vendredi 12 février 2010

Livres de poche : des pépites à petit prix

Dans la vaste production des livres de poche, il y a parfois des pépites à ne pas manquer. Petite sélection, forcément subjective, de quelques titres récents.


Au moment de sa sortie, ce livre de souvenirs signé Laurent Fignon avait fait grand bruit. Car il y révélait que déjà, à son époque, le dopage était monnaie courante et qu'il était atteint d'un cancer. Devenu consultant sur France Télévisions et Europe 1, l'ancien champion cycliste a enduré un véritable enfer pour assurer jusqu'aux Champs Elysées. 

Dans ces confessions-confidences intitulées « Nous étions jeunes et insouciants » il reprend sans langue de bois les grandes étapes de sa carrière, des plus belles, ses deux victoires au Tour de France, aux plus sombres, défaite par 8 secondes d'écart au bout de trois semaines de course. Il jette un regard sans nostalgie sur ce milieu du cyclisme sportif si particulier. 

Dans cette édition en poche, Laurent Fignon a rajouté un avant-propos dans lequel il revient notamment sur l'annonce de sa maladie. Et fait le point sur son combat. Il n'est pas gagné. Loin de là. Mais il garde l'espoir. Sans pour autant se refuser à envisager la mort. 

Ce sportif, à l'image d'éternel étudiant, parfois cassant, voire arrogant, fait dans ces pages une démonstration d'humanisme et d'espoir revigorante. Chapeau le champion ! (Le Livre de Poche, 6,50 €)


Il n'est jamais trop tard pour découvrir l'œuvre de Conan Doyle. Un écrivain anglais qui a été complètement éclipsé par son personnage principal, Sherlock Holmes. Ce médecin, écrivant des nouvelles policières par passion mais aussi pour arrondir ses fins de mois, a été dépassé par le succès de son héros, l'ancêtre de tous les détectives. 

Se sentant enfermé, il a fait mourir Sherlock Holmes assez rapidement, mais la pression populaire l'a poussé à le faire revenir des morts. Au final Conan Doyle aura signé quatre romans et 56 nouvelles formant ce que les spécialiste appellent le « Canon » ou les « Textes sacrés ». 

Pour débuter, n'hésitez pas à faire l'acquisition de ces deux premiers Folio 2€ reprenant chacun trois nouvelles : « L'interprète grec » et « Une affaire d'identité ». (Folio 2 €)


Sherlock Holmes fait partie de ces personnages qui ont survécu à leur créateur. Ils ont été très nombreux à tenter de reprendre les aventures du locataire du 221b Baker Street. René   Reouven fut un des plus talentueux. L'ensemble des ses contributions Holmésiennes sont reprises dans ce gros volume de plus de 1100 pages intitulé « Histoires secrètes de Sherlock Holmes ». 

Des dizaines de nouvelles donnant l'occasion à cet écrivain français de faire se rencontrer le héros de Conan Doyle et quantité de personnages réels, notamment du monde littéraire, de Poe à Gérard de Nerval. Jacques Baudou, dans une passionnante et très instructive préface, estime que « René Reouven est sans conteste l'auteur qui s'est confronté avec le plus d'opiniâtreté, mais aussi avec le plus d'originalité et d'invention, à la grande saga détective créée par Conan Doyle et déclinée depuis par de très nombreux écrivains. » 

Une œuvre à redécouvrir (les titres ont été publiés entre 1982 et 1992) de toute urgence. (Folio Policier, 10,20 €)

jeudi 11 février 2010

BD - "On me l'a enlevée", le cri d'une mère en détresse


Tension et émotion dominent cet album hors normes signé Séverine Lambour pour le scénario et Benoît Springer pour le dessin. Joie et insouciance à la première page : un petit village, une fête foraine, des enfants qui s'amusent, dégustent des barbe-à-papas. 

Tout bascule quand Mélanie, une jeune mère, constate la disparition de sa fille, Lola, à peine âgée de 6 mois. L'alerte enlèvement est déclenchée. Durant une longue journée, à intervalles réguliers, la photo de la fillette va s'incruster dans les télévisions. En vain. On suit l'évolution de ce fait divers à travers les yeux des villageois. 

