jeudi 13 juin 2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : écran noir en Grèce

Totalement incroyable l'événement de mardi soir en Grèce. Quelques heures après l'annonce par le gouvernement de la fermeture des télévisions publiques, les trois chaînes et la vingtaine de radios ont cessé d'émettre. Écran noir.  
Pour bien comprendre le choc, il suffit de se mettre dans le contexte français. Imaginez, mardi à 20 h 10, vous avez regardé l'épisode 2252 de « Plus belle la vie » sur France 3. Hier soir vous espériez enfin découvrir le sort de Margaux et si Fournier se remettra des rumeurs sur internet. Perdu. Terminées les aventures marseillaises. « Plus moche la vie » résume un des abonnés de Twitter qui s'est amusé à rebaptiser les émissions de la télé française à la mode grecque. De « Qui veut gagner des centimes ? » à « Les grosses dettes » en passant par « Taratatarama » (mon préféré, de loin...), les amateurs de bons mots s'en sont donné à cœur joie. 
Plus de télévision publique en France : drame dans les maisons de retraite. Les aides-soignantes sont à cran : les pensionnaires craquent les uns après les autres. Déjà privés de Derrick,  ni Motus, ni Des chiffres et des lettres ne confortent leur sieste vespérale... Les autorités redoutent une vague de suicides en fin de semaine. A quoi bon vivre sans Michel Drucker le dimanche ?
A l'opposé, les chaînes privées se frottent les mains. TF1 cesse de diffuser la saison 7 de Secret Story... et reprogramme la première. La facture est moins salée et de toute manière plus personne ne se souvient des candidats de 2006 !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant

BD - Des frites chinoises dans "Le sourire de Mao" de Cornette et Constant


La Belgique est restée pendant près de deux ans sans gouvernement. Une crise politique qui a failli provoquer la séparation en deux de ce petit pays européen. Jean-Luc Cornette, scénariste et Belge, a imaginé ce que serait devenue la partie francophone du Plat Pays si la scission avait bien eu lieu. Un récit de politique fiction dessiné par Michel Constant. Dans un futur proche, le président-capitaine Francis Delcominette règne en maître absolu sur la République démocratique de Wallonie. 
La capitale, installée à Namur, va bientôt accueillir un musée gigantesque dont le première pièce maîtresse sera la momie de Mao Tsé-Toung. Un musée qui sera construit par les prisonniers politiques, de plus en plus nombreux dans ce confetti d'Europe. Le récit nous donne une vision particulièrement pessimiste d'un état policier à travers les yeux de Ludmilla, une scout élevée dans le culte du chef et Antoine, jeune en révolte n'en pouvant plus de la propagande gouvernementale. 
Dans une société devenue totalement parano, tous vont s'espionner et tenter de faire triompher leur point de vue.

« Le sourire de Mao », Futuropolis, 16 €

mercredi 12 juin 2013

Billet - Votre smartphone contre le racisme

Qui aurait imaginé il y a cinq ans que nos smartphones deviendraient des outils contre le racisme ? Hier la Licra (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) a présenté officiellement une application gratuite pour Apple et Androïd destinée à signaler toute dérive raciste.  L’app’Licra sert notamment à repérer ces tags insultants, hélas de plus en plus nombreux sur les murs.
Grâce à la fonction géolocalisation, vous avez la possibilité de signaler au plus vite l'inscription. Il suffit de prendre en photo le graffiti et d'envoyer le cliché à une adresse spécifique. Ainsi « elle sera traitée en un temps record par la plateforme juridique de la Licra en collaboration avec les services municipaux des villes concernées. » Une simple photo a l'effet d'un coup de pinceau pour effacer l'injure.
Autre utilité, donner des indications aux témoins d'agression ou de discrimination de nature xénophobe. La Licra explique dans le mode d'emploi que « les premières minutes sont essentielles pour agir. L’application guide les témoins pas à pas quant aux démarches à accomplir. » 
Présentée hier, à travers un film promotionnel réalisé par Sophia Aram et une dizaine de personnalités engagées dans ce combat, elle est disponible sur le site effaconsleracisme.org. Un conseil, partagez-la sans modération. Certes, la nouvelle appli n'arrêtera pas la bêtise des racistes (pour la contrer l'éducation à la tolérance reste l'arme infaillible) mais elle permettra au moins de limiter leur nuisance. 


