mardi 1 juin 2021

De choses et d’autres - Les ministres aussi ont des chagrins d’amour

Samedi soir, au concert d’Indochine à Paris, en plus de 5 000 cobayes composant le public, on dénombrait quelques personnalités dans l’assistance. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot (qui avait obtenu un passe-droit, puisque le spectacle était normalement interdit aux plus de 45 ans), et son collègue Olivier Véran, chargé de la Santé.

Ce dernier a publié une petite vidéo sur son compte Twitter, tournée durant le spectacle, où on le voit de dos rejoindre les premiers rangs de spectateurs et parler quelques secondes avec une fan (tatouée à l’épaule gauche). Un aparté masqué, mais très éloigné de la distanciation sociale préconisée par ses services.

Un œil averti remarquait même qu’il s’approchait très très près de la jeune femme.

Pas si étonnant, cependant, si l’on est un habitué des chroniques potins des journaux people. Car, vendredi, on apprenait que le ministre, à peine âgé de 41 ans (lui, avait parfaitement le droit de se trouver au concert), venait de rompre avec Coralie Dubost, députée de l’Hérault. La belle histoire d’amour, avec coup de foudre réciproque, a donc pris fin en plein déconfinement. Ils avaient divorcé, tous les deux, pour pouvoir s’afficher en public.

La romance au pays des marcheurs aura finalement duré trois ans. Comme l’affirme la maxime populaire.

En réalité, samedi, au concert d’Indochine, le ministre, tout content de laisser les chiffres de la pandémie au vestiaire, le temps d’une soirée, vivait sa première sortie en célibataire depuis des années. Tout le monde l'a bien remarqué.

samedi 29 mai 2021

BD - Nautilus sauvé des eaux


Série grand spectacle pour Mathieu Mariole, scénariste aguerri et Guénaël Grabowski, jeune dessinateur. Ils ont décidé de raconter la vie du Capitaine Nemo 10 ans après la fin de 20 000 lieues sous les mers.

Et pour accompagner le vieux navigateur, Kim, héros imaginé par Kipling. Une forte ambition littéraire pour cet album qui fait pourtant la part belle à l’action. Kim, toujours aussi déchiré par ses origines (petit Irlandais élevé dans les rues de Bombay) est devenu espion pour la couronne anglaise. Pour tenter d’éviter une guerre, il doit faire évader Nemo d’une prison russe en pleine Sibérie.

60 pages de toute beauté, entre Inde et Russie, avec en point d’orgue la découverte du Nautilus, superbe navire qui sera au centre du tome 2 annoncé pour octobre de cette année.    

« Nautilus » (tome 1), Glénat, 14,95 € 

mercredi 26 mai 2021

Cinéma - Des zombies, des gros bras et un pactole à Las Vegas


Il fallait oser mélanger plusieurs genres. Zack Snyder l’a fait. Et bien fait dans l’ensemble. A la base, c’est une histoire de zombies. Mais pas que. Army of the Dead, disponible sur Netflix, est aussi une histoire de casse et de bande. La bande est formée par Scott Ward (Baute Batista). On y retrouve d’anciens soldats (dont Nora Arnezeder, la touche sexy française), une pilote d’hélicoptère et la fille de Scott, Kate (Ella Purnell). 

Durant plus de deux heures ça bastonne beaucoup, le sang gicle et les gags fusent. Un bon moment de distraction loin, très loin de la réalité.

Cinéma - « The Father », errance dans la mémoire trouble

Dans un grand appartement, un vieil homme tente de se rappeler des fragments de sa vie qui s’effiloche. 


Anthony Hopkins a décroché un Oscar pour son interprétation dans The Father, premier film du Français Florian Zeller. Une distinction plus que méritée. En réalité, si la statuette lui avait échappé, on se serait retrouvé face au plus grand scandale du cinéma de ces 20 dernières années. Car l’inoubliable interprète d’Hannibal Lecter dans Le silence des agneaux marque de bout en bout ce drame sur la vieillesse. 

