mercredi 5 mai 2021

De choses et d'autres - C’est où le Sud ?

Les analystes politiques ont fait leur semaine avec les soubresauts, errances, trahisons et ralliements des élus de droite face aux alliances dans la région PACA. Dernière péripétie en date, Christian Estrosi, maire de Nice, quitte Les Républicains. Mais, il y aura fort à parier qu’il soutiendra, quand même, Renaud Muselier, qui a conservé le soutien de ce parti, tout en passant un accord avec La République En Marche qui finalement relance la candidature de Sophie Cluzel.

Tous les étudiants à Sciences-Po devraient aller faire un stage en PACA, pour tâter de la complexité de cette politique qui rend parfois fou.

Mais, le véritable enseignement de ce quasi-drame familial, c’est de constater combien le changement de nom de région n’est pas encore passé dans les mœurs. Si les différents élus en cause n’oublient jamais de parler de la région Sud, les observateurs de tout le reste de la France continuent de parler de cette fameuse région PACA pour Provence Alpes Côte d’Azur.

Pourtant, la fusion des régions n’avait pas touché PACA. Pourquoi décider de changer de nom ? Pour nous, passer sous bannière Occitanie était obligatoire puisqu’on était la fusion de deux régions défuntes. Et, dans l’ensemble, l’Occitanie a réussi son examen de passage médiatique. Même si plus personne ne rajoute en suivant les pourtant très officiels « Pyrénées Méditerranée », à part les élus… de la Région.

Par contre, le Sud, de Marseille à Nice, reste et restera, j’en ai bien peur, définitivement la région PACA, symbole d’une certaine idée de la politique, pas forcément la plus authentique et désintéressée.


mardi 4 mai 2021

Aude et Pyrénées-Orientales - Paroles de restaurateurs en temps de crise sanitaire

Lui-même ancien restaurateur, Marc Binet a rencontré de nombreux restaurateurs de la région pour entendre leur ressenti au cours de la crise sanitaire. Alors que l’ouverture des restaurants se profile, retour sur 12 mois d’une crise dans un copieux livre de plus de 400 pages.

La restauration est certainement le secteur économique qui a le plus souffert de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. Des mois de fermeture souvent difficiles à comprendre pour des professionnels passionnés.

Marc Binet, ancien restaurateur (il a exercé à Chamonix et au Grau du Roi), devenu conseil dans cette branche qu’il connaît parfaitement, s’est lancé dans la rédaction d’un copieux ouvrage racontant «Les restaurateurs et leurs collaborateurs à l’épreuve de la crise». Il a voulu donner la parole à ces hommes et femmes, contraints à l’inactivité. Au total, il aura recueilli les témoignages de plus de 20 professionnels, beaucoup originaires de la région, comme les chefs étoilés Gilles Goujon ou Pascal Borell du Fanal, Pierre-Louis Marin de l'Auberge du Cellier à Montner ou Louis Privat, créateurs des Grands Buffets de Narbonne

"L'angoisse domine dans la profession" 

«Les sentiments des restaurateurs sont assez différents, reconnaît Marc Binet, mais tout le monde a d’abord ressenti de la frustration. On leur interdit de faire leur métier du jour au lendemain. Beaucoup ont ressenti incompréhension et colère. Aujourd’hui, l’angoisse domine encore dans le milieu car cette crise a un impact terrifiant sur le personnel d’un secteur qui emploie un million de personnes.» 

Entre les témoignages, Marc Binet a abordé tous les aspects de la crise, des conséquences sur les fournisseurs au boum de la vente à emporter. Cette grande crise aura des répercussions durables car selon des estimations, «de 100 000 à 130 000 personnes ont décidé de quitter le métier.» 
Pourtant, Marc Binet est encore confiant dans l’avenir. Pour lui, «il y a de l’espoir car ce sont des gens solides. Les "vrais", ceux qui s’investissent avec passion et qui savent gérer leur entreprise, devraient s’en sortir.» D’autant que le fameux bout du tunnel est en vue. Le gouvernement a décidé de la réouverture des établissements, uniquement en terrasse, à partir du 19 mai. Même si nombre d'établissements ont déjà fait le choix de passer cette étape, attendant l'autorisation de recevoir la clientèle en salle à partir du 9 juin. 


