lundi 24 septembre 2012

Billet - De YOLO à YODO... Petit cours de rap par l'exemple

Sans frontière, le net permet à des expressions de passer d'un continent à l'autre. Connaissez-vous le sens de l'expression YOLO popularisée par les rappeurs américains ? YOLO est l'acronyme de « You Only Live Once » traduisible par « Tu ne vis qu'une fois » .
Hermétique au rap, tant en anglais qu'en français (les supporters de Toulon ne constituent pas une exception...), j'ai découvert YOLO en lisant un article sur « la mort la plus idiote du mois ». Erwin McKinney, rappeur de 21 ans, a tweeté dans la nuit du 3 septembre un message prémonitoire : « Drunk af going 120 drifting corners #FuckIt YOLO ».


En substance, il explique qu'il a bu comme un trou et qu'il roule à 120 miles à l'heure (190 km/h) au volant de sa Nissan Sentra. Pour lui, et les trois amis qui ont pris place dans son bolide, ce doit être le summum du YOLO.
Et ce qui devait arriver arriva : perte de contrôle, crash monumental. RIP Erwin McKinney (et ses trois copains...) Question subsidiaire : l'accident est-il dû à l’alcool, à la vitesse ou à la mauvaise idée de tweeter en conduisant ? Les trois mon colonel, répond le pragmatique.
En fait, Erwin a peut-être simplement fait une faute de frappe. A cause d'une lettre erronée, personne n'a compris que son tweet était l'annonce de son suicide, histoire d'avoir sa minute de gloire à la Andy Warhol. Il a écrit YOLO alors qu'il pensait YODO : « You Only Die Once » soit « on ne meurt qu'une fois »...
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

Roman - Jim Harrison lance un flic retraité sur les traces d'un gourou

Un policier à la retraite prolonge sa dernière enquête : mettre hors d'état de nuire le gourou d'une secte. Roman américain typique de Jim Harrison.

Une nouvelle fois, Jim Harrison met la vieillesse au cœur d'un roman. Le personnage principal, l'inspecteur Sunderson, vient de prendre sa retraite. Un flic de 65 ans, tenace et opiniâtre. Pourtant « Grand Maître » n'est pas un polar. Au contraire, Jim Harrison a tenu à préciser que c'était un « faux roman policier ».
Cela commence pourtant un peu comme un de ces textes sur l'Amérique profonde et ses dérives. Un gourou a installé une secte aux abords de Marquette dans le Michigan. Comme c'est le secteur de Sunderson, il prend en grippe ce fameux Grand Maître. Mais au moment de le coffrer pour pédophilie, il parvient à s'enfuir. Sunderson, bien qu'il soit à la retraite depuis quelques jours, décide de le retrouver et de l'arrêter. Il n'est pas complètement dupe et sait parfaitement que cette décision est surtout la conséquence de sa peur de l'inaction.

Mona, le matin
Et avec douceur on entre dans la partie psychologique du roman. C'est du Jim Harrison. C'est donc un peu égrillard. On découvre le petit plaisir de Sunderson du matin. Plaisir et culpabilité. La fenêtre de son salon donne directement sur la chambre de sa jeune voisine, Mona, 16 ans. Le matin, en petite culotte, elle fait ses exercices de yoga. Sunderson n'en perd pas une miette. Et se le reproche, encore et encore. « La sexualité ressemblait parfois à un sac à dos bourré de bouse de vache qu'on devait trimbaler toute la journée, surtout pour un senior qui s'accrochait désespérément à ses pulsions déclinantes. » Mona, parfaitement au courant de son petit manège, ne lui en veut pas. Au contraire, elle prend elle aussi beaucoup de plaisir. Normal, l'adolescente est quasiment seule chez elle (mère représentante de commerce) et Sunderson fait un peu office de père de substitution.
Grâce à Mona et sa science de l'informatique (du piratage informatique exactement...) il retrouve la trace du gourou au Nevada. Il décide sur un coup de tête de plaquer le climat rude du Michigan pour la canicule du désert. Cela tombe bien, sa mère s'y est installée pour passer une retraite au chaud. Il retrouve la nouvelle base de la secte. Mais n'est pas très bien accueilli. Caillassé, laissé pour mort, il est sauvé in extremis. Ce n'est que partie remise. Sunderson est vraiment tenace.

