mercredi 7 avril 2021

De choses et d’autres - Collectionnite aiguë

Un sondage Ifop pour la plateforme de vente en ligne eBay dresse une cartographie des collectionneurs français. Plus exactement le sondage donne des éléments sur la collectionnite dont souffre une grande partie de la population. Ils seraient 79 % à avouer avoir, à un moment de leur vie, collectionné quelque chose.

Mieux, ils sont 39 % à reconnaître continuer aujourd’hui. Les produits phares, selon le sondage, sont les timbres et les pin’s. Enfin, dans le passé. 40 % des sondés ont reconnu qu’à une époque ils ont collectionné ces deux classiques. 

Ils ne sont plus que 10 % de philatélistes et 4 % à continuer à admirer leur collection de pin’s. Pauvres pin’s, qui se reproduisaient à une vitesse exponentielle il y a quelques décennies et qui sont désormais en voie d’extinction pour cause de ringardise totale et absolue.

Afin de les remettre en odeur de sainteté, je propose que le futur passeport vaccinal prenne cette forme. Ainsi tout le monde verra en respectant la distanciation sociale qu’on peut finalement vous approcher sans trop de risque.

Souffrir de collectionnite provoque parfois des crises dans des couples. Selon mon épouse, mes milliers d’albums et de revues de bande dessinée prennent définitivement trop de place dans le garage… et le salon, les chambres et même les toilettes.

Le sondage révèle d’ailleurs que 24 % des collectionneurs se sont déjà disputés avec leur moitié à cause de leur marotte.

Si cela vous arrive, n’hésitez pas à faire craindre pire : certes les livres prennent de l’espace, mais c’est plus joli que des nains de jardin (nanomanie) ou sacs à vomi d’avion (émétoaérosagophilie). Le pire restant les faexophiles, nom savant des individus, forcément un peu dérangés, qui collectionnent les crottes d’animaux. 


 

mardi 6 avril 2021

De choses et d’autres - Népotisme à tous les étages

En Belgique, pour faire de la politique, mieux vaut être bien né. Le népotisme s’est tellement développé, dans ce petit pays, que les dernières statistiques montrent que plus de 15 % des hommes politiques sont en fait des « fils ou filles de ».

Logique, quand on sait que Charles Michel, ancien Premier ministre belge et actuel président du Conseil européen est, avant tout, le fils de Louis Michel, homme politique à la longévité exceptionnelle. Pourtant, lui, n’a été que vice-premier Ministre, chargé des Affaires étrangères. Dans la famille Michel, on a de la suite dans les idées, puisque Mathieu, l’autre fils de Louis, est, lui aussi, homme politique à plein temps et actuellement secrétaire d’État à la Digitalisation.

Ces 15 %, font parfois sourire les Belges, mais, finalement, bien des pays conservent la même classe politique, ne changeant que quelques prénoms. Prenez Michel Debré, père de la Ve République ; il a placé, dans différents gouvernements, deux de ses enfants, Jean-Louis et Bernard.

Dans la famille Dassault, c’est la 1re circonscription de l’Oise qui parait réservée aux avionneurs. Marcel y a été élu, dès 1958, Olivier a pris la succession. Mais sa mort, en mars dernier, dans le crash d’un hélicoptère, a poussé le neveu de 28 ans, Victor, à déclarer sa candidature.

Et ne croyez pas que nous sommes épargnés, dans la région, par cette pratique qui, parfois, s’apparente à une réhabilitation des droits de la noblesse. Les Alduy, père puis fils, ont très longtemps dirigé Perpignan et, à Narbonne, Didier Mouly porte actuellement l’écharpe tricolore que son père, Hubert, avait conquis en 1971. Comme quoi, les politiques belges n’ont rien inventé en matière de népotisme. 

 

lundi 5 avril 2021

De choses et d’autres - Très cher et pas très appétissant

Il n’y a qu’en France qu’on a droit à des polémiques aussi absurdes que ridicules sur les fameux repas clandestins parisiens. Un des organisateurs, pour se dédouaner, fanfaronne en direct pour se féliciter d’avoir organisé avec succès, non pas des soirées ou repas interdits, mais « le plus gros poisson d’avril de ces dix dernières années ».

Une déclaration étonnante, car, généralement, quand on met en place un canular pour le 1er avril, on s’explique dès le lendemain, pas cinq jours plus tard.

De toute manière, je suis entièrement d’accord avec quantité d’internautes qui affirment que le véritable scandale c’est de parler de « chef » à propos du cuisinier qui officie dans ce palais à la décoration aussi vulgaire que les assiettes photographiées sur son compte instagram. Je ne suis pas un spécialiste de la grande cuisine, mais je sais apprécier le joli, saliver d’envie devant des recettes qui semblent délicieuses.