À Londres de nos jours, Anne (Olivia Colman), rentre en urgence dans l’appartement où vit son père Anthony. Elle lui demande des explications sur ses derniers accrochages avec l’aide-soignante chargée de seconder au quotidien cet homme de 82 ans. Il l’a accusé d’avoir volé sa montre. Elle a prétendu que non. Visiblement la discussion s’est envenimée et Anthony l’aurait menacé physiquement selon Anne qui se retrouve de nouveau seule avec ce père qui n’en fait qu’à sa tête. 

Pour lui, pas de doute, il peut tout à fait se débrouiller seul. Il s’active dans la cuisine, se prépare son thé, écoute de la musique sur sa chaîne stéréo, admire la peinture de sa seconde fille, Lucy, qui elle, à son grand regret, ne donne jamais de nouvelles. 

La bascule du film a lieu quand Anne annonce à son père qu’elle a rencontré quelqu’un et qu’elle a décidé d’aller vivre avec lui… à Paris. Elle ne sera plus présente tous les jours pour s’occuper de lui. Et donc elle va devoir prendre une décision…

Maladie du siècle 

Adapté de sa propre pièce de théâtre, le premier film de Florian Zeller est magistral dans sa forme et sur le fond. Pour faire passer ce tourbillon d’émotions fortes, il s’appuie sur un comédien qui semble totalement s’identifier à son rôle. 

Anthony Hopkins joue avec une sincérité déroutante toutes les facettes de cette maladie du siècle : Alzheimer. Pour lui donner la réplique, Olivia Colman, en quelques regards appuyés par de rares paroles, retranscrit tout le désespoir des enfants de ces malades qui s’ignorent. Car pour eux, ils sont simplement dans leurs mémoires, au pluriel car tout s’emmêle, se duplique et prend des tournures différentes au gré des émotions.

➤ « The father », drame de Florian Zeller avec Anthony Hopkins, Olivia Colman, Mark Gatiss, Imogen Poot, Olivia Williams

De choses et d’autres - Train de nuit, vol de jour

Trop de communication tue la communication. Jean Castex, Premier ministre, en a fait les frais cette semaine. Si son café pris en terrasse avec le président Macron a été moyennement moqué sur les réseaux sociaux pour sa mise en scène, son voyage vers Nice en train de nuit a été la goutte qui a fait déborder le vase rempli de sarcasmes.

Sur le coup, son annonce du départ aux voyageurs a plus fait sourire que grogner. Normal, tout le monde a un jour rêvé de prendre le micro (dans un train ou un supermarché) pour faire une déclaration. Non, le souci est apparu vendredi matin quand des passionnés d’aviation ont révélé qu’un Falcon du gouvernement avait fait le voyage lui aussi vers Nice.

Car une fois arrivé, au petit matin, au bord de la Méditerranée, le Premier ministre n’en a pas profité pour prendre un week-end prolongé au soleil (lundi c’est férié). Il a en fait sauté dans le jet privé et a décollé immédiatement vers le nord.

Beaucoup plus vite qu’avec un train, il a rejoint Valence dans la Drome pour une visite au pas de course. Et en début d’après-midi retour sur le tarmac et cap vers la capitale qu’il a rejoint à 16 heures. Prendre un train de nuit c’est bien, mais revenir en jet privé, c’est très moyen.

Le plus délirant dans cette affaire d’aller-retour train avion, c’est que Jean Castex est attendu aujourd’hui en Cerdagne. Mais cette fois il ne viendra pas en train, un trajet de nuit ça va, deux, bonjour les dégâts. 


mardi 25 mai 2021

De choses et d’autres - Un trésor dans les vignes

En cette période de pandémie, pour voir des œuvres d’art on peut, depuis mercredi, aller dans des musées, mais aussi profiter de quelques opérations en plein air. Comme ce Festival d’art contemporain et de land art, en Champagne, intitulé Vign’Art.

Sur une quinzaine de sites, des artistes proposent des performances à découvrir en pleine campagne. Une des installations a eu beaucoup de succès. L’œuvre intitulée les « Nids de raisin » posée sur les hauteurs de Pierry par l’artiste néerlandaise Marie-Louise J.A. van den Akker a tellement plu que des amateurs ont carrément  subtilisé l’œuvre cette semaine.

