
Vous en avez avalé toute la journée d'hier à la radio puis à la télévision, et ce matin dans les pages "Société" de l'Indépendant. Pour une fois, je suis bien content d'être placé en dernière page du journal pour vous causer une ultime fois de Kim Kardashian et de son magot. La "star" américaine s'est donc fait braquer en pleine nuit à Paris. Envolés les bijoux. On ne devrait pas en rire, mais pour une fois qu'il arrive quelque chose de non scénarisé à l'avance à cette experte en médiatisation, elle devrait être contente. Toute la popularité de la famille Kardashian tient à cette propension à interpréter des rôles, supposés réels, mais qui en vérité sont des compositions. Un petit talent d'actrice pour Kim, quelques implants, des poses osées et des robes carrément indécentes suffisent à la transformer en bête de foire planétaire. Avec ses 84 millions d'abonnés à Instagram, 48 à Twitter et 29 à Facebook, elle s'est transformée en gondole publicitaire. Elle monnaye son image avec une rare efficacité. Ce qui a peut-être tenté les voleurs. Quelle idée de poser si fièrement avec sa bague de 4 millions au doigt ? Une fois sur place, les braqueurs ne se sont pas demandés longtemps ce qu'ils devaient emporter.
Ils ont également dérobé deux téléphones portables à la pauvre Kim. J'imagine tous les trésors enfermés dans les entrailles numériques des appareils. Selfies, numéros privés, conversations enregistrées, petites vidéos... Certes, on pourrait apparenter leur avidité à du recel, mais les rédactions des journaux people du monde entier sont déjà sur les dents.
Qui oserait aujourd'hui donner pour titre à son premier roman "Tueurs de flics" ? Ce livre subversif de Frédéric H. Fajardie, devenu introuvable, est enfin réédité avec deux autres titres de cet écrivain qui a bouleversé le roman noir français. Les romans de Frédéric H. Fajardie, toujours passionnés et pleins d'empathie pour les laissés-pour-compte, ont résisté à l'usure du temps.
"Tueurs de flics", la Petite Vermillon, 7,10 €
Kirth Gersen pourchasse les Princes-Démons, cinq grands criminels. Inoubliable voyage aux multiples rebondissements, La Geste des Princes-Démons est un space opera flamboyant, devenu un grand classique de la science-fiction. À l'occasion du centenaire de la naissance de Jack Vance, les cinq tomes de La Geste des Princes-Démons réunis pour la première fois en un volume.
« La Geste des princes démons », Le Livre de Poche, 19,90 €
Le meilleur de la science-fiction. "Période d'essai" est un recueil qui regroupe vingt-sept nouvelles d'Isaac Asimov publiées au début de sa carrière. Les longs commentaires de l'auteur qui accompagnent ces textes apportent un éclairage inédit sur la genèse d'un génie de la science-fiction et sur l'âge d'or du genre. Du père Noël dans l'espace au chat en quatre dimensions, bon voyage.
"Période d'essai", Folio SF, 11 €
Journée noire ce samedi. Dès 9 h 30 je reçois un email me signalant une énorme faute dans la chronique du jour parue à cette même place. Marcel, lecteur narbonnais, me faisait remarquer sans méchanceté que le sourire de Michelle Obama qualifié d'"effraction" était peut-être une coquille.
Non, pas de coquille en l'occurrence, une grosse erreur sur certains mots de la langue française que je confonds et intervertis depuis mon plus jeune âge. Entre effraction et infraction, la différence est minime, mais suffisante pour changer la signification d'une phrase. Seconde fois que des lecteurs me reprennent après un "agonir d'injures" devenu sous ma plume un dramatique "agoniser d'injures". Bref, pour quelqu'un qui se targue parfois de donner des leçons, je ferais mieux de retourner à l'école.
Pourquoi ces erreurs ? J'ai beaucoup réfléchi ce week-end à ces lacunes récurrentes. J'en arrive à la conclusion qu'elles résultent, au choix, de mon passé de gaucher contrarié, d'une dyslexie ignorée voire d'un autisme type Asperger non diagnostiqué (vous pouvez aussi penser que je suis atteint de ces trois dysfonctionnement (même si le dernier n'en est pas un) et m'accabler (mince, j'écris de plus en plus comme Philippe Jaenada en multipliant les parenthèses dans les parenthèses (Jaenada qui n'est pas mal dans son genre puisqu'il a passé une année enfermé dans son appartement sans sortir une seule fois) (que ceux qui suivent me disent à quel endroit il convient de refermer la parenthèse… Moi, je suis complètement perdu)))).