Or, les mets proposés en photo sont tout sauf appétissants. Les sauces ont l’air d’être visqueuses, les ingrédients bas de gamme et souvent brûlés. Les mélanges font plus penser à de la junk-food industrielle décongelée qu’à de la grande cuisine. Le plus incroyable reste les prix affichés.

Des assiettes à plus de 100 euros avec trois feuilles de salades arrosées de vinaigre balsamique à côté d’une lamelle de truffe ou des gnoccis cramés : pour certains ce ne sont pas des dîners clandestins mais « Cauchemar en cuisine » avant l’heure.  

 

dimanche 4 avril 2021

Un livre sur les « 80 visages » de Georges Frêche

Les élections régionales, du temps de Georges Frêche, étaient une formalité pour ce monstre de la vie politique locale. Mort en plein mandat, il a marqué de son empreinte ce Languedoc Roussillon qu’il a tenté, brièvement, de renommer Septimanie.

On retrouve toutes les péripéties autour de ce raté dans un livre très bien documenté, et signé Jacques Molenat, journaliste qui a bien connu celui qu’il désigne comme « Le monarque aux 80 visages ».

De l’universitaire au pied-noir, de l’homme à femmes au franc-maçon, vous saurez tout sur Georges Frêche qui a su faire entendre la voix du Midi dans les salons et plateaux de télévision parisiens.

samedi 3 avril 2021

De choses et d’autres - La chasse aux vaccins

Le lundi de Pâques, je n’ai pas fait la chasse aux œufs mais la chasse aux vaccins. Comme de plus en plus de personnes annuleraient leur rendez-vous de vaccination par défiance de l’AstraZeneca, je me suis dit que peut-être quelques places se sont libérées dans la région. Deux façons de savoir si des créneaux sont disponibles.

Directement sur Doctolib ou grâce au site CovidTracker.fr qui a mis au point une page judicieusement nommée Vite ma dose de vaccin ! La semaine dernière, j’ai régulièrement rempli les champs requis pour me voir répondre que non, il n’existait aucun créneau dans les prochains jours dans les Pyrénées-Orientales.


J’ai tenté de la jouer à l’envers en cherchant dans l’Aude. Mais là non plus, pas la moindre dose de vaccin en vue. Hier, donc, au lieu de chercher un œuf au chocolat oublié par des enfants dans la pelouse des voisins, j’ai de nouveau harcelé Doctolib et CovidTracker. Peine perdue. S’ils sont des milliers dans le nord de la France à avoir passé leur tour, visiblement dans la région, l’AstraZeneca a toujours bonne presse.

Et puis je me suis mis à douter. Ces sites fonctionnent-ils véritablement ? J’ai donc changé de département. A mon grand désespoir, j’ai constaté qu’il était tout à fait possible de réserver une dose ailleurs. A Toulouse j’aurais même pu m’inscrire pour ce mardi à 14 h. Les Audois de l’ouest du département pourraient tout à fait se faire vacciner dès le 8 avril en se rendant à Laroque-d’Olmes en Ariège. Et avec du Pfizer en plus.

Sur ce, je vais à nouveau tenter de trouver une dose pas trop loin de chez moi. Pour la centième fois, au moins. 

vendredi 2 avril 2021

De choses et d’autres - Repas clandestins mais pas trop

Mieux vaut parfois ne plus écouter le bruit de fond de l’actualité. Sinon on prend alors conscience qu’on n’est pas sorti de l’auberge, même si l’expression est mal choisie, puisque d’auberge, il n’y en plus d’ouvertes. Enfin, pas pour tout le monde.

Un reportage de M6 a montré, ce week-end, comment certains, à Paris, s’affranchissaient des interdictions découlant des mesures sanitaires. Dans un appartement luxueux (surtout si on est fan de Johnny Hallyday, son portrait stylisé ornant un des murs), une équipe de cuisiniers proposait dans ce « club privé » un repas, le soir en plein couvre-feu, pour la coquette somme de 160 à 490 €.

Pas de masques, on se fait la bise : normal, selon l’un des organisateurs, « Une fois que vous passez la porte, il n’y a plus de Covid ».

Autre pratique mise en lumière récemment : la conférence gastronomique. Sur le carton d’invitation, la conférencière qui causait des « Grands hommes et Dieu », débutait son exposé à 12 h 30. Le public, assis autour de tables copieusement garnies, pouvait, dans le même temps, déguster un repas gastronomique. L’inscription à la conférence (pas le repas…) coûtait 120 €.

