Comment avoir l’air plus au courant des nouveautés cinéma que la moyenne ? Facile, il suffit de voir un film en avant-première et de pouvoir ainsi en parler avant tout le monde. En cet été, elles seront nombreuses. En voici une liste élaborée mi-juillet et donc encore susceptible d’être enrichie dans les prochaines semaines.
En dehors des classiques projections du mardi soir, soit la veille de la sortie nationale (Valérian le 25 juillet ou Atomic Blonde le 15 août au Méga CGR Rivesaltes) les enfants sont à la fête avec des séances dans quasi tous les multiplexes de la région des As de la Jungle (le dimanche 23 juillet) et de Cars 3 (les 23, 24 et 25 juillet pour une sortie le 2 août). Toujours pour les enfants, mais uniquement au Cap Cinéma de Carcassonne pour l’instant, une projection de « Ho-Kaï Watch, le film », le dimanche 6 août.
Au Méga CGR de Rivesaltes, pour les fans de courses poursuites, « Overdrive » le 14 août avec Scott Eastwood en vedette.
Le Castillet de Perpignan, fidèle à sa politique de proposer des œuvres de qualité, organise trois avant-premières en août de films vus et remarqués au dernier festival de Cannes. « Patti Cake$» (mardi 15 août à 21 h 15) raconte la vie d’une jeune fille (Danielle Macdonald, photo ci-dessous) passionnée de slam et tentant de percer dans ce milieu. Une superbe comédie, entre chronique sociale et comédie musicale. « Faute d’amour » de Andrey Zvyagintsev, Prix du Jury au dernier festival de Cannes, sera le rendez-vous à ne pas manquer des cinéastes le mardi 22 août à 19 h 15. Enfin « Un beau soleil intérieur », film de Claire Denis avec Juliette Binoche sera à dé- couvrir le mardi 29 août à 19 h 15 avant sa sortie nationale un mois plus tard.
Plus loin dans le temps, le 1er septembre, « Coexister » sera diffusé au CGR de Narbonne. Cette comédie de Fabrice Eboué Avec Ramzy Bédia, Guillaume De Tonquédec, Audrey Lamy ou Jonathan Cohen raconte les déboires d’un « producteur de musique à la dérive qui décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints » selon le synopsis diffusé par la production.
Article paru le 20 juillet dernier dans l'Indépendant.
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
jeudi 20 juillet 2017
mercredi 19 juillet 2017
DVD : Comment être belle malgré la maladie
Florence Foresti tente depuis quelques années de se défaire de son image de comique fofolle et excessive. Tentée par le théâtre et le cinéma, elle parvient parfois à décrocher des rôles plus ambitieux.
Comme dans « De plus belle », premier film d’Anne-Gaëlle Daval spécialement écrit pour la comique. Un personnage complexe, meurtri dans son corps et ses convictions personnelles. A un peu plus de 40 ans, Lucie a frôlé la mort. un cancer du sein détecté heureusement assez tôt. Chimio, rayons... Le protocole mis en place par son chirurgien, par ailleurs petit frère (Jonathan Cohen), a porté ses fruits. Elle est en rémission et la scène d’ouverture montre tous ses amis fêter son retour à la vie dans une boîte de nuit.
Tout le monde fait la fête, danse, boit... Sauf Lucie. Comme si elle sentait que tout cela n’est qu’écume en surface d’une vie sans but ni amour. Et ce ne sont pas les gros sabots de Clovis (Mathieu Kassovitz), dragueur impénitent, qui vont la faire changer d’avis. Lucie en plus d’être devenue un peu hypocondriaque, doit subir les foudres de sa mère (Josée Drevon), peau de vache qui ne cache jamais sa préférence pour son fils.
De tous les personnages secondaires, c’est elle qui crève l’écran. La prestation de Florence Foresti, à côté des autres actrices (Nicole Garcia et Olivia Bonamy) semble un peu en deçà. Pourtant elle porte sur ses épaules tout le film, ses cours de « strip-tease thérapeutique » donnant une couleur très cabaret à cette comédie un peu trop léchée pour être émouvante.
Dans les bonus, la réalisatrice, qui a débuté comme costumière dans la série Kaamelott d’Alexandre Astier, raconte sa relation avec sa comédienne principale, quelques images du tournage montrant Florence Foresti comme on la connaît : souriante, virevoltante et provocatrice.
➤ « De plus belle », Studiocanal, 19,99 € le DVD
mardi 18 juillet 2017
Livres de poche : laissez-vous tenter par un tour en Afrique
Dans une contrée africaine sans nom, la guerre civile fait rage. Agu essaie de fuir son village mais la violence le rattrape. Il est enrolé comme enfant-soldat. Le commandant ordonne. Agu exécute. Il frappe, tue pille. Pour ne pas mourir, le jeune garçon devient bête féroce. Premier roman du Nigérian Uzidinma Iweala, « Bêtes sans patrie » bénéficie d’une traduction d’Alain Mabanckou.
