lundi 19 avril 2021

De choses et d’autres - Petite leçon russe de gestion du virus

Même s’il n’inspire pas spécialement la confiance et la bonne humeur, Vladimir Poutine vient de prouver qu’il n’était pas l’homme d’État froid que trop d’Occidentaux imaginent. Il vient de faire cadeau de 10 jours de travail à la totalité des travailleurs de son immense pays. 10 jours pour se la couler douce, en plein printemps, quand la taïga reverdit et qu’il est si agréable de faire la grasse matinée dans sa datcha (résidence secondaire).

Il est comme ça, Vladimir, dur avec certains (Navalny peut vous en parler, s’il avait le droit de communiquer), gentil avec les autres. Du 1er au 10 mai, la Russie va se transformer en un formidable camp où tout le monde sera en vacances. Poutine, apôtre de la décroissance, qui l’eut cru ?

Les sceptiques vont forcément remettre en doute ce beau scénario. Car, dans les faits, c’est une alerte des médecins russes qui a provoqué cette flambée de jours fériés. En rajoutant quelques dates entre les ponts du 1er mai et du 8 mai, on arrive à ces dix jours d’inactivité. Dix jours, où il sera interdit d’aller travailler, de faire les courses et de trop se déplacer.

Dix jours d’un confinement, à la russe, pour tenter de freiner la pandémie qui semble repartir à la hausse, malgré le vaccin Sputnik V.  Ces jours fériés imposés sont, en réalité, le signe que la situation se dégrade à Moscou et partout dans le pays.

Mais ça, Poutine ne le reconnaîtra pas. Il préfère obliger son peuple à ne rien faire, durant dix jours. Rien faire et surtout ne pas protester. 


Roman - Renaissance gasconne

Julien vient de perdre sa maman. Il décide de plaquer son boulot aliénant, vend son appartement en région parisienne et rachète une vieille demeure dans un village de Bigorre. Là, il va renaître, retrouver des sensations (notamment en faisant du vélo, une constante dans l’œuvre de Christian Laborde), vivre tout bonnement. Enfin. Ce court texte de Christian Laborde est comme un rayon de soleil après une journée plombée par les nuages noirs et la pluie. 

Un texte d’espoir, de résilience, pour qu’enfin on se décide à vivre simplement. Partez à la découverte d’Ossun, bourg gascon au charme certain, de Louka, le chien qui choisit son maître et de Deborah, la belle qui va couronner cette belle histoire. On la croise alors qu’elle est en villégiature à Barcelone, « Deborah regarde la mer et laisse le vent faire ce qu’il veut de ses cheveux. Les temps sont durs pour le vent. On l’empêche par divers subterfuges d’accéder aux cheveux des filles. Et l’on prive, ce faisant, les filles des caresses du vent. »

« Bonheur » de Christian Laborde, Cairn, 12 €      

dimanche 18 avril 2021

Cinéma en streaming - "Cosmic Sin", difficile de faire pire…


Un film de SF avec Bruce Willis. On se dit qu’après Le 5e élément il va faire un peu mieux. Perdu ! Cosmic Sin d’Edward Drake, disponible sur Amazon Prime ainsi qu’en VOD, fera sans doute partie des cinq films les moins bien notés de cette année 2021. 

Tout est caricatural dans cette histoire de menace d’invasion extraterrestre. On a l’impression de voir un mauvais film de propagande pour un régime politique dictatorial qui estime que la force est la seule réponse au moindre problème. Quitte à provoquer un génocide. Et on s’étonne en Europe que Trump ait gagné une élection présidentielle ? 

Si les scénaristes de Cosmic Sin accédaient un jour à la Maison blanche, on ne leur donne pas une semaine avant de raser les 2/3 de la planète. 


De choses et d’autres - Comment exproprier les Martiens ?

Alors que Thomas Pesquet vient de rejoindre la station spatiale internationale, sur Mars, le rover Perseverance a transformé du dioxyde de carbone issu de l’atmosphère de la planète rouge en oxygène. Pas beaucoup, mais suffisamment pour permettre à un astronaute de respirer durant quelques minutes.

Sur Mars, les Humains pourront donc bientôt rouler, voler et respirer. Ils sont quasiment prêts pour s’installer et débuter la terraformation de la planète. Tout amateur de science-fiction sait ce qu’est la terraformation. On modifie à ce point le climat et l’atmosphère que la vie, comme sur Terre, devient possible. Ensuite il ne reste plus qu’à entreprendre une demande d’expropriation des Martiens.