Pour ceux qui seront au rendez-vous, Marc Binet pense qu'il y aura un même engouement du public, comme lors de la fin du premier confinement. Il est moins certain de la durée de cette embellie car on ne sait pas exactement quel sera l'état des finances des consommateurs.

Autre crainte du spécialiste du secteur de la restauration, les défaillances qui mécaniquement vont déprécier le marché. Et quand les aides seront terminées, il faudra rembourser les PGE (prêts garantis par l'état). Certains risquent de chercher à faire des économies en rognant sur la qualité ce qui forcément déteindra sur tous les restaurants, même les plus vertueux.  

"Les restaurateurs et leurs collaborateurs à l'épreuve de la crise" de Marc Binet, éditions du Puits Fleuri, 24 €.

lundi 3 mai 2021

De choses et d'autres - Matilda, une fillette de sept ans fait revivre la légende d'Excalibur

Tout amateur de légende celte connaît l’histoire d’Excalibur, l’épée qui a donné le pouvoir au roi Arthur. Popularisée en France grâce à la série humoristique Kaamelott, la légende d’Excalibur vient de connaître un rebondissement pour le moins original.

La semaine dernière, une petite fille âgée de 7 ans et prénommée Matilda a retrouvé l’épée royale exactement là où le récit l’avait laissée. Arthur, mortellement blessé, décide de faire jeter l’épée dans un lac enchanté. Une main, celle de la Dame du Lac, sort de l’eau pour attraper l’arme magique. Depuis, Excalibur a disparu de la circulation. Jusqu’à cette promenade au bord du lac décidée par la famille de Matilda.

Malgré le froid, elle veut aller se tremper les pieds dans l’eau. S’éloigne un peu du bord et remarque un objet déposé sur le fond. Et là, comme dans un nouvel épisode de la légende arthurienne, elle plonge la main dans l’eau et en ressort avec une immense épée de 4 pieds, soit un peu plus de 1 m 20.

En mai 2021, Excalibur a refait surface !

Mais le père de Matilda est le premier à afficher son scepticisme et croit qu’il ne s’agit que d’un accessoire de cinéma.

Si cette histoire pouvait être vraie, on aurait enfin une nouvelle héritière digne du trône d’Angleterre. Une fillette de 7 ans qui prend la place d’une mamie de 95 ans, voilà ce qu’il faut au Royaume-Uni pour réveiller ce pays endormi. 

 

De choses et d’autres - Vacances presque gratuites

Durant cette longue, très longue crise sanitaire, nombre de jeunes sont montés au créneau pour protester : on leur a volé plus d’une année de leur vie (et parmi les meilleures) juste pour protéger les plus vieux. Pourtant, ces jeunes si prompts à crier à l’injustice ont quantité d’avantages que les plus de 25 ou 30 ans n’ont pas.

Par exemple, savez-vous que tous les Français âgés de 18 à 25 ans ont droit à une allocation pour partir en vacances. 200 euros versés (sous condition de ressources quand même), uniquement pour aller se la couler douce à ne rien faire.

Nommé « Départ 18:25 », ce programme est une initiative de l’Agence nationale pour les chèques vacances. 200 euros pour payer le trajet, l’hébergement ou les extras, en France et à l’étranger. Et au cinéma, pourquoi ils ont droit à un tarif réduit automatique ? ça frise la discrimination. Autre avantage réservé aux plus jeunes, les réductions en train. La SNCF a annoncé hier mettre en vente cinq millions de billets pas chers (39 euros). Et vraiment pas chers pour les moins de 12 ans puisqu’ils ne paieront que 8 euros quel que soit le trajet.

Moi, qui ne peut pas encore prétendre à une carte Vermeil, je dois débourser au minimum 200 euros pour un aller-retour  Perpignan-Paris.

Je passe enfin sur les vacances scolaires rallongées de ces deux dernières années…

 Et ils osent encore se plaindre les petits jeunes ?  Alors que franchement, parfois je les envie. 

