mardi 14 janvier 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Foot, cinéma, ils sont "accros" aux récompenses

Ils ont tout et même plus. Cela ne leur suffit pas... Obtenir une récompense semble parfois plus important que la satisfaction du travail bien fait ou la reconnaissance du public. Personne n'est épargné, des laudateurs de la paix avec le Nobel aux artistes (Goncourt, Oscars) en passant par les sportifs avec l'attribution hier du Ballon d'or.
Dans ce dernier cas, la « compétition » opposait Messi, Ronaldo et Ribéry. Trois footballeurs qui n'ont pourtant pas besoin d'une ligne supplémentaire sur leur palmarès déjà bien rempli. Encore moins de ce titre honorifique pour gonfler leurs émoluments. De toute manière si l'on rajoute un zéro de plus à leurs salaires, il faudra créer des chèques spéciaux beaucoup plus larges que la version classique (à l'opposé, un simple post-it® suffit pour le salarié de base...).
De plus, pour recevoir le trophée, le gagnant devra porter un costume et dire quelques mots, deux conditions qui ne mettront pas le vainqueur à son avantage. Surtout si c'est Ribéry. Ronaldo a une certaine prestance en smoking. Mais l'immense majorité de ses fans féminines le préfère en boxer.
Le milieu du cinéma n'est pas en reste. Dimanche soir, les Golden Globes ont fait office de galop d'essai pour les Oscars. Et toujours des étoiles dans les yeux des gagnants. Même pour Jennifer Lawrence, meilleur second rôle féminin dans la comédie « American Bluff » (photo ci-dessus). Un petit prix, mieux que les dizaines de millions de spectateurs de la saga « Hunger Games » dont elle tient le rôle principal...

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant

BD - New York, jouet de Robert Moses


Derrière chaque ville se cache un mentor, un penseur. Si Paris ne serait pas Paris sans les grands travaux de Haussmann, New York doit beaucoup à Robert Moses. Moins connu car beaucoup plus discret, il a pourtant régné sur la ville durant des décennies, construisant plus de 150 000 logements, des ponts et quasiment toutes les autoroutes. 
Il toujours su profiter de l'argent public pour aménager l'habitat urbain de façon progressiste. Les plages publiques, les piscines et les centaines d'aires de jeu font également partie de ses réalisations. Le parcours étonnant de ce riche juif foncièrement Américain est raconté par Pierre Christin. Le scénariste de Valérian est aussi un grand spécialiste des USA. Il ne romance pas l'existence de R. Moses, mais sa science de la mise en scène rend cette BD aussi passionnante qu'instructive. 
Au dessin, Olivier Balez, délaisse pour une fois la bio d'artiste (Le chanteur sans nom, Dominique A) pour celle d'un industriel visionnaire. Il y montre toute sa technique a reproduire des ambiances urbaines, des années 20 à nos jours.

« Robert Moses, Le maître caché de New York », Glénat, 22 euros

lundi 13 janvier 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Du sex-appeal du scooter et du casque de François Hollande

Mille mercis M. le président !
Vos frasques extraconjugales mettent en exergue un fait qui m'enchante : pour emballer une actrice, rien ne vaut le sex-appeal d'un scooter et d'un casque intégral. Des nuits entre le premier personnage de l'Etat et la jolie Julie, Closer ne montre rien. Pour fantasmer, le magazine people n'offre à ses lectrices et lecteurs qu'un mystérieux homme casqué et en scooter.
Il se trouve que je ne me déplace qu'en scooter. Certes je n'ai pas de garde du corps chauffeur, mais la frime en deux-roues, ça me connaît. Comme j'ai en plus l'insigne honneur de ne guère être plus grand que le président et ne pas avoir un corps gracile (version politiquement correcte du sobriquet gros patapouf), impossible d'éviter le transfert. 
Et me voilà, au guidon de mon 50 cm3, à m'imaginer séduire mes idoles sur grand écran. Si Julie Gayet n'a jamais attiré mon attention, et encore moins Carla Bruni, j'espère de tout mon cœur que Marina Foïs, Valérie Lemercier ou Valérie Bonneton (mon trio de tête dans la catégorie actrices belles, intelligentes et ne se prenant pas au sérieux) sont sensibles au bruit du moteur deux-temps.
Et quand Hervé Morin de l'UDI prétend au micro de RTL que "Hollande a un peu plus discrédité la fonction présidentielle avec son casque et sa mobylette", c'est qu'il n'a rien compris. Car pour ne rien vous cacher, c'est en ramenant chez elle ma future épouse, à l'arrière de mon scooter voilà presque 20 ans, que notre histoire d'amour a véritablement commencé.

