➤ « Lefranc » (tome 28), Casterman, 11,50 €
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
lundi 11 décembre 2017
BD - Guy Lefranc enquête sur l’Aubrac
➤ « Lefranc » (tome 28), Casterman, 11,50 €
De choses et d'autres - Du papier à la prise de vue réelle
Ryan Reynolds, acteur anglo-saxon de talent, comme Ryan Gosling avec qui il partage la nationalité canadienne, sait à peu près tout faire dans le cinéma. Beaucoup de super-héros, mais aussi des apparitions dans des séries comiques comme Scrubs et même des rôles dérangeants comme le tueur fou de « The Voices » de Marjane Satrapi. Sa carrière a véritablement décollé quand il a endossé le costume de Deadpool, le superhéros le plus bizarre de ces dernières années. Succès oblige, il récidivera l’an prochain pour un second opus et même un troisième en 2019.
Alors, en découvrant le prochain film dans lequel il va jouer, j’ai comme un petit doute. Peut-être, comme certains comédiens français dans les années 70 et 80, pour payer ses impôts, il a signé un contrat qui rapporte gros à son compte en banque, mais rien à sa carrière artistique. Tenez-vous bien, Ryan Reynolds interprétera prochainement... Pikachu dans l’adaptation de Pokémon réalisé en prise de vue réelle. Je ne sais quel responsable de casting a trouvé une ressemblance entre le policier beau gosse de « Sécurité rapprochée » et le petit Pikachu. Je l’imagine déjà avec un corps en peluche jaune et de longues oreilles pointues. Je lui souhaite bien du plaisir. Et beaucoup de talent (ou de détachement ?) pour ne pas en faire des cauchemars avant, pendant et après la sortie prévue à l’hiver 2018.
Devenir un personnage qui est à l’origine né sur une feuille de papier au bout d’un crayon à papier n’est jamais simple. Depardieu, malgré son immense métier, n’a jamais convaincu en Obélix. Même Robin Williams s’est cassé les dents sur Popeye. Certes les effets spéciaux, de nos jours, font des miracles, mais quand même... Pikachu !
dimanche 10 décembre 2017
Livres de poche - De faux contes de Noël
On connaît la chanson : la Belle succombe au charme de la Bête, Hansel et Gretel échappent à la sorcière. Et puis... les années passent. La Belle regrette-t-elle d’avoir épousé la Bête ? Que devient la sorcière, vieille et seule dans sa maison de pain d’épices ? Au carrefour de la fable et de la nouvelle contemporaine, Michael Cunningham signe dix petits contes cruels revisités avec un soupçon de cynisme et une bonne dose d’humour.
➤ Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puis...», 10/18, 6,60 €
Un Noël à la campagne dans le Gloucestershire. La perspective est séduisante pour un groupe de jeunes mondains, un peu las de la routine londonienne. Multipliant péripéties invraisemblables et dialogues mordants, Nancy Mitford dresse un portrait décalé de la société anglaise dans les années 1930.
➤ « Christmas Pudding », 10/18, 7,50 €
Beaux livres illustrés - De très grands classiques à redécouvrir
Jane Austen a parfaitement retranscrit les mœurs anglaises de son époque. La romancière, en croquant les histoires d’amour et d’influence de l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, en plus se signer une œuvre littéraire immortelle, fait acte de quasi reportage. Alors laissez vous séduire par les sœurs Elinor et Marianne partagées dans leurs sentiments. Une dualité parfaite qui place ce roman dans le panthéon des textes de la littérature anglo-saxonne. Dans ce gros recueil, illustré des gravures d’époques, ce sont les trois textes emblématiques de Jane Austen qui sont proposés. « Raison et sentiments » puis « Orgueil et préjugés » pour terminer par « Northanger Abbey ».
Autre classique mais du milieu du XIXe siècle, « Carmen » de Prosper Mérimée mérite qu’on le redécouvre. Et pour l’occasion, la collection Métamorphose a proposé à Benjamin Lacombe de proposer sa version graphique de cette femme fatale envoûtante. Planches en couleurs ou cabochons à l’encre de Chine, ses illustrations sont d’une profondeur incroyable. Et l’effet dentelle noire sur la couverture très originale.
