samedi 30 avril 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - La (mauvaise) blague du pyjama

Nous les hommes, manquons souvent cruellement de tact et de goût. Un matin, mal réveillé sans doute, j'ai eu le malheur de demander à mon épouse, alors qu'il était midi passé, si elle comptait sortir en pyjama. Telle la belle héroïne de la chanson de Marc Lavoine, elle utilise ses "yeux revolver" pour me crucifier sur place. "Oui je compte sortir comme ça. Et non ce n'est pas un pyjama !" Mais comment voulez-vous que nous les hommes fassions la différence entre un legging un peu bariolé et un simple pyjama ? On n'a pas tous l'œil acéré de Steevy ou de LagerfeldSur le coup, j'avoue, elle m'a cloué le bec. Mais comme je ne lâche pas l'affaire, j'ai profité de l'incident pour le transformer en plaisanterie récurrente. Parfait pour détendre l'atmosphère. Ainsi, quand elle sort des placards un ensemble qu'elle n'a pas mis depuis des années (ou qu'elle vient d'acheter, l'un n'empêche pas l'autre), je ne me prive jamais de lui glisser un sournois : "Joli ton nouveau pyjama... ». Ça a le don de la mettre en rogne, avec un sourire en coin, parfaitement consciente que je la fais marcher.
Le problème, avec les femmes, c'est qu'on perd toujours. Un matin, alors que je venais de lui décocher une nouvelle flèche vestimentaire, elle me met sous le nez un Fémina, supplément dominical de l'Indépendant : "Grande tendance de l'été 2016, le pyjama s'invite partout", explique un article illustré des photos de Naomi Campbell, Nicole Richie et Juliette Binoche en pyjama, dans des soirées huppées.
Pyjama 1 - Litout 0.

vendredi 29 avril 2016

Roman : Étranges mutations dans la zone interdite

Jeff Vandermeer imagine une expédition dans une région où tout évolue. De la science-fiction très nature.

Dans un futur non défini, une expédition de quatre femmes part à la découverte des mystères de la Zone X. Depuis une expérimentation militaire ratée, elle est entourée d'une frontière difficilement franchissable. L'expédition a pour mission de cartographier la zone et de répertorier les espèces animales.

"Annihilation" de Jeff Vandermeer est la première partie de la trilogie du Rempart Sud. Les quatre femmes, uniquement nommées sous leur spécialisation, savent qu'elles n'ont que peu de chance de retour. C'est la 11e expédition. La narratrice est la biologiste. Elle se trouve en compagnie d'une géomètre, d'une anthropologue et d'une psychologue. Cette dernière, chef de mission, experte en hypnose, joue un rôle trouble. Après la description du paysage, un lac, des marais recouverts de bambous, un phare au loin, quelques ruines... le groupe tombe en arrêt devant l'entrée d'un tunnel. Les murs sont recouverts de mots formés d'une espèce végétale inconnue. "Les lettres, reliées par l'écriture cursive, étaient faites de ce qu'un profane aurait pris pour une mousse à l'apparence d'une fougère d'un vert riche."
La géologue, qui est en réalité sur la piste de son mari, disparu dans la zone quelques années auparavant, respire des spores de cette mousse et sent qu'elle se transforme : ses sens décuplés, une clairvoyance nouvelle. Par contre la psychologue, blessée par un organisme inconnu, devient folle et paranoïaque. Au point de se suicider. Sur le cadavre, la narratrice constate qu'"une espèce de duvet fibreux vert doré vaguement lumineux avait colonisé son bras, du coude à la clavicule."
Ce roman, parfois comparable au Darwinia de Robert Charles Wilson, plonge le lecteur dans un monde imaginaire foisonnant, où tous les repères sont modifiés. Une évasion complète et absolue.
"Annihilation" de Jeff Vandermeer, Au Diable Vauvert


DE CHOSES ET D'AUTRES - TF1 en mode Ninja


La télévision est parfois plus passionnante par ses coulisses que ses programmes. Prenez TF1, la chaîne la plus regardée en France. Un mastodonte de l'audiovisuel qui, pour la première fois depuis bien longtemps, est déficitaire sur les trois premiers mois de l'année.

