vendredi 24 juin 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Torture ou hypnose ?

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Le sondage fait mal au pays des droits de l'Homme : 36 % des Français estiment que dans certains cas exceptionnels (attentat, guerre, etc.), on peut accepter le recours à la torture. Une majorité, 54 % exactement, trouve normal qu'un policier "envoie des décharges électriques sur une personne soupçonnée d'avoir posé une bombe prête à exploser". Les terroristes de Daech, en tuant des innocents, nous replongent en plein Moyen Âge. D'un côté, "Ils tuent donc on a le droit de les torturer". De l'autre, "Ils nous torturent, donc on tue pour se venger".
Il doit pourtant exister d'autres solutions pour soutirer des informations aux suspects. En regardant l'autre soir une émission sur la TNT, je découvre qu'un célèbre "mentaliste" ou "hypnotiseur", est parvenu à faire croire à trois chroniqueurs du talk-show de Cyril Hanouna qu'ils étaient en présence de Rihanna. En réalité, ils étaient face à... un âne. Une séquence absolument pas bidonnée selon les victimes. Mais si cet "hypnotiseur" se révèle si bon et efficace, pourquoi ne propose-t-il pas ses services à l'État français plutôt que de chercher à remplir des salles de spectateurs crédules ? On le laisse deux heures avec Abdeslam, par exemple, et le présumé terroriste racontera en détail la soirée du 13 novembre. On saura s'il a encore des complices dans la nature, si d'autres attentats sont en préparation. On ne lui demande pas de voir un âne mais simplement de devenir doux et coopératif comme un agneau.
À moins que les fameux "hypnotiseurs" ne pratiquent le charlatanisme à tout va.

jeudi 23 juin 2016

Livres de poche : petits et grands effets de la mort


Hemda Horowitch vit ses derniers jours. Ses souvenirs s'imposent à sa conscience : un père trop exigeant, un mariage sans amour, cette difficulté à aimer équitablement ses deux enfants, Avner et Dina. Dans une langue puissante, Zeruya Shalev évoque la colère, le ressentiment et la peur qui construisent les familles autant que l'amour et le bonheur d'être ensemble.
"Ce qui reste de nos vies", Folio, 8,20 euros


D'ordinaire, les amis imaginaires s'éteignent naturellement, peu à peu négligés par ceux qui les ont inventés. Pas Boddah. Pendant les vingt-sept années de sa courte vie, Kurt Cobain n'a jamais cessé de s'adresser à lui. Mêlant scènes réelles et imaginaires, conversations authentiques et inventées, le texte de Héloïse Guay de Bellissen s'offre un narrateur omniscient.
"Le roman de Boddah", Pocket, 6,95 euros


Adolescente taciturne, June rêve d'art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu'on n'évoque qu'à demi-mot en 1980, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d'amitié avec le mystérieux Toby, l'ami de Finn. Carol Rifka Brunt raconte le passage à l'âge adulte après un deuil.
"Dites aux loups que je suis chez moi", 10/18, 8,80 euros


mercredi 22 juin 2016

BD : "Amour austral", une romance aux antipodes


L'amour se moque des frontières. Jan Bauer, dessinateur allemand, pour oublier ses problèmes européens, se lance dans une randonnée au cœur du bush australien. Un parcours en solitaire. Il fuit les autres marcheurs, jusqu'à sa rencontre avec une Française qui semble aussi paumée que lui. Ils vont faire un bout de route ensemble. Jusqu'à partager la tente au cours de nuits glaciales qui vont vite devenir torrides. Parenthèse amoureuse, loin de tout, Jan voudrait que cela se prolonge. Mais la fille est trop sauvage. Pour se remettre de cet amour brisé en plein vol, le dessinateur a reproduit son périple au lavis en noir et blanc. 240 pages tendres et dépaysantes
"Amour austral", Warum, 20 euros

mardi 21 juin 2016

BD : Pères impurs et manque...

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Jean-Philippe Peyraud, après avoir adapté plusieurs romans de Philippe Djian, se lance en solo sur un long roman graphique que l'auteur de "No" ou "Mise en bouche" ne renierait certainement pas. Robinson, quadra désinvolte, vivote en tentant de sauver son magasin de vente et de location de DVD. Célibataire, il multiplie les conquêtes grâce à son bagout sur un site internet. Il vient de passer la nuit avec Amandine, jeune femme aux formes avantageuses. Elle se réveille seule, mais heureuse de revoir sa copine Charlène de retour d'Amérique du Sud. Cette Française revient à Paris pour rencontrer son père. Un père indigne qui a abandonné mère et fille à la naissance. Des retrouvailles sous forme d'enquête policière. Son seul indice : il tient un vidéo-club... En multipliant les personnages et les intrigues entrecroisées, Peyraud transforme sa BD en une sorte de sitcom déjantée, avec rebondissements et fausses pistes à la pelle. 192 pages menées de main de maître et qui pourraient bien se prolonger dans un second tome.
« L'inversion de la courbe des sentiments", Futuropolis, 26 euros