Une certaine France du passé, un peu rétrograde, est racontée dans "Filles des oiseaux", nouvel épisode des souvenirs de Florence Cestac. La dessinatrice, longtemps restée dans l'ombre à œuvrer pour les éditions Futuropolis, ose depuis quelques années la BD à la première personne. Son "Démon de Midi" a conquis des milliers de femmes. Place maintenant à la jeune, très jeune Florence Cestac. Normande, fille de paysans, son adolescence n'est pas de tout repos. Elle ne supporte plus les disputes de ses parents. Elle demande alors à être pensionnaire. Bingo ! Elle intègre le pensionnat des Oiseaux, tenu par des religieuses pour les jeunes filles de la grande bourgeoisie. Florence va découvrir un autre monde, plus rigide, mais aussi libre. Notamment quand elle devient la meilleure amie de Marie-Colombe, révolutionnaire avant l'heure. C'est la fin des années 60, mais le mois de mai n'a pas encore tout fait exploser. Ce sera le thème du prochain volume qui s'annonce encore plus subversif. Un regard fin et amusé sur la découverte de la vie et de la liberté par une adolescente.
"Filles des oiseaux", Dargaud, 13,99 euros
Mais que devient Laurence Parisot depuis qu'elle n'est plus patronne des patrons ? Elle a quitté les radars médiatiques mais reste au centre de cet album de récits complets signés Isa. La dessinatrice, habituée des pages de Fluide Glacial, raconte les soucis de la pauvre dirigeante mise sur la touche par les dirigeants ringards du CAC 40 au profit d'un fils à papa peu charismatique. Des fils à papa il y en a beaucoup d'ailleurs, d'Arnaud Lagardère aux Dassault. Ces derniers en prennent pour leur grade dans quelques histoires qui sont certainement plus proches de la réalité quand on constate que Le Drian vient de signer avec l'Inde l'achat de 36 avions Rafale. Alors ne vous privez pas de rigoler car jamais les actionnaires ne toucheront de dividendes sur les rires.
"Terreur sur le CAC 40", Fluide Glacial, 12 euros

Les Français sont réputés râleurs. En plus, ils tirent la gueule, du moins sur leurs papiers d'identité. Hier un tribunal a donné tort à un plaignant qui sollicitait l'autorisation de sourire sur la photo de son passeport. Depuis quelques années, l'administration refuse tout visage qui n'affiche pas une neutralité absolue. Interdiction de froncer les sourcils à la bad boy, ni d'arborer un quelconque chouchou dans les cheveux. Pas question non plus de sourire. Les juges sont clairs « l'exigence d'une expression neutre du sujet exclut par elle-même toute expression particulière, telle qu'un sourire ».T'es Français ? T'es triste et sinistre. Comment en est-on arrivé en 2016 à considérer que sourire est hors la loi ? Car in fine, c'est ce qui ressort de ces directives. La dernière fois que j'ai dû fournir des photos d'identité, j'ai consciencieusement tenté d'enlever toute trace de jovialité de mon visage. Résultat je fais la tronche. Et franchement, étant plutôt gai de nature, si l'on compare ma carte d'identité avec mon visage de tous les jours, le gouffre est énorme. En vrai, j'ai l'air normal (du moins je l'espère). Sur mes papiers, je ressemble à un repris de justice tueur sur la défensive. Effacer les sourires, c'est comme transformer toute la population en suspect potentiel. Et ailleurs, comment font-ils ? Si les USA pratiquent la même politique que la France, Michelle Obama est en infraction. Son passeport a été divulgué cette semaine sur le net par des hackers : elle sourit tellement que c'en est communicatif. Mais franchement, il n'y a pas photo en comparaison avec les mines sinistres de mes compatriotes.
Troisième et ultime volet des aventures de Maggy Garrisson. Une première saison, selon la terminologie devenue à la mode. Imaginée par Lewis Trondheim et dessinée par Stéphane Oiry, Maggy est une jeune Anglaise un peu boulotte, persuadée qu'elle ferait une excellente détective privée. Notamment pour aller dans les pubs boire des bières afin d'obtenir des informations. C'est comme ça qu'elle rencontre son boyfriend, un homme de main de la pègre locale. Début des embrouilles aussi avec la police et quelques-uns de ses éléments les plus corrompus. Le ton de la BD est unique, très cérébral, mais avec aussi son lot d'action (accident de voiture, bagarre dans une cuisine...). Cela ferait un excellent roman noir. C'est déjà une remarquable BD.
"Maggy Garrisson" (tome 3), Dupuis, 14,50 euros
Donc, nous habitons en Occitanie. Le Journal Officiel a publié le décret hier. Exit le Languedoc ou le Roussillon. Recalé le Pays Catalan. Ce sera Occitanie tout court. Car dans le décret, la mention « Pyrénées Méditerranée » ne figure nulle part alors qu'elle est rajoutée dans tous les documents publiés par l'institution régionale depuis cet été. Preuve qu'il y a une marge dans cette officialisation. Car ce que réclament les Catalans n'est pas l'abandon d'Occitanie mais le rajout de Pays Catalan.
