dimanche 7 janvier 2018

BD - La nouvelle Babylone du "Prince de la nuit"


Un seul homme peut-il changer la face du monde ? Oui si l’on en croit le troisième tome du « Prince des ténèbres », mini-série dans le cadre de la collection Jour J. Cet homme c’est Bob, agent secret américain, persuadé avant tout le monde que Ben Laden est un redoutable ennemi pour son pays. Donc avant que les commandos ne fondent sur les tours jumelles, Bob, aidé d’O’Neill, un agent du FBI qui a cru aux craintes de Bob, neutralise les terroristes. 

Dans ce troisième tome, écrit par Duval et Pécau et dessiné par Kordey, Bob est toujours sur la piste de Ben Laden. Mais entre-temps Saddam Hussein a été destitué par un printemps arabe. C’est donc dans cette région toujours aux prises à de graves troubles que le duo va, en dehors de toute légalité, poursuivre son travail pour mettre le monde occidental à l’abri des agissements de ces fous de Dieu. C’est plein de clins d’œil politiques (De Villepin, Obama) et totalement crédible. Ensuite, difficile de dire si ce serait mieux que notre triste présent...

➤ «Jour J » (tome 31), Delcourt, 15,50 €

vendredi 5 janvier 2018

De choses et d'autres - Bon string et bonne année

Le maire de Baillargues dans l’Hérault ne manque pas d’humour. Chaque année, il innove en présentant ses vœux à la population. L’an dernier, quelques mois avant les présidentielles, il avait offert un mini-Babybel à ses administrés, histoire qu’ils ne se fourvoient pas en votant. Dans sa ligne de mire François Hollande et ses cinq ans de fromage à pâte molle...

Cette année, Jean-Luc Meissonnier a placé la barre un peu plus haut. Constatant année après année la diminution des dotations de l’État, il a voulu dénoncer cette situation. Sur la carte de vœux, en plus de la phrase « Pour que votre maire ne se retrouve pas sans culotte, la Ville de Baillargues a le plaisir de vous offrir ce string républicain », il a effectivement placé un string dans l’enveloppe. Sur le petit bout de tissu, une cocarde bleu blanc rouge et les initiales R.F. Revendiquant une politique peu institutionnelle, le maire de Baillargues, à défaut de remplir ses caisses, tente de détendre l’atmosphère.

Pas certain que tout le monde apprécie. Car un string, qu’on le veuille ou non, a une connotation un peu vulgaire. Et franchement, la ficelle entre les fesses, je ne sais pas qui peut supporter ça toute une journée. C’est un peu comme s’il avait offert des chocolats aux personnes âgées, mais qu’ils étaient fourrés au piment.

Hier jeudi, sur le site du Midi Libre, il affirmait avoir déjà son idée pour 2019 : « du lourd ». Après le string, la feuille de vigne ? 

jeudi 4 janvier 2018

De choses et d'autres - Après le bêtisier

Avouez, durant ces vacances de Noël, encore une fois, vous avez craqué et êtes resté de longues minutes devant un bêtisier. L’avantage du bêtisier, c’est qu’il n’est jamais terminé. 2017 à peine terminé, les magnétoscopes se mettent de nouveau à tourner pour le programme de fin 2018.

Et pour les bêtises, on peut faire confiance à Christophe Barbier. L’homme à l’écharpe rouge, éditorialiste sérieux (de droite en langage politiquement correct), longtemps directeur de l’Express, écume les plateaux télé depuis des décennies. Récemment, il est passé de l’autre côté des projecteurs, endossant le soir venu le costume d’acteur sur des scènes parisiennes. Et pour se faire remarquer, il a donné un coup de jeune à sa plume en écrivant ses éditos sous forme de rap.

Le 2 janvier, à la radio, il a accepté de « chanter » son texte sur les 40 ans de Macron. Déjà, du rap, c’est pas fameux à écouter. Mais du rap de vieux, sur un faux rythme, c’est carrément rebutant.

Visiblement, Christophe Barbier en cette année 2018 a décidé de se lâcher. Hier matin, dans la matinale de BFMTV, un sujet sur les célébrités qui se montrent en train de faire de l’exercice les lendemains de fêtes a dégénéré. Carla Bruni fait des pompes ? Le présentateur aussi ! Et Christophe Barbier, seul dans son coin, a tenté le tout pour le tout pour se faire remarquer : il s’est lancé dans un poirier sur la table de présentation. A moitié réussi, mais suffisamment pour que toute la toile s’en empare et se moque de l’éditorialiste devenu rappeur puis équilibriste...

Donc en 2018, pour faire passer ses idées, il faut le faire avec force et agilité. Il me tarde de voir Jean-Michel Apathie (France Info) faire une roue, Thomas Legrand (France Inter) un salto arrière et Patrick Cohen (Europe 1) un triple saut périlleux (ses audiences sont vraiment à la traîne). Michel Litout

mercredi 3 janvier 2018

DVD et blu-ray - Qui sont "Les Proies" en temps de guerre ?