Conséquence l'état-major a sonné le branle-bas de combat pour grappiller quelques parts de marché. Car même les valeurs sûres telles que Koh-Lanta (battu fin février par un match de rugby) ou The Voice donnent des signes de faiblesse. Alors il faut prendre des risques. Mais mesurés les risques. Face au buzz continuel autour de Cyril Hanouna et de son émission sur D8, TF1 ressort son atout maître : Arthur. Il lance une émission de distraction avec chroniqueurs autour d'une table, en hebdo dans un premier temps le vendredi soir, puis tous les jours à 17 heures. Nom de code : "5 à 7 avec Arthur". La grande déconnade assurée... entrecoupée d'un maximum de pubs.
Dans le même style, un nouveau programme va être diffusé. Rien de bien original puisqu'il s'agit de l'adaptation de "Ninja Warriors", jeu extrême de franchissement d'obstacles imaginé au Japon et déjà vu sur les chaînes de la TNT, à l'époque où elles achetaient n'importe quoi pour meubler l'antenne.
Retransmis en été mais tourné en une semaine sur le port de Cannes, il sera présenté par Christophe Beaugrand et Denis Brogniart, les Guy Lux et Léon Zitrone des temps modernes, avec Sandrine Quétier dans le costume de Simone Garnier. Que d'audace, la concurrence tremble.

jeudi 28 avril 2016

BD - Vie et mort d'un juge hors normes


Olivier Berlion est Lyonnais. Plusieurs de ses albums se déroulent dans cette ville et région qu'il affectionne particulièrement. Pour sa nouvelle série, il plonge dans l'histoire récente de la ville en racontant la vie et la mort du Juge Renaud, surnommé le Shérif. Implacable, cet ancien Résistant, a des méthodes peu orthodoxes mais très efficaces. Le magistrat a été un des premiers à faire le lien entre grand banditisme et politique avec le SAC (Service d'action civique) pour relais. Une enquête qui lui sera fatale. Berlion raconte avec minutie comment certaines forces de l'ombre ont froidement décidé de se débarrasser du juge. Un triptyque écrit en étroite collaboration avec Francis, le fils du juge Renaud.

"Le Juge, la République assassinée" (tome 2), Dargaud, 13,99 euros



DE CHOSES ET D'AUTRES - Pour qui la cagnotte ?

Il ne se passe plus un jour sans un projet faisant appel au financement participatif. La grande mode du moment passe par Ulule, Kickstarter et autres KissKissBankBank. Comme si donner son argent sur internet était devenu la nouvelle religion dominante. Profitant de l'engouement, certains ont même eu l'idée de collectes plus privées. Tout employé d'une société de plus de dix personnes sait qu'à l'occasion d'un mariage, d'une naissance ou d'un départ à la retraite, vous êtes priés de contribuer à la célébration du moment.

Ainsi sont nées les cagnottes Leetchi suivies par quelques concurrents comme Lepotcommun, la Cagnotte facile ou Tilt. Plutôt que de passer dans les bureaux et de faire la quête, vous créez une page sur la plateforme choisie et envoyez le lien à tous vos collègues. On voit ainsi la somme grossir au fur et à mesure, avec la possibilité pour le bénéficiaire de profiter comme il veut de l'argent. Cela semble gros, mais de petits malins ont rapidement tenté de profiter de l'aubaine.
On voit ainsi fleurir des cagnottes pour le moins farfelues. La plus originale, et totalement vouée à l'échec, une collecte pour "racheter l'Olympique de Marseille". Pas moins... D'autres sont plus terre à terre : les sous serviront clairement à se faire plaisir. D'un Ipad à Noël en passant par une semaine de vacances aux Baléares ou une nouvelle paire de chaussures.
En fait, il n'y a pas de limitation dans les idées, pas plus, visiblement, que dans la naïveté des gens qui acceptent de participer à ce genre d'"aventure".

