Infatigable Serge Brussolo, toujours à chercher de nouveaux mondes à explorer. Le voilà lancé dans une grande saga de pirates. Du moins c’est ce que laissent entendre le titre et la couverture du roman, mais il semble avoir oublié en cours de route de faire vivre le vaisseau baptisé « L’oiseau des tempêtes ». Ce sera pour la suite des aventures de la belle Marion, véritable héroïne et fil rouge de ces multiples péripéties.
On a droit à des naufrageurs, un peu de bagne en Bretagne, des larcins à Marseille puis une vie de recluse, avec des araignées, sur une île des Caraïbes. Bref, en 400 Pages, l’auteur français le plus prolifique utilise autant de personnages et de lieux qu’un collègue en cinq romans. Direct et sans fioritures, le style Brussolo fait toujours merveille.
➤ « L’oiseau des tempêtes » de Serge Brussolo, Fleuve éditions, 19,90 €
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mardi 3 janvier 2017
De choses et d'autres - Feu d'enfer au Paradise
Certains faits divers ne méritent que trois lignes dans le journal, mais permettent au lecteur un peu imaginatif d’en entrevoir toutes les conséquences. Exemple vendredi dernier. Le système d’éclairage des jacuzzi et de la piscine situés sur la terrasse d’un bâtiment prend feu. Les flammes sont impressionnantes, tout l’immeuble est évacué, 140 personnes au total. Rien d’exceptionnel ? Erreur car le bâtiment en question est celui du Paradise à la Jonquère. Et les évacués sont les clients et prostituées de cette célèbre maison close.
Alors j’imagine ces naufragés d’un jour, dans la rue, à 18 heures un 30 décembre, certains en petite tenue, grelottants et moins triomphants que dans les alcôves du Paradise. Surpris en pleine action, ils doivent sérieusement regretter ce petit désir d’évasion et de transgression. Surtout si ces amateurs de sexe tarifé croisent à ce moment gênant des voisins venus acheter cigarettes et alcool, autres vices mais moins voués aux gémonies. Le principal attrait des maisons closes reste leur discrétion. Sauf quand il y a le feu et que toute la clientèle doit se masser en bord de route... Le fait divers, relaté de façon quasi clinique dans le journal local Diari de Girona, se veut rassurant. Pas de blessés et peu de dégâts. Seule la fin de l’article laisse deviner une petite allusion au caractère inhabituel de cette péripétie : « L’incident a provoqué beaucoup d’excitation dans la région. »
lundi 2 janvier 2017
De choses et d'autres - A vos week-ends de trois jours
L’année 2017 commence sous de meilleurs auspices que 2016. Obligatoirement. Non je n’ai pas passé mon BEP de voyance entre Noël et nouvel an, j’ai simplement bien regardé le calendrier. Alors que 2016 battait des records de jours fériés pendant le week-end, 2017, au contraire, offre à six reprises des possibilités d’évasion de trois jours.
Avouez, Noël ou le 1er janvier un dimanche, ce n’est pas très sympa pour ceux qui se sont lâchés pour le réveillon. Du coup, ce 2 janvier devient un lundi encore plus pénible, migraine en prime. 2017 sera plus cool. Noël et 1er janvier tombent un lundi. Donc week-end prolongé en perspective. Le 14 juillet, vendredi, on va pouvoir danser aux bals populaires encore plus longtemps.Reste le cas du mois de mai. Le jeudi de l’Ascension débarque, ça alors, un jeudi. Voilà un jour férié qui fait pester depuis toujours. Mais pourquoi Dieu dans sa grande miséricorde n’a-t-Il assigné le vendredi et l’Ascension ? Peut-être pour rattraper les conséquences du Lundi de Pâques vénéré par les adeptes du week-end à rallonge. Mai 2017 débute bien avec un lundi 1er. Et se prolonge tout aussi bien avec le lundi 8 mai.
A une nuance près, dimanche 7 votre esprit civique en empêchera de partir en villégiature. Ce jour-là, vous devrez élire le nouveau président de la République. Et quel qu’il soit, pour beaucoup, il aura débuté son mandat en gâchant un week-end de trois jours.
BD - Deux Anglais (Blake & Mortimer) et Shakespeare
