dimanche 3 septembre 2017

Livre de poche - Des amours pour la vie et la mort

Mon premier maquille les gens de jour comme de nuit jusqu’au paradis et s’appelle Ambroise. Mon deuxième est la malicieuse Beth, grand-mère du premier. Mon troisième est une jolie auxiliaire de vie prénommée Manelle, dont mon quatrième, le vieux Samuel, est le patient favori (mais ne le dites surtout pas à Ghislaine, elle risquerait de se fâcher). Mon tout est une histoire d’amour, un hymne à la vie. Roman choral de Jean-Paul Didierlaurent.

➤ « Le reste de leur vie », Folio, 7,20 €

À l’automne 1963, deux inconnus grimpent la petite route en lacets qui mène au village de Sarrola, en Corse. Romain Gary, le héros de la résistance et de la littérature, épouse Jean Seberg, la star de la Nouvelle Vague, loin des paparazzis. De cette cérémonie secrète, il ne reste que deux photographies en noir et blanc, encore auréolées d’un parfum de secret et de maquis. Ariane Chemin, grand reporter au Monde, raconte ces noces.

➤ « Mariage en douce », Points, 6,20 €

C’est décidé, la jeune et innocente Betty va épouser à Hong Kong le juge Feathers. Orpheline dans les camps japonais, jeune fille non conformiste recrutée pour casser les codes à Bletchley Park pendant la Seconde Guerre mondiale, Betty a ses passions secrètes, et sa vie avec le juge Filth ne sera pas épargnée par de grands tourments. Humour très british, excentricité, finesse psychologique… avec ce 2e volume des Orphelins du Raj, Jane Gardam continue de régaler ses lecteurs.

➤ « Le choix de Betty », Le Livre de Poche, 7,60 €

jeudi 31 août 2017

Cinéma - « Patti Cake$», ronde et rugueuse


Avoir un esprit artistique et créatif n’est parfois pas suffisant. Dans notre société moderne glorifiant l’apparence, une intelligence supérieure sans une enveloppe corporelle « normale » a toutes les chances de passer à côté de sa vie.

Patricia Dombrowski (Danielle Macdonald) est une jeune américaine comme tant d’autres. Pleine de rêves de gloire. Comme sa mère dans sa jeunesse qui espérait percer dans la chanson. Mais Patricia, « Patti Cake$» pour les amis, a pour ambition de faire carrière dans le rap. Une drôle d’idée pour une Blanche, en surpoids qui plus est. Mais elle s’accroche, vit en permanence avec des rimes dans la tête, de ces répliques cinglantes qui clouent au pilori tous les moqueurs et empêcheurs de rêver en paix.

Sa vie sociale est assez limitée. Une mère, Barb, seule, alcoolique et toujours prête à se jeter dans les bras du premier cow-boy venu, propriétaire d’un petit salon de coiffure et chanteuse de karaoké des fins de soirées trop arrosées. Une grand-mère, Nana, handicapée clouée dans une chaise roulante, grande fumeuse et toujours partante pour faire les 400 coups avec sa fille.
Enfin il y a Jheri, son meilleur ami, le seul qui croit en son talent. Lui aussi fait de la musique et rêve de disques vendus à des millions d’exemplaires. En rencontrant Basterd, un SDF vivant dans une cabane au fond des bois, mais très outillé en matériel d’enregistrement, ils vont atteindre un premier graal : enregistrer quelques titres sur une maquette et tenter de trouver un producteur.

■ Personnage entier
Le film de Geremy Jasper a parfois des airs de film d’initiation. Il y a la Patti du dé- but, talentueuse mais trop accro aux stars du rap, incapable de trouver sa voie personnelle. Puis la Patti qui redescend sur terre, qui veut tout abandonner, persuadée qu’elle n’est qu’une usurpatrice. La troisième partie du film, lumineuse, permet de laisser le spectateur sur une bonne note, regonflé par ces airs et paroles (judicieusement traduites) d’une fille ronde en apparence mais rugueuse quand elle le veut et qui ne se laisse pas facilement abattre.
Ce genre de film, pour être convaincant, doit s’appuyer sur une distribution irréprochable. En repérant Danielle Macdonald, le réalisateur a tiré le gros lot. Deux années de préparation pour cette actrice australienne qui ne connaissait rien au rap et encore moins à l’accent typique du New Jersey où se déroule l’action. Sa présence, énorme, donne une pêche et une sensualité débordante à un personnage entier que l’on ne peut qu’aimer et apprécier.

