mardi 19 février 2013

BD - Double cocktail avec "Pink Daïquiri"


Clémence la romantique, Alixia la passionnée. Deux jeunes femmes actuelles, en colocation, confidentes et amies. Clémence se remet difficilement d'une énième déception sentimentale. Alixia teste les hommes, cherchant désespérément celui qui enfin saura lui procurer un peu de plaisir. Quand Alixia pense avoir trouvé l'oiseau rare une nuit en discothèque, Clémence est sur le point de craquer pour un riche client de sa boîte de conseil en marketing. Tout semble aller pour le mieux pour les deux copines. Sauf qu'il s'agit d'un seul et unique beau gosse... Cet album est double. Il présente la même histoire mais des deux points de vue. Pile Clémence, face Alixia. Le scénario est de Habart et Théry, les illustrations de deux dessinatrices brésiliennes, Bax et Grazini. C'est un tout petit peu redondant forcément, mais tout à fait dans l'air du temps : girly et expérimental.
« Pink Daïquiri », Le Lombard, 19,99 €


lundi 18 février 2013

BD - Terreur simiesque


Adorable Aglaée. Blonde, intelligente, audacieuse, aventureuse : elle a tout de l'héroïne dont on tombe amoureux. Li-An, son créateur aussi aime beaucoup Aglaée. Dans la première aventure, elle a résolu l'énigme de l'ange tombé du ciel. Dans le second tome, elle se trouve de nouveau face au grand singe blanc du docteur Flux. Ce monstre aux yeux rouges terrorise Paris. Des sorties nocturnes de plus en plus fréquentes et remarquées. Aglaée et ses amis du club des Maîtres de l'étrange, va remonter la piste et découvrir que toute cette mise en scène devrait connaître son dénouement lors d'une soirée très huppée chez un mystérieux Mexicain affirmant détenir un élixir de jouvence.
Le lecteur plonge dans l'ambiance du 19e, les femmes n'ont pas encore beaucoup de droit, les esprits sont naïfs. Aglaée se désespère de ne pouvoir prendre part aux enquêtes. Et souvent il faut qu'elle désobéisse à son oncle pour y participer. Li-An, également scénariste, a simplifié son dessin, lui donnant un aspect plus souple, efficace et chaud.
« Les maîtres de l'étrange » (tome 2), Vents d'Ouest, 13,90 €

dimanche 17 février 2013

Billet - Carambolages en série et en vidéo sur les routes russes

Vous avez certainement vu la semaine dernière les images incroyables d'une météorite en feu traversant le ciel russe. Une vidéo diffusée sur internet et vue des milliers de fois. Les images sont prises de l'intérieur d'une voiture. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander quel était ce conducteur qui filme ses trajets en continu. Et j'ai trouvé l'explication en découvrant le phénomène des dashcam en Russie. Peut-être un héritage de l'ère soviétique, quand les agents du KGB espionnaient à tire-larigot. Ces petites caméras sont installées sur le pare-brise et filment dès que l'auto est en mouvement. Elles sont essentiellement utilisées par les assurances dans les litiges en cas d'accrochage. On vous grille la priorité, il passe au feu rouge : la preuve en images.
Les dashcam représentent une mine d'images insolites. Des compilations sont régulièrement mises en ligne sur Youtube. On peut donc voir une météorite, mais aussi le crash d'un avion, un char d'assaut traversant une autoroute ou un amateur de vodka sur la bande du milieu d'une voie rapide... dans un chariot de supermarché. Plusieurs niveaux de gravité des accidents sont proposés. Vous voulez rire, contentez-vous des dérapages en tout genre sur les routes verglacées de Sibérie. Et puis il y a la version hard, quand on se doute que l'accident ne peut pas être sans conséquence pour les conducteurs et occupants des véhicules impliqués. Face à des camions, bus ou tramways : les voitures ne font pas le poids, même les russes... 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant.