Le chant des oiseaux
Durant sa convalescence, il campe plusieurs fois au cœur du désert. C'est une autre constante des romans de Jim Harrison : un rapport quasi charnel avec les éléments. Ainsi, ce réveil au petit matin : « Une profusion de chants d'oiseaux faisait vibrer l'air liquide de l'aube et il eut l'illusion de pouvoir comprendre ce dont ces oiseaux parlaient à travers leurs chants. Les paroles, d'une grande banalité, évoquaient la nourriture, le foyer, les arbres, l'eau, le guet des corbeaux ou des faucons. Il n'y avait là rien d'extraordinaire, et il continua de comprendre les oiseaux jusqu'à ce qu'il tisonne les braises et prépare son café. » D'autres descriptions, tout aussi poétiques, racontent la neige et le blizzard sur les rives du Lac Supérieur.
Alors c'est vrai qu'on est loin du roman policier pur et dur. Certes l'enquête reste en fil rouge mais, à choisir, les rapports compliqués entre Sunderson, son ex-femme et Mona sont beaucoup plus passionnants que cette chasse au gourou.

« Grand Maître » de Jim Harrison, Flammarion, 21 € (Disponible en format poche chez J'ai Lu. Vient de paraître également un recueil de poèmes inédits, « Une heure de jour en moins », Flammarion, 19 €)


dimanche 23 septembre 2012

Chronique : Sexe et droit du travail envahissent internet

Le droit du travail fait une percée remarquée sur internet. Plusieurs avocats spécialisés ont ouvert des blogs pour donner des conseils et étudier des cas précis. Initiatives louables, mais en parcourant les différents sites on est interpellé par le nombre important d'affaires liées au sexe. Une façon comme une autre d'augmenter son audience via les moteurs de recherche. Sur le blog de Me Eric Rocheblave, ne manquez pas cette histoire incroyable. Un salarié est licencié pour faute grave au retour d'une mission en Thaïlande. Sur ses notes de frais, il a tenté de se faire rembourser ses achats de préservatifs, vaseline et même le prix des prostituées.
Autre blog, celui de Me Yves Nicol, mais même tonalité. Une note explique que « Exhiber son sexe est une faute grave ». Un salarié, pressé d'aller au petit coin, a sorti son sexe quelques mètres avant l'urinoir. Problème, une femme de ménage était dans les toilettes pour le nettoyage... Au Brésil, cette fois, c'est l'employé qui a fait condamner son patron. Au cours d'un séminaire de remotivation, il a dû regarder des films pornographiques et passer une soirée avec des prostituées. Harcèlement moral ont conclu les juges.
Ne soyons pas trop critiques, sur ces blogs il y a nombre d'informations sérieuses et utiles. Ces cas atypiques (licenciements pour avoir bouché les toilettes, émettre des éructations et des flatulences au travail, tenter d'étrangler un collègue) sont les preuves que, finalement, il y a toujours pire ailleurs... 
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce samedi.

samedi 22 septembre 2012

BD - Séduisantes voleuses dans la "Grande odalisque" de Vivès, Ruppert et Mulot

 
Trois auteurs, trois héroïnes. « La grande odalisque », grand récit d'aventure paru dans la prestigieuse collection Aire Libre de chez Dupuis marque la première collaboration de trois jeunes pousses de la BD indépendante. Ruppert et Mulot sont des piliers de l'Association, Bastien Vivès a percé avec des récits intimistes. 
Ensemble, ils racontent les aventures de Carole et Alex, deux voleuses, renforcée par Sam, une motarde virtuose. 
Elles sont spécialisées dans le vol des œuvres d'art. Première opération au musée d'Orsay, seconde, plus problématique, au Louvre. Elles sont jeunes, sexy, libérées et téméraires. Le dessin est juste ce qu'il faut de réaliste, laissant quand même une large place à l'imaginaire du lecteur. Totalement décalée, c'est la BD la plus étonnante de la rentrée.
« La grande odalisque », Dupuis, 20,50 €


