Bézian, sous couvert d'une enquête se son héros, détective, se souvient de son enfance. Le périple débute dans un TER et se poursuit dans les petites rues d'une bourgade de l'Aude. Il ne la nomme pas, mais grâce à quelques indices (Canal du Midi, gare SNCF, panneaux indicateurs...) on reconnaît la ville de Bram, entre Castelnaudary et Carcassonne. L'histoire débute de nos jours, en couleur, mais dès que le personnage principal met les pieds sur le quai, il bascule dans le passé en noir et blanc, quand il n'était qu'un enfant s'amusant dans les rues de cette circulade typique du Languedoc. Et Bézian d'expliquer l'importance du décor : « Été comme hiver, tous les villages de cette région paraissent gris. Il y a une qualité de mélancolie qui me touche particulièrement ». On retrouve cette mélancolie dans un album atypique, brillant par son côté graphique et novateur.
« Aller-retour », Delcourt, 16,95 €







Après le huis-clos au plus profond des abysses (« Starfish » paru en 2010 au Fleuve Noir), Peter Watts prolonge sa saga de science-fiction au grand air. Son héroïne, Lenie Clarke a survécu. Après l'explosion et le tsunami qui en a résulté, elle s'est tapi au fond de l'océan. Technicienne chargée d'entretenir ces nouvelles centrales électriques utilisant l'énergie géothermique, elle a a été « améliorée » pour résister aux grandes pressions et respirer sous l'eau. C'est à pied qu'elle rejoint la cote américaine. Et ce qu'elle découvre ne ressemble plus au monde qu'elle a connu avant. « Le fond était entièrement recouvert de cadavres. Qui semblaient eux aussi couvrir plusieurs générations. Certains se réduisaient à des agglomérats symétriques d'algues. » Des millions de morts, des pans entiers du pays disparu : l'Amérique peine à se redresser.