lundi 8 mars 2021

De choses et d’autres - Les écrans se rebellent

Alors qu’hier soir on remettait les César du cinéma français (chapeau au passage à Aurel, réalisateur de Josep, césar du meilleur film d'animation et aux deux autres prix pour les films tournés en région, Deux et Antoinette dans les Cévennes), d’autres acteurs du 7e art ont prévu des actions ce week-end pour dénoncer cette interminable fermeture des salles.

Interminable et surtout incompréhensible. Tout le secteur voit la machine se relancer un peu partout dans le monde, seule la France semble particulièrement réticente à rouvrir les salles obscures.

Pourtant près de chez nous, l’Espagne conserve les lieux culturels ouverts, la Suisse va permettre aux cinémas de nouveau fonctionner à partir du 22 mars et aux USA, après New York, c’est la Californie qui va alléger ses restrictions.

Pendant ce temps, Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, invitée dans une émission de divertissement sur France 5, ose expliquer que si les cinémas sont fermés, c’est surtout à cause des spectateurs qui ont la fâcheuse habitude de se regrouper avant et après les séances… Comme si les clients des magasins ne s’agglutinaient pas aux caisses et les utilisateurs du métro ou des bus sur les quais ou dans les arrêts…

Il est symptomatique que plus les explications des prétendus responsables sont oiseuses, plus elles passent comme une lettre à la Poste.

Ce week-end, donc, je vais peut-être me retrouver dans la peau d’un hors-la-loi. Tout simplement car je vais aller voir un film lors d’une séance clandestine. Pas forcément un brûlot politique, juste une œuvre réalisée et jouée avec passion par des professionnels de talent pour me changer les idées.

Et si en plus c’est pendant le couvre-feu, je risque combien d’années de prison ? 


Série télé - Âmes sœurs en quête d'amour dans "The One"


Tous ceux qui croient au coup de foudre doivent regarder « The One », série anglaise diffusée sur Netflix. On aurait tous une âme sœur quelque part sur terre ? Pour la trouver il faut simplement comparer les ADN. Cette découverte, au centre de l’histoire, est faite par une scientifique anglaise, Rebecca Webb (Hannah Ware) qui fonde The One, multinationale de l’amour. Elle devient immensément riche, mais pour arriver à ses fins, elle a souvent franchi la ligne blanche. 

Un volet policier mené par l’inspectrice Kate Saunders (Zoe Tapper). Au cours de ces 8 épisodes de 50 minutes, on suit également les transformations de trois couples construits ou détruits par The One. C’est sur cette thématique que la série se distingue le plus. Avec parfois des réflexions métaphysiques complexes sur le déterminisme, l’inné et les conséquences parfois dramatiques des progrès de la science sur nos vies quotidiennes. 


dimanche 7 mars 2021

Polar - "Rouge Tango", enquête dans la poche

La pêche peut se révéler un sport très physique. Surtout si comme Niels, le narrateur de « Rouge Tango », second roman de Charles Aubert, on se retrouve plongé dans une ténébreuse histoire de disparition avec magouilles de la mafia en toile de fond. Niels est le roi des fabricants de leurres artisanaux, le meilleur dans sa spécialité. 

Charles Aubert, l’auteur, vivant au bord de l’étang des Moures entre Sète et Montpellier, connaît ce milieu comme sa poche. Il a donc décidé d’y planter les intrigues de ses romans policiers. On croise aussi dans ce polar 100 % local, un jeune geek, un tueur à gages, un gendarme et une journaliste très curieuse. 

« Rouge Tango », Pocket, 7,60 €

De choses et d’autres - Feu de joie dans les nuages


Quand le terme « cloud » est apparu dans le langage numérique, beaucoup ont été interloqués par cette image. Nos données numériques, d’un stockage dans les entrailles de nos ordinateurs, pouvaient désormais rejoindre le cloud, le nuage. Avec deux atouts essentiels : plus de contrainte de taille et accessible de partout.

On avait pour la première fois une sorte de cran supérieur de cette dématérialisation des données. On imaginait nos photos ou vidéos de famille (nos bulletins de salaire ou relevés de comptes bancaires, aussi) folâtrer en toute liberté dans l’atmosphère éthérée du ciel infini. Image fausse évidemment.

La réalité est forcément plus terre à terre. Elle est revenue en pleine face de nombre de sociétés ce mercredi après le gigantesque incendie d’un bâtiment près de Strasbourg abritant d’immenses serveurs informatiques.

Non vos données ne sont pas stockées dans le ciel mais dans d’énormes machines particulièrement énergivores, basées dans des lieux tenus secrets car forcément sensibles. Ce gros feu de joie dans les nuages numériques a quand même mobilisé 115 pompiers et 43 véhicules. Il a entraîné la fermeture temporaire de plusieurs millions de sites internet. Par chance, il n’y a pas de victimes humaines.