samedi 16 février 2013

BD - Le Marsu de Conrad

Nouvelle naissance dans la petite famille du Marsupilami. Mais dans l'œuf, deux bébés. Des siamois, rattachés par leur célèbre queue. Les premières planches de l'album permettent au lecteur de découvrir l'apprentissage de ces deux « mini-marsus », deux fois plus forts car toujours ensemble. Au début il y a un peu de tiraillement (dans tous les sens du terme), mais rapidement une réelle complicité s'instaure entre les frères.
L'élément perturbateur, comme toujours dans cette série imaginée par Franquin, c'est l'homme. Exactement deux enfants, des héritiers pourris gâtés d'un riche capitaliste qui capturent les petits animaux et les ramènent dans leur immense villa à une heure d'hélicoptère. Les enfants vont les utiliser comme des jouets, les bébés Marsupilami sombrer en pleine dépression. Ce second tome du dérivé de la série principale, loin d'être une simple commande commerciale, est signée par Wilbur avec Conrad au dessin. Conrad, digne héritier de Franquin, choisi par Uderzo pour reprendre les destinées d'Astérix.
« Marsu kids » (tome 2), Marsu Productions, 10,60 €


vendredi 15 février 2013

BD - L'enfant et les Dieux dans "Indicible"

« Les Dieux noirs », premier tome de la série « Indicible », a des airs de super production américaine. De ces films qui ne lésinent pas sur les destructions de villes et les explosions en tout genre. Comme c'est de la BD, cela coûte beaucoup moins cher. Et quand c'est bien dessiné, c'est encore plus efficace. Efficace, un terme qui colle parfaitement au travail de Ruizgé, l'illustrateur de cette série de SF de Patrick Renault. Tout commence par une expérience ratée dans un centre de recherche de l'armée américaine. 
Ensuite des phénomènes étranges détruisent des villages puis des villes. Panique au plus haut niveau quand un homme apparaît dans la pièce où se trouve le président des USA. Une négociation débute. L'homme détruira la planète si on ne lui remet pas le jeune Kyle. Kyle, rescapé d'un accident de voiture, prend la fuite. Une course poursuite semée de morts. Du grand spectacle pour une BD très sombre.
« Indicible » (tome 1), Soleil, 13,95 €


jeudi 14 février 2013

BD - Vie de Poilus chez les Godillots



La guerre 14/18, immense carnage sur lequel se sont bâtis les fondations de l'Europe, a toujours inspiré les auteurs de BD. Tardi en a dessiné toute l'horreur. Pour la première fois (si on excepte une courte série de gags de Mouminoux dans les années 70), l'humour s'invite dans les tranchées. 
Les Godillots de Olier (scénario) et Marko (dessin) ce sont trois soldats, venus des quatre coins de la France, unis pour le meilleur et pour le pire. Palette, le gradé, le plus âgé et clairvoyant, le Bourhis, le ch'ti, fort et taciturne, Bixente, le jeunot, Basque bondissant, manquant d'expérience mais pas de vaillance. Un trio qui devra, dans ce second tome, franchir les lignes ennemies pour récupérer leur capitaine, bien décidé à solder une affaire d'honneur. Avec beaucoup de finesse, les auteurs racontent la grande histoire par de petits détails. Les planches de Marko, en couleurs directes, sont d'une belle luminosité. La gazette des Godillots, journal du front très réaliste, est offerte en supplément avec la première édition.
« Les Godillots » (tome 2), Bamboo, 13,50 €


mardi 12 février 2013

Billet - Hippocampe surgelé à la façon Findus

Le cheval est affublé de cornes, le bœuf est un pur-sang... Comment s'y retrouver dans ce scandale de lasagnes ? Pour une fois, internet n'offre ni réponses ni explications à cet embrouillamini de première. On découvre tout et son contraire. Au concours de « C'est pas moi, c'est lui ! », impossible de trouver un responsable, encore moins un coupable. Mais est-ce si grave que cela ? 

En France, bien des gastronomes apprécient la viande de cheval. Un plaisir de plus en plus difficile à satisfaire car les boucheries chevalines sont en voie de disparition. Espérons que les amateurs de lasagnes « mixtes » ont eu le temps de dévaliser les rayons de surgelés avant le retrait des produits car habituellement la viande de cheval n'est pas vraiment bon marché ! Le scandale, venu de Grande-Bretagne, où manger du cheval équivaut à déguster une vache sacrée en Inde, aurait pu prendre une tout autre ampleur si par malheur on avait mélangé du porc à la viande bovine... Et dans les questions sans réponses : les chevaux étaient-ils hallal ?

Mieux vaut se rabattre sur le poisson, l'autre spécialité de Findus. Néanmoins, qui nous assure que les carrés panés surgelés ne contiennent pas de chair d'hippocampe, version maritime du cheval ? Ou pire, que les poissons élevés ont engraissé en ingurgitant des farines animales issues de carcasses de chevaux sur le retour ?

