Les Anglais m'énervent. Trop brillants, trop originaux. Nous en France, quand on crée des parcs d'attraction, ils glorifient soit Disney, soit des pointures de la BD comme Astérix et prochainement Spirou près d'Avignon. Outre-Manche, vous pouvez visiter jusqu'à fin septembre Dismaland, parc d'attraction « lugubre et sinistre » tout droit sorti de l'imagination de Banksy, l'artiste de rue sans visage. Présenté comme ça, Dismaland ne semble pas particulièrement attractif (un comble pour un espace qui en porte le nom), pourtant je rêve de débourser les quatre euros demandés pour visiter la vingtaine d'animations. Loin du politiquement correct, Banksy dénonce avec violence les pires dérives de notre société.
Aidé d'autres artistes aussi subversifs que lui, il propose par exemple une pêche aux canards dans une piscine remplie de pétrole avec en son centre un cormoran englué dans l'or noir. Sur le manège à cheval, un mannequin, en blouse de boucher, est assis sur une caisse de lasagnes. Les enfants peuvent faire du toboggan depuis le toit d'un fourgon de police et dans une petite rivière, des barques surchargées de mannequins-migrants tournent en rond sans jamais pouvoir rejoindre la terre ferme.
C'est sale, glauque, monstrueux... et fascinant. Comme un amplificateur de notre monde en perdition. Le public répond présent, le parc ne désemplit pas. Le plus dingue en reste la localisation : une petite station balnéaire près de Bristol. Alors maintenant, quel homme politique de la région aura le courage de proposer la création d'un Port Banksy à demeure pour dynamiser le tourisme local ?




Durant quelques heures, lundi matin, tous mes repères ont volé en éclats. La faute au « mercato » des radios. Aux petites heures du matin, en même temps que mon café corsé, je zappe sur les différentes sessions d'informations des radios généralistes. Au gré des chroniqueurs, intervieweurs ou invités, je passe de France Inter à Europe 1, de Culture à RTL avec même parfois un détour sur RMC. Si la rentrée des classes a lieu début septembre et celle de la télévision un peu plus tard, à la radio les nouveaux programmes démarrent durant la dernière semaine d'août. Lundi je me lui laissé surprendre. Sur France Inter, en lieu et place d'Alex Vizorek à 6 h 55, j'entends Daniel Morin que j'écoutais habituellement vers midi. Quelques minutes plus tard, Alex Taylor prend la parole. Mais le brillant British abandonne la revue de presse européenne d'Inter pour officier sur Europe 1. Dans le chamboule-tout de l'info matinale, Raphaëlle Duchemin présente le journal de 8 heures. Pas de France Info, sa maison de toujours, mais de la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. De même, Jean-Michel Apathie, voix emblématique de RTL, change de crèmerie et d'horaire. Terminées les interviews politiques courtes, il bénéficie désormais de deux longues heures d'antenne entre 12 et 14 heures sur Europe 1. Tout cela semble bien déstabilisant pour l'auditeur aux habitudes bien ancrées que je suis. Heureusement mon petit bonheur quotidien est toujours au rendez-vous : Charline Vanhoenacker, la belle Belge blagueuse, conserve sa chronique à 7 h 55 sur France Inter. 