Pour ce qui du bilan en nombre d’intelligences artificielles détruites dans les flammes, le bilan est forcément fluctuant. Ceux qui sont persuadés que cette nouvelle forme de vie est forcément unique et singulière sont rassurés, l’IA (Dieu en quelque sorte) a juste eu quelques poils de barbe roussis.

Les autres, prétendant que chaque IA est indépendante, s’en sortent en croyant à la résurrection rendue possible grâce aux sauvegardes gérées par le fameux Saint Back-up. 


samedi 6 mars 2021

De choses et d'autres - Heureusement, il n'y a plus de monarchie en France

Je ne cesserai jamais de féliciter mes ancêtres qui ont, après une révolution salutaire, déboulonné la royauté en France. Quand on voit comment l’institution a évolué en Grande-Bretagne, on ne peut que se réjouir d’être sans famille régnante.

Les scénaristes ont beau essayer de transformer ces mesquineries, coups bas et autres manigances en scénario de série à succès (The Crown sur Netflix), le spectacle dans la vraie vie reste assez rebutant pour ne pas dire abject.

Dernier rebondissement en date (celui qui servira sans doute de départ à la saison 10), l’interview vérité de Meghan Markle et son chéri, fils de Diana, petit-fils de la Reine Elizabeth. La comédienne américaine n’y va pas de main morte, osant mettre sur la place publique les réflexions racistes d’éminents membres de la royauté.

Bon, rien d’étonnant pour les fans de la série. On sait qu’à une époque non seulement il y avait des racistes à Buckingham mais qu’en plus ils étaient fascinés par le fascisme…

Alors forcément, un bébé caramel dans la famille pot de lait provoque des débuts d’étouffement chez certains de leurs descendants. Sur le fond, il n’y a pas photo et le jeune couple domino ne peut qu’attirer toutes les sympathies.

Par contre, sur la forme, Meghan et Harry n’arriveront jamais à justifier le pactole touché pour cette interview. Pour ces millions de dollars, en France à une certaine époque, et quelle que soit la couleur de votre peau, vous vous seriez retrouvé sur l’échafaud.

Une solution expéditive mais qui nous épargne, aujourd’hui, de consacrer des heures de débat sur les bisbilles d’une seule famille alors que des millions d’enfants meurent de faim dans le monde et que chez nous les services de santé sont débordés par la pandémie.  


vendredi 5 mars 2021

BD - L’abbé de l’humour


Les plus grands humoristes sont passés par la revue Fluide Glacial. Dans l’ombre de l'immense Gotlib, toute une génération a osé rire de tout. Aujourd’hui le mensuel poursuit son travail de découverte avec cette nouvelle collection sobrement nommée « Institut Fluide Glacial de la recherche pour l’Umour ». 

Le principe est simple : on propose au lecteur les premières planches d’une jeune auteur, avec dans les marges les commentaires d’un vieux de la vieille. L’abbé propose gags et histoires complètes avec Maëster pour parrain. 

Un abbé adoubé par le créateur de Sœur Marie-Thérèse, c’est d’une logique implacable. L’occasion de revoir quelques crobards de Maëster, obligé depuis un ennui de santé de lever le pied sur sa production.  

« L’abbé », Fluide Glacial, 10,95 €

De choses et d’autres - Mesdames, à dans 364 jours !

Lundi dernier, le 8 mars, on célébrait la journée de la Femme. Ce raccourci, qui risque de m’attirer les foudres de toutes les viragos de la région, est une provocation volontaire. Je sais parfaitement que ce n’est pas la journée de la Femme mais la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. La différence est de taille.

Mais, dans les faits, ce 8 mars a été récupéré, dénaturé et parfois ridiculisé. Surtout, cela donne bonne conscience à beaucoup pour faire leur bonne action de l’année en direction de ce qui reste la majorité de l’espèce humaine sur terre. Le déséquilibre est flagrant.

Dans la presse, notamment, où l’on voit fleurir quantité de reportages, portraits et autres mise en valeur de « femmes méritantes ». Comme si on ne pouvait parler d’elles qu’en ce jour particulier. Le reste du temps, c’est le black-out total. Ou, plus exactement, l’année des mecs. 