Pourquoi ne pas imaginer alors une région à géographie variable ? A nom variable plus exactement. Avec la possibilité de le décliner en fonction de la localisation. Ainsi, à Perpignan, la région signerait « Occitanie Pays Catalan ». Cette solution permettrait également aux autres entités géographiques de continuer d'exister. Car le Pays Catalan n'est pas le seul à vouloir préserver son histoire à préserver. D'« Occitanie Rouergue » à « Occitanie Bigorre » en passant par « Occitanie Camargue » la démultiplication des points d'intérêts donnerait plus de sens à cette immense entité géographique, un peu abstraite et sans grande notoriété, avouons-le.
Mais il faut le faire rapidement. Avez-vous remarqué comme à la météo les présentateurs ne disent plus « Nord » mais « Hauts de France » ? D'ici trois ans, plus personne ne saura situer la Picardie sur une carte de France. Alors si le Pays Catalan veut exister, en plus de panneaux à l'entrée des villages, je lancerais une action de lobbying auprès d'Evelyne Dhéliat, Louis Bodin (venu récemment au Soler) ou Nathalie Rihouet.
Coffret Bridget Jones
La semaine prochaine sort le troisième volet des aventures romantiques de Bridget Jones. Celle où elle attend un bébé... Histoire de vous replonger dans ce monde si féminin, profitez de la sortie du coffret des deux premiers films adaptés des romans d'Helen Fielding. Vendus à des millions d'exemplaires, ces romans typiques d'un certain humour british ont un peu perdu dans leur adaptation sur grand écran. Mais on retrouve l'esprit si torturé de la jolie Bridget, parfaitement incarnée par Renée Zellweger, pourtant Texane jusqu'au bout des ongles. Ses jolies courbes enchanteront les hommes et les spectatrices ne seront pas en reste avec Hugh Grant et Colin Firth au casting. Une femme, deux hommes : classique triangle amoureux, basé sur les histoires de Jane Austen, avec l'humour en plus.
"Coffret Bridget Jones", Studiocanal
The Nice Guys
Sorti au moment du festival de Cannes, "The Nice Guys" avec son casting original (Ryan Gosling et Russell Crow) a dérouté nombre de cinéphiles. Normal, cette comédie policière est avant tout une… comédie. Les deux stars ne se prennent pas au sérieux et en font des tonnes dans leurs personnages respectifs. Une révélation pour Ryan Gosling, irrésistiblement comique dans ses apparitions. La scène quand il découvre un cadavre est digne du panthéon des expressions tellement surjouées qu'elles en deviennent œuvres d'art. Un De Funès en puissance. À regarder sans a priori et surtout sans la moindre envie de réflexion philosophique. Juste pour se marrer !
"The Nice Guys", EuropaCorp
Scandale aux USA. Une journaliste, musulmane et voilée, pose dans Playboy. Réaction immédiate du magazine en ligne « The Muslim Vibe » : « Playboy est synonyme de pornographie ». Racontée comme ça, l'histoire semble croustillante.
En réalité il n'y a là rien de sensationnel. Bien au contraire. Première erreur, Noor Tagouri, journaliste freelance d'origine libyenne qui présente ses reportages à la télévision la chevelure recouverte d'un hijab, ne pose pas dans Playboy. Elle y est simplement interviewée sur son difficile combat pour s'affirmer en tant que journaliste musulmane aux USA. Sur les photos illustrant l'article, elle ne dévoile pas un seul bout de peau en dehors de son visage et ses mains.
De toute manière, depuis plus d'un an, Playboy a entamé sa grande révolution culturelle. Terminées les playmates aux courbes généreuses et appâts largement dévoilés. La nouvelle formule n'offre même plus un téton aux lecteurs. Devenu un news magazine comme les autres, il a rajeuni son lectorat et vu ses ventes remonter. Pourtant, depuis la parution du magazine, la page Facebook de la jeune journaliste est inondée de messages désobligeants. L'image sulfureuse du Playboy ancienne formule risque de perdurer encore longtemps.
Il est vrai qu'à une époque, ces magazines faisaient le « buzz » sans l'aide d'internet. Souvenez-vous des photos dénudées de quelques célébrités de la fin du XXe siècle comme Stone (la chanteuse), Jane Birkin, Dani ou Sophie Favier. Sans oublier Pierrette Le Pen (épouse de J.-M.), la soubrette la plus improbable des magazines de charme.