➤ « Coffret Jane Austen, Omnibus, 39 €
➤ « Carmen », Métamorphose, 32,50 €
vendredi 8 décembre 2017
De choses et d'autres - Clics macabres
Tout est bon sur internet pour engendrer des clics et attirer la publicité. Même les morts. Surtout les célèbres. La disparition de Johnny Hallyday m’a permis de découvrir un site qui au moins, annonce clairement la couleur dans son intitulé.
Sur « jesuismort.com » vous pourrez trouver toutes les dates des personnalités décédées ces dernières années. 2016 était une année noire (Michel Galabru, David Bowie, Prince), mais 2017 est en train de la battre à plate couture. En plus de l’idole des jeunes devenu «héros national » avec descente des Champs-Élysées et hommage présidentiel, les fans de tous genres déplorent la disparition de Mireille Darc, Jean Rochefort, Jeanne Moreau, Simone Veil ou Chuck Berry. Comme si toute une gé- nération s’éteignait sous nos yeux. Un grand vide en perpétuel agrandissement.
Le site reste bien fait, toujours très respectueux, mais laisse quand même un arrière-goût au fond de la rétine. Car en plus de la liste chronologique des morts de l’année et de leur classement dans des catégories en fonction de leurs activités ou de leur nationalité, il existe un onglet « Top 50 ». Quelle étrange idée de vouloir classer des morts. S’il est un état dans lequel tout le monde est à égalité, c’est bien celui de cadavre.
Mais sur ce site, les fans peuvent continuer à « voter » pour leur mort préféré. Et chaque jour, le classement est réactualisé. Hier par exemple, Claude François (disparu en 1978), était en tête avec plus de 11 millions de points. Il était suivi par Dalida et Luis Mariano. Et Johnny alors ? Il fait son entrée dans ce Top 50 (beaucoup de ses fans auraient préféré qu’il n’y soit jamais classé), directement à la 10e place avec plus de 1,2 million de points. Et sans être devin, je sens que dès demain il va coiffer tous ses collègues au poteau pour retrouver, même mort, sa place de « number 1 ».
mercredi 6 décembre 2017
DVD et Blu-Ray - Combat de Terminators
James Cameron a attendu près de 8 ans avant de se lancer dans la suite de Terminator, succès plané- taire. Deux raisons ont guidé son choix : revoir le rôle d’Arnold Schwarzenegger devenu un acteur abonné aux rôles positifs et mieux profiter des progrès des effets spéciaux numériques.
Pour le cas de Schwarzy, facile. John Connor, dans le futur, a reprogrammé un T800. Il n’a pas pour but de le tuer, mais de le protéger. Toujours robot, mais gentil. Le tour est joué. Reste à trouver un nouveau méchant. Ce sera Robert Patrick qui tentera de faire oublier le premier Terminator. Il a parfaitement adopté le regard vide du robot sans émotion. Mais pas toujours évident que cela soit un rôle de composition.
Le plus intéressant dans ce film est l’évolution du personnage de Sarah Connor. Après la destruction du premier robot, elle se retire dans le désert et donne naissance à John, le fameux futur chef de la résistance. Dix années ont passé. Sarah est internée dans un asile psychiatrique. Devenue complètement paranoïaque, elle n’a qu’un but: empêcher l’avènement des machines. John est placé dans une famille d’accueil et est en train de mal tourner. L’arrivée des deux terminators, quasi au même moment, va bouleverser une nouvelle fois leurs vies.
C’est une version remastérisée et passée en 3 D qui est proposée en blu-ray. avec des bonus réellement d’exception. Car en plus du classique making of réalisé à l’époque de la sortie du film, c’est un long documentaire, réalisé lors de la restauration du film, qui est proposé. L’occasion de voir comment ont évolué Robert Patrick et Edward Furlong. Car si le film a marqué toute une génération, réalisant des bénéfices exponentiels, il n’a pas porté chance à ses acteurs. Linda Hamilton a quasi disparu de la scène publique après ça, Robert Patrick se contentant de petits rôles alors que Furlong, encore enfant, a très mal vécu cette notoriété soudaine.
Sans oublier la scène coupée finale montrant Sarah Connor dans 40 ans, devenue une vieille femme. Elle n’a pas été intégrée dans le film, comme pour se donner l’occasion de faire une suite de la suite. Mieux aurait valu en rester à ce second opus.
➤ « Terminator 2 », Studiocanal, de 9,99 € le DVD à 29,99 € le coffret blu-ray 3D 4k.