Le paradoxe, c’est que ces initiatives complètement hors-la-loi sont quasiment publiques. Mais là, les autorités sont moins promptes à sévir. C’est vrai que la moyenne d’âge des distingués gastronomes est beaucoup plus élevée que celle des zigomards qui festoient dans un parc.

Mais rassurez-vous, le plan de vaccination décolle. Il serait temps, car de mauvaises langues ont fait remarqué, hier, que les USA ont vacciné, en trois jours, autant de personnes que la France en trois mois. 


jeudi 1 avril 2021

De choses et d’autres - Cookies funèbres

Ce n’est pas que j’ai le moral dans les chaussettes, mais c’est tout comme. La faute (entre autres) aux cookies qui prolifèrent dans mon ordinateur. Ces petits logiciels espions savent mieux que moi ce qui va m’intéresser dans les prochains jours.

Hier, alors que je parcourais un article sur ce film français qui abandonne les salles obscures pour aller se prostituer sur une plateforme (Madame Claude sur Netflix), je suis attiré par un article sponsorisé proposé juste en fin de papier. La photo montre une urne funéraire placée devant une femme en noir, deux arums en main. Le titre est sans équivoque : « Combien ça coûte d’être incinéré en Perpignan ? »

Si l’on fait abstraction de la faute de français, on comprend vite que ce business est juteux en cette période de pandémie. Parmi les sites qui s’ouvrent en cliquant sur le lien publicitaire, un comparateur de prix des différentes cérémonies d’obsèques.

Alors je tiens à dire, solennellement, aux algorithmes : « On se calme ! ». Certes, comme 98 % des Français, j’accuse un sérieux coup de mou, difficile de faire des projets, de voir plus loin que le lendemain. Mais, pas au point de penser à la mort.

De toute manière, tout ce qui est administratif et en relation avec le budget du ménage, c’est mon épouse qui s’en occupe. Donc, non, je ne veux pas savoir le prix de mon incinération.

Par contre, je clique volontiers sur un autre lien attrape-nigaud : « Parle comme ton Papi : notre top des expressions désuètes ». Même si je risque de ne rien apprendre : mon « moral dans les chaussettes » du début de chronique le prouve à l’évidence. 

mercredi 21 octobre 2020

Cinéma - “Adieu les cons” : la cavale ultime

Toujours aussi acerbe, Albert Dupontel brocarde de nouveau notre société devenue folle.

Le suicidaire (Albert Dupontel), la condamnée (Virgine Efira) et l’aveugle (Nicolas Marié), le trio improbable de la cavale du film Adieu les cons.  Jérôme Prébois - ADCB Films


Depuis toujours, Albert Dupontel a un faible pour les ratés, les oubliés de la vie, les imparfaits et autres inadaptés à notre société du toujours plus beau, toujours plus brillant. Il puise dans ces personnages des idées de scénario où toute sa loufoquerie couplée à un anarchisme radical permet de transformer le banal en extraordinaire. Adieu les cons n’échappe pas à cette règle, avec cependant de plus en plus de tendresse pour ces handicapés de la vie sociale.

Tout débute dans le cabinet d’un médecin. Suze Trappet (Virginie Efira) découvre les radios de ses poumons. Elle trouve ça très joli. Le toubib, lui, s’égare en circonvolutions pour ne pas avouer de but en blanc qu’elle est condamnée. JB (Albert Dupontel), informaticien austère, est mis au placard pour laisser la place à un jeune diplômé plus dynamique. Désespéré, il décide de se suicider. Cela tourne mal et le voilà en fuite avec Suze, qui va lui demander de retrouver le fils qu’elle a abandonné quand elle était adolescente. Pour cela ils vont avoir besoin de l’aide de M. Blin (Nicolas Marié), un archiviste rendu aveugle après une bavure policière. Ces Pieds Nickelés vont déjouer tous les pièges des forces de l’ordre et localiser le médecin qui a accouché Suze. Le docteur Lint (Jackie Berroyer), souffre de démence sénile, mais cette histoire lui permet de retrouver un peu de lucidité et finalement, après bien des péripéties improbables (qui font tout le sel du film), le trio va enfin mettre la main sur ce fils disparu et l’aider à mieux gérer sa vie sentimentale de geek coincé et introverti.