L’artiste, selon le site de Vign’art, voulait « attirer l’attention sur le rôle du soleil qui fait mûrir les raisins. Les nids ressemblent à des boîtes de trésor, mais le trésor n’est plus là. » Une phrase prémonitoire, puisqu’effectivement, quelques jours après le vernissage, l’œuvre (ou le trésor) n’est plus là. Envolés les neuf nids de raisin. Pourtant, ils étaient assez volumineux.

Le pire, dans cette histoire, c’est que les voleurs ne sont certainement pas des amateurs d’art. Ils ont simplement constaté que « chaque nid est composé des deux quarts d’un tronc d’arbre, et revêtu d’une feuille de cuivre », comme l’explique l’artiste. Du bois. Parfait pour se chauffer en ce printemps frileux. Du cuivre. Sans doute le métal le plus recherché par les ferrailleurs.

Je serais Nicolas Triboulot, créateur d’« Éloge des dessous » exposé en lisière de forêt à Chavot, je m’inquiéterais pour mes « parallélépipèdes entourés d’un film doré ». Après le cuivre, un peu d’or ?  


lundi 24 mai 2021

De choses et d'autres - Enchères de stars

Le cinéma fait rêver. Les enfants, les adultes, mais aussi les spéculateurs qui profitent de cet engouement pour faire quelques ventes aux enchères peu banales. Ainsi, le chapeau d’Indiana Jones, fait sur mesure pour Harrison Ford, sera mis en vente à Hollywood, le 29 juin. Estimation des experts : entre 150 000 et 250 000 dollars. Un peu cher pour un couvre-chef assez usé, mais le produit de la vente ira à une association caritative.

On pourra, aussi, acquérir un sabre brandi par Tom Cruise dans Le dernier samouraï.

Cette mode des vestiges du cinéma pourrait traverser l’Atlantique. Pourquoi ne pas organiser, sur ce même modèle, la vente d’objets mythiques des grandes comédies françaises. Par exemple, la tour Eiffel en allumettes que Jacques Villeret montre avant Le Dîner de cons. Ou, toujours avec Jacques Villeret, sa combinaison d’astronaute dans La soupe aux choux. Plus récent, à combien pourrait partir le sac banane de Jeff Tuche alias Jean-Paul Rouve ? Ou le kart conduit par Philippe Lacheau dans Babysitting ?

Personnellement, je rêve de posséder une des broches vues dans Star Trek et qui permet, d’un simple clic, de se téléporter loin, très loin, dans la galaxie.

Mais, on ferait encore plus d’argent en étendant le champ des objets mis en vente. Je suis sûr qu’il y a quantité de Marcheurs qui seraient prêts à signer un gros chèque pour acquérir les tasses utilisées par le président Macron, le Premier ministre, Jean Castex, ce mercredi 19 mai, en terrasse, à Paris. Même si, finalement, ce sont aussi des ustensiles de cinéma. 


dimanche 23 mai 2021

De choses et d’autres - La star du moment  

Elle est sur toutes les lèvres, hante tous les esprits, participe aux rêves les plus fous, est associée à ces plaisirs qui se sont raréfiés. C’est la star absolue et indétrônable de ce 19 mai. Vous avez bien évidemment reconnu la terrasse.

Oui, une simple terrasse de bar ou de restaurant qui accapare la moitié de la presse française et les deux-tiers des conversations. Il y a quelques semaines, on a vu sur les réseaux sociaux des images de ces jeunes qui faisaient la fête, buvant, chantant, s’embrassant, sur les terrasses des bars de Tel-Aviv.

Ensuite, les mêmes scènes se sont reproduites, mais sous une pluie froide et drue. Normal, c’était la Grande-Bretagne qui permettait à ses pubs de servir les clients en extérieur.

La terrasse de bistrot ou de restaurant va permettre à tout Français en mal de relation sociale d’avoir un peu l’impression de vivre de nouveau, comme avant. Tout le monde sait parfaitement que cet assouplissement n’est pas sans risque. Il faudra encore et toujours respecter les gestes barrières.

Mais le temps d’un café, le matin, ou d’un verre de rosé, à l’apéro, voire de tout un repas pour ceux qui n’en peuvent plus des boites de conserve, on pourra, enfin, parler avec des gens sans masque. échanger, plaisanter. Tout simplement montrer son sourire. Voir ceux des autres. Car ces masques, s’ils nous protègent, occultent aussi une partie de ce fameux art de vivre à la française, caractérisé par sa convivialité et sa jovialité.