vendredi 21 septembre 2012

Billet - Les optimistes associés débarquent le 12 octobre

« Le 12-10-2012, ce n’est pas la fin du monde, c’est le début de l’optimisme ! » Cette révélation fracassante est de Ludovic Beuzeron, fondateur de Génération Optimiste, « le réseau francophone des gens positifs ». En voilà une belle profession de foi. Dans 100 ans, la méthode Beuzeron aura peut-être détrôné la méthode Coué. Car dans le fond, il n'y a pas grande différence. Éviter toute pensée négative, voir la vie du bon côté, ne retenir que les bonnes choses et votre enfer terrestre se transforme en félicité infinie. J'ai essayé. Ça marche pas... La fluoxétine par contre...
Sans vouloir porter la poisse à Ludovic Beuzeron, je crains que ses bonnes intentions ne se heurtent à une situation générale peu propice à l'optimisme. Partout les signaux sont rouges.
Quant au réseau social du bonheur, il s'appuiera sur « l’apprentissage du savoir sur internet ». Et d'expliquer dans une sorte de profession de foi : « Chacun pourra librement partager, échanger, découvrir ou acquérir du savoir dans des domaines aussi variés que le bien-être, la santé, la finance, les sciences humaines etc… » Le tout, gratuitement, comme de bien entendu.
Je dois admettre que Ludovic Beuzeron est parvenu à me faire sourire quelques minutes. Pour mettre en place son projet, il a fait appel à « Michel Poulaert, auteur, conférencier international et expert en optimisme ». Avec « 158 000 fans sur sa page Facebook », il est le sosie officiel de... François Hollande ! 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Mauvaises ondes pour Jean-Claude Denis



Serge Guérin vit un enfer. Serge Guérin est électro-sensible. Téléphones portables, télévision, lignes à haute tension... les sources de son mal sont multiples et de plus en plus nombreuses. Un soir, il est enfin libéré. Une immense panne de courant plonge le quartier dans un black out total. 
C'est au cours de cette nuit particulière qu'il va rencontrer une jeune femme. Ils vont sympathiser, se comprendre et se trouver des points communs. Dans une chambre d'hôtel, à la lumière d'une bougie, ils signent un pacte, la trame complexe de cet album de Jean-Claude Denis
Entre polar noir, étude psychologique et portrait de la détresse humaine, l'histoire entraîne le lecteur vers une fin étonnante, au cœur de cette zone blanche qui donne son nom à ce roman graphique très réussi.
« Zone blanche », Futuropolis, 16 €


jeudi 20 septembre 2012

Billet - Humour britannique et tétons solidaires


On peut trouver tous les défauts possibles et imaginables aux Anglais (cuisine, climat, goût vestimentaire...) ils ont une qualité inaliénable et salvatrice : leur humour. Quand la presse people étrangère montre les rejetons royaux dans des postures équivoques (Harry fesses à l'air, Kate seins nus), plutôt que de brûler les kiosques à journaux ou profaner les tombes de Niepce (inventeur de la photographie) et Porro (téléobjectif), ils en rient.

Le prince Harry, après son stripbillard perdant, a reçu l'appui de centaines de militaires anglais. Sur un compte Facebook spécialement dédié, ils saluent fièrement le prince, nus, un accessoire militaire cachant leur entrejambe, du fusil d'assaut au képi réglementaire.
Bis repetita avec l'affaire Kate. En soutien, des Anglais (exclusivement mâles) montrent leurs tétons, souvent dans des poses lascives, un masque fait avec la photo du visage souriant et grandeur nature de la princesse garantit leur anonymat. L'illusion d'optique est parfaite, si l'on oublie la grosseur des seins et la pilosité du poitrail...
Extraordinaire humour anglais. On en redemande. Et on en est presque à espérer un nouveau scandale royal pour prolonger les éclats de rire. Un peu comme cette télévision taïwanaise qui a reconstitué la scène des photos volées en images de synthèse. Et extrapolé avec une Diana en zombie et la reine mère photographiée dans son bain. Quant aux vilains journalistes français ils n'ont que ce qu'ils méritent : la guillotine.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