Le pire reste évidemment la récupération commerciale de ce jour très symbolique. Comme cette pizzeria qui annonce une seconde pizza gratuite, uniquement aux clientes et le 8 mars. Outre la discrimination intolérable, l’opération permet aux gros machos de rire grassement sur deux clichés répandus dans leur triste milieu : « Deux pizzas, elles vont grossir ! » et « Elles savent plus cuisiner ? » 
Non, une journée pour les femmes par an, ce n’est définitivement pas assez. Si certains vous disent mesdames « à dans 364 jours », je continuerai, pour ma part, dans cette chronique, à mettre en valeur quotidiennement toutes les bonifications de la société directement issues de votre féminité. 


jeudi 4 mars 2021

De choses et d’autres - Le fameux décalage horaire parisien

 

Il est 5 heures, Paris s’éveille… Tout le monde connaît cette chanson de Jacques Dutronc. Si, pour certains, la journée commence tôt dans la capitale, pour d’autres, elle est en léger décalage avec le reste du pays. La preuve, avec cette déclaration étonnante de la maire, Anne Hidaldo. A la radio, hier matin, elle a expliqué que ce couvre-feu à 18 heures était très handicapant dans sa ville car « À 18 h, on est en milieu d’après-midi à Paris. »

Donc, Paris, tout en étant au centre de la France semble bénéficier d’un fuseau horaire spécifique. Si, en province, on regarde le journal de 20 heures, à Paris, c’est le journal de 16 heures. Et le cinéma de minuit se transforme en séance de 20 heures, quasiment du prime time. En reprenant la chanson de Dutronc, on comprend que si Paris s’éveille à 5 heures - chez nous, il serait royalement 9 heures du matin.

La bonne nouvelle dans cette déclaration concerne « la France qui se lève tôt » chère à l’ancien président Nicolas Sarkozy. Si par un concours de circonstances qui fait tant se goberger les éditorialistes parisiens, Anne Hidalgo est candidate à la présidentielle et qu’elle l’emporte en juin prochain, sa première mesure serait d’appliquer le fameux décalage horaire parisien à l’ensemble du pays.

Les boulangers et éboueurs commenceraient à bosser à 9 heures, les écoliers iraient en cours à partir de midi. Seul problème, obligés d’attendre 21 heures pour débuter l’apéro. Je sens comme une révolte monter en province. 


mercredi 3 mars 2021

DVD et VOD - "Boss Level", nouvelle boucle temporelle

Les films sur les boucles temporelles sont à la mode. Après les romances (Palm Springs) ou l’horreur (Happy Birthday), place à l’action avec Boss Level. Cette grosse production, qui sort directement en vidéo (Metropolitan Vidéo), est réalisée par Joe Carnahan avec Frank Grillo en vedette. 

Le scénario est particulièrement fin : un vétéran des forces spéciales à la retraite revit sans cesse la même journée, celle-ci se terminant à chaque fois par sa mort. Pour stopper cette incessante souffrance, il doit trouver qui en est responsable et l’arrêter. Le film vaut donc surtout pour ses scènes d’action.

 Dans les seconds rôles, Mel Gibson et Naomi Watts servent de tête d’affiche US, Michelle Yeoh et Mathilde Ollivier d’appâts pour les ventes à l’étranger. 

De choses et d’autres - Copeaux récréatifs

Vu sur le net la semaine dernière la publication d’une élue de la ville de Paris se félicitant de l’aménagement d’une partie de la cour de récréation de l’école des Quatre fils. « Dès lundi, les enfants pourront découvrir ce nouvel espace débitumé et rempli de copeaux de bois » se félicite-t-elle. Sur la photo, on voit un espace de 4 mètres sur 2 effectivement rempli de copeaux de bois.

En visualisant ce bac à sable nouvelle génération, deux images me viennent immédiatement à l’esprit. Premièrement j’imagine la joie des enfants jetant les copeaux sur le goudron du reste de la cour. Ensuite j’espère qu’il n’y a pas de chats errants dans les parages au risque de voir les copeaux se transformer en litière géante.

On pourrait penser à un gag, pourtant cette cour de récréation améliorée entre dans le cadre du projet mondial « Cour Oasis ». Le but est de transformer ces lieux de détente pour les enfants en petite oasis où on peut faire autre chose que de tourner en rond ou jouer à la marelle.

Dans une cour Oasis, il est suggéré de planter des arbres, construire un poulailler et même des ruches. Mais qui dit ruche dit abeilles et donc piqûres. Est-ce bien raisonnable pour des enfants ?

Pourtant l’apprentissage du risque est souvent source de prudence. Il existe en Nouvelle-Zélande une cour de récréation dite « sans règle ». En clair les enfants peuvent y faire tout ce qu’ils veulent. Une vidéo les montre en train de fabriquer des arcs et des flèches, monter dans des arbres, dévaler des pentes à trottinette, escalader des barrières en grillage.

Les papas et mamans poules doivent en faire des cauchemars la nuit.

Mais ça marche : les accidents et petits bobos sont en chute libre. Le directeur n’a conservé qu’une seule règle : Ne pas tuer un camarade.