« La rivière à l'envers » de
Jean-Claude Mourlevat, une histoire pour les jeunes, jubilatoire,
autant que l'écriture.
Modeste, on peut dire qu'il l'est. Jean-Claude
Mourlevat, plusieurs romans et de nombreux prix à son actif, s'écrie
d'emblée : « On n'invente pas grand-chose, nous les auteurs, on
marche plutôt sur des traces littéraires très anciennes ».
Un peu trop modeste sans doute. Son nouveau
livre, « La rivière à l'envers » représente la preuve tangible
de son talent. Tomek, jeune garçon de 13 ans, soupire d'ennui dans
l'épicerie qu'il tient dans son village.
Un beau matin, il tombe raide amoureux d'une
fille qui veut lui acheter de l'eau de la rivière Qjar. Le vieil
homme qui compte autant qu'un grand-père dans la vie de Tomek, lui
explique qu'il s'agit d'une rivière d'un genre très spécial. Non
seulement elle coule à l'envers mais surtout, l'eau puisée à sa
source garantit l'immortalité. Au revoir l'ennui, bonjour l'aventure
! Tomek décide de partir sur les traces de la petite fille, à la
recherche de la fameuse rivière, sur un chemin semé d'embûches.
«Je voulais m'offrir un vrai roman d'aventure
avec les passés simples là où il faut », explique en souriant
Jean-Claude Mourlevat. «Mes trois premiers romans avaient tous
quelque chose d'un peu oppressant, ici la tonalité est plus claire,
plus légère. »
Le merveilleux
Tomek vit des aventures rocambolesques qui ne
sont pas sans rappeler les univers merveilleux du Magicien d'Oz ou
d'Alice au pays des merveilles. Jean-Claude Mourlevat le reconnaît
en toute simplicité, « je me sens enrichi de tout ce que j'ai lu
par ailleurs ». Et de fait, l'histoire foisonne de personnages tous
plus farfelus les uns que les autres et de rebondissements
incroyables. « J'ai voulu entrer dans l'univers du merveilleux avec
la liberté et la fantaisie que cela implique », confirme
Jean-Claude Mourlevat. « Et j'ai pris plaisir à mettre en scène
des personnages très courtois, très gentils. Ce respect d'autrui et
cette gentillesse universelle, cela va un peu à contre courant de ce
qui se fait aujourd'hui», explique-t-il d'une voix dont la douceur
ressemble à ses paroles.
Le résultat, un roman attachant et imaginatif.
« En fait, c'était tout à fait jubilatoire, résume-t-il, j'ai
éprouvé un grand plaisir à écrire ». Et bien nous, Monsieur
Mourlevat, on a éprouvé un égal plaisir à vous lire !
« La rivière à l'envers » de
Jean-Claude Mourlevat, Pocket Jeunesse. (Chronique publiée en
octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron et signée Fabienne Huart)