dimanche 1 août 2021

BD - Tous et toutes après Lucky Luke


Le cow-boy le plus célèbre de la bande dessinée (du moins celui qui a vendu le plus d’albums dans le monde), a des difficultés à rester seul tout en chevauchant Jolly Jumper à travers les grandes étendues de l’Ouest sauvage.

Dans la seconde aventure de ce Lucky Luke plus adulte animé par Matthieu Bonhomme, il est pris pour cible par plusieurs malfrats. C’est l’appât du gain qui les pousse à pourchasser le héros. Car dans la sacoche d’un des tueurs cherchant à le capturer, Luke découvre une affiche où sa tête est mise à prix 50 000 dollars. Lucky Luke traqué mais qui continue à aider la veuve et l’orphelin.


Plus précisément trois sœurs, toutes plus charmantes les unes que les autres et qui tombent immédiatement amoureuses de l’homme qui tire plus vite que son ombre.

Une armée de méchants à ses trousses, trois jolies filles à ses basques… tout le monde veut mettre le grappin sur Lucky Luke dans cet album moins profond que le premier mais très divertissant et osant quelques piques sur le statut de héros viril.

« Wanted Lucky Luke », Lucky Comics, 15 €

jeudi 29 juillet 2021

Cinéma - Accouchez, la vie fera le reste


Film choral avec une ribambelle de têtes connues (Alice Pol, David Marsais, Léa Drucker, Julia Piaton), C’est la vie de Julien Rambaldi est de ces comédies qui tout en faisant rire nous remet les pieds sur terre. Car, à l’heure où un virus mortel terrifie les trois quarts de la planète, l’essence même de la vie est mise en valeur dans un film lumineux. Dès qu’un couple se forme, l’envie de bébé fait son apparition. Le prélude du film montre cinq de ces couples en pleine procréation. Et pas un seul de la même façon. Celle qui veut faire un enfant seule grâce à un donneur qui s’ignore, repéré sur un site de rencontre ; ceux qui tentent de mener la grossesse le plus naturellement possible ; celles qui demandent à un ami de féconder faute de PMA ; ceux qui jonglent avec l’emploi du temps surchargé de la future maman, par ailleurs  patronne d’une entreprise du CAC 40 ; et enfin, celle qui en est à sa 4e fécondation in vitro

Des histoires qui vont permettre de faire passer une journée mémorable aux deux héros du film : un chirurgien obstétricien et une sage-femme. Antoine (Nicolas Maury) arrive le jour même pour prendre ce nouveau poste. 

Dominique (Josiane Balasko), est une dernière fois de garde, avant sa retraite. Les rires se disputent à l’émotion dans ce film vivifiant comme un accouchement, avec ou sans péridurale.

Film français de Julien Rambaldi avec Josiane Balasko, Nicolas Maury

Josiane Balasko, parfaite en sage-femme très humaine. Récifilms

mercredi 28 juillet 2021

Cinéma - “Profession du père” : fou à enfermer

Tiré du roman de Sorj Chalandon, le film de Jean-Pierre Améris offre un rôle sur mesure à un Benoît Poelvoorde survolté. 

André (Benoît Poelvoorde), un père un brin mythomane et assez paranoïaque avec son fils Émile (Jules Lefebvre).  Caroline Bottaro

Pour captiver leur fils, certains pères aiment raconter des histoires, enjoliver la réalité et se donner le beau rôle. Un jeu innocent, sauf si le fameux père est complètement fou, mythomane et paranoïaque. Sorj Chalandon a raconté sa drôle d’enfance dans un récit paru chez Grasset en 2015.

Jean-Pierre Améris l’a adapté à l’écran, avec Benoît Poelvoorde dans le rôle du papa raconteur d’histoires. Le réalisateur a déjà dirigé à deux reprises l’acteur belge. Il a donc, logiquement, pensé à lui pour endosser l’habit de ce mythomane, paranoïaque, violent et secret. Un fou que, de nos jours, on enfermerait au regard de sa dangerosité.

