mercredi 5 septembre 2018

« Shéhérazade » : amours de minots


LE FILM DE LA SEMAINE. Jeunes à la dérive dans Marseille.


Zachary et Shéhérazade sont mineurs. 17 et 16 ans. Ils vivent à Marseille et comme beaucoup de jeunes partout dans le monde, ils tombent amoureux. L’histoire aurait pu s’arrêter là, voire combler 38 épisodes de « Plus belle la vie ». Mais leur vie, à eux, n’a rien de belle. Au contraire. Zachary (Dylan Robert) sort de prison. Il croise Shéhérazade (Kenza Foretas) sur le trottoir du quartier de la Rotonde.

Le trottoir, son lieu de travail. Encore gamine, en rupture totale, elle se prostitue et cohabite dans une simple chambre miteuse avec un trans, lui-même « travailleur du sexe ». Les premiers échanges entre le deux Roméo et Juliette sont pourtant houleux. Il ne voit en elle que la « pute ». Elle profite d’un moment d’inattention pour lui dérober un savon de résine de cannabis.

■ Cinéma vérité  
C’est après qu’ils vont se trouver des points communs (enfance en foyer, déscolarisation, parents démissionnaires...). Et l’envie de s’en sortir avec leurs armes. Le sexe pour Shéhérazade, la violence pour Zachary. Film âpre, presque documentaire, « Shéhérazade », première réalisation de Jean-Bernard Marlin est à ranger dans la catégorie des films naturalistes. Le réalisateur s’est immergé dans le milieu de la nuit de Marseille avant d’écrire son histoire.

Et ses acteurs sont tous des amateurs, ayant parfois vécu en partie les errements de leurs personnages. Un cinéma-vérité, parfois brouillon, toujours juste et émouvant. Avec de réels moments de bravoure ou de grâce. Pas un film anodin, si loin des clichés divulgués par la téléréalité ou les chaînes d’info en continu. 

➤ « Shéhérazade », drame de Jean-Bernard Marlin (France, 1 h 49) avec Dylan Robert, Kenza Fortas, Idir Azougli

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