➤ « Patti Cake$» drame de Geremy Jasper (USA, 1 h 48) avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay

De choses et d'autres - L’arche de Noé nouvelle version

Étonnant parfois comme l’information se focalise sur un thème précis. Hier, en consultant sites d’informations, fil de l’Agence France Presse et réseaux sociaux, plusieurs histoires d’animaux m’ont interpellé.

A Houston, la montée des eaux après les pluies diluviennes de la tempête Harvey a réveillé la crainte des... alligators. Alors que des milliers et des milliers de naufragés campent dans des gymnases, cette menace est prise au sérieux. Imaginez un instant : vous récupérez votre maison et, surprise ! un alligator squatte votre salon.

Autre star du moment, l’hippopotame Jumbo (comme son nom ne l’indique pas). Propriété d’un cirque isérois, des associations de défense des animaux ont porté l’affaire devant les tribunaux car la piscine du mastodonte ne serait pas assez spacieuse. J’imagine la tête du juge du tribunal administratif obligé de se rencarder en plein été sur les conditions de vie des hippopotames avant de rendre une décision irréprochable. Qui a penché en faveur du cirque : il pourra continuer à exhiber Jumbo comme c’était le cas il y a peu à Narbonne et Gruissan.

Nouvelle affaire de maltraitance d’animaux, plus généraliste cette fois. Hier trois militantes de l’association « One Voice » ont réalisé un happening devant l’agence d’Air France pour convaincre la compagnie de ne plus transporter en soute des macaques destinés aux laboratoires. Deux grimées en singes, la troisième le corps peint aux couleurs du tigre, symbole de l’association. Une sacrée tigresse en l’occurrence.

J’ai gardé le « meilleur » pour la fin, le titre d’ouverture en une du journal belge « La nouvelle Gazette » de Charleroi d’hier : « Le chat de Marc a été violé. Il est mort ». Je n’ai pas le détail de l’histoire. Pas sûr que j’en meure d’envie. 

mercredi 30 août 2017

Cinéma - La grosse déprime du "petit paysan"


La maladie frappe souvent à l’aveugle. Pour les humains mais aussi chez les animaux. Pierre (Swann Arlaud), la trentaine, a repris la ferme de ses parents qui vivent toujours sur place. Célibataire, il consacre tout son temps à son troupeau de vaches laitières. Quand il entend à la télévision que certains animaux en Belgique sont atteints d’une mystérieuse fièvre hémorragique (maladie aussi mystérieuse que la vache folle à ses débuts), il redoute le pire. Alors au moindre signe inquiétant, il appelle son vétérinaire pour être rassuré. Pascale (Sara Giraudeau) joue alors un double rôle. Elle rassure l’éleveur sur la santé de ses vaches et s’enquiert de sa propre santé, de son équilibre, les amours, la solitude car elle reste avant tout sa petite sœur.


Le film, qui s’ouvre par une scène de cauchemar, raconte dans un premier temps cette vie simple, près de la nature, si exigeante aussi. Mais la passion et l’osmose forte entre Pierre et son troupeau font qu’il se sent très à l’aise. Jusqu’au jour où une de ses bêtes se met à saigner du dos. Le premier signe de la fameuse maladie. Le monde de Pierre s’écroule, toute sa vie bascule. Fils de paysan (des éleveurs de vaches laitières), Hubert Charuel a directement puisé dans ses souvenirs pour écrire ce film, son premier.
Dans les années 90, quand des dizaines et des dizaines de troupeaux contaminés par la maladie de la vache folle étaient abattus en prévention, ses parents vivaient dans une tension permanente. Il raconte que sa mère, toujours en activité, lui a confié «Si ça arrive chez nous, je me suicide. » Le suicide dans le monde paysan. Cela aurait pu être le sujet particulièrement d’actualité ces dernières années de ce film.