Le nouvel album de Blake et Mortimer signé Yves Sente (scénario) et André Juillard (dessin) va ravir tous les passionnés de Shakespeare. Nos deux héros se retrouvent lancés dans une course contre la montre trépidante. Si l’aventure débute à Londres, l’intrigue principale se déroule à Venise. Quelques riches lettrés, lors d’une soirée, tentent de résoudre un mystère lié à la vie de Shakespeare. Blake et Mortimer s’y retrouvent mêlés en raison de leur amitié pour Sarah Summertown, par ailleurs présidente de la William Shakespeare Defenders Society. Le professeur va notamment enquêter en Italie, pays qui aurait une importance capitale dans la vie et l’œuvre du grand dramaturge anglais.
Si l’album manque un peu d’actions spectaculaires et d’inventions étonnantes, il est cependant passionnant, un peu dans la lignée de « L’affaire du collier », avec un gros volet historique tout à fait crédible, bien qu’entièrement inventé par Sente. Juillard au dessin, est toujours aussi fidèle et Jacobs, tout en arrondissant, voire humanisant ces personnages désormais immortels.
➤ « Les aventures de Blake et Mortimer » (tome 24) , éditions Blake et Mortimer, 15,95 €.dimanche 1 janvier 2017
Thriller - Les personnage de Barbara Abel sont-ils des anges ou des démons ?
La gaieté factice des fêtes vous insupporte ? Les deux derniers romans de Barbara Abel vous raviront.
Sortis l’un chez Pocket, l'autre chez Belfond, « L’innocence des bourreaux » et « Je ne sais pas » ont ceci en commun de remarquable la prise de position affichée de Barbara Abel de dédaigner carrément le gentil héros sauvé in extremis par le flic futé. Au contraire, elle choisit de regarder l’intrigue par l’autre bout de la lorgnette et de transformer les méchants en gagnants.
Difficile d’imaginer plus glaçant que l’histoire d’Emma dans « Je sais pas ». Au cours d’une sortie scolaire la petite disparaît dans la forêt. Les instituteurs sont sur les dents, la gendarmerie avertie de même que Camille et Patrick Verdier, ses parents. Élément clé dont les enquêteurs devront prendre en compte, loin de correspondre à l’image angélique que sa beauté renvoie, Emma possède un sacré caractère et du haut de ses cinq ans mène parfois la vie dure à ses camarades d’école comme à son institutrice Mylène de même qu’à ses parents.
■ Culpabilité
Mylène justement se sent affreusement coupable de la disparition de sa petite élève et s’engage loin dans la forêt pour tenter de la retrouver. Jusqu’à atterrir dans un endroit où son portable ne trouve plus de ré- seau. Camille elle aussi se torture pour une toute autre raison. Quelques jours avant la sortie scolaire, la petite Emma l’a surprise dans le hall d’entrée et les bras de son amant... Les gendarmes aidés de chiens et tous les adultes présents poursuivent les recherches jusqu’à la nuit tombée et là le soulagement est indicible quand on retrouve finalement la gamine. Par contre, les enseignants finissent par se rendre compte que Mylène ne répond plus au téléphone depuis plus de deux heures.
Barbara Abel utilise un schéma récurrent au niveau de l’écriture et de la construction du scénario dans « L’innocence des bourreaux ». Un junkie en manque braque une supérette de quartier où des gens sans histoire font leurs courses. Le pauvre gars, qui pensait récupérer la caisse et s’enfuir, voit la situation lui échapper complètement. On finit par compter les morts et les gendarmes mis sur le coup ont la surprise de leur vie en cherchant les empreintes relevées dans le fichier des personnes recherchées.
Autant dire que si vous avez la chance de recevoir pour Noël ces deux petits bijoux de noirceur et d’idées tordues, croyez-moi vous passerez à coup sûr une nuit blanche sans paillettes mais frissons assurés !
➤ « Je sais pas », Belfond 19,90 euros et « L’innocence des bourreaux », Pocket, les deux de Barbara Abel.
samedi 31 décembre 2016
Livres de Poche : dragon, vache et baleine au menu de Noël