C’est tout cela que l’ouverture des terrasses permet, ce mercredi 19 mai. Profitons-en.  


CINÉMA - Quand une femme se cache derrière une fenêtre


Tiré d’un roman signé A. J. Finn (paru en France aux Presses de la Cité et chez Pocket), le film La femme à la fenêtre est disponible depuis une semaine sur Netflix, plateforme de streaming qui a coproduit le long-métrage réalisé par le britannique Joe Wright

Le thriller, déjà bien angoissant, a donné un rôle en or à Amy Adams  qui endosse la personnalité très perturbée d’Anna Fox. Cette femme, psychiatre pour enfants, vit recluse dans son appartement depuis des mois. Elle ne peut plus sortir hors de ces murs depuis un choc émotionnel. Bourrée de médicaments, buvant sans doute un peu trop de vin, elle reçoit son psy chez elle deux fois par semaine et passe le reste de ses journées à regarder dans la rue. Quand une nouvelle famille s’installe dans l’immeuble en face, les Russell, elle ne peut s’empêcher de les surveiller. Et de se faire des films. Sur le père, la mère et le fils, un jeune adulte qui vient sonner chez elle. Mais quand elle assiste à un crime chez les Russell, elle décide de prévenir la police. 

Un véritable cauchemar va alors commencer pour cette femme à la fenêtre qui doute de plus en plus de sa santé mentale. Car il n’y a pas de cadavre, et la personne qu’elle a cru voir mourir n’est pas celle qu’elle croyait. Le téléspectateur est lui aussi ballotté entre doute et certitude, ne maîtrisant plus la limite entre réalité et fantasme. 

Pour interpréter cette femme au bord de la folie, Amy Adams a puisé dans ses ressources. Une performance incroyable qui aurait largement pu lui permettre de postuler à un prix d’interprétation si le film avait été sélectionné dans des festivals. 

Série télé - Hippocrate, retour gagnant


Après plus de deux ans d’attente, la saison 2 de la série hospitalière française Hippocrate débarque en coffret DVD chez Studiocanal. Une suite très attendue et qui n’a pas déçu les très nombreux fans de la série créée par Thomas Lilti, lui-même médecin en plus d’être cinéaste. 

À la base Hippocrate a pris la forme d’un film avec Vincent Lacoste et Reda Khateb. Puis l’univers s’est enrichi pour devenir une série. Quatre personnages principaux pour raconter le quotidien d’un hôpital. Trois internes Chloé (Louise Bourgoin), Hugo (Zacharie Chasseriaud) et Alyson (Alice Belaïdi) ainsi que d’Arben (Karim Leklou), médecin légiste. Le quatuor revient alors que l’hôpital est en pleine effervescence. Une vague de froid s’abat sur la ville et une canalisation explose provoquant l’inondation du service des urgences dirigé par le docteur Olivier Brun (Bouli Lanners). Ce dernier décide d’investir le service de médecine interne et de réquisitionner les trois internes. 

Un changement radical pour les trois jeunes toubibs. Si Alyson adore, vivant intensément cette course effrénée, Hugo est plus mitigé car cantonné au rôle de médecin chargé du tri à l’arrivée des patients. 

Quant à Chloé, c’est la plus en difficulté. Gravement malade, une main quasiment paralysée, elle ne peut se charger que des petits bobos. Elle sent sa motivation l’abandonner. La vie dans les urgences permet de découvrir d’autres personnages comme Igor (Théo Navarro-Mussy), un jeune urgentiste à peine entrevu dans la saison 1 et qui tente de rassurer les internes. Quant au chef, interprété par un Bouli Lanners d’une incroyable véracité, il tente de maintenir le bateau à flot. Malgré le changement de local, l’absence de lits et de médecins. Une force de la nature, toujours sur la brèche, qui sait être compréhensif mais qui fait peur quand il pique une gueulante. 

C’est tout le malaise de l’hôpital français actuel qui est raconté dans cette seconde saison, avec des hommes et des femmes dévoués, qui font le maximum mais qui ne peuvent pas faire de miracles quand on est obligé de pratiquer la médecine dans des services en « mode dégradé ».