lundi 20 juin 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Paris est définitivement trop loin de la province

paris,amazon,scooter,vélibIl se passe beaucoup de choses à Paris. Un Parisien reste un urbain comme un autre qui a cependant droit à beaucoup plus d'égards que les simples provinciaux. Paris, ville culture, ses centaines de librairies. Toutes les nouveautés sont disponibles, ce qui n'est pas le cas par chez nous où certains livres trop "pointus" ne franchissent pas le périphérique.
Pourquoi alors proposer à Paris le service de livraison Amazon en une heure ? Le Parisien est-il si fainéant pour ne plus se déplacer ? Car le géant de la distribution en ligne, en plus des bouquins, propose de l'alimentaire et du frais. Bref, avec un peu de wifi et un compte en banque bien approvisionné, on peut rester cloîtré chez soi sans manquer de quoi que ce soit. D'un autre côté, si les Parisiens ne sortent plus, la ville n'en sera que plus agréable pour les touristes.
Toujours à Paris, un nouveau moyen de locomotion va tenter de s'imposer : le scooter électrique en libre-service. Comme les Vélib, sans l'exercice physique. Idéal pour les dépressifs suicidaires prêts à affronter les hordes de 4 x 4 composant l'essentiel du trafic. Le scooter à Paris, en été ça passe. Mais cet hiver, qui osera monter sur des engins ouverts à la pluie et au froid.
Avec un peu de chance, quand ils seront délaissés par les Parisiens, ces engins seront rapatriés chez nous, dans ces villes du Sud qui bénéficient de 300 jours d'ensoleillement par an. Car nous, on n'habite pas à la capitale, mais on est bronzé toute l'année et naturellement.

dimanche 19 juin 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Les mille et une vies de Coluche


Mort depuis 30 ans, putain de camion, Coluche a droit à toute une salve d'hommages, portraits et autres livres sur sa vie, son œuvre et tout le reste. Parmi les nombreux ouvrages qui lui sont consacrés, ceux qui aimaient particulièrement l'humoriste "bête et méchant", ne manqueront pas "Le petit Coluche illustré par l'exemple". Gilles Bouley-Franchitti a concocté une sorte d'encyclopédie de la pensée coluchienne. Un mot, une citation, une explication : la recette est simple et permet de retrouver quelques perles. A "militaire" par exemple, il déclarait en 1980 au Figaro "le fait militaire que j'admire le plus : la désertion et l'armistice". Le jeune Michel Colucci, dans les années 60, n'a pas échappé au service national. Il a passé au total 53 jours en prison pour "insultes envers des supérieurs ou incorrections avec les gradés". Sa vengeance n'en sera que plus cinglante. Coluche, visionnaire, a même anticipé cette série de commémorations quand il explique : "On dit que j'ai du talent. Quand je serai mort on dira que j'avais du génie. Moi, tant que j'ai du pognon... » 
"Le petit Coluche illustré par l'exemple", Nouveau Monde éditions, 14,90 euros

DE CHOSES ET D'AUTRES : De mères à maires

rome, paris, maire, hidalgo, raggiMême si, au final, le règne du mâle est loin d'être terminé, dans le symbole, les mentalités changent. En Europe, pour être maire d'une grande ville, mieux vaut depuis quelques années être également mère de famille. Après Paris et Anne Hidalgo, d'autres grandes capitales sont tombées dans l'escarcelle des femmes. Madrid et Barcelone ont profité de la vague Podemos pour renouveler le personnel politique et le genre dominant.
Ce week-end c'est en Italie que les femmes ont pris le pouvoir. Virginia Raggi pour le mouvement populiste "cinq étoiles" se retrouve à la tête de Rome. Juste retour des choses quand on sait que la ville est née, selon la légende, grâce à Romulus et Remus, sauvés par une louve. Et Virginia Raggi a tout de la louve. Aimante avec ses enfants, sans doute, elle peut mordre aussi. Jeune avocate, brillante et au charme certain, elle risque de marquer la ville éternelle de son empreinte. Un renouvellement complet des pratiques très machos de la classe politique italienne. Il suffit de se souvenir sur quels critères Berlusconi choisissait ses ministres femmes pour comprendre l'évolution des mentalités. Des mensurations parfaites valaient plus qu'une ou un CV prestigieux.
Plus près de nous, Carole Delga dirige la région. Seul membre du gouvernement originaire de l'Aude et des P.-O. la ministre Ségolène Neuville. Reste le titre suprême, la présidence de la République. Mais là, vu les candidats aux différentes primaires, inutile de rêver à une présidente en 2017.

samedi 18 juin 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Les immondes du foot