■ Réalisme
Mais Hubert Charuel est un indécrottable optimiste. Son héros, face à la maladie, ne veut pas baisser les bras. Il tente dans une sorte de pied de nez au destin de cacher la maladie de la vache. Il l’isole du troupeau, persuadé qu’il n’y aura pas de contagion. Inéluctablement, la vache meurt. Il fait disparaître la carcasse (les paysans solitaires sont pleins de ressources) et déclare simplement à la gendarmerie, comme c’est obligatoire, que sa vache s’est échappée. A la mort d’une seconde bête, il va jusqu’à voler un animal chez un voisin qui a totalement robotisé son exploitation.
Finalement ce sera sa sœur qui va réussir à lui faire entendre raison. La fin a des airs de documentaires. Comme certaines scènes pas simulées comme l’auscultation du cul d’une vache par Sara Giraudeau ou le vêlage délicat mené de main de maître par Swann Arlaud. Un film dans le concret, le réel, le difficile. Car l’agriculture traverse une grave crise. La seule solution pour s’en sortir reste la force morale des hommes et femmes qui la façonnent depuis des siècles. S’il est une « morale » à retenir de ce long-métrage qui a remporté la semaine dernière le grand prix au festival du film francophone d’Angoulême, c’est bien celle-là. 
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Petite entreprise et histoire familiales

Comment, quand on est fils de paysan, devient-on réalisateur de cinéma ? Facile. Il suffit d’avoir des parents cools et un réel talent. Hubert Charuel a donc réussi le concours de la Femis (école nationale du cinéma, section production) avec la bénédiction de ses parents et a utilisé une partie de sa propre histoire pour ce premier film d’une forte humanité. Comme pour définitivement tirer un trait sur ce futur auquel il semblait promis comme trop de fils de paysan. Il a fait un autre choix.
Une histoire familiale qu’il assume et revendique. Pour preuve, quand il cherche un décor pour le film, il va naturellement dans la ferme de ses parents. Même si la salle de traite est très exiguë, au point de faire cauchemarder le directeur de photographie et encore plus le cameraman. De même c’est avec une sorte d’évidence qu’il a demandé à ses parents de jouer dans le film. Son père dans le rôle du père de Pierre, sa mère endosse le costume strict d’une contrôleuse de qualité. Le plus cocasse étant le grand-père, interprétant un vieux voisin qui semble un peu zinzin bien qu’il comprenne tout ce qui se passe dans l’exploitation de Pierre.
Pour interpréter ce dernier, Swann Arlaud a fait plusieurs séjours d’immersion dans des exploitations en activité. Il a découvert un monde inconnu mais a tiré son épingle du jeu, les éleveurs formateurs regrettant même son départ tant, en quelques jours, il était devenu efficace et travailleur. Conséquence, il a remporté le prix du meilleur acteur au festival du film d’Angoulême
➤ « Petit Paysan », drame de Hubert Charuel (France, 1 h 30) avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners.

De choses et d'autres - La valse des micros

Grosse rentrée à la radio hier matin. Traditionnellement, les antennes généralistes inaugurent leur nouvelle grille un peu avant la télévision. Hier matin, le grand mercato, a sans doute déboussolé certains auditeurs. Logique, plusieurs têtes d’affiche ont changé de crémerie.

Ainsi à 7 heures, les auditeurs d’Europe 1 ont peut-être eu un doute sur la fréquence écoutée en entendant Patrick Cohen lancer la session d’info. La voix emblématique de France Inter est passée à la concurrence. De l’autre côté, sur le service public (qui affiche beaucoup moins sa différence depuis que des publicités commerciales polluent l’antenne), c’est un saut dans le temps que l’auditeur pas au courant des changements a cru faire. En effet Nicolas Demorand, le meneur de la matinale de 2006 à 2010 était de retour dans son fauteuil, comme si de rien n’était, après un passage à Libération et au « Téléphone sonne », ancêtre de l’interactivité radiophonique et qui depuis hier soir a pour standardiste en chef Fabienne Sintes, ancienne matinalière de France Info remplacée par Bruce Toussaint, qui a lui beaucoup officié sur Europe 1.