De choses et d'autres - L’amour vaut mieux qu’un gâteau
Malgré la progression de l’autorisation du mariage gay un peu partout dans le monde, les opposants ne baissent pas les bras. Aux États-Unis par exemple, ils utilisent tous les moyens juridiques pour tenter de revenir sur la décision de nombreux états.
Dernière péripétie en date celle de ce pâtissier qui a refusé de confectionner un gâteau de mariage pour un couple d’homme sur le point de s’unir. Dans un monde normal, ce rejet se serait simplement conclu par un changement de crémerie. Vous ne voulez pas de notre commande ? Pas de problème, c’est un autre pâtissier qui va réaliser la bonne affaire. Mais aux USA, les avocats tous puissants, aiment à se saisir de ces petits faits anodins pour les transformer en affaire d’état. Le couple a porté plainte contre le pâtissier pour discrimination. Ce dernier a renchéri en saisissant la cour suprême sur son droit à choisir ses clients en fonction de ses croyances religieuses. Résultat le pays est divisé comme jamais entre les pro et anti pâtissier. Tout ça pour un gâteau dont on ne sait même pas s’il aurait été bon...
Autre pays anglo-saxon, autre esprit. En Australie, après des années de débats, le mariage pour tous semble totalement entré dans les mœurs. Et par la meilleure façon qui soit : l’amour. Car ne l’oublions pas, à la base, si deux êtres, quel que soit leur sexe, veulent s’unir, c’est pour vivre ensemble. Lors de l’adoption du texte, un élu conservateur, en même temps qu’il annonçait son intention de voter pour la loi, en profite pour s’adresser à un de ses collègues pour le demander en mariage. Voilà comment on fait basculer une opinion, juste en la prenant par les sentiments.
Cinéma - "Les Gardiennes", femmes et piliers de la civilisation
LES GARDIENNES. Xavier Beauvois raconte la guerre 14-18 des femmes restées à l’arrière.
En pleine célébration du centenaire de la guerre 14-18, les films sur cette immense boucherie se multiplient. Après « Au revoir là- haut » de Dupontel, place aux « Gardiennes » de Xavier Beauvois. Point commun entre les deux films, il s’agit d’adaptations de romans et ce ne sont pas les combats qui sont au centre de l’histoire, mais leurs conséquences.
Quand des millions de Français ont rejoint le front, la fleur au fusil, à l’arrière seules les femmes et les anciens sont restés pour faire tourner les fermes et entreprises. Persuadés d’une victoire rapide, cette situation s’est compliquée quand les poilus se sont enlisés dans les tranchées. Le film raconte comment des femmes ont dû se retrousser les manches et faire le travail des absents. Dans cette grosse exploitation agricole avec culture de céréales et élevage de vaches laitières, il ne reste plus que deux femmes pour tout faire. Hortense (Nathalie Baye) et sa fille Solange (Laura Smet) labourent, sèment et récoltent. Un travail harassant qui est normalement effectué par le fils d’Hortense et le mari de Solange. Mais ils sont tous les deux mobilisés.
Alors la patronne se résout à embaucher. Mais plus un seul homme valide n’est disponible. Elle prend donc la jeune et serviable Francine (Iris Bry). Elle deviendra essentielle à la bonne conduite de la ferme. Orpheline, elle a l’impression de se découvrir une famille. D’autant que quand le fils revient pour une permission, ils tombent amoureux. Mais la guerre n’est pas terminée et les trois femmes vont encore rester longtemps seules à gérer la ferme.
■ Trois femmes, trois parcours
Trois femmes sont au centre de ce film réalisé par un homme, mais coécrit avec sa femme, Marie-Julie Maille, également monteuse et actrice. La plus vieille, gardienne des traditions, n’a qu’un but : que tout redevienne comme avant. Sa fille, dont le mari est prisonnier, incarne ces femmes qui, face à l’adversité, s’affirment et prennent de l’assurance. C’est elle qui va moderniser l’exploitation, abandonnant les bœufs pour des tracteurs. Une moderne qui s’ignore. La troisième, Iris, est celle qui va le plus s’affirmer. Naïve, confiante, elle devra pourtant assumer ses choix, se moquant du « qu’en dira-t-on » pour s’épanouir. Le film est ancré dans cette terre de France, parfois féconde, trop souvent boueuse. Réalisation classique, naturaliste, exceptées deux scènes remarquables : le rêve d’un Poilu lors de sa permission, tuant des ennemis sans visages et le ballet de deux mains amoureuses sur les pierres millénaires d’un dolmen. Le tout sur la musique de Michel Legrand.