Pourtant, pour Émile, son père André est simplement le héros d’histoires captivantes qu’il lui raconte à grand renfort de mise en scène. Il a été parachutiste, champion de judo, est même devenu l’ami d’un soldat américain qui désormais est affecté à la sécurité du président Kennedy. En réalité, c’est un fils d’ouvrier au chômage qui vit aux crochets de sa femme, comptable. 

Délire dangereux

L’action se déroule, en 1961, à Lyon. Émile gobe toutes les fanfaronnades de son papa. Sa mère (Audrey Dana), douce et aimante, essaie de le protéger, mais, à l’époque, le mari était tout-puissant au sein du foyer. Tout se complique quand des généraux tentent un putsch en Algérie. Profondément patriote, André prétend faire partie de l’OAS et veut enrôler son fils de 11 ans dans son combat. Émile, prenant tout au pied de la lettre, va se mettre en danger ainsi qu’un de ses camarades d’école. Car, la folie du père, même si elle ne dépasse que rarement les murs du foyer, n’est pas sans conséquence. 

Un film puissant sur le mensonge et l’endoctrinement en famille. Les trois acteurs sont parfaits dans des rôles pourtant très différents. Benoît Poelvoorde, grandiloquent, colérique, mais aussi lâche parfois, signe une de ses plus belles performances. Audrey Dana apporte cette touche de douceur qui permet à la famille de continuer vaille que vaille. Quant à Jules Lefebvre, dans le rôle du petit Émile, c’est la véritable révélation du film.

Film français de Jean-Pierre Améris avec Benoît Poelvoorde, Audrey Dana, Jules Lefebvre




mardi 27 juillet 2021

Cinéma - “Kaamelott” : le roi Astier en sauveur du cinéma

Préventes records, avant-premières complètes : la sortie du 1er volet de la saga d’Alexandre Astier est déjà un succès.

Les fans ont attendu dix ans pour découvrir la suite des aventures du Roi Arthur, version Alexandre Astier.  Regular


Ce 21 juillet 2021 pourrait devenir une étape marquante du cinéma français. La sortie de Kaamelott - Premier volet d’Alexandre Astier, devrait copieusement remplir les salles. Le film, annoncé depuis huit ans, terminé depuis deux, sort enfin au cœur de l’été, comme un gros blockbuster américain, preuve que les distributeurs français ont compris que le public n’est pas complètement en vacances, en juillet et août. 

Avant même sa première projection sur des écrans (hier soir lors d’avant-premières, partout en France, affichant souvent complet), Kaamelott a battu un premier record : celui des préventes. En 24 heures, plus de 60 000 places ont été vendues. Il n’a fallu que 5 minutes au Grand Rex de Paris pour écouler ses 3 000 places. Repoussée à trois reprises, la première partie de cette trilogie est très attendue. Un grand film (pour le budget et la durée, 14 millions et 2 heures) mais, surtout, une plongée dans un monde original qui est entré dans la culture populaire, depuis la diffusion sur M6 des premiers épisodes de la série. 

Arthur, le dépressif

Parler de culte pour Kaamelott n’est pas superfétatoire. « C’est pas faux » répondrait Perceval (Franck Pitiot), infatigable ressort comique, avec son compère Karadoc (Jean-Christophe Hembert). Lancée comme une pastille humoristique mêlant anarchiquement anachronismes et débilité de ces chevaliers de la Table Ronde, tout sauf héroïques, la série a évolué vers une histoire plus sombre. Lancelot (Thomas Cousseau) a endossé le rôle du super méchant et le roi Arthur, dépressif chronique, désabusé et fatigué de cette quête du Graal qu’il n’a pas décidé, a perdu sa joie de vivre et sa volonté de faire évoluer son pays vers plus de modernité. 

