jeudi 10 août 2017

De choses et d'autres - Le secret des pâtes aux œufs

Rions un peu des ratés de l’alimentation moderne. Les compositions des produits sont de plus en plus détaillées sur les emballages, mais cela n’empêche pas les surprises.

Sara Errani, joueuse de tennis italienne, vient d’écoper de deux mois de suspension pour dopage. Deux mois seulement car son explication n’a convaincu qu’à moitié les juges. Ses analyses contenaient de la létrozole, médicament utilisé pour masquer la prise de testostérone. Mais d’où peut bien venir cette létrozole ? Réponse de la sportive : « des tortellinis préparés par ma mère ». Elle aussi a été dopée « à l’insu de son plein gré ». Atteinte d’un cancer du sein, la mama, par ailleurs excellente cuisinière, prend de ces remèdes. Or, au moment de préparer le plat pour sa fille, elle a laissé tomber par inadvertance un comprimé dans la casserole. Cela n’a pas gâté le goût des pâtes mais mis au chômage forcé la championne italienne qui pour le coup remporte le prix de l’explication la plus étonnante pour se disculper.

Autre affaire alimentaire, mais à une plus grande échelle, cette histoire d’œufs contaminés par un insecticide aux Pays-Bas. Le fipronil utilisé pour traiter des milliers de poules pondeuses infectées de poux et de tiques, se retrouve dans les coquilles des œufs commercialisés. Et si, au lieu de s’alarmer des conséquences négatives sur la santé des consommateurs, on découvrait les vertus de ces œufs ? Car si ça se trouve, les touristes néerlandais en vacances du côté d’Argelès (ils sont des milliers chaque été) consommateurs de mayonnaise montée à partir de ces œufs, constatent que les moustiques préfèrent piquer leurs voisins ch’tis cette année. Un scientifique me rirait au nez, mais je rêve « d’œufs répulsifs », solution miracle contre ces suceurs de sang porteurs de maladies. 

mercredi 9 août 2017

Cinéma - La jeunesse corse face à la violence

UNE VIE VIOLENTE. L’indépendantisme corse entre lutte armée, théorie politique et pratique mafieuse.


Paradoxe du cinéma, parfois en avance sur la société, d’autres fois en parfait décalage avec l’actualité. « Une vie violente » de Thierry de Peretti se trouve à mi-chemin entre ces deux concepts. Ce biopic romancé d’une certaine jeunesse corse rebelle et violente, sort au moment même où les Insulaires ont porté au Palais Bourbon, à la représentation nationale, deux élus nationalistes. De ceux qui gravitaient peut-être à l’époque dans les milieux décrits dans le film.

La violence dans le film n’est pas montrée de façon ostentatoire. Pourtant elle est bien présente dès la première scène. Deux voitures s’arrêtent au bord d’un verger où s’activent des travailleurs immigrés. Deux hommes descendent de la seconde, prennent place à l’avant de la première pour être abattus à bout portant. Un jerrycan d’essence et une allumette plus tard, les deux hommes ne sont plus que des cadavres méconnaissables. Deux morts de plus dans la guerre que se mènent les différentes factions d’indépendantistes, souvent alliés avec des mafieux eux-mêmes en concurrence.

■ Engrenage de la violence

Pour les obsèques à Bastia, Stéphane décide de revenir au pays. Depuis des années il vit loin de cette agitation, à Paris, en sécurité. Car Stéphane sait qu’avec son retour, il signe presque son arrêt de mort. Le film, d’une précision clinique, uniquement interprété par des acteurs corses, pour la plupart amateurs, raconte comment Stéphane en est arrivé là. Il profite de la vie, fait la fête avec des amis et parle politique. Il voudrait que les choses changent.

Étudiant, il accepte de convoyer sur le continent des armes pour des nationalistes amis. Pris, il passe quelques mois en prison, découvrant la politique et se mettant au service d’un leader qui prône plus de fermeté. Un engrenage de la violence sur fond de pression de la mafia et d’argent facile.