➤ « Bêtes sans patrie », Points, 6,50 €

Ikenna, Boja, Obembe et Benjamin ont désobéi aux ordres paternels. Les quatre frères sont allés pêcher dans les eaux du fleuve interdit, l’Omi-Ala. Ils savourent cette pêche clandestine, jusqu’au jour où le fou Abulu les maudit : Ikenna, l’aîné, mourra de la main d’un de ses frères. Peu à peu, le poison de la terrible prophétie infiltre les esprits… Né en 1986 au Nigeria, Chigozie Obioma enseigne la littérature aux États-Unis. Son premier roman, Les Pêcheurs a connu un immense succès public et critique.
➤ « Les pêcheurs », Points, 7,60 €

Née en Ecosse, la mère d’Alexandra Fuller, mieux connue sous le nom de « Nicola Fuller d’Afrique centrale », a grandi au Kenya dans les années 50 avant d’épouser un Anglais fringant. Ils s’installent dans leur propre ferme, d’abord au Kenya puis en Rhodésie où l’auteur, Bobo, et sa sœur ont grandi, avant d’atterrir en Zambie. Le parcours de la famille Fuller, déterminée à rester en Afrique malgré la guerre civile, est fait de survie, de folie, de loyauté et de pardon.
➤ « L’arbre de l’oubli », Le Livre de Poche, 7,30 €
lundi 17 juillet 2017
Livre : Enquête au Gévaudan sur « La Dévoreuse »
Durant des siècles elle a terrorisé les locaux et suscité commentaires et spéculations partout ailleurs en France. La bête du Gévaudan, rebaptisée « La Dévoreuse » par Pierric Guittaut permet à cet auteur de polars ruraux de fournir quelques explications en fonction de ses recherches historiques mais aussi de ses connaissances en armes à feu. Car en plus de manier la plume avec brio, Pierric Guittaut s’adonne à la chasse et au tir à poudre noire. Il a passé dix ans à écumer toutes les archives de cette région du Haut-Languedoc. Collecte suffisamment fructueuse pour qu’il pense pouvoir enfin « livrer les clefs pour comprendre cette énigme qui n’en était pas une...»
■ Chairs déchirées
Tout débute en juin 1764 par la mort de Jeanne Boulet. Elle est découverte « gisante, la chemise déchirée et ensanglantée. » De toute évidence « des traces de crocs, de griffes ont déchiré ses chairs ». Quelques victimes de plus et les autorités décident de lancer des battues. En vain. Les dragons du roi sont sollicités, mais là encore la bête échappe aux mailles du filet, poursuivant son chemin sanglant dans toute la Margeride. L’auteur nous apprend même que l’affaire, franchissant les frontières hexagonales, a été utilisée par un journal anglais pour se moquer de l’armée française. Dans un article se voulant humoristique, le London Chronicle raconte que toute l’armée française s’attaque à la Bête, mais que cette dernière ne fait qu’une bouchée des milliers de soldats. Le lendemain, toujours affamée, elle mange un chaton. La mère « enragea si bien qu’elle lui sauta dessus et la tua sur le champ. La chatte doit faire une entrée triomphale à Paris pour y être faite pairesse du royaume. » Certains en rient, d’autres enragent de ne pouvoir tuer cet animal.
Le 19 juin 1767, trois ans après son apparition, « La Dévoreuse » est abattue par un certain Jean Chastel. Pierric Guittaut raconte ces chasses avec un savoir-faire indéniable, romançant l’Histoire mais sans la dénaturer. La suite du livre détaille les races possibles de la bête, en fonction des descriptions et de l’autopsie de l’animal, des tests de tir réalisés par l’auteur et le rappel d’autres affaires de bêtes dans divers coins de France et de Navarre.
Savante et distrayante, « La Dévoreuse » est sans doute la meilleure étude sur ce phénomène de société qui est encore dans toutes les mémoires.