➤ « Vent rouge » et « Dragon noir », Folio SF, 7,70 et 8,20 €

➤ « Meuh ! », Folio, 5,90 €

➤ « La baleine dans tous ses états », Folio, 7,10 €
Le Perry de Noël

➤ « Un Noël à New York », Anne Perry, 10/18 collection Grands détective, 8,80 €
DVD et blu-ray : Jason Bourne toujours aussi percutant

La CIA, grandes oreilles toujours à l’affût, est sur le pied de guerre. Depuis un centre de hackers islandais, quelqu’un vient de pirater la base de données américaine. En quelques secondes le pirate récupère le détail de certaines opérations top secrètes, notamment celles ayant trait au passé de Jason Bourne. La chef du service cybercriminalité, Heather Lee (Alicia Vikander) trouve le nom du pirate. Une pirate exactement, Nicky Parsons (Julia Stiles) qui fait le lien avec les précédents films. Nicky contacte Bourne car elle est persuadée que l’agent secret est toujours à la recherche de la vérité sur son passé. Elle se rend en Grèce pour lui remettre ces fameux dossiers. Suivie à la trace par Heather et ses satellites, elle sera éliminée par l’Atout (Vincent Cassel) le méchant du film. Une exécution qui est filmée en pleine révolution de rue dans une Grèce en proie aux pires émeutes de ces dernières années.
■ Le troisième « Bourne » de Paul Greengrass

On retrouve déjà le style de Paul Greengrass, réalisateur des premier et troisième épisodes de la franchise Bourne. Jason, qui vivote en participant à des combats clandestins, retrouve ses réflexes d’espion et va aller de Berlin à Londres trouver des réponses à ses interrogations. Beaucoup d’action pour un Matt Damon au summum de sa forme. En plus de l’Atout (rôle très physique pour Vincent Cassel qui pour le coup fait véritablement peur) il trouve sur sa route le directeur de la CIA (Tommy Lee Jones) bien décidé à effacer définitivement Bourne du passé de l’agence, d’autant que son nouveau projet risque d’être dévoilé par ce dernier.

Dans les bonus (beaucoup plus nombreux sur le blu-ray), Matt Damon explique pourquoi il a accepté de reprendre le personnage de Jason Bourne. A ne pas manquer non plus les coulisses de la course-poursuite sur le strip de Las Vegas. Pas une seule image de synthèse pour ce tour de force des cascadeurs.
➤ « Jason Bourne », Universal, 20 € le DVD, 23 € le blu-ray et 30 € le blu-ray 4K. Il existe également une intégrale des cinq films en blu-ray à 45 €
vendredi 30 décembre 2016
BD : La magie à portée de tapis

➤ « Le maître des tapis », Delcourt, 14,50 €
jeudi 29 décembre 2016
BD : Léo de retour au pays

➤ « Amazonie », Dargaud, 11,99 €
mercredi 28 décembre 2016
Cinéma : "American Pastoral", l'histoire de la petite fille qui deviendra terroriste