mercredi 19 septembre 2012

BD - Le petit commerce mortel de Jean Teulé, Olivier Ka et Domitille Collardey



La maison Tuvache est un commerce sérieux. Ses propriétaires assurent un service de qualité. Le couple accueille les désespérés et leur vend cordes, poisons, armes et autres ustensiles très efficaces pour se suicider. Tout irait pour le mieux si le dernier rejeton, Alan, n'avait pas une joie de vivre communicative. 
« Le magasin des suicides » est à la base un roman de Jean Teulé. Ce succès de librairie est adapté par Olivier Ka (scénario) et Domitille Collardey (dessin). On retrouve toute la poésie de l'histoire originale dans cet album aux dessins simples, parfois enfantins. Les auteurs ont alterné séquences classiques et dessins pleines pages comme pour mieux donner une vue d'ensemble de cette boutique hors du commun.
« Le magasin des suicides », Delcourt, 14,95 €


Billet - Le Vinvinteur, nouvelle émission sur "la vie connectée"

Le Web va-t-il tuer la télévision ? Cette question taraude les intervenants des deux médias. Nouvel exemple avec la diffusion, dimanche soir, à 20 heures sur France 5, d'une émission sur les nouvelles technologie.

« Le Vinvinteur », présenté par Vinvin, est « le premier magazine de la vie connectée », une « émission qui partage tout ». Le pilote a été diffusé... sur le web. Les prochains numéros, sans doute en octobre, seront à l'antenne de France 5. Vinvin présente l'émission avec une caméra sur le front. Il montre ainsi l'envers du décor. Il présente un « journal du Veb » (avec un V qui veut dire Vinvin...) reprenant des infos fun. Rien de bien original.

Le reste est beaucoup plus novateur. Les internautes peuvent participer de plusieurs façons. En rédigeant un sketch d'une minute joué par Vinvin et Zazon. Pour le numéro 0, plus de 60 contributeurs se sont essayés à l'exercice. Vous pouvez aussi interpréter la musique du générique et envoyer l'enregistrement sur le site de l'émission. Enfin, participer à « l'instant Andy Warlol » en postant des photos de vos animaux de compagnie. Car eux aussi ont droit à leur quart d'heure de célébrité...

D'une durée de 26 minutes, ce premier magazine ne révolutionne pas le genre. Un mélange savamment dosé de fiction et d'information, saupoudré d'une forte dose de subjectivité (la caméra de Vinvin). Il devra faire ses preuves sur le côté interactif. Mais le tour n'est pas joué car la télévision est et restera toujours une grosse machine.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

mardi 18 septembre 2012

Une paire de seins qui n'a pas fini de faire parler

THE scandale ! Une paire de seins à la une de Closer, le magazine people, et c'en est fini de l'Entente cordiale. Jolis seins au demeurant. Certes ils manquent un peu de relief, mais ils sont charmants. Princiers aussi. Là est le problème.
Kate et William, héritiers de la couronne britannique, en vacances en Provence, ont profité du soleil sur leur terrasse. « Nus, au soleil » comme le chante leur voisine, Brigitte Bardot. Un paparazzi a immortalisé ces jeunes corps en vacances. Shocking ! Les ventes explosent, les visites sur le site internet de Closer aussi.
Et les commentaires vont bon train sur les blogs et réseaux sociaux. « Peut être faut-il s'attendre après ce nouveau blasphème à ce que les Britanniques assiègent les ambassades françaises a travers le monde » fait remarquer avec malice un lecteur sur le site TF1News. Un autre site people, certainement jaloux, fait de la surenchère : « Kate et William : leur drôle de façon de s'envoyer en l'air ». On imagine tomber sur une sextape sulfureuse, de quoi faire mourir d'infarctus la reine mère. Mais il s'agit d'un titre racoleur... sur leur escalade d'un arbre de 42 mètres en Indonésie.
Un scandale pour deux seins anglais. Pourtant, tout touriste en vacances une semaine sur les plages audoises ou catalanes a statistiquement eu la possibilité de voir 389 paires de seins britanniques. Personne n'en a fait tout un plat.
Et ceux qui parlent « d’œufs sur le plat » seront écartelés pour crime de lèse-majesté !
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce lundi.