➤ « La Dévoreuse » de Pierric Guittaut, éditions de Borée, 21,50 €
dimanche 16 juillet 2017
BD : Un tournant pour Spider-Man
Portés par le succès des films aux effets spéciaux de plus en plus gigantesques, les comics américains ont connu un réel développement en France. Avant la vague, il y a 20 ans, Panini Comics a lancé nombre de magazines puis a décliné les séries dans de beaux albums, aux couvertures cartonnées, reprenant de 6 à 8 épisodes pour obtenir des titres compacts, bien imprimés et au goût des amateurs français du genre. Pour célébrer ses 20 ans, la maison d’édition ressort en 2017 douze titres emblématiques avec une couverture dessinée par une gloire française de la BD. Ce Spider-Man de Straczynski et Quesada par exemple bénéficie d’une interprétation par Bastien Vivès. Sollicités également Boulet, Trondheim, Sfar ou Barbucci. Et le denier titre sur les Avengers, en octobre, bénéficiera de quatre couvertures signées Vatine, Bajram, Mourier et Tarquin. Impossible de faire mieux...
➤ «Spider-Man, un jour de plus », Panini Comics, 16 €
samedi 15 juillet 2017
BD : Les survivants rentrent à bon port
Fin de galère pour les survivants du vaisseau spatial échoué sur une planète inconnue et dangereuse, où des anomalies quantiques leur font faire des bonds dans le futur. Après quatre tomes bourrés de péripéties et de rencontres avec des races extraterrestres toutes plus étonnantes les unes que les autres, la grande spécialité de Léo le scénariste et dessinateur des Mondes d’Aldébaran, ils voient enfin le bout du tunnel avec l’arrivée de Sven, le compagnon de Kim Keller. Il explique le rôle de la mantrisse de cette planète et les ramène à Aldebaran. Là, après un temps pour réapprendre à vivre sans avoir peur au quotidien, Manon, le personnage clé de « Survivants », devrait rencontrer Kim. Mais ce sera pour le prochain cycle. Peut-être le dernier pour l’auteur brésilien âgé de 73 ans.
➤ « Survivants » (tome 5/5), Dargaud, 11,99 €
De choses et d'autres : Orages, cèpes et embrouilles
Grosse chaleur, orages chargés en eau : les cèpes poussent ! Voilà une activité intelligente en vacances. Ramasser des champignons c’est réunir plusieurs hobbies en un seul. Découverte de la nature, randonnée, gastronomie et, plus rarement heureusement, combat au corps à corps. Car les champignons, comme tout ce qui pousse sur terre, doivent bien appartenir à quelqu’un. Le propriétaire du terrain ou le cueilleur ? Les cèpes ne se cultivent pas, ils poussent seuls, sans l’aide de personne et de façon tout à fait aléatoire. Un peu comme entre l’œuf et la poule, personne n’a jamais pu trancher. Au point que trop souvent des propriétaires interdisent l’accès à ces endroits que certaines familles se repassent pourtant de génération en génération. Hier matin dans un champ du Lot-et-Garonne cette rivalité a franchi un cap. Âgé de 70 ans, un ramasseur de champignons, se doutant d’une belle pousse après les orages, se rend dans un champ qu’il connaît bien.
Effectivement les bolets sont au rendez-vous. Il remplit son panier mais au moment de quitter la place, un homme, le propriétaire, lui entonne l’ordre de restituer sa cueillette. Immédiatement, le ramasseur a sorti un couteau de cuisine (ustensile obligatoire pour nettoyer la récolte au fur à mesure) de son panier et a menacé ce « propriétaire » osant réclamer ces cèpes sans avoir eu à se baisser une seule fois. Face à la détermination du septuagénaire armé, le demandeur a préféré prendre la fuite. Pour la gendarmerie. Il dépose plainte et les gendarmes interpellent dans la foulée le ramasseur de champignons qui, hier après-midi, était toujours en garde à vue.
Quant aux cèpes, de mets d’exception, ils se sont transformés en pièces à conviction. Quel gâchis.
Chronique parue le 15 juillet 2017 en dernière page de l'Indépendant
vendredi 14 juillet 2017
BD : Angoisse entre terre et mer
Olivier Mégaton fait partie de ces réalisateurs français qui n’ont pas peur de faire dans le cinéma de genre. Il a réalisé Taken 2 et 3 et signe le scénario d’une BD qui pourrait tout à fait faire une série B horrifique comme il en sort tant sur le marché de la vidéo. Scénario écrit en collaboration avec Sylvain Ricard maîtrisant parfaitement la narration de la BD et dont le dessin a été confié à l’Italien Genzianella qui a déjà à son actif les cinq tomes de Bunker scénarisés par Bec. On retrouve d’ailleurs beaucoup des univers du scénariste aveyronnais dans ce « Ni terre ni mer ». Une bande de jeunes adultes, deux garçons et trois filles, part en mer sur un voilier. Pris dans une tempête, le frêle esquif s’échoue sur le rivage escarpé d’une île isolée dominée par un phare. Deux hommes vivent dans ce bâtiment loin de tout. Rapidement, les naufragés vont paniquer car leurs « sauveteurs » ne sont pas très accueillants. Quand un premier rescapé est retrouvé assassiné, l’angoisse monte d’un cran. Et les secrets viennent encore compliquer l’entente des rescapés. Car ce naufrage n’est pas dû au hasard. Il y a deux ans, ils avaient aussi fait une croisière. Mais au départ ils étaient six. Chapeau au dessinateur qui parvient à insuffler beaucoup de suspense psychologique malgré l’économie de décors.
