internautes sont appelés à publier sur les réseaux sociaux des croix qui peuplent leur quotidien. Un mouvement récupéré par certains s’insurgeant contre la prétendue démolition des églises voire l’interdiction de mettre des croix sur les tombes. 

Ou comment prendre vite conscience qu’entre des députés élus il y a plus d’un siècle et nos contemporains adeptes de « hashtags » simplistes et définitifs, il n’y a pas photo. Et de regretter parfois que Jean Jaurès ou Aristide Briand ne soient plus de ce monde pour remettre les pendules à l’heure. 

dimanche 29 octobre 2017

Livres de poche - Aventures lointaines

Takko Deh est sénégalaise. Promise depuis sa plus tendre enfance à Yoro Sow, un cousin qui habite à Brooklyn, elle est mariée sans le connaître et part le rejoindre à New York. Un soir, Takko disparaît du domicile conjugal. Les rumeurs sur ce départ honteux se répandent comme une traînée de poudre dans les milieux traditionalistes de la communauté peule newyorkaise et jusque dans les régions les plus reculées du nord du Sénégal.

➤ « Fouta Street », Laurence Gavron, Le Masque, 8 €

Quelque part entre les montagnes d’Afghanistan, les vallées du Kosovo, les rivages du Mozambique et Paris, les personnages de Pukhtu continuent de se battre, entre eux, contre eux-mêmes, gagnés par la fièvre de la guerre. Leur quête de vengeance, de pouvoir, de vérité et d’honneur va bientôt toucher à sa fin, au terme d’un suspense noir et puissant.

➤ « Pukhtu, Primo et secundo », DOA Folio policier, 9,30 € chaque volume 

BD - Parcours initiatique d’un député


L’assemblée nationale de l’intérieur : tel pourrait être l’accroche de ce roman graphique de 150 pages sobrement intitulé « Le député ». Xavier Cucuel, pour écrire son scénario, a bénéficié des conseils de Jean-Louis Debré qui signe la préface. Une sorte d’immersion romancée dans le sillage de Jean-René Galopin, élu presque par hasard, député de Gironde

Un médecin, novice en politique, sans étiquette mais pas sans ambition. Le dessin réaliste d’Al Coutelis, comme un cachet supplémentaire de documentaire à cet album regorgeant d’anecdotes sur « la noble assemblée ».

➤ « Le député », Bamboo Grand Angle, 21,90 €

BD - Amour aquatique dans le sillage de "Calypso"


Son rôle dans Calypso la propulse au sommet du cinéma américain. Une sirène chantante, en pleine mode des comédies musicales. Un rôle en or pour lancer une carrière. Georgia Gould a longtemps représenté l’idéal féminin. Mais de nos jours, elle n’est plus qu’une vieille comédienne en fin de parcours, usée par les excès, mise sous tutelle après bien des errances. Georgia qu’on a cru morte mais qui réapparaît dans une clinique suisse, au bord du lac Léman

Une sorte de retour en arrière pour Georgette Schwitzgebel, la véritable identité de Georgia, découverte adolescente par un réalisateur en villégiature. Le roman graphique de Cosey, tout en noir et blanc, ne s’attarde pas sur le passé. Il parle du présent et des retrouvailles de Geirgia avec Gus, son premier amour. Le gamin est devenu ouvrier, spécialisé dans les grands chantiers (tunnels, barrages), vivant chichement. Et s’il tentait de reconquérir le cœur de sa belle Calypso ? 

Un récit entre regrets et espoirs fous, comme pour prouver au monde qu’un amour ne meurt jamais et que les vieux aussi ont droit au bonheur. Même s’ils savent parfaitement qu’il ne durera pas longtemps.

➤ « Calypso », Futuropolis, 20 €

Nouvelles - L’âme du Pays Catalan derrière le masque de "Cremada"

Les nouvelles reprises dans ce recueil ne sont pas récentes mais illustrent toujours à la perfection une certaine réalité du Pays Catalan, celui des traditions ancestrales, de la rudesse de la population locale, d’une poésie omniprésente aussi grâce aux éléments (vent, chaleur, montagne...) qui ont façonné cette région si bien racontée par Maïté Pinero.