À la fin de l’ultime épisode, il cède son trône et tente de se suicider. Dans le résumé fourni par l’auteur : « Dix ans plus tard, le royaume de Logres souffre toujours sous le joug de Lancelot, qui fait régner la terreur avec l’appui de mercenaires saxons. La résistance tente de s’organiser, tandis qu’Arthur Pendragon, que beaucoup croient mort, fait son retour. » Pour Alexandre Astier, répondant à l’Agence France Presse, « C’est un ‘road movie’, l’histoire d’un mec qui revient de très loin. On a tourné sur des bateaux, dans le désert, dans la neige…, c’est un long parcours. »

Comédie doublée d’un film d’action, avec combats et trahisons, sans oublier un zeste de fantastique avec l’apparition de la Dame du Lac, toujours interprétée par Audrey Fleurot, la comédienne qui vaut 10 millions de téléspectateurs. On retrouve dans le film tous les personnages principaux d’origine et quelques nouveautés, comme ce Saxon interprété par Sting ou Guillaume Galienne en chasseur de primes. Le seul adversaire de Kaamelott risque d'être le pass sanitaire. Mais, rire deux heures pourrait être une excellente motivation pour certains jeunes à se faire vacciner. 

Film d’Alexandre Astier avec Alexandre Astier, Lionnel Astier, Joëlle Sevilla, Franck Pitiot, Jean-Christophe Hembert, Alain Chabat, Sting, François Rollin




lundi 26 juillet 2021

Cinéma - “Frères d’arme” ou la famille jusqu’au bout


Certains secrets de famille sont plus compliqués à porter que d’autres. Entre Emil (Vincent Rottiers) et Stanko (Kevin Azaïs), ce sont plusieurs morts qui provoquent ce lien impossible à rompre, même 15 ans après les faits dramatiques. Originaires des Balkans, les deux adolescents ont pris la fuite quand leur père a été assassiné et leur oncle emprisonné après l’avoir vengé. En France, à Brest, la veuve a patiemment attendu que le frère de son mari sorte de prison. Les deux frères, eux, ont trouvé un semblant de place dans la société française. 

Emil notamment a un bon boulot au port de Brest et a des projets avec Gabrielle (Pauline Parigot). Stanko, beaucoup plus instable, évacue sa violence dans des combats de coqs. Conçu comme une tragédie, Frères d’arme de Sylvain Labrosse est la quintessence du film noir. Car on sent que les plaies du passé ne sont pas refermées et qu’entre les deux frères, bien des vérités restent à énoncer. 

L’opposition est frontale entre Vincent Rottiers et Kevin Azaïs, deux jeunes comédiens français prometteurs. On regrettera cependant le côté un peu trop manichéen et donc prévisible de l’histoire. Les personnages manquent de nuances. Mais le réalisateur assume ce fait puisqu’il s’est basé sur une véritable histoire de famille pour écrire le scénario.

Film français de Sylvain Labrosse avec Vincent Rottiers, Kévin Azaïs, Pauline Parigot


dimanche 25 juillet 2021

Cinéma - Mystère (et grosse rigolade) à Saint-Tropez

Rires garantis dans ce film où, en 1970, un policier calamiteux tente de démasquer un assassin potentiel.

Un duo comique d’une rare efficacité formé par Benoît Poelvoorde et Christian Clavier Studiocanal


Un demi-siècle. Le nouveau film de Christian Clavier se déroule il y a un demi-siècle. Une éternité pour les plus jeunes qui risquent de ne pas toujours comprendre les gags et situations comiques émaillant cette histoire abracadabrantesque de policier incompétent envoyé chez des milliardaires sur la Côte d’Azur pour démasquer un maître chanteur par l’intermédiaire de lettres anonymes et probable assassin en puissance après la découverte du sabotage des freins d’une voiture. 

Les situations sont parfois très datées, pourtant cette grosse rigolade mâtinée d’un peu de mystère fonctionne assez bien en raison d’un casting de premier choix. Écrit et produit par Christian Clavier qui s’est donné le premier rôle, celui de l’inspecteur Boulin, Mystère à Saint-Tropez est avant tout une envie de duo. Clavier voulait tourner un film avec Benoît Poelvoorde, comédien belge au potentiel comique énorme. Un Poelvoorde très à l’aise dans ce rôle de Claude Tranchant, milliardaire belge arrogant et pédant, en vacances dans sa villa luxueuse de Saint-Tropez en cet été 1970 et dépensant sans compter pour faire plaisir à sa femme Éliane (Virginie Hocq). Un bon duo comique, pour fonctionner efficacement, doit jouer sur les oppositions. Donc Boulin est idiot, vieux jeu et bourré de préjugés. Pour enquêter discrètement, il endosse la livrée du majordome de la villa Tranchant. Il va espionner les invités des Tranchant parmi lesquels se trouve le corbeau. 