Roman - De la courtoisie à l'amour dans "Les amants" de Joël Schmidt

Le roman « Les amants » de Joël Schmidt est une transposition de l'amour courtois moyenâgeux à notre époque.

Roman érudit mais dérangeant, « Les amants » de Joël Schmidt a pour but de faire découvrir les richesses de l'amour courtois du Moyen âge. L'originalité du propos tient dans le fait que le texte n'est pas historique. Il se passe de nos jours et montre toute la difficulté d'être différent dans un monde moderne. Le narrateur, Johann, médiéviste émérite, débarque dans une petite ville de province. Nommé professeur de lettres dans un khâgne, il est toujours célibataire malgré sa cinquantaine bien tassée. Il a eu des compagnes, des maîtresses, des conquêtes... mais jamais l'amour absolu dont il rêve. Johann est un romantique éthéré. Il se réserve pour la Belle qui comprendra sa démarche. Coup de foudre à la rentrée scolaire. Ce sera Aurore, une de ses étudiantes. 19 ans, fille de très bonne famille, intelligente et vierge. Quand elle quitte la classe, Johann a « le temps d'admirer la blancheur de sa peau, ses jambes élancées et moulées dans des bas résille noirs dont une jupe courte dévoile les cuisses. » L'amour courtois et ses 31 codes est à l'opposé de l'amour platonique. Il y a certes toute une partie de cour chaste et respectueuse, mais c'est aussi l'occasion de pleinement profiter des joies de la chair, de tous les excès des sens et du corps.
Le roman de Joël Schmidt, comme le code ancestral, est très progressif. Le professeur va mettre en place toute une stratégie pour conquérir la jeune fille. « Je sais que c'est par ces codes que j'atteindrai le cœur d'Aurore, que c'est le première étape pour l'entraîner avec moi, après l'avoir capturée dans la nasse de mon imaginaire. » Malgré la différence d'âge, Johann va se faire aimer d'Aurore et accepter par des parents trop modernes pour être honnêtes. Ils se marieront et pourront alors consommer cet amour.

Jusqu'à la mort
Le malheur de Johann, c'est qu'il sait parfaitement que cela ne peut que mal finir. Il existe un code qu'il ne faut jamais respecter, un code rajouté par l'Église pour détruire le bel ensemble. Il fait tout pour l'éviter, mais Aurore cède au besoin impérieux de respecter l'ordre, d'aller au bout du bout. Il la perd. Mais va pouvoir la reconquérir. Cela se passera dans des caves, hors du temps, des bas-fonds de Nuremberg. Là, il va participer à une de ces orgies signe de la grande liberté des codes, « mélange de douleur et de plaisir qui nous ont tant frappé Aurore et moi au cours de tous les avatars de notre amour. » Pour l'auteur l'amour courtois est le symbole malheureusement oublié de cette renaissance médiévale « où la femme prend des droits qu'elle n'a jamais eus et où l'homme accepte de souffrir pour elle jusqu'à la mort. » Un amour fou qui conduit inéluctablement à la folie.
Michel LITOUT

« Les amants » de Joël Schmidt, Albin Michel, 16 €

dimanche 12 janvier 2014

Livres - Cinéma et fourmis

1001 films

Le titre exact du livre est « 1001 films à voir avant de mourir ». Il va de soi que cet exploit est quasiment irréalisable. Pour preuve ils se sont mis à plusieurs pour rédiger ce pavé de 1000 pages tout en couleur et pesant plus de 2 kilos... Le jeu c'est de lister ceux que l'on a vu. Un cinéphile averti en a certainement vu plus de 200. Le consommateur lambda de 7e art se contente d'une petite centaine. Donc on a envie de piocher dans cette liste qui semble sans fin. Comme elle est classée par année, on peut également voir l'évolution des modes au fil des décennies. Bref, un livre à prendre par tous les bouts, à garder à porter de main pour savoir si un de ces 1001 films ne serait pas rediffusé à la télé. (Omnibus, 33 €)