Mais comment s’y prendre ? Les Humains, surtout ceux qui œuvrent dans le droit, aiment tout prévoir. Il suffit donc de se plonger dans le premier numéro de la Revue de droit insolite dont le dossier a pour titre « Espace et droit » pour tout savoir du droit des extraterrestres et connaître la réponse à cette question essentielle : « Terraformer Mars est-il licite ? »

Pour rendre le droit amusant, des petits rigolos parlent sérieusement de choses juridiques très futiles. Comme cette très théorique colonisation de Mars mais aussi quid de l’attribution du chien en cas de divorce ou, toujours dans le dossier espace ce parallèle étonnant : « La lune militarisée et les excréments d’astronautes ». Un titre qui ressemble plus à un délire sous ecstasy qu’à une étude juridique sérieuse.


samedi 17 avril 2021

De choses et d’autres - Du bon exemple pour aider à la vaccination

Selon le Canard Enchaîné, pour redorer le blason du vaccin AstraZeneca, le gouvernement serait en train de contacter les grandes chaînes de télévision pour que des stars donnent l’exemple.

Rien de bien nouveau sous le soleil, les USA ont beaucoup usé de cette méthode pour montrer combien cette vaccination est partagée par tous et essentielle au pays. L’information devient plus cocasse quand le Canard affirme que le Premier ministre, Jean Castex, a soufflé un nom aux organisateurs : « Il faudrait que Sheila se fasse vacciner ».

L’indiscrétion a provoqué immédiatement un tsunami de réactions amusées. En premier lieu par la découverte qu’un Premier ministre pense en priorité à Sheila quand on évoque des célébrités. Et sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à se moquer de cet homme politique qui donne, chaque jour, un peu plus l’impression qu’il est bloqué dans les années 60.  

Certes, Sheila a plus de 55 ans, mais est-elle la plus pertinente pour donner envie aux Français de se vacciner avec de l’AstraZeneca ?
Pourquoi ne pas penser plutôt à Isabelle Adjani, Mylène Farmer, Mathilda May, Pascal Obispo ou Bruno Solo ? Toutes et tous ont plus de 55 ans et seraient, sans doute, un excellent exemple pour la tranche d’âge la plus réticente à la vaccination. Encore faut-il les convaincre… 


Série télé - Tahar Rahim est le Serpent sur Netflix


Alain Gautier règne sur le Bangkok interlope des années 70. Ce Français, officiellement négociant en pierres précieuses, cache bien son jeu. Derrière une façade enjouée,  c’est un escroc d’un rare machiavélisme. Toujours en vie (aux dernières nouvelles il croupit en prison au Népal), son parcours est au centre de cette série britannique en six épisodes diffusée avec succès par Netflix depuis le début du mois. Ce Gautier si charismatique se nomme en réalité Charles Sobhraj. 

Interprété par Tahar Rahim, l’escroc, comme un serpent en Inde, charme ses proies avant de leur donner le coup de grâce. Au cœur de ces années 70 où le phénomène hippie est à son apogée, le Serpent repère ces jeunes idéalistes, souvent les poches pleines des dollars de papa et maman. Avec sa compagne du moment, Marie-Andrée (Jenna Coleman), une Québécoise très sophistiquée, il les invite dans son appartement, situé dans une résidence luxueuse. 

Les soirées se passent dans un premier temps au bord de la piscine. Ensuite dans la chambre d’ami où le Serpent parvient à les droguer puis a les dévaliser. Il charge alors son complice Indien de se débarrasser des corps. Sans oublier de récupérer les passeports pour se fabriquer de nouvelles identités. 

Le diplomate tenace

Quand les parents d’un jeune couple néerlandais s’inquiètent auprès de l’ambassade de leur disparition, un jeune diplomate, Hernan Knippenberg (Billy Howle) promet de les retrouver. Hernan se transforme en enquêteur et va se lancer aux trousses de Charles-Alain/le Serpent. La série se concentre sur ce face-à-face. Si les sauts dans le temps sont parfois déroutants, l’ensemble est finalement très addictif. 

Dans ce Bangkok reconstitué, on suit la performance d’acteur majeure d’un Tahar Rahim qui s’impose par son éclectisme. L’acteur français, révélé dans Le Prophète de Jacques Audiard, est en passe de se forger une belle réputation dans le monde anglo-saxon avec cette série et sa performance dans Désigné coupable de Kevin Macdonald avec Jodie Foster, normalement au cinéma début juin.  

vendredi 16 avril 2021

Cinéma en streaming - Sauvages et très étranges ces "garçons" filmés par Bertrand Mandico


Dans ce monde où la culture prémâchée et bien-pensante s’octroie de plus en plus de place, il existe encore quelques îlots de liberté où l’originalité et l’anticonformisme ont encore droit de cité. Arte en est l’exemple parfait. Sur sa plateforme, arte.tv, vous avez jusqu’au 13 juillet pour voir « Les garçons sauvages » de Bertrand Mandico.  

Ce film en noir et blanc, avec quelques passages oniriques (ou cauchemardesques) en couleur, montre comment cinq adolescents de bonne famille, après un jeu qui a mal tourné, sont confiés à un capitaine au long cours chargé de les mater. Après une traversée mouvementée sur un petit voilier, les cinq têtes brûlées arrivent sur une île tropicale moite et inquiétante. Ils vont être confrontés à une étonnante flore, troncs d’arbres aux excroissances phalliques pour se désaltérer, fruits à foison et plantes accueillantes.