Film étouffant que ces « Proies » de Sofia Coppola. En pleine guerre de sécession, l’immense demeure d’une plantation à l’abandon sert de dernier refuge à une institution pour jeunes filles. Six femmes, de 12 à 45 ans, vivent cloîtrées, entendant au loin le son du canon. 

Quand une des plus jeunes, en cherchant des champignons dans les bois, dé- couvre un soldat yankee blessé à la jambe, sa charité chrétienne la pousse à l’aider et à le ramener à la propriété. Un homme, six femmes : le huis clos peut débuter, chargé de tensions sexuelles et de non-dits. Le soldat (Colin Farrell), aurait pu être dénoncé immédiatement aux Sudistes, mais la maîtresse de maison Miss Martha (Nicole Kidman), sur la demande insistante de Edwina (Kirsten Dunst), décide de le soigner. Quelques jours de répit pour qu’il reprenne des forces. Mais cet homme, dépendant car blessé, tourneboule les têtes des jeunes filles et la nuit des drames se jouent.

Remake d’un film de Don Siegel, « Les Proies » de Sofia Coppola prend le parti des femmes. Exactement, la réalisatrice donne la vision des faibles femmes face au soldat, habitué à violenter et tuer. Un film présenté à Cannes et qui a surtout marqué par son esthétique très léché. Costumes, décors, éclairages : tout est travaillé au millimètre. Un peu aux dépens de l’intrigue, assez molle. Mais dans l’ensemble le film donne l’occasion à tous les acteurs de réaliser des performances trop rares dans le cinéma américain.

DVD et blu-ray proposent deux making-of, un sur la genèse du projet et le choix du casting, l’autre plus orienté vers l’adaptation et le travail maté- riel, décors et costumes.

➤ « Les Proies », Universal, 16,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray

DVD et blu-ray - A Noël aussi on peut avoir très peur avec "Watch out"

Vous n’en pouvez plus de voir et revoir tous ces téléfilms américains sur Noël multidiffusés sur les chaînes privées et dégoulinants de bons sentiments ? « Watch out » est pour vous. Ce film de genre australien utilise les grands classiques du genre, mais transforme le tout en cauchemar absolu.

Dans une banlieue chic, le père et la mère vont passer la soirée chez des amis. Ils laissent leur fils unique Luke (Levi Miller) en compagnie de la baby-sitter Ashley (Olivia DeJonge). Luke, 13 ans, est amoureux transi d’Ashley, 18 ans. Il se dit que cette soirée en tête à tête est l’occasion de sa vie pour la séduire. Avec son meilleur ami, il va tenter de lui faire peur lors du triptyque classique : film fantastique, coups de fil muets et apparitions dans le jardin. Mais la belle Ashley n’est pas dupe et démasque rapidement l’ado.

Les 20 premières minutes, entre parodie et hommage aux films de genre laissent le spectateur un peu sur sa faim. Mais rapidement Chris Peckover, le réalisateur, dévoile son véritable scénario et là, terminée la rigolade. Gore et pas du tout politiquement correct, «Watch out » prouve une nouvelle fois le formidable dynamisme du cinéma en Australie. Le making-of nous apprend que le film a été tourné en plein été austral par 30°, les comédiens devant faire comme s’ils se gelaient dans de la neige artificielle.

➤ « Watch out », Wild Side, 14,99 € le DVD, 19,99 € le bluray

mardi 2 janvier 2018

De choses et d'autres - Les cartes d'hier et de demain

La tempête Carmen qui a déferlé sur l’ouest du pays a placé des dizaines de département en vigilance orange et nous a remis une bonne dose de cartes sous les yeux pour ce premier jour de 2018. Qu’elles soient au trésor ou météo, les cartes appartiennent à ce langage commun acquis très tôt tant à l’école que dans notre imaginaire. Qui n’a pas rêvé en tournant la mappemonde, de trouver le coin le plus éloigné de son monde connu ? La Tasmanie et les Aléoutiennes m’ont longtemps fasciné. Poser un jour le pied sur l’île Rodrigue fait partie de mon fantasme ultime.

Mais les cartes, grâce aux nouvelles technologies présentent aussi une autre utilité. Prenez l’empire romain. On sait tout de son règne, mais on n’a pas véritablement conscience de la difficulté de son édification. Des chercheurs de l’université de Stanford ont encodé des milliers de données pour savoir comment on se déplaçait à l’époque. Combien de temps pour aller d’un point à un autre et à quel coût. Pour se rendre de Narbonne à Toulouse, 4 jours étaient nécessaires. Par contre, Narbonne - Barcelone, en bateau, ne prenait que 2 jours alors que par la route il en aurait fallu près de 10... Du moins si vous voyagiez normalement en mulet, moyen le plus commun pour se déplacer à l’époque.

