vendredi 5 novembre 2021

BD - Calamity Jane enfant


Elle est unique dans l’histoire de la conquête de l’Ouest américain. Calamity Jane a vécu comme un homme, libre et sans limite. Mais quelle a été l’enfance de cette légende ? Adeline Avril tente d’y répondre dans le premier tome de cette série aux couleurs pastels très lumineuses. 


Jane a traversé la moitié est USA dans une carriole. Sa maman est morte, son père s’est absenté. Aînée de la famille, elle doit s’occuper des petits. Dont la dernière qui est fiévreuse…    

« Calamity Jane » (tome 1), Delcourt, 10,95 €

De choses et d’autres - (T)robot pour être élue

La campagne de l’élection présidentielle d’avril 2022 reste une mine pour ceux qui, comme moi, regardent ces joutes avec l’œil de celui qui a connu pas moins de huit présidents élus. Huit vainqueurs et des dizaines de perdants, la loi du genre. Fabrique d’aigris, obligés de remiser leur destin national au fond d’un tiroir.


Pour l’instant règne le flou le plus complet. J’ai même l’impression que l’esprit des quelques candidats déclarés bat la campagne, à défaut de s’y investir vraiment. Un peu comme ces poulets décapités dont le cerveau sectionné zappe de passer l’info au reste du corps. Prenez Anne Hidalgo, investie par le parti socialiste. Non seulement elle ne progresse pas dans les sondages mais ses sorties médiatiques sont parfois tellement en décalage avec la réalité qu’on se demande d’où elle vient. 

De Paris, vraiment ? Alors pourquoi cette vidéo dans une petite gare de province (de la Drôme), pour dénoncer ce distributeur automatique de billets de train ?

Elle ne doit pas souvent prendre le métro ou le RER pour ignorer que les robots délivrent 98 % des tickets. Et que de toute manière, ils représentent l’avenir car eux n’ont pas d’horaires ni de convention collective restrictive et contraignante. Oublions ceux qui débitent les billets de banque (bouts de papier qui eux-mêmes ont du plomb dans l’aile) et constatons qu’il existe dans certains lieux touristiques des distributeurs de pizzas chaudes ou de baguettes.

Le plus impressionnant reste cette machine en gare de Besançon. Anne Hidalgo serait horrifiée de constater qu’elle propose, sans l’aide du moindre fonctionnaire, du morbier, du comté et même des saucisses de Morteau. Allez, bon appétit les amateurs de « robotmaton » !

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 5 novembre

jeudi 4 novembre 2021

BD - Elric reprend Iznogoud


Passé par les Beaux-Arts de Perpignan, Elric, souvent vu au FIBD, est désormais le dessinateur d’Iznogoud, célèbre personnage de BD créé par Goscinny. A la base, l’infame vizir n’a qu’une envie : devenir calife à la place du calife. Sur cette variation, Goscinny a écrit des dizaines d’histoires courtes pour Tabary, le dessinateur. 


Une façon de se moquer de la politique française sans être trop démonstratif. Dans ce 31e tome, Elric dessine les deux dernières histoires courtes écrites par Olivier Andrieu. Notamment une mettant en scène un artiste fumeux, aux longues moustaches, renommé Dali Baba. On retrouve un peu de l’esprit originel de cette BD faisant partie du patrimoine culturel français. 

« Iznogoud, moi, calife… » (tome 31), Imav Éditions, 11,90 €

BD - Hommage au far-west par les meilleurs dessinateurs du moment


Tiburce Oger ne cache pas sa fascination pour le western. Cet auteur complet de BD a voulu faire de la BD en lisant les titres phares du genre par Jijé, Giraud ou Blanc-Dumont. Il a donc imaginé une suite d’histoires courtes qu’il a confiées aux plus grands dessinateurs réalistes actuels.