Aujourd’hui, les armes se sont tues en Corse. Les bombes n’explosent plus. Les nationalistes ont évolué et rejettent la violence. Ils ont une partie du pouvoir. Thierry de Perretti n’en parle pas dans son long-métrage, le second de sa carrière après « Les Apaches ». Il préfère voir dans « Une vie violente » un « hommage à tous ces jeunes gens perdus ou assassinés ». Un constat. Sans jugement. Pour un film plus historique que naturaliste mais d’une puissance politique redoutable.

➤ "Une vie violente", thriller de Thierry de Peretti (France, 1 h 53) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto.

De choses et d'autres - Nus, au soleil... et filmés !

L’été, les vacances, le soleil : la trinité parfaite pour se dévêtir et s’essayer un peu au naturisme. Pas forcément en public, nombre de personnes se contentent de quitter le haut et le bas dans leur jardin à l’abri des regards. A l’abri... Du moins ils le croient. Car parfois des voyeurs arrivent à contourner les barrières et autres palissades érigées pour protéger notre intimité.

Premier exemple en Angleterre. Un ancien policier vient d’être condamné à un an de prison pour avoir filmé un couple dans tous ses ébats et une jeune femme faisant bronzette, les trois dans leur jardin respectif ainsi qu’un couple nu, allongé sur des chaises longues. Pour arriver à ses fins, il a sorti les grands moyens, utilisant un hélicoptère chargé de surveiller la circulation et profitant de vols stationnaires très haut dans le ciel pour réaliser ses petits films personnels avec un bon zoom, au grand dam des acteurs involontaires. D’autres ont parfois tenté de détourner l’usage des drones pour le même genre de tournage illicite. Mais la discrétion des petits engins à hélices est assez limitée.

Autre affaire de voyeurisme dévoilée cette semaine, à Barcelone cette fois. Un père de famille loue une chambre de son appartement à des touristes. Deux jeunes femmes du Nord de la France en profitent. Mais quand elles utilisent la salle de bain, elles remarquent un smartphone placé étrangement. L’objectif tourné vers la douche, il filme en continu ceux et celles qui s’y rendent. L’astuce démasquée, elles ont dénoncé le malotru à la police.

Deux voyeurs qui auraient été mieux inspirés de postuler à Street View de Google Maps. Des employés sont chargés de « gommer » des prises de vue toutes les scènes filmées par mégarde dans les jardins des rues explorées. Et parfois, il paraît que c’est du gratiné... 

mardi 8 août 2017

BD - Sur la route des enfers


Harold a un secret. Il voit les fantômes, ces âmes bloquées sur terre avant de rejoindre l’enfer. Une malédiction qu’il combat en roulant sans cesse au volant de son camion. Mais quand il apprend que sa fille de 16 ans vient de mourir dans un accident de voiture, il se précipite pour tenter de l’apercevoir avant son départ vers le paradis. Mais Jasmine n’a pas été exemplaire et Harold a juste le temps de la sauver des griffes d’un démon chargé de la ramener d’urgence en enfer. Une série prévue en trois tomes écrite par David Boriau et dessinée par José Garcia, illustrateur mexicain passionné de japanimation et qui a déjà de nombreuses collaborations avec des éditeurs US à son actif.

➤« Death Road » (tome 1), Ankama, 13,90 €

De choses et d'autres - Dessine-moi une voiture

 

La poésie du Petit Prince a du plomb dans l’aile. L’aviateur en panne rencontre le gamin qui lui demande simplement « Dessine-moi un mouton ». Aujourd’hui, un président de la République en visite dans un centre de vacances rencontre des enfants et l’un d’entre eux, fasciné par sa voiture, le bombarde de questions. « C’est une Lamborghini ? Une Ferrari ? Un transformers ? » Pour cette dernière question, par chance nous avons désormais un président jeune connaissant ses classiques des années 2000. Un Jacques Chirac aurait été aussi interloqué que lorsqu’on lui a expliqué qu’une « souris » permettait de piloter un ordinateur. Macron, moins de 40 ans, est parfaitement dans la tranche d’âge de ces hommes et femmes qui sont passés de l’enfance à l’adolescence au rythme des mutations de ces voitures en gros robots combattants. Sourire amusé du président face à tant d’insistance.