Je n'ai rien contre le football en soi. Mais plus le temps passe, plus je constate que seul le ballon est exempt de reproches. Chaque jour de l'Euro apporte son lot de déconvenues. Bagarres entre supporters, gestes équivoques de joueurs : les scandales s'accumulent au contraire des beaux gestes. Ne revenons pas sur le supposé bras d'honneur de Pogba, accordons lui le bénéfice du doute même si les images exhumées par la télé belge ne laissent que peu d'équivoque sur l'intention première.
Non, la plaie du football, ce sont les supporters. Ces hordes ne respectent plus aucune limite dès lors qu'elles se rassemblent en bande. Dernier exemple en début de semaine à Lille. Des dizaines de fans de l'équipe anglaise, attablés aux terrasses des cafés, ingurgitent des bières en quantité astronomique. Arrivent trois enfants roms mendiant quelques sous. La scène, filmée par des touristes, est édifiante. Immonde aussi. Les supporters jettent des piécettes dans la rue et rient en encourageant les enfants à se battre pour les ramasser. D'autres poussent un petit Rom de 7 ans à boire une bière contre quelques euros.
Mais qui sont ces monstres qui s'amusent à humilier des gamins ? On en espérerait presque que des hooligans russes débarquent par surprise et leur inculquent un peu de gentillesse à grands coups de pied dans le fondement. Bien que ces mêmes Russes, une fois torse nu, dévoilent leur vrai visage en arborant des tatouages de croix gammées.
Non, décidément, pour l'instant, il y a quelque chose de pourri dans le royaume de l'Euro.

vendredi 17 juin 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Enfoncer les portes ouvertes

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Le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) cartonne dans la pratique d'enfoncer les portes ouvertes. Les "sages" de l'audiovisuel viennent d'avertir solennellement trois chaînes de la TNT. NRJ12, W9 et NT1 feraient preuve de sexisme dans leurs différents programmes de téléréalité.
Particulièrement visée, l'émission "Les Anges" contiendrait "plusieurs scènes portant directement atteinte à l'image des femmes (...) en raison de propos stéréotypés et dégradants". Ils me font rire parfois, ces prétendus gendarmes du bon goût télévisuel. D'abord, ils délivrent des canaux de diffusion à des groupes qui ont clairement l'intention de faire de la sous-télévision, peu chère et trash, puis ils s'indignent du résultat obtenu. Comme s'il n'était pas évident que les nouvelles chaînes ne programmeraient pas un équivalent d'"Apostrophes", mais plutôt du "Loft Story" low cost. Après Loana, il convenait d'aller plus loin dans la caricature de la bimbo complètement idiote.
Au risque de ne pas provoquer le buzz synonyme d'écrans publicitaires hors de prix. Nabilla et son "Allo, quoi... » en représentent le parfait exemple. En fait, la philosophie de ces programmes tient en deux lignes encore plus misogynes que le triste "sois belle et tais-toi". Les Anges, Les Marseillais, les Ch'tis et autres Bachelor encouragent le "Sois sexy et dis des conneries pour te ridiculiser". Le CSA semble parfois découvrir l'eau chaude. Et comme sanction il envisage d'interdire ces émissions aux moins de 12 ans. Mais quels sont les parents indignes qui autorisent leurs enfants à regarder ces programmes abjects ?

jeudi 16 juin 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Quand on n'a que l'humour...

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Difficile en ce moment de trouver des sujets de chroniques légers et dérisoires. Comme si l'actualité se liguait contre le plumitif qui s'efforce d'arracher un sourire au lecteur assailli par les attentats, les grèves et autres exactions de casseurs ou hooligans russes.
Sans compter les enfants de Fallouja ou les femmes condamnées à la prison dans certains pays au simple prétexte qu'elles ont déposé plainte pour viol.
Alors il reste l'Euro de foot. Mais même là, il convient de se méfier car se moquer des Bleus n'est pas dans l'air du temps. La pensée unique nous oblige à les soutenir et les trouver merveilleux. Du moins tant qu'ils gagnent. Heureusement cet Euro 2016 offre suffisamment d'à-côtés pour fournir matière à plaisanter. La cérémonie d'ouverture par exemple avec la prestation discordante du chanteur Will.i.am. Digne des bêtisiers de la Nouvelle Star.
Et puis David Guetta apparaît dans le rond central, sourire figé de benêt et doigt en l'air. "Mais pour une fois il semble avoir les cheveux propres", glisse perfidement mon épouse. La prestation originale, lamentable de l'avis général, devient carrément risible avec la parodie postée par un internaute sur Facebook. Il a juste rajouté la voix off, imaginaire, de Guetta interrogeant les millions de pigeons : "Voulez-vous me regarder appuyer sur des boutons ?" "Yeah, je suis tellement riche !".
Dans un autre style, un défenseur turc a crevé l'écran. Sur le but (superbe) de Modric pour la Croatie, il est très occupé à... se recoiffer. La gravure de mode risque de rester sur la touche au prochain match.