 Avec un fil rouge : la possession d’une montre, de 1763 à 1938. On retrouve au générique de ce Go west, young man, Blanc-Dumont, Ralph Meyer, Marini, Rossi, Rouge, Boucq, Labiano, Meynet ou TaDuc

« Go west, young man », Bamboo, 19,90 € (il existe une version grand format à 29,90 €)


De choses et d’autres - La drague verte

En pleine COP26, l’écologie est partout. Même sur les sites de rencontres en ligne qui ont constaté qu’une des principales qualités recherchées par les célibataires est de trouver un partenaire écoresponsable, voire adepte du bio ou même vegan. Il en  existe carrément de spécialisés comme Amours Bio ou GreenLovers.

Étonnant comme les modes poussent les gens à accepter des pratiques qu’ils auraient réprouvées avec véhémence il y a trois ans à peine. Car mesdames, sortir avec un écolo, c’est prendre le risque de vous retrouver en tête à tête avec un homme qui n’utilise pas de déodorant (à part celui fabriqué maison à base de fécule de maïs et d’huile de coco) et ne se brosse les dents qu’avec un dentifrice composé de clou de girofle, de bicarbonate de soude et d’argile verte.

J’imagine le premier baiser après une chaude après-midi d’été passée à sauver des animaux de l’abattoir.

Vous me direz, la dame du rendez-vous pourrait faire mieux dans le genre « Je sauve la planète à moi toute seule ». Par exemple économiser l’eau devenue si précieuse en ne se lavant que tous les deux ou trois jours.

Je caricature un peu et grossis le trait, mais si ce sont de véritables amoureux de la nature qui veulent trouver chaussure à leur pied, ils ne devraient pas se contenter, comme à Glasgow, de vœux pieux mais d’actions concrètes.

Au risque d’être rapidement déçus et de voir, étrange paradoxe, la température dramatiquement chuter lors de leurs ébats enflammés.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 4 novembre

mercredi 3 novembre 2021

BD - Faux juges pour Lefranc


Mais qui sont ces juges intègres en couverture de la 32e aventure du reporter Guy Lefranc

Il s’agit en réalité du titre d’une peinture des frères Van Eyck. Une toile datant de 1432 et exposée dans la cathédrale de Gand en Belgique.

Dans les premières pages de l’histoire, un homme dérobe cette peinture. Mais pourquoi ? C’est une simple copie ?


Écrite par François Corteggiani, cette BD nous en apprend beaucoup sur le marché de l’art, des trafics de toute sorte et les enjeux. 

Avec, cerise sur le gâteau, un méchant particulièrement réussi. Du Louvre à un sinistre château en bord de mer en passant par les monuments belges, Christophe Alvès le dessinateur, promène Lefranc dans ces décors des années 50 rigoureusement reconstitués.   

« Lefranc » (tome 32), Casterman, 11,95 €

BD - Trop de Pat dans ce Mickey signé Cornette et Thierry Martin


Nouvelle aventure de Mickey par deux auteurs qui s’approprient le personnage créé par Disney. Cornette au scénario et Thierry Martin au dessin plongent Mickey dans un monde de magie. 


La petite souris va croiser la route d’un sorcier débonnaire qui ne maîtrise pas toutes ses formules magiques. Pour preuve, une poudre permet de se démultiplier. Une aubaine pour Pat Hibulaire qui y voit la meilleure façon de tyranniser le village. Simple, merveilleusement dessinée, ce Mickey plaira aux petits comme aux grands.

« Mickey et les mille Pat », Glénat, 19 €

De choses et d’autres - Netflix sur grand écran

Quand Netflix n’était qu’une plateforme diffusant des séries, le pas encore géant de la culture mondiale était royalement dédaigné par les autres acteurs de la profession. Les grandes maisons de productions comme les chaînes de télé. Il a fallu attendre que Netflix ait plus de 100 millions d’abonnés et que tout le monde parle de ses « coups » à la machine à café (La casa de papel ou Lupin) pour que certains comprennent que le danger était là.