La trilogie des fourmis


Si Bernard Werber est un des romanciers français les plus publiés de par le monde, il le doit beaucoup à la trilogie des fourmis. Le Livre de Poche propose la réédition en un seul gros volume de 1400 pages de ce classique de la SF. En bonus, car c'est Noël, une planche de stickers ! (Le Livre de Poche, 18,90 €)






samedi 11 janvier 2014

BD - Cath et son chat en vacances

Les chats ont pris le pouvoir. Ils sont partout sur le net et investissent de plus en plus la BD. Terminés les beaux rôles pour les Rantanplan, Cubitus, Idéfix et autres Milou. Leurs ennemis héréditaires sont les rois du moment. Prenez par exemple la série « Cath et son chat » écrite par Cazenove et Richez et mise en images par la jeune et talentueuse Yrgane Ramon. Si la fillette, vivant seule avec son père, est la vedette officielle, Sushi, son matou, est le ressort comique ultime de quasiment tous les gags. 
Que cela soit avec la chatière, une balle en caoutchouc ou une imprimante, il a toujours des réactions décalées et hilarantes. Une bonne partie de l'album conte les vacances de la famille dans un camping. Et bien entendu, pas question de laisser Sushi seul à la maison. Il est donc du voyage. Pour le plus grand malheur des tentes des autres campeurs, peu résistantes face aux griffes d'un chat fou... 
Simples et efficaces, ces gags plairont à toutes les générations, le dessin de Ramon étant moderne tout en affichant des influences nettes des dessins animés des années 70.

« Cath et son chat » (tome 3), Bamboo, 10,60 €

DE CHOSES ET D'AUTRES - Tremblez bonnes gens, Fantômas est de retour


Tremblez bonnes gens, Fantômas est de retour. Il va sévir cette nuit sur Arte. La chaîne entend célébrer le centenaire de la première guerre mondiale. Et avant de plonger les téléspectateurs dans l'enfer des tranchées, elle propose ce week-end une programmation consacrée à l'avant-guerre, notamment autour de la culture. C'est dans ce cadre que Fantômas va débarquer sur les écrans. Pas celui des films d'André Hunebelle avec Jean Marais et Louis de Funès. Non, le Fantômas choisi par Arte est la version muette et en noir et blanc de Louis Feuillade. Après un documentaire pour présenter le personnage imaginé par Pierre Souvestre et Marcel Allain, vedette de 32 romans, diffusés sous forme de feuilletons dans les meilleurs journaux, vous pourrez replonger dans l'ambiance d'époque avec les 5 films de la saga datant de 1913 et 1914. Durant la nuit de samedi à dimanche, tremblez face à "Fantômas à l'ombre de la guillotine", "Fantômas contre Juve" et "Le mort qui tue". Dans la nuit de dimanche à lundi, prolongez le cauchemar avec "Fantômas contre Fantômas" et "Le faux magistrat". Ces chefs-d'œuvre du cinéma populaire sont diffusés dans une version restaurée et agrémentée d'une musique de Yann Tiersen.
Le méchant absolu, masqué et sans pitié, est pour certains l'ancêtre des super-héros, version maléfique. Un personnage à jamais ancré dans la mémoire collective. Il inspire même la nouvelle génération avec la sortie (le 17 janvier) du second tome de "La colère de Fantômas", BD de Bocquet et Rocheleau aux éditions Dargaud.

vendredi 10 janvier 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Séparation de biens