Ils connaissent tous Mélanie. Ils sont compatissants, comprennent sa douleur, son désarroi. Mais la nature humaine étant ce qu'elle est, l'échec des recherches pousse tout un chacun à se transformer en détective privé. Et d'élaborer des hypothèses qui sont souvent l'expression de rancœurs ou de peurs rentrées. L'un soupçonne la mère d'avoir tout manigancé, une autre dénonce cet homme qui vient de récemment s'installer au village. 

Le dessin nerveux et sec de Springer amplifie le malaise provoqué par cet enlèvement.

« On me l'a enlevée », Vents d'Ouest, 13 € 

mercredi 10 février 2010

BD - Tibet, toujours


Tibet a quitté ce monde dans les premiers jours de l'année 2010. Auteur infatigable, signant plus de deux albums par an depuis plus de 40 ans, il est mort, paraît-il, en regardant à la télévision une émission humoristique. Mourir dans un grand éclat de rire, qui peut rêver d'une plus belle mort ? 

Et par la magie de l'édition et ses délais toujours un peu long, moins de deux semaines après ses obsèques, voici qu'arrive dans les bacs des libraires la 70e aventure de Chick Bill, ce cow boy qu'il animait seul et qui s'est fait voler la vedette par deux personnages secondaires, Dog Bull le shérif et Kid Ordinn, son adjoint. Ce duo comique, même s'il n'a pas révolutionné le genre, est sans doute le plus efficace du genre. Le colérique Dog Bull est toujours le dindon de la farce, essentiellement en raison des gaffes du fainéant et nonchalant Kid Ordinn. 

Dans « Qui veut gagner des filons ? », Chick Bill est sur le point de se marier à Julie, la blonde institutrice de Wood City. Dans l'ombre, un homme va tout faire pour empêcher cette union. Tibet, avec un plaisir non dissimulé, a peaufiné des dialogues denses et hilarants.

« Chick Bill » (tome 70), Le Lombard, 9,95 €

mardi 9 février 2010

BD - L'hommage aux Tuniques Bleues


Le dernier festival international de la bande dessinée d'Angoulême était présidé par Blutch. Ce dessinateur qui est passé par Fluide Glacial et publie maintenant chez Futuropolis doit son pseudonyme au personnage des Tuniques Bleues. 

Logiquement il a décidé de mettre au programme du week-end charentais une exposition hommage à cette série grand public qui caracole en tête des ventes depuis plusieurs décennies. Cet album de 80 pages est en quelque sorte le catalogue de l'exposition. On y retrouve l'historique de la série, des entretiens avec les deux auteurs, Cauvin le scénariste et Lambil le dessinateur ainsi que quelques hommages signés, entre autre, Zep, Larcenet, Blutch, Bouzard ou Bercovici. 

Le lecteur découvrira également un mini récit datant de 1990 dans lequel les deux créateurs expliquent leur fonctionnement avec une auto dérision très rafraîchissante. 

En plus d'un lexique des principaux personnages (une cinquantaine pour autant d'albums...) Lambil montre en fin d'ouvrage quelques unes de ses aquarelles. Sublimes, tout simplement sublimes...

« L'hommage aux Tuniques Bleues », Dupuis, 25 €

lundi 8 février 2010

Polar - Triste campagne racontée dans "Country Blues" de Claude Bathany

Dans ce polar ténébreux de Claude Bathany se déroulant dans une ferme en Bretagne, ce qui reste d'une famille tente de survivre à l'infamie du père.