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Xavier Beauvois dans le texte
Sur la différence entre comédien et acteur : « Le comédien c’est celui qui a fait des études qui a pris des cours de théâtre et qui va se branler la tête à la cantine pour savoir comment il va jouer son personnage. Tandis que l’acteur c’est quelqu’un qui va être le personnage. Moi quand j’ai affaire à un comédien il dégage, je ne veux que des acteurs. Un mec comme Depardieu il va toucher les couilles du photographe de plateau mais dès qu’on dit « Moteur », il va être son personnage. C’est pour ça que je ne vais jamais au théâtre. »
Sur l’adaptation des romans au cinéma. « Si j’ai lu un livre, je ne vais pas voir l’adaptation. Chacun de nous devient metteur en scène en lisant un roman. On va imaginer une fille qui n’aura rien à voir avec celle proposée par le cinéaste. Forcément quand vous allez voir le film vous êtes confronté avec quelqu’un qui a un autre fantasme qui ne va pas forcément vous plaire. En général, on est déçu. »
Le roman qu’il aimerait adapter : « Les mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar. L’intelligence des Romains c’est que quand ils envahissaient un pays, un type du pays pouvait devenir empereur. Hadrien était Espagnol. Ils amenaient du progrès les Romains, ils étaient beaucoup plus malins que ces crétins de Français en Algérie. »
Sur la lenteur de ses films : « Faut pas compter sur moi pour mettre la caméra à l’épaule et faire semblant de la branler pour faire jeune. Ça non, ça va pas le faire. Je ne supporte pas. Le pire pour moi c’est Jason Bourne. Le mec il est à Berlin, on cligne des yeux il est à Rome puis Istambul. Insupportable. »
Tourner avec sa fille de 5 ans : « Elle me disait ‘Oui chef, oui patron’, elle se foutait clairement de ma gueule. »
➤ « Les Gardiennes », drame, de Xavier Beauvois (France, 2 h 14) avec Nathalie Baye, Laura Smet, Iris Bry
mardi 5 décembre 2017
De choses et d'autres - Aux frais de la République
Pauvres députés. Ils sont de moins en moins considérés depuis la grande lessive «En marche » des dernières législatives. Prenez les remboursements de leurs frais. Désormais, transparence oblige, ils doivent justifier les sommes engagées. Terminée la note lapidaire « Frais de repas : 2 000 €», il faut prouver que l’on a bien mangé pour cette somme, factures détaillées à l’appui.
L’occasion pour Stéphane Le Foll, ancien ministre, rare rescapé du PS, de déclarer un tantinet énervé « Je vais être obligé de me trimbaler avec mes justificatifs ». Ben oui, comme la majorité des Français qui ont l’occasion de se faire rembourser des dépenses liées à leur métier. Péage, parcmètre, note de télé- phone, repas... Ils sont des millions chaque mois à passer quelques minutes voire des heures, à établir l’inventaire des frais liés à leur activité et à les fournir à leur administration. Pourquoi les députés seraient-ils épargnés par ce petit casse-tête mensuel ? C’est la vraie vie. Tout simplement. Mais nos élus (du moins les anciens) vivent depuis trop longtemps hors-sol.
Un autre député a même osé se plaindre de devoir demander la note quand il « achète une barre chocolatée gare Montparnasse » en attendant son train. Alors là, franchement, faut oser. Et si comme lui, tous ceux qui rentrent des notes de frais, en glissaient une de ce genre, m’étonnerait que ça passe. Car on nous paye pour travailler, pas pour nous goinfrer de confiserie. Ou au moins d’avoir la décence de la payer de sa poche. Une constatation qui vaut pour les élus de la République, même si visiblement leur manière de fonctionner différait fortement quand ils avaient la possibilité d’utiliser leur cagnotte au gré de leur bon vouloir et de leurs fringales.
BD - Batman saveur Marini
Les personnages des comics américains ont définitivement conquis le monde. Grâce aux films plus que les BD, mais Superman, Batman et autres Surfer d’argent sont devenus des références planétaires. Au point que les meilleurs des dessinateurs de la « franco-belge » se proposent désormais d’animer ces héros.
➤ "Batman, The Dark Prince Charming » (tome 1), DC et Dargaud, 14,99 €