Non, franchement, mieux vaut parfois ne pas savoir ce que l'on a dans son assiette. Mais perso, ce soir, je me contenterai de pâtes au beurre bio.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.  

lundi 11 février 2013

Billet - Concours de philosophie à deux balles sur Twitter

Les réseaux sociaux, un peu comme l'alcool, font tomber toutes les inhibitions. Il suffit d'un compte et de plus de 20 abonnés pour se croire autorisé à diffuser sa pensée comme le Messie sa parole ou le pilier de bar ses brèves de comptoir. La philosophie en 140 signes, voilà la nouvelle mode sur Twitter. Les amateurs d'humour n'y perdent rien au change, même si les auteurs, eux, prennent leurs « pensées » très au sérieux. 

Parmi les hashtags populaires ce dimanche, deux ouvrent des boulevards aux théoriciens de pacotille. L'idée est de débuter une phrase, à vous de lui donner tout son sens en l'achevant. « La vie serait moins pénible si... » semble l'exemple type. « … quand tu aimes vraiment quelqu'un, cet amour est automatiquement réciproque » espère un certain @Sunshine13300 à l'inexpérience criante. Moins profonds et plus prosaïques les espoirs de Sandra « … on pouvait se lever tous les jours a 13h » ou de Calvin « … j'aurais pas de français a faire. » (mais dans son cas, on peut douter de la pertinence !) 

Ce jeu sur Twitter mise beaucoup sur le « je ». Ils sont nombreux à se dévoiler en prolongeant le hashtag « #MoiJeVeuxEtre ». Chachou, très égocentrique, espère être « morte juste un ou deux jours pour voir qui pleurerait pour moi. » D'autres se voient « éternelle », « un bon père », ou « amoureuse ». Un conseil aux philosophes à deux balles, achetez « Pensées étranglées » de Cioran (Collection Folio 2€). D'une autre portée intellectuelle et pile poil dans votre budget. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

dimanche 10 février 2013

Billet - "Origine du monde", Liberté...", des toiles sur la Toile


Étrange cette fascination des internautes pour l'art. Deux histoires de toiles ont animé la Toile ces dernières 48 heures. 
Hier, tout le monde s'offusque de l'attentat subi par « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix. Une femme, fragile psychologiquement, écrit au feutre indélébile sur le tableau exposé au musée du Louvre de Lens. Un tag mystérieux, qui ne reste pas longtemps secret. AE911. Ce n'est pas le code d'un colorant chimique, ni d'une autoroute en Belgique. Les initiés reconnaissent immédiatement le nom d'un site internet de « complotistes ». Ils tentent de démontrer que les attentats du 11 septembre ne sont qu'une mise en scène du pouvoir. Raison de plus pour donner une résonance amplifiée à cette histoire de tableau maculé. 
Jeudi, c'est un visage qui fait jaser sur Twitter et Facebook. Un scoop de Paris Match : on a découvert la tête de « L'origine du monde » de Courbet. La toile sulfureuse, montrant en gros plan un sexe de femme hyper réaliste, aurait été découpée. Le haut du tableau, le visage du modèle, viendrait d'être retrouvé. Cela casse un peu la force de la composition et immédiatement le débat a fait rage car beaucoup  prétendent que ce n'est que pure invention.
Plus prosaïquement, j'ai une autre explication à ces subites passions pour le grand art. La Liberté montre une femme aux seins nus et pour l'Origine, pas la peine de faire un dessin. Enfin, si cela peut aider à faire venir les jeunes dans les musées...
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue samedi en dernière page de l'Indépendant

samedi 9 février 2013

BD - Violence pure dans le nouveau Jeremiah de Hermann


Pour la 32e fois, Jeremiah et Kurdy promènent leur carcasse dans le monde post apocalyptique imaginé par Hermann. Aux guidons de leurs motos, ils vont de ville en ville, sans cesse en danger. Dans « Le Caïd », ils sont en panne. Immobilisés, ils sont témoins d'une rixe. Jeremiah, comme à son habitude, intervient pour aider le plus faible. Il se fera un ennemi redoutable. Bloqués dans cette ville partagée entre deux gangs, ils vont devoir trouver refuge dans un vieux parc d'attraction pour l'explication finale.
Avec un scénario réduit à sa plus simple expression, ces 46 pages sont juste un prétexte pour dessiner des décors sombres et inquiétants, cadres d'un déchaînement de violence pure. Du Hermann, dans toute sa splendeur.
« Jeremiah » (tome 32), Dupuis, 12 €