On a beau s'aimer, il n'est pas obligatoire de tout partager. L'Insee, selon une récente étude, souligne le recul du mariage et la hausse du régime de la séparation de biens. Cette tendance est beaucoup plus généralisée qu'on ne le croit. Des années de vie commune n'empêchent pas les petites mesquineries égoïstes.
Quelques exemples pour savoir si votre amour est véritablement payé de retour. Madame, si l'homme avec qui vous partagez votre quotidien hésite toujours à vous prêter sa voiture, n'y voyez pas une cause de divorce. C'est personnel une voiture. Et puis quand vous la rendez il doit à nouveau régler le siège, les rétroviseurs et faire le plein... De toute manière, il ne la prête pas à sa maîtresse non plus. Pas de jalouses. Si de plus il ne vous autorise pas à utiliser sa carte bleue, ce n'est pas par défiance. Il applique simplement ses convictions politiques. Non, la France ne sortira pas de la crise en relançant la consommation. Sans compter que tous les vêtements qui vous plaisent sont fabriqués à l'étranger.
Par contre, remettez sérieusement en cause son amour pour vous si, après lui avoir reproché de ne jamais participer aux tâches ménagères, il se contente, à la fin du repas, de débarrasser son assiette (jamais la vôtre) en l'abandonnant, sale et non rincée, dans l'évier.
Dans l'autre sens, messieurs, ne soyez pas offensé si votre épouse ou compagne refuse que vous portiez ses sous-vêtements. Ce n'est pas parce qu'elle ne vous aime plus. Juste un problème de taille. Et d'orientation sexuelle. Mais, ça, c'est votre problème, pas le sien...

(Illustration extraite de la BD "La faute aux Chinois" Futuropolis)

BD - Virus révolutionnaire dans Metronom'


Dans le genre « Ne vous plaignez pas du présent, ce sera pire dans le futur », la série « Metronom' » de Corbeyran et Grun en impose. Vraiment pas réjouissant l'avenir décrit par les deux auteurs bordelais (qui parviennent quand même à glisser une pub subliminale pour les vins de Graves). Dans quelques décennies, un pouvoir autoritaire et policier bride la liberté des citoyens. Et pour abolir la moindre velléité de rébellion, le gouvernement a interdit toute création artistique. 
L'histoire, assez dense, se déroule sur plusieurs niveau. Il y a la fuite d'une famille et la mission d'un couple pour récupérer un savant dans le coma. Ce dernier serait à l'origine d'un virus venu de l'espace. Il a muté et est dangereux. En fait, à la base, il devait simplement augmenter les envies de révolte du peuple. Mais le meilleur dans cette BD est le travail d'un petit groupe de résistants. Ils écrivent et impriment un livre illustré pour dénoncer la dictature. Le prochain coup d'éclat, se sera en public. Ils répètent en secret une pièce de théâtre. 
Ce qu'ils ne savent pas c'est qu'il y a un traitre dans leurs rangs, Radcliffe, un policier infiltré. Mais qui sait, l'art est parfois plus fort que la violence et l'intolérance.

« Metronom' » (tome 4), Glénat, 14,50 €

jeudi 9 janvier 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Comment ne pas paniquer en public ?

L'appât du gain permet de se sublimer. Même si parfois cela semble mesquin. Et puis il y a ceux qui n'ont pas besoin de quelques dizaines de milliers de dollars supplémentaires.
Prenez Michael Bay. Ce réalisateur américain à qui l'on doit, notamment, la série des "Transformers" avec Megan Fox et Shia LaBeouf a accepté d'intervenir en public pour vanter les mérites de la nouvelle technologie Samsung, de l'écran incurvé. Problème : ce n'est pas parce que l'on peut diriger les plus grandes stars de la planète et commander à des équipes techniques pléthoriques que l'on est à l'aise sur des planches, en direct et en public. Michael Bay, bien conscient de ses limites dans l'exercice, a prévu de lire son intervention sur un prompteur. Mais la technologie sud-coréenne fait faux bond et le texte cesse de défiler. Complètement tétanisé, le réalisateur répète trois fois "I'm sorry... » avant de piteusement quitter l'estrade sans un mot d'excuses. Le lendemain seulement, il reconnaît, par écrit, que "les événements en direct ne sont pas mon truc."

La prochaine fois, avant son intervention, il devrait faire des exercices de "tapping" préconisés par la psychothérapeute Sarah Frachon. Ils consistent à se tapoter la tête et d'autres parties du corps en se répétant que l'on a confiance en soi. La séance dure une dizaine de minutes et doit être répétée 21 jours d'affilée. À la vue des vidéos de démonstration, ça a tout l'air d'une belle escroquerie. À moins qu'apprendre à être ridicule en privé permette de s'assumer en public.