Tout a changé quand Netflix a décidé de produire et de diffuser en exclusivité des films de cinéma. Un paradoxe puisqu’une production audiovisuelle, pour être considérée comme cinématographique, doit être diffusée dans une salle, sur grand écran. Quelques dizaines de films plus tard, dont de remarquables comme Roma, The Irishman ou Marriage Story, Netflix négocie avec quelques salles la possibilité d’organiser un festival en décembre pour permettre de voir quelques-uns de ces films dans des conditions optimales. Et là, Netflix devient du jour au lendemain l’ennemi absolu, la pire peste qui risque de tuer le cinéma français, de la production la distribution.

Pourtant il est envisagé de sortir dans ce cadre The Power of the Dog de Jane Campion, film salué par tous les critiques. Œuvre qui, tiens c’est bizarre, a été présentée en avant-première sur grand écran, en présence de la réalisatrice, ovationnée au festival Lumière de Lyon.

En fait, les films de Netflix dans les salles de cinéma c’est mal, sauf quand ils sont réservés à une petite élite du milieu qui peut en profiter avant tout le monde.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 3 novembre

mardi 2 novembre 2021

Roman - Une famille anglaise dans la tourmente de l’industrie du kaolin

Écrivain britannique discret, Robert Goddard est pourtant à la tête d’une œuvre conséquente qui dresse depuis quelques années la cartographie de la bourgeoisie anglaise. Dans L’énigme des Foster, il creuse cette veine avec une intrigue digne d’un polar et une romance qui fera chavirer les cœurs les plus insensibles.

Le narrateur se nomme Jonathan. Fils d’un employé de banque, il va rejoindre une université londonienne à la rentrée. Nous sommes en 1968 et il a trouvé un petit boulot dans une entreprise de la petite ville de Cornouailles. Plusieurs sociétés y prospèrent en exploitant le kaolin de carrières recouvrant toute la campagne environnante de cette poussière blanche. Jonathan, lors de ses déplacements dans les différents sites, croise la route des enfants Foster, la famille à qui appartient la société qui l’emploie. Il y a Oliver et Vivien. Oliver « les mains enfoncées dans les poches, un air blasé, la paupière lourde. Son front haut le faisait paraître beaucoup plus âgé, et ce en dépit d’une masse de cheveux blonds en bataille ». Sa sœur aînée, Vivien, éblouit le jeune Jonathan : « Elle était très belle. La conscience que je pris de sa beauté m’ébranla de la tête aux pieds. Pas simplement jolie, sexy ou séduisante, mais bien plutôt tout cela ensemble. » Un été 68 dramatique. La complicité entre Jonathan et Vivien va être cassée par un drame. Le roman, une véritable saga, raconte ensuite par petites touches l’entrée de Jonathan dans la société, son éloignement de Vivien, comment il gravit les échelons et devient indispensable au patron, le beau-père de Vivien et redoutable homme d’affaires Greville Lashley.

Robert Goddart entraîne le lecteur alors dans un palpitant thriller se déroulant en grande partie à Capri dans les années 80, avec enlèvement et mort brutale, avant de conclure la saga des Foster en 2010, dans les ruines industrielles de l’exploitation du kaolin.

« L’énigme des Foster » de Robert Goddard, Sonatine, 23 €

BD - Tarpon au turbin


Cabanes continue son exploration de l’œuvre de Manchette. Il propose dans la collection Aire Libre l’adaptation de Morgue Pleine, roman paru dans les années 70. On retrouve le détective privé Tarpon


Cet ancien gendarme n’arrive pas à s’en sortir dans ce Paris déjà hostile aux provinciaux. Il envisage de rentrer sagement chez sa maman quand une certaine Memphis Charles débarque chez lui. Elle demande de l’aide : sa colocataire a été égorgée. Tarpon, telle une auto tamponneuse sans volant, va aller de choc en choc dans une affaire qui lui sera longtemps incompréhensible. 

« Morgue pleine », Dupuis, 22 € (il existe un tirage de tête numéroté et signé à 35 €)