Trio équilibré

Cela semble touffu résumé de cette façon, et pourtant le film est d’une fluidité absolue. Les désespoirs de Suze, l’honnêteté de JB, les bravades de M. Blin permettent à chacun de tirer le meilleur de l’autre. Une réelle complicité, tendresse aussi, se noue entre les trois. A noter que dans le rôle de la petite amie du fils de Suze, Marilou Aussiloux, comédienne originaire de Narbonne, prouve qu’elle est aussi à l’aise en tailleur chic qu’en robe d’époque qu’elle porte dans La révolution série diffusée sur Netflix. Autre petit rôle remarqué (et remarquable), Terry Gilliam des Monty Python interprète d’un vendeur d’armes à feu qui pourrait faire de l’ombre à Trump. 

Et la morale de l’histoire me direz-vous ? Elle se résume par le titre du film : Adieu les cons !

Film français d’Albert Dupontel avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié



mercredi 9 septembre 2020

Cinéma - Isabelle Huppert, daronne au pays des dealers

Isabelle Huppert joue à la Daronne qui berne flics et dealers dans ce film dont l’autre héros est le Paris populaire.


Ce film de Jean-Paul Salomé devait sortir initialement en mars. La Daronne bénéficie finalement d’une meilleure exposition puisque, depuis deux semaines, la fréquentation des salles de cinéma repart nettement à la hausse. Et cette comédie policière tirée d’un roman d’Hannelore Cayre devrait logiquement remplir les salles tant son côté drôle et irrévérencieux arrive à point nommé après une séquence de plusieurs mois de sinistrose sanitaire.

La Daronne, c’est Patience Portefeux (Isabelle Huppert). Interprète judiciaire, elle doit retranscrire en français les écoutes téléphoniques des dealers parisiens originaires du Maghreb. Sa parfaite connaissance de l’arabe lui permet de tout savoir sur les mouvements de cannabis entre Maroc et région parisienne.

Le début du film la montre lors d’une intervention au petit matin. Une descente où elle doit être au plus près pour indiquer aux policiers ce que se disent les suspects. Le reste de son travail est tout ce qu’il y a de plus tranquille. Très routinier même. Écouter les conversations de petits dealers n’est pas la chose la plus épanouissante. Mais c’est très instructif. Surtout quand on a quelques dettes laissées par un défunt mari.

Un rôle en or

Si Patience franchit toutes les lignes jaunes, c’est avant tout pour aider Khadidja (Farida Ouchani), l’aide-soignante qui s’occupe très bien de sa mère souffrant de la maladie d’Alzheimer. Son fils va être interpellé au cours d’une opération où plus d’une tonne de cannabis va être saisie. Patience va faire échouer l’opération et récupérer la marchandise.

A la tête de ce véritable trésor, elle va mettre au point une stratégie audacieuse pour le transformer en petites coupures pour assurer une fin de vie digne à sa mère et retrouver un peu de luxe dans sa vie. Patience va se transformer en Daronne (surnom donné par les policiers qui surveillent les trafics), une femme forte qui va devoir se faire une place dans ce milieu de machos qui n’apprécient que moyennement cette concurrence soudaine.

Fidèle au roman, le film offre un rôle en or à une Isabelle Huppert impeccable, entre petite-bourgeoise effacée quasiment fonctionnaire et dealeuse sans foi ni loi. Un film qui baigne dans le Paris populaire, où les communautés coexistent tant bien que mal dans une ville bigarrée et foisonnante. Avec notamment une superbe scène dans les rayons de Tati, grand magasin parisien qui depuis a fermé ses portes. Film sur le réveil d’une femme, on ressort de La Daronne avec des envies de bousculer le train-train du quotidien.

Film français de Jean-Paul Salomé avec Isabelle Huppert, Hippolyte Girardot, Farida Ouchani.

mercredi 29 juillet 2020

Roman - Soyez humains, aidez les animaux


Si Séverine de la Croix est surtout connue dans le milieu littéraire pour ses contributions jeunesse et ses scénarios de BD, son nouveau roman adulte devrait changer la donne. L’histoire chorale de Mado, Lazslo, Issa ou Agnesse est belle, passionnante, on ose même le terme d’apprenante devenu à la mode cet été. Mado, aide-soignante à Uzès dans le Gard, a un don. 

Quand elle touche les mains d’une personne, elle découvre son avenir, ses qualités ou ses pires défauts. Voilà comment elle décide avec son colocataire Lazslo d’aller sauver un chien martyrisé par un homme qu’elle a soigné peu de temps auparavant. Une expédition mouvementée, où elle ne doit son salut qu’à l’intervention d’un mystérieux policier, Issa, si beau et gentil qu’elle en tombe raide amoureuse sur-le-champ. 

Si les histoires de cœur font un peu cliché, le reste du récit, sur la résilience et l’action directe contre la maltraitance des animaux, compense le tout. 

« Au milieu de la foule », Séverine de la Croix, Éditions du Rocher, 17,90 €