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

Billet - Se comparer à Liliane Bettencourt

Rien de tel qu'un bon comparateur pour vous plomber la journée. Prenez par exemple le « Convertisseur de revenus en unités Liliane Bettencourt ». Il sert à démontrer le peu de conséquence d'une taxe à 75 %. Edifiant.
Première opération, vous indiquez votre salaire annuel. Si l'on part sur un chiffre médian de 25 000 euros, le comparateur vous fait très vite comprendre que vous gagnez pipi de chat. Vous avez pitié de Liliane et demandez au début de calculer sans l'imposition à 75 %. Vous découvrez alors qu'elle gagne votre salaire annuel en 47 minutes.
Dans l'autre sens, pour atteindre son revenu annuel il vous faudra trimer 11 200 ans.
Vous vous dites alors que quelques impôts réduiront ces écarts. 75 % semblent beaucoup, mais une fois taxée à ce seuil considéré comme confiscatoire, Liliane Bettencourt met à peine trois heures pour engranger autant que vous en un an. L'épargne est une solution pour devenir plus riche. Mais pour atteindre sa fortune, vous auriez dû mettre tout votre salaire de côté depuis l'an 737 988 avant J-C, soit à l'époque de la découverte du feu.
J'ai effectué quelques règles de trois et si Liliane écrivait cette chronique, vu le temps passé, elle serait payée 30 000 euros l'unité. Il ne me reste plus qu'à cartonner à l'Euromillions ce soir (115 millions en jeu). J'ai tenté de savoir si l'écart se réduit et inscrit ce chiffre dans mes revenus annuels. Le comparateur, très sceptique, me répond : « Liliane, tu n'as pas le droit de jouer ! »

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

BD - Deux aviateurs amoureux dans le Vent des Cimes


Inspirée par l'expérience du pilote Henri Guillaumet qui s'écrasa dans les Andes dans les années 30, ce roman graphique écrit par Perrissin et dessiné par Buche vous fera vibrer. Jack Rouault est un des meilleurs éléments de l'Aéropostale. Il amène les sacs de courrier de Santiago à Buenos Aires. 
En pleine tempête, il se crache dans un paysage de désolation glacée. Jack était attendu par sa fiancée, Rachel. Ancienne aviatrice, enceinte, elle va reprendre les airs pour se lancer à la recherche de son amour. Un romantisme assumé par les auteurs, qui n'en font cependant pas trop.

« Le vent des cimes », Glénat, 25,50 euros

mardi 11 juin 2013

BD - Margaux Motin, mère moderne

La BD aussi a ses stars. Des filles qui n'ont rien à envier à Madonna ou Lady Gaga. Pénélope Bagieu a ouvert la brèche, Margaux Motin a surenchérit. Dessinatrice adepte de l'autofiction, Margaux Motin a d'abord conquis ses lecteurs sur son blog. Puis dans les magazines féminins. Aujourd'hui elle se retrouve en tête des ventes avec un gros recueil intitulé « La tectonique des plaques ». Elle y raconte sa vie de femme abandonnée, d'amoureuse, de mère un peu fofolle. Des scènes plus ou moins longues, parfois hilarantes, mais avec une bonne dose de bons gros sentiments, notamment quand intervient sa fille, adorable Poupette fascinée par une maman qui de fait rien comme les autres.