De quoi s’y perdre d’autant que certains journalistes moins connus ont aussi changé de maison. Raphaëlle Duchemin, remplaçante officielle de Jean-Jacques Bourdin cet été sur RMC, était hier à la tête du 5-7 h d’Europe 1. Philippe Vandel, de France Info se retrouve à Europe 1. En lieu et place de Jean-Marc Morandini pour parler médias. Par chance, l’inverse n’est pas vrai. D’ailleurs on n’a pas trop de nouvelles du fameux Morandini. Visiblement la radio qui lui a permis de survivre quand il était tombé en disgrâce de TF1 n’est plus sa priorité. Il devrait (en principe, avec JMM mieux vaux utiliser le conditionnel) être à l’antenne de CNews dès ce lundi de 11 h à midi.

De choses et d'autres - Adopte un chien et... un journaliste

Ça bouge à l’Élysée. Le président Macron, en mal de popularité, change les lignes de force de sa communication. Après l’interview de son épouse dans le magazine Elle (qui au passage a explosé ses ventes), le voilà qui respecte une vieille tradition de la Ve République. Dès son retour de vacances, il a fait un petit détour par un refuge de la SPA (Société protectrice des animaux) pour adopter un chien. Depuis lundi, on ne voit que Nemo dans les couloirs de l’Élysée, son nouveau foyer. Ce labrador noir âgé d’un an ou deux, a osé une première apparition subreptice lors du séminaire gouvernemental. Le 28 août, il a accompagné le locataire de l’Élysée sur le perron du palais présidentiel pour accueillir le président du Niger. Jeune, élancé et fougueux, Nemo est à l’image de son nouveau maître. Hors compétition avec le Sumo de Jacques Chirac, il pourrait être, qui sait, le fils caché de la Philae de François Hollande. Et ainsi étouffer dans l’œuf les velléités de récupération de notoriété du jeune élu.

Autre « adoption », moins consensuelle, annoncée hier : Bruno Roger-Petit, ancien journaliste trublion bien connu du microcosme parisien, vient d’être nommé porte-parole de la Présidence. Jeune présentateur du journal télévisé d’Antenne 2 dans les années 90, BRP avait fait scandale en jetant derrière lui les feuillets de son conducteur comme s’il avait conscience de l’inanité des infos distillées ce soir-là.

Autre fait d’arme, il a longtemps animé le blog de François Mitterrand en 2007. Une façon détournée de tirer à boulets rouges sur un parti socialiste déjà en proie au doute. Il a ensuite écumé les plateaux des chaînes d’info dans le rôle du polémiste de gauche, nostalgique du Mitterrandisme. Le voilà désormais en première ligne. Espérons qu’il aime les chiens. 

mardi 29 août 2017

Rentrée littéraire - Le détective privé 2.0 de Clément Bénech

Qui est véritablement Dragan, l’ancien petit ami d’Aurora ? Cette question, le narrateur, un étudiant en géographie ressemblant fortement à l’auteur Clé- ment Bénech, va tenter d’y répondre endossant le temps d’un été à New York les habits de détective privé. Mais un privé de notre époque, habile en informatique et expert en réseaux sociaux. La filature sera essentiellement virtuelle. Un bien étrange roman que voilà, parsemé de photos, d’articles ou de conversations piochées sur le net, comme pour donner une réalité encore plus tangible à cette histoire de secrets et de mensonges.

 Aurora, jeune Française récemment installée aux USA, vient de rompre avec son amant, Dragan. Ce critique en art contemporain, de 20 ans son aîné, l’a rencontré via l’application Tinder. Ils se sont aimés, mais Aurora a découvert que Dragan, de ténébreux est devenu mystérieux, voire inquiétant. Comme s’il cachait un passé inavouable. D’autant que chacun de ses articles est immédiatement commenté par un certain Cap Charlie le traitant d’«Asasin », mot roumain dont il est aisé de comprendre la signification.

Le narrateur va donc passer quelques semaines à New York et chercher à percer le mystère Dragan. Un roman très actuel, car en plus des recherches numériques sur le suspect, l’auteur raconte comment ce dernier a lui aussi en son temps utilisé toutes les ressources des nouvelles technologies pour retrouver et séduire Aurora. Repérée sur Tinder donc, puis retrouvée sur Facebook puis Instagram, il passe de longues heures à rêver sur les photos publiées par la jeune française, imaginant ce que pourrait être leur vie à deux: «Aurora avait un côté cynique et antimoderne qui ne déplaisait pas à Dragan. Ils auraient sûrement des choses à se dire, allongés sur le lit, après l’amour, ils maudiraient l’esprit du temps... Que ce serait bon ! Il s’y voyait déjà. »

Roman moderne sur la paranoïa et le doute, « Un amour d’espion » déroute car tout en donnant nombre d’indications sur la bonne façon de « matcher » sur Tinder, il est aussi une bonne description du milieu des critiques d’art américains.