Et cassant le protocole, sous les objectifs de dizaines de caméras, il conduit le minot sur le parking et lui fait dé- couvrir sa Peugeot 5008. Du rêve à la réalité. « C’est une voiture française » tente de vendre le président à l’enfant intéressé mais pas complètement persuadé. Et de lui faire admirer sur le hayon arrière les armoiries RF comme République française avec les couleurs bleu blanc rouge. Mais en futur expert, le jeune préfère s’accroupir et regarder sous la voiture. Le président, de plus en plus hilare, constate : « il vérifie le châssis...» Après une inspection de la portière blindée, le jeune vacancier ose : « Je peux monter dedans ? » Accord immédiat du « président cool » qui n’a pas de secret pour son peuple. Même pour ses représentants pas encore en âge de voter pour lui. 

lundi 7 août 2017

BD - Plutonia, rêves de super-héros


Cette bande dessinée de Jeff Lemire et Emi Lenox aurait pu être sous-titrée « De l’influence des exploits des super-héros dans l’imaginaire des adolescents américains ». Plutona est la plus forte. Au service de la police, elle intervient dès que le commissaire principal la sollicite.
Sauf durant sa journée de travail comme simple serveuse dans un restaurant, sa couverture. Mais au détriment de sa vie de mère de famille. Elle doit faire face à White Wasp, le pire méchant de la région. Un combat homérique dessiné par Jeff Lemire et dispatché entre les chapitres de la véritable histoire, dont il n’assure que le scénario, Emi Lenox se chargeant du dessin. Ils sont cinq adolescents. Amis ou ennemis. Diane, l’enrobée cocoonée par sa mère, Ray, le dur, se vengeant son père, alcoolique, Teddy, le passionné qui compile dans son carnet secret toutes les apparitions de Plutona, Mie et Mike son petit frère. Ensemble, ils vont découvrir par hasard le corps de Plutona dans un bois. Visiblement la plus forte des super-héros n’était pas imbattable. Sur cette idée, Jeff Lemire signe une histoire sensible, beaucoup plus portée sur les jeunes et leurs réactions que sur les malheurs de Plutona. Une analyse très fine des dérives provoquées par une trop grande passion pour des phénomènes qui nous dépassent. Un petit bijou de psychologie que l’on peut plaquer sur de nombreuses autres situations beaucoup plus réelles.

➤« Plutona », Futuropolis, 20 €

De choses et d'autres - Millions sur pattes

En vacances sur les plages de la région, vous regarderez désormais les gamins jongler avec des ballons de foot différemment. Car si cela se trouve, dans dix ans, ce minot si habile avec le globe en cuir, vaudra quelques millions d’euros. Essayez de le repérer avant tout le monde, prenez-le sous votre aile et vous aurez presque l’impression d’avoir gagné à l’Euro Millions. Car deux jambes bien faites peuvent se monnayer très cher.

Prenez Neymar : c’est une belle gueule mais surtout des millions sur pattes. Pour aller du Barça au Paris Saint-Germain, le club de la capitale a versé 222 millions aux Catalans, décidément aussi bons en négociation financière qu’en stratégie footballistique. Le joueur prodige touchera la bagatelle de 30 millions par an pour affronter Guingamp, Troyes ou Amiens. Trois clubs dont le budget total à l’année ne permettrait même pas de payer le salaire du Brésilien.