 

dimanche 2 mai 2021

Roman - Retour au pays déprimant

Arnaud le Guilcher donne une nouvelle chance à son personnage de dépressif chronique lancé dans le grand bain de la fiction dans ses deux premiers romans. Mais il ne va « Toujours pas mieux » (titre du roman) malgré le bel héritage qui se profile devant son existence d’alcoolique névrosé. 

Vivant en Californie depuis une dizaine d’années, il revient en France pour prendre possession d’une fromagerie dans les Alpes. Mais le cadeau est empoisonné. La société va mal, c’est le dernier legs de son grand-père, nazi et psychopathe et en plus sa femme vient de le larguer et de disparaître avec la petite dernière. 

Délicieusement cynique, avec des envolées à la San-Antonio, ce roman décalé est un parfait antidépresseur. 

➤ « Toujours pas mieux » d’Arnaud le Guilcher, Robert-Laffont, 19 €

De choses et d’autres - Comment parler vrai aux jeunes ? 

Bien qu’élu majoritairement par des plus de 60 ans, Emmanuel Macron est le plus jeune président de la République jamais en poste en France. L’ensemble des commentateurs de la vie politique française ont totalement oublié cette nouveauté : le président est plus jeune (parfois beaucoup plus jeune) que ceux qui sont supposés analyser ses faits et gestes. Comment des « experts » depuis un demi siècle peuvent comprendre le logiciel d’un président plus jeune que leurs petits-enfants.

Logique donc que la participation du jeune Manu au jeu de McFly et Carlito, au mieux, leur passe au-dessus de la tête, au pire, les énerve car ils n’y comprennent rien. Qu’ils se rassurent, bon nombre de Français aussi sont hermétiques à ces émissions, mélange de fausse irrévérence et de placements produits plus ou moins déguisés.

La seule chose qui compte dans ces productions audiovisuelles, c’est le nombre de vues et de like. Exactement comme un soir d’élection : tout ce qu’il faut c’est avoir des voix, beaucoup de voix, plus que l’adversaire pour l’emporter à la fin du décompte. Ainsi, faire des promesses que l’on sait pertinemment qu’on ne pourra jamais tenir n’est pas plus honteux que de faire semblant d’avoir de l’humour et de la répartie alors que tout est écrit, scénarisé et codifié au millimètre près.

Comme dans la téléréalité, rien n’est authentique dans ces émissions. La preuve : les animateurs se sont senti obligés de préciser que « tout est vrai, tout est spontané ».

Certains jeunes le croiront peut-être, d’autres, espérons-le, seront un peu plus critiques. 

 

Cinéma en streaming - The Soul


Il est beaucoup question d’ARN messager dans ce film taïwanais.
Une technique qui est désormais connue de tous les Français qui chantent les louanges des vaccins nouvelle génération. Dans The Soul, film inédit diffusé sur Netflix, le patron d’une société pharmaceutique d’avant-garde est assassiné dans sa villa luxueuse. Deux suspects : son fils et sa nouvelle femme. Un flic, taciturne et souffrant d’un cancer, va tenter de comprendre l’enchaînement des événements de cette nuit tragique. 

Un thriller très sombre, entre science et fantastique, qui risque de donner du grain à moudre aux complotistes de toute sorte. Car visiblement, on peut faire des trucs pas très catholiques avec ce fameux ARN.

CINÉMA. Un équipage perdu dans le désert spatial

L’espace est de nouveau à la mode. Le départ de Thomas Pesquet pour l’ISS la semaine dernière correspondait à la sortie sur Netflix du film Le passager N°4 réalisé par Joe Penna. Le problème c’est que la réalité semble plus spectaculaire que la fiction dans ce cas précis. De cette intrigue, aussi vide que l’espace entourant la fusée à destination de Mars, on ne retiendra qu’une bonne idée qui renforce le huis clos. 