Cela aurait pu s'appeler « Bienvenue chez les frenchy freaks ». Ce roman de Claude Bathany est avant tout une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres. Et tous de la même famille, vivant ensemble dans un grand corps de ferme entre pâturages, vaches laitières et clapiers à lapins. Il fut un temps où il faisait bon vivre dans ce petit coin préservé. Quand le père, Etienne Argol, ancienne vedette de la chanson française s'était retiré sur ces terres pour y élever, en compagnie de sa femme, sa petite tribu : deux garçons, une fille et des jumeaux. Mais un jour, la star est tombée de son piédestal. Depuis la ferme est devenue « le trou du cul du monde », une sorte de lieu malsain où régulièrement des malades viennent voir l'endroit où vivait le « monstre ». Etienne Argol a été retrouvé pendu. Avec un bref mot manuscrit. Il s'accusait d'avoir enlevé et tué plusieurs enfants de la région. La dernière victime étant sa propre fille, la jumelle de Lucas.

Le texte est présenté sous forme de longs monologues de chaque personnages. Les membres de la famille Argol mais également les autres protagonistes de l'affaire, vieille de quelques années. Premier à entrer en scène, Dany. C'est le playboy, celui qui tient le plus de son père qui fut en son temps un grand coureur de jupons. Dany qui a décidé de relancer l'exploitation agricole. Il passe donc ses journées à s'occuper de ses vaches laitières. Le soir, il va culbuter les bourgeoises qui savent toutes qu'elles ne seront pas déçues.

Lucas et sa marionnette

L'aîné, Jean-Bruno, est un ancien boxeur. Il continue à s'entraîner sur le ring placé au milieu de la grange. Malgré le souvenir. C'est là qu'ils ont découvert leur père, pendu à une poutre. Jean-Bruno qui s'est lancé dans une grande tâche : édifier un mur tout autour de la propriété. Un mur pour le protéger des autres, de l'extérieur. Lucas, le plus jeune, est limite mongolien. Il a complètement viré schizophrène après la mort de sa sœur jumelle. Il l'a remplacée par une marionnette, Olive, qu'il a presque en permanence sur la main. C'est elle qui s'exprime à sa place. Olive, marionnette apaisante. Quand Lucas l'abandonne (notamment quand elle a ses règles...), il peut rapidement partir en vrille. Mieux vaut l'éloigner des armes à feu et des fillettes.

Enfin il y a Cécile. La seule fille de la maison. Grosse, lesbienne, passionnée par les armes à feu : elle semble en guerre contre tout le monde, notamment les tarés qui lui servent de famille. Elle est caissière dans une supérette, rêve de partir, loin. Mais elle est surtout lucide, très lucide : « Accepter sa laideur, c'est souvent une force, on peut mourir sans regret parce qu'on a un avantage sur les autres : on sait qu'on n'est qu'une bête. » Pour compléter le tout, cerise sur le gâteau, il y a la mère. Atteinte d'Alzheimer, elle passe ses journées à chasser les mouches, regarder la télé sans le son et se faire sur elle. La corvée de couches, à tour de rôle, est ce qui est le mieux partagé entre ses rejetons.

Cette galerie de portraits hallucinante, l'auteur nous la distille par touches subtiles. De l'incrédulité, on passe rapidement à l'effroi puis à la pitié. Ce petit coin de Bretagne survit comme il peut, dans la routine, dans le souvenir de l'horreur. Tout change quand Lucas ramène à la maison Flora, une jeune routarde qui semble égarée. Mais Flora n'est pas là par hasard. Dany puis Cécile vont se casser les dents dans leurs tentatives de séduction. C'est tout autre chose que Flora recherche : la vérité dans cette affaire qui paraissait un peu trop évidente à l'époque.

Ce roman policier hors normes, dérangeant, loin des sentiers battus ne vous décevra pas si vous êtes lassé par le politiquement correct. Même la fin imaginée par Claude Bathany aura ce goût amer, si caractéristique de la triste réalité.

« Country Blues », Claude Bathany, Métailié Noir, 8 €

dimanche 7 février 2010

BD - Dieu trop puissant


« Genuine City » d'Igor Dedic offre l'avantage de toucher à tous les genres possibles et imaginables en 48 pages. Cela commence comme de l'héroic fantasy, puis cela dévie vers la mythologie, le péplum, la piraterie pour finir dans de la science-fiction pure et dure. Un mélange assez déroutant car le lecteur est balloté d'un univers à un autre, d'une réalité à un imaginaire. 