Au sortir de la seconde guerre mondiale, ils représentent tout ce que l’Amé-rique avait de merveilleux. Seymour « Le Suédois » Levov (Ewan McGregor) est la star de son lycée. Sportif accompli, il fait des merveilles dans l’équipe de football. Fils d’un industriel, il prend sa succession à la tête d’une ganterie florissante. Seymour tombe amoureux de Dawn (Jennifer Connelly), la plus belle fille du lycée sélectionnée pour le concours de Miss America.
Un couple parfait qui une fois marié, donne naissance à la petite Merry. Une blondinette espiègle, curieuse mais qui a un problème de bégaiement. Seymour a offert un havre de paix à sa famille. Une grande maison à la campagne entourée de prés où broutent les vaches élevées par sa femme, fermière plus par goût que par nécessité. La petite Merry adore ces vaches et joue souvent avec elles. Mais son problème d’élocution la tient éloignée des enfants de son âge. Cela ne l’empêche pas de tout comprendre à la vie. Elle excècre la violence et aime son père. Mais ne comprend pas pourquoi il ne l’embrasse pas comme sa si belle maman. La première partie du film pose les jalons de cette famille trop heureuse.
■ Violence contre guerre
A 16 ans, Merry interprétée alors par Dakota Fanning, entre en pleine rébellion. Les USA, soi-disant pour se protéger, mènent une guerre sans merci au Vietnam. Les images d’enfants massacrés choquent Merry. Elle découvre que d’autres, comme elle, sont contre la guerre. Elle lit Marx, rencontre des militants pacifistes qui pour certains décident d’utiliser les mêmes armes que leurs ennemis.
Explication houleuse entre l’ado et son père, démocrate et progressiste, mais loin, très loin des mouvements révolutionnaires des grandes villes. Il la consigne dans sa chambre et lui conseille, si elle veut vraiment lutter contre la guerre, de ne pas le faire à New York mais plutôt chez elle, dans sa petite ville, près de ses parents.
Quelques jours plus tard, une bombe pulvérise le bureau de poste. Un employé est tué. Merry disparaît.
Le FBI débarque chez les Levov, tous les indices convergent vers Merry, petite fille devenue terroriste. Les parents sont ravagés. Inquiets surtout. Ils sont persuadés, au début, que Merry a été enlevée. Ou manipulée. D’autres bombes explosent, les traces de Merry sont retrouvées sur place. Dawn, en pleine dépression devient presque folle, Seymour s’accroche, cherchant sans relâche sa fille bien aimée. Il la retrouvera dans la seconde partie du film, particulièrement émouvante.
Ce drame de la vie ordinaire, sans jamais juger, nous rappelle combien l’amour est fragile face à certaines situations. Merry aime ses parents. Un amour partagé. Mais face à la violence du monde, parfois, cet amour protecteur ne suffit pas.
Les trois acteurs principaux signent des performances éblouissantes. Jennifer Connelly se métamorphose à plusieurs reprises durant ces quelques années, en fonction de son état mental et de son aptitude à « oublier » le drame. Ewan McGregor, combattant, acharné, ne changera jamais de ligne. Quant à Dakota Fanning, ce sont presque deux rôles totalement différents qu’elle interprète, avant et après la bombe. Loin, très loin de ses personnages de gamine blondinette.
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Dakota Fanning, petite star surdouée
Enfant star, Dakota Fanning semble réussir son passage à l’âge adulte. Pas toujours évident pour ces jeunes acteurs et actrices américains très connus dès leur plus jeune âge. La petite Dakota Fanning a d’abord prêté sa jolie bouille pour des sports publicitaires ou des séries télé. Dès ses premiers pas au cinéma, elle se fait remarquer pour ses dons de comédienne. Elle est la plus jeune interprète jamais sélectionnée au Screen Actors Guild Award pour sa prestation dans « Sam je suis Sam » en 2001.Coqueluche d’Hollywood, elle est la fille, à tour de rôle en fonction des films tournés, de Charlize Théron, Robert de Niro ou Tom Cruise. Avec ce dernier elle est la co-vedette de « La guerre des mondes » de Steven Spielberg.
Devenue adolescente, place à des rôles un peu plus troubles, notamment en devenant une vampire « méchante » de Twilight. Elle y croise une première fois Kristen Stewart. La blonde et la brune se retrouvent peu de temps après dans le biopic « The Runaways ». L’histoire d’un groupe de rock féminin dans les années 70.
Un premier rôle d’adolescente rebelle, mais en moins extrémiste que sa composition dans « American Pastoral ». Dans ce film d’Ewan McGregor, elle passe de la jeune fille rebelle, prête à toutes les extrémités à une femme cassée, amorphe, totalement résignée. Une performance d’actrice époustouflante qui devrait lui ouvrir encore plus de portes dans ce milieu qui parfois a tendance à oublier les enfants devenus célèbres trop tôt.
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