 Entre Jules Verne et « Ile du Dr Moreau », ce film inclassable, tourné à la Réunion, entraîne public et interprètes (toutes des comédiennes…) dans un voyage initiatique sans limite. 

De choses et d’autres - Souvenirs d’une gauche victorieuse

Dans moins d’un mois, cela fera 40 ans que la gauche remportait pour la première fois l’élection présidentielle sous la Ve République. Le 10 mai 1981, François Mitterrand battait Valéry Giscard d’Estaing.

Pour se souvenir de cette soirée électorale pluvieuse, véritable bascule dans la vie politique française, France Info va rediffuser, le lundi 10 mai, la soirée électorale diffusée sur Antenne 2 et Europe1 à l’époque.

Sans vouloir faire l’ancien combattant, je me souviens parfaitement de ce 10 mai 1981. Avec mes camarades étudiants à l’école de journalisme de Bordeaux, nous avions mis en place, sous la supervision des professeurs, une simili soirée électorale en interne. Rapidement, le clan des « gauchistes » (auquel j’adhérais par logique de classe, un fils d’ouvrier agricole ne pouvant pas être de droite) a cessé tout travail pour aller faire la fête, toute la nuit, place de la Victoire, alors que celui des « Giscardiens », restait pro jusqu’au bout.

40 ans plus tard, cette victoire glorieuse de la gauche semble comme un bug dans l’histoire du pays. La France penche de plus en plus à droite. Et le président Macron, élu avec beaucoup de voix, venues de cette gauche résignée, après les défaites de Lionel Jospin, marche sur les plates-bandes sécuritaires de sa principale concurrente.

Certes, le Mitterrand de 1988 n’était pas le même que celui du 10 mai 1981, mais il ne s’était pas renié à ce point.

Par chance, je ne serai plus là pour voir les 40 ans de mai 2022. Chance, car je redoute de plus en plus cette échéance électorale de tous les dangers pour la démocratie. 


jeudi 15 avril 2021

De choses et d’autres - La nouvelle drague au travail

Les derniers chiffres montrent que 14 % des couples se sont rencontrés au travail. Un autre sondage pour le site de rencontres en ligne Badoo, publié cette semaine, met en relief aussi ce chiffre de 14 %. Mais rien de romantique, cette fois, puisque 14 % des utilisateurs de cette application de rencontres avouent l’avoir utilisée au cours d’une réunion de travail.

Avant, on flirtait avec le ou la collègue à la machine à café ou autour d’une table en partageant la projection d’un Power Point, pourtant peu aphrodisiaque. Aujourd’hui, on ne regarde même pas la personne assise en face de soi, on reste les yeux rivés sur le smartphone, à tenter de trouver la femme de sa vie. Ou plus probablement, le coup d’un soir.

Ce sondage montre aussi que 12 % des sondés utilisent Badoo, à côté de leur compagne ou compagnon. S’ils l’avaient rencontré au boulot, en fait, ils peuvent tout cumuler : coup de foudre au travail, puis drague en douce au bureau et en sa présence…

Les patrons, en lisant ce sondage, vont, sans doute, interdire les smartphones durant ces séances de travail. Sauf, si l’employé sexy réussit à faire craquer la cadre supérieure de la boîte concurrente et parvient à lui soutirer quelques secrets d’entreprise sur l’oreiller. En fait, pour justifier l’utilisation d’une application de rencontres en ligne, en pleine réunion de travail, il suffit d’expliquer à son boss qu’on est en train d’espionner la concurrence.

À moins que cela ne soit l’inverse. Car, s’il y a bien quelque chose qui est partagé, par 100 % des utilisateurs de ce type de programme, c’est le mensonge. 


DVD et blu-ray - Les aventures de Poly par Nicolas Vanier

Sept ans après Belle et Sébastien, Nicolas Vanier a revisité l’autre succès télévisuel phénoménal des années 60, né de l’imagination de Cécile Aubry. Entièrement tourné dans la vallée de la Cèze, dans la Provence gardoise, en particulier au village de Monclus, Poly (M6 vidéo) s’adresse aux enfants prioritairement, mais leurs parents prendront aussi du plaisir devant cette édifiante histoire d’amitié entre une gamine et un poney, qui glisse vers le film d’aventures nostalgique et sauvage.

Cécile, 10 ans, déménage dans le sud de la France avec sa mère, Louise. L’intégration avec les autres enfants du village n’est pas facile. Lorsqu’un cirque de passage s’installe à côté, Cécile découvre que Poly le poney vedette est maltraité. Elle décide de le protéger et d’organiser son évasion ! Poursuivis par l’inquiétant directeur du cirque, Cécile et Poly s’embarquent dans une cavale pleine de rebondissements.