Mais l'ensemble passe comme une lettre à la poste grâce au dessin de Dedic. Cet auteur, vivant à Montpellier, après des années à travailler dans le milieu du dessin animé, a décidé de proposer aux lecteurs de BD son propre univers. Son dessin, réaliste et précis, prend toute son ampleur avec l'entrée en scène de Léonidas, le Dieu tout puissant de cet univers. Il a une tête de lion et fait ce qu'il veut de ses sujets. 

Notamment de Polak, un blond guerrier au passé mystérieux. Il est beau, courageux, loyal mais pas très futé. Au grand désespoir de Léonidas. 

Le Dieu-lion va s'amuser avec ce jouet humain mais à ses risques et périls, quelques souvenirs de Polak vont remonter à la surface.

« Genuine City » (tome 1), Drugstore, 13 € 

samedi 6 février 2010

BD - Campagne adorée


Un couple de citadins décide de refaire sa vie à la campagne. Ils débarquent donc dans une maison entourée de verdure. Cela fait la joie de leur petite fille, Annaëlle, qui va se faire de nouveaux amis : poules, canards, chèvre, cochon... 

Le premier tome de cette série jeunesse de Nicolas Jarry (scénario) et Paolo Deplano (dessin) s'intitule « L'odeur du foin ». Cette série de gags a des airs de « Retour à la terre » de Larcenet et Ferry. Mais avec moins d'acuité et plus de légèreté. On découvre le nouvel environnement de la famille grâce aux yeux de la petite fille. Si elle croit que la voisine, une vieille dame peu bavarde, est une sorcière, elle ne croit plus aux loups et aime à se promener dans la forêt. 

Le portrait du père est lui aussi très abouti. Dans un corps massif et derrière une barbe fournie se cache un cœur tendre se demandant s'il a fait le bon choix pour les siens. 

Une bande dessinée humoristique sans prétention, véritable bouffée d'air frais qui ne caricature pas complètement la campagne et ses habitants, même si l'image donnée des chasseurs est parfois discutable.

« Un coin de ciel bleu » (tome 1), Delcourt, 9,95 €

vendredi 5 février 2010

BD - Magouilles à l'Elysée


Envie de savoir ce qui se trame exactement dans les entrailles du Palais de l'Elysée ? Cette nouvelle série tente de donner une réponse. Plus exactement, Benec, le scénariste, imagine ce que peut être le rôle d'un service action entièrement dévoué au président (le Pacha dans l'album) et totalement affranchi des lois et de la morale. Sisco est le personnage principal. 

On ne peut pas véritablement parler de héros car il est tout sauf exemplaire. Il vient de recevoir un nouvel ordre de mission. Il franchit quelques portes et se retrouve dans le bureau d'un conseiller du président. Ce dernier a des ennuis judiciaires. Il a l'intention de raconter quelques secrets à une journaliste avant de se retrouver derrière les barreaux. 

Sisco lui explique que cette décision n'est pas la bonne avant de lui loger une balle dans la tête. Parfait pour faire croire à un suicide. Problème : un laveur de carreaux a vu la scène et parvient à prendre la fuite. 

Le reste de l'album raconte la chasse de cet homme avant que le service et le Pacha ne soient éclaboussés. De la politique fiction, inspirée d'un véritable fait divers, dessinée par Thomas Legrain.

« Sisco » (tome 1), Le Lombard, 10,95 € 

jeudi 4 février 2010

Roman - Dérive africaine

Un bateau de croisière sur un fleuve africain est capturé par des rebelles. Une prise d'otages sur fond de confrontation de civilisations.

Tourisme et exotisme. Tel était le programme de cette croisière à bord du Katarina sur un fleuve africain. Le luxueux bateau embarque dans ses cabines un groupe de riches occidentaux. Toute une palette représentative de ce monde aux certitudes bien ancrées. Il y a des Américaines, « deux bigotes évangélistes », Nagimpaul, un écrivain alcoolique, provocateur et obèse, deux Italiennes douces et charmantes, Louis, un ami du narrateur, le docteur Saulnier, Marie, la femme de compagnie d'un vieillard qui se meurt dans le lit de sa cabine, Dasqueneuil, « homme gras et rougeaud » au « verbe haut ». Et puis le narrateur. Un journaliste et cinéaste qui ne fait pas du tourisme mais des repérages pour un film qu'il compte réaliser sur une région particulière de ce pays à la faune riche et typique.