« La tectonique des plaques », Delcourt Tapas, 22,95 euros

lundi 10 juin 2013

Billet - Snapchat, Path, Social Number : les nouveaux réseaux sociaux

La nouvelle mode sur internet, notamment chez les jeunes, consiste à tester les nouveaux réseaux sociaux, rejetons de Facebook et Twitter. Ces deux mastodontes souffrent de plus en plus de leur gigantisme.
Côté photo, Snapchat décroche la palme du succès. Cette application pour smartphone permet d'envoyer des photos à  tous ses amis. Différence conséquente : la durée de vie de la photo. Elle « n'existe » que d'une à dix secondes une fois réceptionnée. Un peu comme les messages de Mission impossible, elle s'autodétruit une fois visionnée. L'idée géniale vient de trois étudiants de Stanford. Ils la transforment en application dans le cadre de leur mémoire de fin d'études. Brevet déposé, start-up lancée : l'entreprise pèse aujourd'hui plus de 60 millions de dollars.
Le succès de Snapchat chez les jeunes tient du domaine de la transgression de l'interdit. Grimaçants ou dénudés, filles et garçons osent envoyer le cliché, aucun risque qu'il ne se balade sur le net. Toutes les audaces sont permises avec Snatchat. Et si par malheur un de vos correspondants parvient à faire une capture écran, vous l'apprenez dans la seconde. 
L'autre réseau en pleine expansion s'appelle Path. Très comparable à Facebook, vous ne pourrez cependant jamais y dépasser les 150 « amis »... Avant d'accepter une demande (ou d'en envoyer une) réfléchissez bien.
A l'inverse, Social Number permet le summum de l'anonymat. Chaque profil se réduit à un numéro et la liberté de parole est totale ! Dérives en vue ?

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant

BD - Les jolis souvenirs d'Ardalèn de Miguelanxo Prado


Une méduse flottant dans une cuisine, des baleines surgissant de l'orée de la forêt, une fée et son coquillage, un naufragé... Miguelanxo Prado a vu très grand dans son dernier roman graphique. Plus de 250 pages en couleurs directes, fourmillant de détails et d'invention. Un long poème sur les souvenirs et la transmission.
Sabela, une jeune femme en plein doute privé et professionnel, se rend dans un petit village de Galice. Elle cherche des traces de son grand-père, disparu dans les années 30. Il aurait rejoint Cuba. Seule piste, Fidel, surnommé le Naufragé. Lui aussi est passé par Cuba. Aujourd'hui c'est un vieil homme seul avec ses fantômes. Sabela et Fidel vont s'apprivoiser, se comprendre, s'aider.
Beau et émouvant.

« Ardalén », Casterman, 24 euros

dimanche 9 juin 2013

BD - Epuration expéditive dans les mystères de la IVe République


Trois séries distinctes, un seul scénariste et un thème : les mystères de la république. Philippe Richelle (Les coulisses du Pouvoir, Secrets bancaires...) se lance dans ce projet sous-titré « Liberté, impunité, criminalité ». IIIe, IVe et Ve république passent au scanner du scénariste spécialiste en affaires troubles. Des ligues d'extrême-droite aux événements d'Algérie en passant par l'épuration d'après-guerre, il lève le voile sur des pratiques cachées d'un Etat trop souvent au-dessus de ses propres lois. 
Dans « Les résistants de septembre », dessiné par Buscaglia, le commissaire Coste, à Marseille, enquête sur la découverte d'un charnier dans une petite commune rurale du Lubéron. Plusieurs corps, appartenant à des résistants ou des collaborateurs, mélangés dans la mort. Coste, malgré les pressions de ses supérieurs, va tenter de comprendre comment des hommes et des femmes ont pu être massacrés, et par qui. Passionnant, très bien documenté et rapide, les seconds tomes des trois séries paraîtront en septembre.

« Les mystères de la République », Glénat, 13,90 €

samedi 8 juin 2013

BD - "Cutting Edge", l'avant-garde


Les meilleurs. Une compagnie financière aux moyens illimités décide de recruter les meilleurs éléments de différents spécialités pour leur confier des missions à haut risque.
Le premier tome de cette série écrite par Francesco Dimitri et dessinée par Mario Alberti débute par la présentation des membres du Cutting Edge. Il y a un mathématicien japonais, un playboy américain, une riche héritière italienne, une jeune photographe animalière et Mark, expert en psychologie sociale.
Cinq jeunes intrépides et complémentaires. Ils s'attendent à recevoir une mission à la hauteur de leur ambition. Perdu. Leviathan, leur nouvel employeur, les charge de retrouver un vieux jazzman disparu de la circulation. De Barcelone à la côte italienne ils vont remonter la piste et localiser le musicien. Il passe toutes ses nuits à tenter de composer la chanson d'amour parfaite.
Mais pourquoi Leviathan veut-il le retrouver ? Pour quel véritable motif ? Une contre enquête, très dangereuse, va sceller l'union du groupe.

« Cutting Edge » (tome 1), Delcourt, 13,95 €