Quand les membres de l’équipage communiquent avec la terre, on n’entend jamais ce que disent les techniciens restés sur place. On devine simplement qu’ils n’ont pas de solution au problème du moment. Le film débute par le décollage du module. Il va vers Mars. Un voyage de deux ans pour les trois occupants : la pilote (Toni Colette) et deux scientifiques (Anna Kendrick et Daniel Dae Kim). Mais au bout d’une journée de vol, ils découvrent un technicien blessé dans un module servant à produire l’oxygène. Non seulement ils se retrouvent à quatre dans un espace exigu mais en plus le fameux oxygène se met à manquer. 

Les savants font leur calcul. La réserve n’est plus suffisante pour rejoindre Mars. Les trois quarts du film sont donc des prises de tête pour savoir qui sacrifier, comment trouver de l’oxygène et si le jeu en vaut la chandelle. 

Au final ce 4e passager est beaucoup moins regardable que le double (Alien, le 8e passager), sorti en 1979.

Série télé - Dans les ténèbres du Fold avec la "Saga Grisha"


Le succès de Game of Thrones fait des envieux. Ils sont nombreux les producteurs qui ont tenté de trouver l’histoire qui serait aussi captivante que la guerre des familles pour le trône de fer. Netflix a peut-être trouvé la perle rare avec l’adaptation de la Saga Grisha, récit de fantasy pour adolescents paru chez Milan en France. Le monde de Grisha est sorti de l’imagination de Leigh Bardugo, autrice d’une première trilogie et d’autres romans évoluant dans le même univers. C’est sans doute cette richesse d’intrigues et de personnages qui a séduit les décideurs de Netflix. 

Après quelques mois de retard en raison de la pandémie (le tournage était terminé avant, mais les effets spéciaux ont subi le contrecoup des différents confinements), Netflix a lancé la semaine dernière les huit épisodes de la première saison de Shadow and Bones : la Saga Grisha. Depuis des siècles, le royaume de la Ravka est plongé dans les ténèbres. Exactement le pays est coupé en deux par une zone où un brouillard empêche la lumière de passer. Le Fold où des créatures monstrueuses attaquent les imprudents qui osent y pénétrer. Alina (Jessie Mei Li) est cartographe pour l’armée. Elle s’est engagée pour suivre son ami d’enfance, Mal (Archie Renaux). 

Lors d’une traversée du Fold, Alina découvre qu’elle est une Grisha, une sorcière magicienne, pouvant convoquer la lumière. Une Grisha si puissante qu’elle aurait le potentiel de faire disparaître le Fold. Alina va se retrouver au centre d’intérêts divergents, ballottée, manipulée, abandonnée et malmenée. Mal sera toujours présent pour la protéger, mais ce simple mortel sera-t-il assez fort pour contrer les magiciens qui veulent eux récupérer les monstres du Fold pour en faire une armée ?

La série, dense et parfaitement interprétée, essentiellement par de jeunes comédiens britanniques, se dévore d’une traite. On apprécie aussi l’intrigue annexe de la bande des Crows, les kidnappeurs d’Alina dont le pistolero très dilettante interprété par Kit Young. Satisfaction supplémentaire : la saison 1 a une véritable fin. Mais elle laisse des ouvertures pour une possible suite dont la production pourrait être lancée dans peu de temps.

Série télé - Administration rigolote


Le succès de « The Office » a donné des idées à Greg Daniels, l’adaptateur américain de cette série anglaise. Sur le même principe (les épisodes sont présentés comme des reportages sur le quotidien d’employés ou de fonctionnaires), « Parks & Recreation » raconte le travail de l’administration d’une petite ville des USA. 

Exactement les élus et fonctionnaires chargés des parcs et espaces verts. Le personnage central est Leslie Knope (Amy Poelher), ambitieuse conseillère municipale qui espère que le reportage lui permettra de progresser et gagner des voix. 

Pourtant, on apprend très vite que sa nomination n’est pas due à ses compétences mais simplement au pouvoir de sa mère. Leslie, gaffeuse, souvent idiote et vénale, déverse son bagout tout au long des sept saisons et 125 épisodes qui viennent d’être mis en ligne par Amazon Prime.

 Si vous déprimez, alternez les épisodes de « The Office » et de « Parks & Recreation », à la fin de la journée vous aurez eu votre lot de fous rires rédempteurs.