La croisière suit son cours, lentement, rythmée par les repas et les soirées au bar. Mais déjà les premiers signes du bouleversement à venir apparaissent. Il est de plus en plus question de Elimane Ba, le chef de la rébellion. Une révolte qui prend un peu plus de réalité quand les touristes apprennent dans un texto : « Ils ont pris la télévision ».

Enfants soldats

Mais tout le monde n'a pas la même perception de la réalité. Alors que certains commencent à s'inquiéter, d'autres n'ont qu'un but : profiter de leur coûteuse croisière. C'est le cas de Nagimpaul découvrant, gourmand, que trois belles et jeunes autochtones ont réussi à monter à bord. Elles sont entrées « dans la salle à manger du bateau avec leurs airs candides, leurs jupes satinées moulantes et leur démarche vacillante à cause des chaussures à talons aiguilles ». Un petit scandale qui offusque les Américaines et les Italiennes. Le lendemain, le brouhaha est encore plus grand quand on découvre dans la cabine de Nagimpaul une des Africaines, nue et morte. L'écrivain, lui, cuve ses alcools forts dans un fauteuil du solarium.


Ce fait divers sordide vient encore plus plomber l'ambiance. Le bateau a sauté une escale, pour raison de sécurité, et quelques heures plus tard un groupe armé parvient à monter à bord et à s'emparer du navire. Les touristes deviennent otages... Le narrateur explique parfaitement le changement d'état d'esprit : « Jusque-là je m'étais senti protégé par un sentiment d'irréalité, d'incrédulité, l'idée, la relative certitude que notre statut d'étranger nous garantissait à jamais contre les périls, les fléaux, les guerres. Mais écrasé contre le métal graisseux avec au-dessus de moi le bourdon du haut-parleur, je découvrais que ma vie ne tenait à presque rien : une rafale de fusil-mitrailleur, un doigt d'enfant sur une gâchette. »

Le roman de François Emmanuel raconte ces huit jours particuliers. Comme un condensé de toutes les émotions possibles dans une existence. Certains ne s'en sortiront pas, d'autres auront la chance de survivre. Le narrateur, avec sa caméra, deviendra un témoin privilégié de l'histoire en mouvement. Loin du thriller à l'américaine au rythme échevelé et au suspense allant crescendo, le texte de cet écrivain belge ayant déjà signé une quinzaine d'ouvrages est dense, cérébral, introspectif. Il ne décrit pas l'action mais nous laisse la deviner. Comme un hommage à cette malédiction africaine entre fatalisme et résignation.

« Jours de tremblement », François Emmanuel, Seuil, 16 € (Photo John Foley)

mercredi 3 février 2010

BD - Inquiétantes bestioles


Si le monde d'Avatar vous a émerveillé, vous apprécierez aussi cette BD au dessin rond et enfantin, au message assez similaire, le politiquement correct en moins. Hubert (scénario) et Ohm (dessin) ont imaginé ce monde si différent. Les habitants des îles ont décidé de laisser le continent à l'état sauvage, pour ne pas détruire le fragile équilibre naturel. 

La jeune pilote de montgolfière, Luanne, flanquée d'un commandant alcoolique et d'un stagiaire fils à papa, se crache dans la jungle. Immédiatement ils sont pris à partie par les milliers de bestioles autochtones qui considèrent cette intrusion comme une agression. 

Déroutant dans les premières pages, ce gros album de 72 pages devient rapidement passionnant. Assurément une des révélations du festival d'Angoulême qui s'est déroulé le week-end dernier et qui a couronné Baru (Grand Prix) et Riad Satouf (meilleur album avec Pascal Brutal).

« Bestioles », Dargaud, 19 €