Depardieu en flic

On détaille alors le casting : Cyril (Jérôme Commandeur), le cuisinier de la villa, irascible et coléreux, Jacquot (Nicolas Briançon), meilleur ami de Tranchant et par ailleurs amant d’Éliane, Carmen (Rossy de Palma), actrice espagnole renommée et amie d’Éliane, Ben, (Gauthier Battoue) son amant et filleul d’Éliane sans oublier l’ex d’Éliane, un comédien raté (Thierry Lhermitte), un cinéaste maudit (Vincent Desagnat) ou une starlette (Elisa Bachir Bey) persuadée qu’elle va devenir Mme Alain Delon. Pour couronner le tout, Gérard Depardieu endosse le costume du chef de Boulin pour réparer les nombreuses catastrophes provoquées par son subalterne incompétent. 

Il y a beaucoup d’Inspecteur Clouseau dans Boulin. Mais avec un peu de Bourrel des Cinq dernières minutes ou de Maigret. Si le succès est là, le personnage offre un beau potentiel pour une suite. Saint-Tropez oblige.

Film français de Nicolas Benamou avec Christian Clavier, Benoît Poelvoorde, Virginie Hocq, Gérard Depardieu


samedi 24 juillet 2021

Cinéma - “Kuessipan”, de l’exiguïté des réserves indiennes

Sharon Fontaine-Ishpatao, bouleversante dans le rôle de Mikuan.  Max Films Media

De nos jours, il existe toujours des réserves indiennes au Canada. Au bord du Golfe de Saint-Laurent, près de la grande ville de Sept-Iles, une petite communauté d’Innu vit de plus en plus repliée sur elle-même. C’est dans ce cadre de plus en plus étriqué que Mikuan et Shaniss (Yamie Grégoire) sont devenues amies. La première vit dans un foyer équilibré, entouré de l’affection de ses parents ainsi que du petit frère. La seconde n’a pas de père et sa mère est alcoolique. 

Quand elle est placée chez sa tante à l’âge de 7 ans, Mikuan (Sharon Fontaine-Ishpatao), de nuit, fait des kilomètres pour la rejoindre. Devenues adultes, les deux jeunes filles sont toujours proches même si tout les éloigne. Shaniss, mère d’un bébé, subi les violences d’un compagnon à la dérive. Mikuan, avide de savoir et de culture, rêve d’aller poursuivre ses études à Québec. Dans ce film, aussi austère et parfois glacial qu’une tempête de neige dans ces contrées du Nord, on découvre deux sensibilités à fleur de peau. Elles se cherchent. Tentent de trouver un équilibre. 

Mais quand Mikuan tombe amoureuse d’un « Blanc », leur monde s’écroule. Un film d’une remarquable beauté doublé d’une histoire plus universelle que les limites de la réserve indienne.

Film québécois de Myriam Verreault avec Sharon Fontaine-Ishpatao, Yamie Grégoire, Étienne Galloy


vendredi 23 juillet 2021

Cinéma - Ces marins mélomanes vont vous envoûter

De véritables marins-pêcheurs anglais chanteurs amateurs vont aller à l’assaut des hit-parades dans Fisherman’s Friends.

Entre deux sorties en mer, les Fisherman’s Friends, poussent la chansonnette par plaisir. Splendid Film


La scène musicale anglaise est la plus dynamique au monde. Une industrie réglée au millimètre qui a pourtant parfois des ratés. Car au pays des artisans du tube planétaire, certains groupes atypiques parviennent à sortir des sentiers battus. Fisherman’s Friends est l’exemple parfait de ces grains de sable dans la machinerie minutieuse de la vente d’albums. Le film biopic de Chris Foggin revient sur l’étonnante ascension de ce groupe de neuf chanteurs originaires de Port Isaac dans les Cornouailles. Dix hommes, loin des standards des boy’s bands, qui ont signé un contrat à un million de livres avec une grosse maison de production. Le film raconte l’avant succès transformant cette saga musicale en jolie comédie opposant aussi deux mondes : le moderne de Londres où l’argent est roi et l’ancien, celui de ces petits marins-pêcheurs qui tentent de survivre en pêchant des homards dans l’Atlantique. 

