Une région, Leucate, trois époques. Gérard Gavarry raconte la presqu'île audoise avec talent.

La ville de Leucate inspire Gérard Gavarry. L'écrivain parisien, ayant passé son enfance en Afrique, n'a pourtant pas d'attaches directe avec cette région « presqu'île languedocienne cernée par la mer et deux étangs côtiers ». L'histoire héroïque de Francèse de Cézelli en 1590 sert de trame à la première partie du roman. La seconde est directement tirée d'une anecdote racontée par un ami viticulteur, Guy Marquié. Installé à Maury, en 1955, il participe à des vendanges « assez originales en ce que les vignes se trouvaient comme isolées au milieu des eaux lagunaires. » Guy est embauché pour s'occuper du cheval de trait et de la charrette.
Cette partie du roman, la plus authentique, a des airs de récit du terroir. Mais Gérard Gavarry y ajoute quelques références à la politique de l'époque (la guerre d'Algérie et l'appel sous les drapeaux des jeunes Français) et des histoires d'amour entre vendangeurs. Et puis il y a les relations entre Guy et ses animaux. D'abord Pompon, le cheval, et aussi son chien, Gbêto. L'avantage de Guy, c'est qu'il parle occitan. Un atout pour le patron de la colle, « le père Chazes n'avait rien contre le catalan mais enfin, hein, pour être compris du cheval, mieux valait l'occitan. » Et sur 90 pages l'auteur, aidé des souvenirs de Guy Marquié, fait revivre ces vendanges d'antan, avant la mécanisation. Un tableau fidèle non empreint d'une certaine nostalgie: « Guy se pencha, soupesa une grappe et, avec le sourire et l'accent, déclara que le vin serait bon mais que les comportes allaient peser leur poids ».
Pour relier les trois histoires, le narrateur raconte ses déambulations en compagnie d'une mystérieuse Histoire, capable de passer d'une époque à l'autre. La dernière partie, contemporaine, parle aussi de guerre. Mais de celle qui déchire les pays lointains et pousse des jeunes à chercher liberté et espoir dans notre pays. Mais comment profiter de vacances à la mer dans ces conditions ? Un roman fort sur un territoire, les hommes et femmes qui y ont vécu, y vivent et y vivront.
« Leucate Univers » de Gérard Gavarry, éditions P.O.L., 17 euros (Gérard Gavarry sera en dédicace à la librairie Torcatis de Perpignan le jeudi 26 mai à 18 heures).




Surprise hier dans ma boîte mail. Un certain Mike Grey annonce la sortie de "The Footballers", son nouveau film, en salles le 27 mai. Présenté comme le blockbuster "le plus spectaculaire de tous les temps", ce "nouveau chef-d'œuvre de Mike Drey" (dixit le communiqué de presse) "marquera les esprits sur Terre, comme ailleurs." Critique ciné à mes heures perdues, je ne résiste pas à l'envie de visionner la bande annonce, d'autant que la description du casting, en toute simplicité, se résume à un laconique "les joueurs de l'équipe de France de football".
On croyait le genre disparu depuis la mort de Michel Galabru en début d'année. Et pourtant il existe toujours des films dont le tournage ne semble justifié que par le désir d'acteurs ou de réalisateurs de faire de l'argent facile pour payer leurs impôts. "Pension complète" de François Siri semble totalement rentrer dans cette catégorie. Franck Dubosc et Gérard Lanvin ayant cassé le box-office dans "Camping", il y a quelqu'un qui a pensé qu'en réunissant les deux acteurs dans un autre film, les millions d'entrées étaient assurées. Pas la peine d'écrire un scénario original, contentons-nous de reprendre la trame de "La cuisine au beurre" avec Fernandel et Bourvil. Pour s'assurer de la participation des deux stars, en plus d'un cachet conséquent, appâtons-les avec un tournage en Corse dans un hôtel-restaurant gastronomique réputé. Le titre, "Pension complète", prend alors toute sa dimension. Mais comme l'a fait remarquer un critique cinéma plein de bons sens lors de la sortie du film en salles, "ce n'est pas forcément dans les vieilles marmites qu'on mijote les meilleurs plats". 