Le texte qui donne son nom au livre est le portrait touchant d’une femme blessée. Une fillette défigurée lors d’une partie de colin-maillard. « Elle se projette en avant. Une vague de chaleur vient à sa rencontre. Au moment où elle se rend compte qu’elle se trouve à proximité du feu, elle trébuche et tombe, le visage dans les flammes. » Devenue servante du médecin du village, elle se souvient de ce soir de carnaval. Masquée, elle a enfin connu le bonheur le temps d’une soirée. Le volet « noir » des nouvelles n’est pas le plus important. Il y a certes des histoires de morts violentes, d’assassinat et de meurtres cachés, mais ce n’est pas l’essentiel du propos. Les textes inclassables sont sans doute plus convaincants. Par leur originalité.

La nouvelle «Reine, la reine de tous » reste la plus déroutante. Reine vit dans cette campagne sèche et aride de la plaine du Roussillon. Elle se souvient de sa famille, sa grand-mère ou sa mère. Et surtout de son grand amour, Mirifique, étranger dé- barqué de Port-Vendres. Un amour le temps d’un été qui a donné naissance à Cuzcatlan. La reine se désespère de la folie des hommes : « les produits qu’ils répandent dans les champs sont la cause du désastre. ils ont juré de tout pourrir. L’eau, la terre, jusqu’à l’air qu’ils respirent. » La suite de l’histoire vous enchantera.

Enfin, le dernier texte résonne étonnamment dans l’actualité. Alors que la Catalogne vient de proclamer son indépendance, Maïté Pinero a imaginé une malédiction transformant tous les Américains en fiers Catalans. Au point que le nouveau président US, à peine élu, prononce au grand étonnement du monde entier: « Els Catalans, mai morirem ! » soit « Nous Catalans, nous sommes éternels ! » 

➤ « Cremada » de Maïté Pinero, Mare Nostrum, 13 €

samedi 28 octobre 2017

De choses et d'autres - Jean-Loup Chiflet, le savant des mots

Certains mots de la langue française ont une saveur particulière. Par leur rareté, leur côté désuet voire totalement extraterrestre. Jean-Loup Chiflet aime ces particularités, souvent à la base d’histoires étonnantes. Après en avoir collecté une première fournée dans « Oxymore mon amour ! », il récidive avec « Oxymore et compagnie » un «dictionnaire inattendu de la langue française ». À la lettre A, savez-vous ce qu’est un anantanpodoton ? Réponse de l’auteur « Certains affirment qu’il s’agit d’une sorte d’anacoluthe...» Ce qui est faux, bien évidemment. Plus facile, l’esperluette « a une vraie place de choix dans ma vie et elle continue d’accompagner mon parcours professionnel » explique Jean-Loup Chiflet. Un indice, il y en a une dans le titre de son dernier ouvrage. Ce livre génial, nous fait également découvrir quelques figures de style utilisées par des auteurs renommés. Si on vous reproche de manquer de vocabulaire, répondez simplement que vous êtes un adepte du polyptote. Non seulement cela clouera le bec au malotru, mais en plus vous passerez pour un fin lettré.

Et pour les nostalgiques du « c’était mieux avant », n’hésitez pas à utiliser des mots d’antan tombés dans l’oubli. Une liste page 238 en propose plusieurs, de Chattemite à Apoco en passant par la bigotelle.

 ➤ « Oxymore & Compagnie », Chiflet & Cie », 24,95 €

vendredi 27 octobre 2017

De choses et d'autres - Emeline voit double

Un de nos fidèles lecteurs regrettait récemment que nous ne parlions que d’un seul saint du jour. Hier, il a peut-être cru que nous avions pris sa remarque en considération, car en lieu et place de la Saint Dimitri, nous avons retracé la vie d’Emeline, une « religieuse cistercienne ». Mais vous pourrez constater qu’aujourd’hui (lire juste en-dessous de cette chronique) nous en remettons une couche sur la fameuse Emeline. La faute à un petit bug technique hier. Un mauvais fichier informatique et Dimitri se retrouve aux oubliettes. Vous ne saurez rien de ce « martyr militaire de l’Orient » du IVe siècle.

Aujourd’hui est donc le jour d’Emeline. La recrudescence des prénoms ne permet pas de trouver une fête quotidienne à chacun. Ainsi d’autres sont célébrés à la même date. Madame Emeline, dans sa grande bonté, aurait sans doute pu laisser sa place à Antoinette. Celle-ci n’est pas une sainte mais elle « accompagna sainte Ursule dans son martyre ». Ou à Evariste, cinquième pape (de 97 à 105) et martyr lui aussi quelques années plus tard. Toujours au IVe siècle, période visiblement prodigue en martyrs.