On est immédiatement mis dans le bain lors d’une sortie en mer. Jim (James Purefoy), le leader du groupe d’amis, entonne avec son équipage une chanson sur l’amiral Nelson. Ils travaillent dur tout en chantant à tue-tête ces ballades tirées du répertoire musical ancestral de la région. Au même moment, quatre copains très riches et gravitant dans le milieu musical des grandes compagnies, viennent à Port Isaac pour un enterrement de vie de garçon. Les trois les plus chambreurs donnent pour mission au trop naïf Danny (Daniel Mays) de faire signer le groupe entendu par hasard lors d’une représentation sur les quais du port. Danny, beau parleur et sensible au charme d’Alwyn (Tuppence Middleton), la fille de Jim, trouve les arguments pour persuader les marins très réticents à faire un enregistrement dans des conditions professionnelles. Les Fisherman’s Friends prennent vie et vont casser la baraque dès leur première participation à une émission de télévision. 

Ce conte de fées moderne (depuis leur premier album en 2010, les Fisherman’s Friends continent leur carrière musicale en parallèle à leur travail en mer), fait partie de ces feel good movies dont on a tant besoin en ce moment. C’est simple, entraînant et positif. Et carrément dépaysant puisque le long-métrage a été tourné dans le village d’origine de Port Isaac.

Film musical anglais de Chris Foggin avec Daniel Mays, Tuppence Middleton, James Purefoy


jeudi 22 juillet 2021

Roman - Redécouvrir "Les larmes de la vigne"

Publié pour la première fois en 1991, Les larmes de la vigne de Jean-Louis Magnon est un grand roman racontant le lent déclin de la viticulture intensive du sud de la France. un roman terroir selon l’expression usagée, mais qui raconte surtout le dur labeur de ces hommes et femmes qui ont cultivé la vigne avec amour dans cette zone allant de Béziers à Carcassonne. La Cité qui est en couverture de la réédition du roman par les Éditions Retrouvées.

Leur particularité : le texte est en gros caractère permettant un confort de lecture aux lecteurs qui ont la vue qui a baissé avec l’âge. Replongez donc dans la vie de Louis, né en 1900, qui a connu tous les grands combats du XXe siècle et qui raconte simplement cet amour de la vigne : « Quand je travaillais et que je voyais autour de moi la beauté de ce qui m’entourait, j’étais le plus riche du monde. » Un état d’esprit qu’il résume par cette phrase : « Dans mes vignes, le monde entier m’appartenait ». 

« Les larmes de la vigne », Éditions retrouvées, 14,50 € 

mercredi 21 juillet 2021

Récit - La France en stop

L’autostop est un peu passé de mode. Mais, il existe encore des irréductibles qui lèvent le pouce dans la vraie vie ou brandissent une pancarte où est notée leur ville d’arrivée. Philibert Humm, journaliste, a décidé, lui aussi, de traverser la France en stop. Avec une sorte de gage : sur sa pancarte, il a inscrit « N’importe où ».

Voyager, mais sans décider de l’itinéraire. Se laisser porter par les âmes charitables qui s’arrêtent. Il va ainsi partir de la Normandie pour arriver en Charente-Maritime, en passant par l’Alsace et le Sud. Un sud qu’il ne fait que frôler « A l’échangeur de Montpellier, nous imaginions continuer vers Sète, Nîmes, Toulouse, Barcelone… Mais, avec cette foutue pancarte, ce sont les autres qui décident pour nous. Séverine et Stéphane ont choisi Aurillac ».

Un périple dépaysant, car, dans chaque région, l’auteur met en exergue des coins aux noms dépaysants, comme la Petite Russie de Nice ou la Tolède du Cotentin à Coutances.

« Les tribulations d’un français en France », Ed. du Rocher, 15,90 €