Autre carte vue hier au gré des bonnes années des uns et des autres, celle des vols entre Asie et USA qui vous permettent de reculer dans le temps. Avec le décalage horaire et le franchissement de la ligne de changement de date (située au milieu du Pacifique), vous partez le 1er janvier 2018 de Tokyo et arrivez le 31 décembre 2017 à San Francisco. Parfait pour les grands amateurs de réveillon, deux pour le prix d’un.

Je ne l’ai pas vécu, mais la carte, par procuration, m’en a fait dé- couvrir toutes les subtilités. 

lundi 1 janvier 2018

De choses et d'autres - En 2018, faisons simple

Pour cette première chronique de l’année, je n’aurai pas la prétention d’énumérer mes bonnes résolutions que je ne tiendrai de toute façon pas. Ni de lister ce qui me ferait plaisir tout en sachant parfaitement que je ne profiterai pas de la moitié. Par exemple, pourquoi désirer une nouvelle télé (connectée, plus grande, HD...) si elle n’est pas livrée avec une extension de journée pour en profiter ? Alors plus modestement, pour cette année 2018, je vais tenter de « faire simple ». 

Si je dis oui, c’est oui. De la même manière, si je dis non, c’est réellement non, pas un « peut-être pas si...» Avez-vous remarqué comme la nuance nous bouffe la vie ? Du moins ceux qui comme moi sont du signe de la balance (ne manquez pas notre grand horoscope annuel dans cette édition de l’Indépendant. Ceci est une publicité simple, oui). 

A vouloir peser le pour et le contre, on est sans cesse dans l’indécision. Et si en face vous avez quelqu’un qui au contraire a des idées tranchées, c’est invivable. Car le temps que vous vous décidiez, votre interlocuteur a changé trois fois d’avis (plus on a de certitudes, plus on est versatile). Donc, quelle que soit votre position finale, vous avez toutes les chances d’avoir déçu l’autre. Dans ce cas de figure, il semble impossible, même avec toute la simplicité du monde, de bien commencer l’année. 

A moins de considérer que la simplicité soit de mettre en place ce concept de raisonnement (fallacieux mais tant pis) : « vous avez raison, j’ai tort », « vous savez tout, je suis un ignare », « vous êtes au top, je suis nul ». En sens unique, c’est sans espoir, mais si chacune des parties l’applique, vous verrez que la vie se révèlera véritablement plus simple. 

dimanche 31 décembre 2017

BD - Au cœur de vos cauchemars


Franck Thilliez, romancier renommé qui s’est fait une spécialité des polars sombres et alambiqués, met sa plume au service de la BD. La BD pour adolescents exactement, avec la création de cette série intitulée « La brigade des cauchemars ». Dans un immense asile, deux adolescents, Tristan et Esteban, sont chargés, la nuit venue, de pénétrer dans les cauchemars d’autres enfants pour les libérer de ces peurs primales. 


Dessiné par Yomgui Dumont, cet univers sombre va réellement vous faire avoir les chocottes. On apprécie particulièrement le fait qu’un des héros, handicapé en fauteuil roulant dans la vraie vie, peut galoper quand il est dans les cauchemars. Mais parfois, il faut mieux car tout en étant un rêve, il y risque réellement sa vie.

➤ « La brigade des cauchemars » (tome 1), jungle, 11,95 € 

BD - Un café très corsé


Après le vin, et peut-être avant le jambon (certaines viandes ibériques sont plus chères que le caviar), Corbeyran se penche sur le parcours économique du café. Une façon détournée de faire le procès des grandes multinationales. Le premier tome de cette trilogie dessinée par Luc Brahy présente les trois personnages principaux. Une jeune Occidentale, nez chez un parfumeur mais qui décide de mettre son odorat au service d’une marque de café dirigée par un riche Parisien. Au Brésil, sur une plantation, une descendante d’une vieille famille tente de faire du café d’exception. Entre violence sociale, magouilles financières et exactions, le récit passionnant est aussi ludique qu’instructif.

➤ "Alto Plano" (tome I), Delcourt, 12 €

BD - Picsou, Balthazar de son prénom, superstar


Au Panthéon des avares, il a son trône. Picsou, pour son 70e anniversaire, revient dans un nouveau gros recueil d’histoires complètes parmi les meilleures de Carl Barks ou Don Rosa. Mais cette somme de plus de 400 pages est aussi constituée comme une encyclopédie pour tout savoir du redoutable oncle. 

Et comme la France n’est pas rancunière avec cette horrible création capitaliste américaine, vous trouverez en fin de volume quelques interprétations graphiques du personnage, de Cosey à Kéramidas en passant par Dav, Loisel se permettant même de signer la couverture.

➤ « Balthazar Picsou, l’encyclopédie », Glénat, 29,95 €