Au cas où l’erreur se reproduirait d’ici la fin du mois, voici quelques prénoms « oubliés » des prochains jours. Le 29 octobre, les Narcisse, déjà pas très nombreux (officiellement du moins), devront se partager la date avec les Zénobe (du grec Xénos, étranger) qui eux, je pense, sont totalement inexistants. Quoique là encore, il y aurait controverse : des milliers de migrants n’attendent même pas une fête, l’accueil leur suffirait. Le 30, fêtez les Bienvenue, Maeva en version polynésienne.

Enfin le 31 octobre, pas de saint Halloween encore, Quentin caracole en tête, devant Alphonse. Mais avis à tous les Zenobe : méfiance. Wolfgang se tient en réserve. Et ce prénom d’origine germanique a deux racines : le loup et la lance.

jeudi 26 octobre 2017

De choses et d'autres - Un Jul peut en cacher un autre...

Jul a voulu se faire un coup de pub ? Gagné. Enfin, c’est selon. Ce week-end, le chanteur de rap s’est filmé dans une voiture fonçant à 160 km/h. Intercepté par une brigade de la BAC marseillaise, il reconnaissait avoir fumé du cannabis. Circonstance aggravante, l’homme qui se trouvait avec lui dans la voiture était armé. Une nuit au poste plus tard, il se répand en excuses. Ou du moins il publie un message Facebook et Twitter à destination de ses 1,1 million de fans, qui prouve que le verbe rapper ne rime pas forcément avec celui d’orthographier. Texte dans lequel il admet sa faute, regrette la mauvaise image et termine son message de contrition par ce cas d’école de massacre du français : « Je tenez a mescusez ! ».

Jul est donc devenu très célèbre pour de mauvaises raisons. Exactement il est désormais connu de quasiment tous les Français depuis ses écarts de conduite. Avant, seuls les jeunes l’admiraient. J’ai entendu parler pour la première fois de Jul il y a deux ans. Une Carcassonnaise que je suivais sur Twitter ne cessait de louer le message politique et social des textes de Jul. Or, pour moi, à cette époque, il n’existait qu’un seul et unique Jul : le dessinateur de BD et créateur de « Silex in the City ». J’ai longtemps cru qu’elle parlait de ce Jul-là. Et puis quand elle a annoncé avec hystérie avoir des places pour son prochain concert, je me suis posé des questions. 

Car « mon » Jul, s’il dessine bien, n’est à ma connaissance, pas musicien. Et de découvrir le phénomène marseillais, rapeur engagé, racontant le mal- être de la jeunesse actuelle avec un certain talent et une acuité qu’on ne peut lui dénier. De bons textes, correctement tournés. Mais pas au point d’en devenir fan. Et disons que pour son image de marque, l’achat d’un Bescherelle ne serait pas inutile. 

mercredi 25 octobre 2017

Cinéma - Les gays aussi se marient en blanc

ÉPOUSE-MOI MON POTE. Pour son premier film, Tarek Boudali signe une comédie enlevée.


Tarek Boudali le dit à qui veut le croire : « Le pitch de ce film, je l’ai en moi depuis cinq ans. Avant le succès de Baby-sitting. » Et il admet aussi sans trop de difficulté que bien évidemment, au regard du nombre d’entrées des trois films auxquels il a participé avec son ami Philippe Lacheau, trouver un financement était plus simple que pour le commun des mortels. Pourtant les amateurs de blagues potaches et situations rocambolesques en auront un peu pour leur argent. Pas parce que Tarek Boudali a voulu brouiller les cartes et faire un film sérieux sur les sans-papiers, l’immigration et les clichés véhiculés à tort sur la communauté gay.

Il y a bien un peu de tout cela dans son film, mais avec une grosse portion de déconnade et beaucoup d’autodérision. Un cocktail difficile à réussir entre humour et intelligence, entre gags et cohérence du ré- cit. Pour une première réalisation, il s’en tire plus qu’avec les honneurs, d’autant qu’il assure également le premier rôle, pas forcément le plus comique mais certainement le plus important et qui apporte toute sa crédibilité au scénario. Tout commence au bled. Yassine, à peine 19 ans, grâce à l’aide financière de tous les villageois, part faire des études d’architecture à Paris. Il est brillant, mais rate au dernier moment son examen. En perdant son statut d’étudiant, il devient un clandestin, survivant en acceptant de travailler, au noir, sur des chantiers. Et il n’ose pas rentrer au pays sans son diplôme. Quand il reçoit la proposition de travailler sur un gros projet, soit l’occasion enfin de vivre de sa passion, il dit oui immédiatement. Sans réaliser qu’il n’a plus de papiers... La meilleure façon d’en obtenir : se marier.