➤ « Un amour d’espion » de Clément Bénech, Flammarion, 19 €

lundi 28 août 2017

BD - Soldat religieux


Les guerres de religion ont longtemps déchiré les régions de France. Gilbert Bouchard, en racontant la vie du duc de Lesdiguières fait un large tour d’horizon du conflit entre catholiques et protestants. Dans ce Dauphiné cher au cœur de l’auteur, Lesdiguières se laisse convaincre par la Réforme. Et comme c’est un fier guerrier, il prend la tête de troupes pour faire triompher sa foi et au passage massacre quantité de catholiques. Il ira de victoire en victoire, amassant une fortune et devenant de plus en plus puissant. Mais le vent tourne. Henri IV se convertit et Lesdiguières, par amour, en fera de même. Il reprend les armes, mais pour l’autre camp. Nouvelles victimes, par milliers. Une BD historique très documentée, dans un style académique et d’une grande clarté.

➤ « Ce diable de Lesdiguières », Glénat, 11,50 € 


De choses et d'autres - Ne lisez pas ce message

La société Fireworld s’est spécialisée dans la vente de logiciels qui, introduits dans les ordinateurs de tierces personnes deviennent de parfaits espions. Interdits en France, on peut quand même les acheter. Il suffit de ne pas se faire prendre...

Pour élargir la clientèle des acheteurs de son logiciel, la société a poussé le bouchon un peu trop loin, s’attirant une volée de bois vert de la part des associations LGBT. Une page d’explications, bourrée de clichés, est destinée aux parents soucieux de « savoir si leur fils est gay ». Avant de vanter leur «espion», Fireworld donne quelques pistes, toutes plus caricaturales les unes que les autres. Du genre, votre fils est gay s’il préfère « la lecture, la culture, le théâtre » au football et autres sports collectifs ou encore s’il se passionne pour « les chanteuses divas ». Attention aussi s’il a « une hygiène de vie irréprochable ». C’est bien connu, le gay sent le propre, l’hétéro pue sous les aisselles. Mais rien ne vaut bien évidemment le fameux logiciel qui vous avertit si le « suspect » va zieuter des sites réellement spécialisés.

Accusée d’homophobie, la société s’est excusée rapidement avec un argument pour le moins étonnant: « Ces deux articles avaient pour seul but d’améliorer le référencement internet sur les moteurs de recherche (SEO), et n’étaient pas destinés à être lus par des humains. » Tiens donc, il existe une autre espèce intelligente sur terre qui peut lire des messages sur internet et qui n’est pas humaine ? Et qui écrit ces messages uniquement destinés aux intelligences artificielles ? Des humains ou d’autres robots ? Enfin, existe-t-il des SEO gays ? Une question qui aurait certainement passionné Philip K. Dick, l’auteur du roman « Les robots rêvent-ils de moutons électriques ? » dont une nouvelle version ciné sort prochainement sous le titre de « Blade Runner ». 

dimanche 27 août 2017

BD - La crème des tueuses de vampires


Des récits complets composants la collection « Doggy Bags », ceux racontant les aventures de Heart Breaker ont donné envie aux auteurs de lancer un hors-série dédié à cette chasseuse de vampires. Des vampires supérieurs du clan des Sépulkres. Sadiques, violents, dominateurs, ils règnent sur le monde grâce à l’argent qu’ils ont amassé au cours des siècles. Des trois récits on retiendra surtout le premier, signé Hasteda et Sourya. Un affrontement dantesque contre des tueurs au service du Vatican avec pour enjeu la relique contenant du sang du Christ. Le reste est moins concluant, dessin déstabilisant de Chariospirale et histoire un peu légère de Céline Tran (anciennement connue sous le nom de Katsuni et qui a servi de modèle pour la plastique de l’héroïne). Le tout reste un excellent divertissement de série B pour amateurs de gore et de jolies filles.

➤ « Heart Breaker », Ankama, 13,90 €