➤ « Ni terre ni mer » (tome 1/2), Dupuis, 14,50 €
jeudi 13 juillet 2017
De choses et d'autres : Smartphone, alibi téléphoné
« Putain, il est chiant lui ! » La phrase est entre guillemets car elle n’est pas de moi mais du président de l’Assemblée nationale. Mardi depuis son perchoir, François de Rugy, après avoir passé la parole à un député a prononcé, très doucement mais suffisamment fort pour que les micros l’enregistrent, cette sentence peu sympa pour un député communiste. Tollé immédiat sur les réseaux sociaux, la nouvelle chambre de résonance des us et coutumes de la République. Pour se sortir de cette situation compliquée, l’ancien député vert, passé par la gauche tendance socialisme sauce hollandaise pour finalement devenir un ponte de la Macronie a osé sortir l’alibi du smartphone. Certes il a bien prononcé la phrase, mais pas du tout au sujet du député mais de la personne (on ne saura pas son identité...) qui venait de lui envoyer un texto. Jamais au grand jamais il se permettrait d’insulter un élu du peuple... Explication alambiquée qui n’a persuadé personne mais qui permet de clore l’incident, le député mis en cause cautionnant la version du président.
Cet exemple de langue de bois absolue est à l’opposé des tweets et messages sur les réseaux sociaux de la députée « En Marche » de la 3e circonscription de l’Aude. Mireille Robert a acquis une belle célébrité en quelques jours après avoir décidé de commenter les coulisses, en toute franchise, de sa mission de députée. Dans une petite vidéo postée sur son profil Facebook, elle raconte les « interdits » à l’Assemblée nationale comme de boire ou de manger dans l’hémicycle et, plus étonnant, « on ne doit jamais tourner le dos au président de l’Assemblée ». Pourquoi ? Peut-être pour éviter qu’il se mette à vous insulter en sourdine...
Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 13 juillet 2017
DVD et blu-ray : Plusieurs invités surprise au « Dîner des vampires »
Les Anglais maîtrisent à merveille le contre-pied cinématographique. Quand ils se lancent dans un film de genre, de vampires en l’occurrence, ils ne peuvent s’empêcher de détourner le propos pour le transformer en une vaste rigolade épinglant, au choix, l’isolationnisme de la Grande-Bretagne, son rapport avec l’armée et même comment il est bon d’accueillir les migrants. Une ribambelle de sujets tous plus sérieux les uns que les autres, abordés dans ce film de vampires, par ailleurs désopilant, car ce n’est pas parce qu’on saigne à tout va que l’on doit se priver de rigoler un peu avant avec la nourriture.
« Le dîner des vampires » («Eat local » dans sa version originale) débute comme un reportage sur la situation de l’Angleterre en plein débat sur le Brexit. Cinq personnes, assises autour d’une table, discutent sur des « quotas » à respecter, des «migrants » à accueillir et de la possibilité de transgresser les consignes « continentales ».Il faut quelques minutes au spectateur pour comprendre qu’autour de cette table, il n’y a que des vampires, plus que centenaires, qui sont très à cheval sur les règles. Au point qu’ils font le procès, en quelques minutes, d’un des leurs ayant osé dépassé son quota d’humain, s’attaquant même à des enfants.
■ Attaque de militaires
Sentence : la mort. Immédiate. Et son remplacement dans la foulée.Ça tombe bien Vanessa (Eve Myles, déjà vue dans Torchwood, Dr Who et Broadchurch) a ramené ce soir-là un Rom, jeune, gentil et débrouillard. Serait-il intéressé à devenir Immortel ? Mais va falloir qu’il se décide vite car au même moment une armée de militaires attaque la ferme isolée où se dé- roule le dîner pour abattre cette sale engeance de vampires. Un peu pour rendre service au Vatican, beaucoup pour donner des échantillons à des sociétés de cosmétiques à la recherche de nouveaux produits pour assurer la jeunesse éternelle aux femmes modernes.
Un film très réjouissant de mauvais esprit, signé Jason Flemyng, première réalisation de cet acteur qui a déjà des dizaines de rôles à son actif.
➤ « Le dîner des vampires », Marco Polo Productions, 12,99 € le DVD et 14,99 € le blu-ray
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