■ Mariage d’amitié

Voilà comment il se met à chercher une femme prête à s’engager pour un mariage blanc. Mais face à leurs exigences financières, il déchante. L’illumination viendra d’un article dans la presse : un étranger vient d’obtenir la nationalité française en se mariant avec... son compagnon. Le mariage pour tous va sauver Yassine. Il suffit que Fred (Philippe Lacheau) son meilleur copain et voisin de palier, amoureux de la très belle et intelligente Lisa (Charlotte Gabris), accepte de se marier avec lui. Jouer les homos pour obtenir les papiers. Pas évident de ne pas tomber dans les gros clichés qui tâchent et les allusions graveleuses avec un sujet aussi casse gueule. Mais au final, on rit beaucoup, et pas toujours au détriment des gays, l’intolérance de certains hétéros étant mise à mal et parfois tellement grotesque qu’elle en devient irrésistiblement risible.

Et si Tarek Boudali se réserve le côté émouvant du film, il n’hé- site pas à forcer sur le côté burlesque et déjanté de son complice Philippe Lacheau, Phiphi pour les intimes. Fred met beaucoup de cœur à interpréter une « folle » comme il se les imagine. Et va cependant découvrir que les homos ont bien changé depuis Poiret et Serrault. Un potentiel comique idéalement exploité, tout comme sa dextérité à la danse. Les fades candidats de « Danse avec des stars » devraient en prendre de la graine.

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Le joli minois d’Andy

Elle a débuté sur Youtube. Exactement elle est devenue célèbre en se moquant de certaines manies des femmes et de leurs chéris dans de savoureuses vidéos distillées sur sa chaîne «Andy raconte ». Andy Rowsky franchit le Rubicon et endosse le rôle du personnage féminin principal du premier film de Tarek Boudali. La jeune femme, à la plastique parfaite et la tête bien faite, est pourtant totalement méconnaissable au début de l’histoire. Elle interprète Claire, une étudiante en architecture comme Yassine. Le petit arabe, timide et travailleur, n’est pas insensible à la gentillesse de cette fille, un peu ronde et se dissimulant le visage derrière une grande frange. Ils passent des heures ensemble à réviser à la bibliothèque. Yassine tombe amoureux de Claire, devinant un cœur d’or derrière ce corps malmené. Mais comme la vie est souvent méchante avec les gens bons, Yassine rate la dernière preuve de son examen et a tellement honte qu’il n’ose aller au dernier bal de la promo, le soir où il avait l’intention de déclarer sa flamme à celle que ses copains surnommaient sans vergogne l’hippopotame. 

La transformation physique a été difficile pour la jeune actrice. « Plusieurs heures de maquillage, en plein été. Sans compter les remarques incessantes de David Marsais ». Un baptême du feu pas si impressionnant. « Finalement, sur le net ou au cinéma, c’est le même métier. Ce qui compte c’est l’état d’esprit de l’équipe. » Et à ce niveau, elle n’a rien à redire. Tarek Boudali, pour son premier film, avoue pourtant une tension très forte. « Notamment lors de la scène de la chute sur la péniche, explique le jeune réalisateur, mais on a assuré. Et comme pour Baby Sitting, on a fait nous-même nos cascades. Je suis le nouveau Jean-Paul Belmondo » fanfaronne le comique qui ne peut jamais rester bien longtemps sérieux. 

Il devient pourtant presque ému, quand il évoque les ultimes prises, au Maroc. « Je ne sais pas si c’est en raison de la fin du tournage ou du parallèle entre la vie de Yassine et la mienne, mais j’ai complètement craqué le dernier jour. » Une émotion que l’on retrouve dans ces images finales, joyeuses, positives et totalement hilarantes avec un petit bonus au cœur du générique

➤ « Épouse-moi mon pote » de Tarek Boudali (France, 1 h 32) avec Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Charlotte Gabris, Andy Rowsky, Philippe Duquesne, David Marsais