Une disproportion énorme dénoncée par certains commentateurs. Pourtant s’il se trouve des dirigeants pour débourser une telle somme et des supporters d’accord pour payer leur abonnement cinq fois plus cher et d’acheter des maillots avec le nom magique dans le dos, pourquoi s’offusquer ? D’accord, au niveau pénibilité, le travail sur des chantiers ou en plein air pour les ouvriers agricoles, notamment ces derniers jours avec la canicule, est beaucoup plus usant que de jouer à la baballe... 

Pourtant, réforme des retraites aidant, ces mêmes travailleurs devront marner encore et encore avant de prétendre à un repos bien mérité. Neymar, lui, ne pense pas retraite. Rien qu’en épargnant 1% de ses revenus chaque mois, il aurait de quoi vivre dans l’opulence uniquement avec les dividendes. Et ce durant plusieurs siècles. Mais l’argent, même à foison, ne permet pas encore de promettre l’immortalité. 

dimanche 6 août 2017

BD - Quand Marzi découvre la mer


La petite Marzi a bien grandi. La fillette polonaise est devenue une adolescente. Dans ce 7e album des souvenirs de Marzena Sowa, toujours mis en images par Sylvain Savoïa, Marzi va découvrir les joies de la mer et des colonies de vacances. Dans cette Pologne qui n’est plus communiste depuis peu, le père de Marzi profite une dernière fois des avantages octroyés aux ouvriers et envoie sa fille quelques jours en colonie de vacances au bord de la Baltique. La rencontre avec une camarade parlant le français va renforcer l’envie de Marzi de découvrir ce pays de la liberté et de s’y installer, même si sur la plage elle croit tomber amoureuse d’un jeune Allemand. Un dernier titre pour une héroïne toute en douceur et en nuances. Des mémoires sensibles magnifiées par le dessin semi-réaliste de Savoïa qui y met autant de cœur que la principale intéressée.

« Marzi » (tome 7), Dupuis, 12 € 

vendredi 4 août 2017

BD - Jésus, sa vie, son histoire secrète


En se lançant dans l’Histoire secrète, Jean-Pierre Pécau ne s’imaginait peut-être pas l’ampleur de la série. Avec Kordey au dessin, c’est une moyenne de quatre albums qui sortait chaque année. Résultat les tomes 33 et 34, sortis simultanément, permettent de mêler les archontes, sortes de divinité gouvernant le monde, à l’apparition de Jésus. Une première partie pour raconter comment l’enfant est repéré, sauvé et conduit dans l’Himalaya pour y recevoir son éducation. De retour en Galilée, il devient le Messie, mais pas aussi espéré que cela pour le peuple opprimé par les Romains. C’est grandiose, talentueux et plein de références à l’histoire de l’Humanité et à cette Histoire secrète foisonnante.


➤ « L’Histoire secrète » (tomes 33 et 34), Delcourt, 14,95 €

jeudi 3 août 2017

BD - Niklos Koda tombe le masque



Fin de partie pour Niklos Koda. Le magicien issu de l’imagination de Jean Dufaux et Olivier Grenson tombe le masque pour le 15e et dernier album d’une des séries phares de la collection 3e Vague du Lombard. Un épilogue tragique pour cette histoire entre fantastique et polar. Aïcha Ferouz est de retour à Paris. La nouvelle secoue les services dirigés par le capitaine Laurent. Mais il suffit d’un tour de passe-passe de Niklos pour que sa belle maîtresse écarte le militaire et prenne sa place. Mais Niklos, lui, ne peut être réintégré. Il ne le cherche pas véritablement. Depuis qu’il est en possession du VIe livre, l’outil majeur des magiciens, il sait qu’il n’est plus maître de son destin. Ce qui lui importe désormais c’est de protéger sa fille Seleni de son adversaire le plus redoutable, Barrio Jésus. 
Un affrontement qui met un terme définitif aux aventures de Niklos Koda. À moins que cela ne soit que la fin d’un cycle et que le charmeur ne revienne dans un autre monde, sous une nouvelle identité, voire une forme différente et inattendue.

➤ « Niklos Koda » (tome 15), Le Lombard, 12 €