mercredi 27 avril 2016

BD - Buck Danny, "l'authentique", est de retour


Attachez vos ceintures, gare aux turbulences, Buck Danny est aux commandes. Le héros créé par Charlier et Hubinon n'en finit plus de séduire jeunes et nostalgiques. En plus de la série originale qui profite des dernières innovations de l'aviation militaire mondiale (54 titres parus !), les éditions Zéphyr proposent une collection "Classic" reprenant l'univers et le graphisme des années 60. Au dessin, Jean-Michel Arroyo rend un hommage permanent à Hubinon. C'est totalement dans le ton, avec un peu aussi de Milton Caniff dans l'utilisation des aplats noirs. Après deux albums se déroulant en Corée, cap sur le Japon, en 1945, peu de temps après la capitulation. 
Des militaires fanatiques aidés par la redoutable Miss Lee, fomentent un complot pour attaquer les USA. Ils dérobent une bombe atomique et veulent la lâcher sur la Californie. Heureusement Buck et ses fidèles compagnons interviennent. La grande aventure est indémodable.
"Buck Danny Classic" (tome 3), Dupuis-Zéphyr, 14 euros



mardi 26 avril 2016

Livre - Roland, le voisin mort et si encombrant

Roland, voisin discret, meurt la tête dans la gamelle de son chien. Début des soucis pour le narrateur.

Nicolas Robin joue sur le comique de répétition pour plonger le lecteur dans ce roman aux airs farfelus et légers mais d'une étonnante profondeur humaine. Chaque chapitre (il y en a 27) débute par la phrase "Roland est mort". Roland c'est le voisin du narrateur, un trentenaire, chômeur, se remettant mal d'une histoire d'amour foireuse. Tout ce qu'il souhaite, lui, c'est qu'on le laisse tranquille, à siroter son Campari tout en matant du porno. Mais les pompiers font du raffut en cassant la porte du voisin pour constater sa mort, depuis une semaine. Ils emportent le corps et confient au voisin de palier le caniche du mort. Une vieille femelle, qui répond au doux nom de Mireille. Comme Mireille Mathieu, Roland adorait les tubes de la chanteuse française à la coupe au bol, seuls sons que le narrateur entendait en provenance de l'appartement mitoyen. Que faire de ce chien ?

Le début du roman raconte les différentes tentatives de se débarrasser de l'animal puant. Mais les ennuis s'aggravent quand un croque-mort remet au voisin une urne contenant les cendres de Roland. Sans famille ni ami, cet employé au tri postal était un solitaire. "Quand la solitude prend racine, elle est plus tenace que le chiendent", constate le narrateur, en prenant conscience qu'il ressemble de plus en plus au mort.
Le roman de Nicolas Robin alterne scènes cocasses (un anniversaire de vieux copains ou un mariage en péril) avec de vrais moments d'émotion comme le retour chez les parents ou la rencontre avec Chantal, la seule 'amie' de Roland.
"Roland est mort" de Nicolas Robin. Anne Carrière. 17 euros (disponible au format poche chez Le Livre de Poche)

lundi 25 avril 2016

Poches - Meurtres à travers les âges et le temps

Paris, en l'an 1584. Une année troublée par la mort de "Monsieur", le frère du roi, et par l'assassinat du prince d'Orange. Tandis que rumeurs et pamphlets circulent sur les pratiques occultes du roi, le jeune commissaire au Châtelet Jean du Moncel, imaginé par Viviane Moore, est chargé d'enquêter sur un vol de cadavres au gibet de Montfaucon.

"L'homme au masque de verre", inédit, 10/18, 8,10 euros

Brooklyn, 1922. En pleine nuit, un petit garçon se terre au fond de son lit : quatre hommes viennent de tuer sa mère et d'enlever son père. Réfugié en Irlande, il jure de revenir chercher son père. 90 ans plus tard, le vol d'une vieille montre cassée intrigue. Une montre qui s'est arrêtée une certaine nuit de 1922. Un thriller à travers les âges signé par Peter James.

"Que sonne l'heure", Pocket, 7,40 euros

Jeune journaliste ambitieuse, Nola rêve du prix Pulitzer mais est confinée aux pages Loisirs d'un quotidien de La Nouvelle-Orléans. Jusqu'au jour où on lui confie un reportage sur les délinquants sexuels libérés au moment de l'ouragan Katrina et qui, depuis, sont toujours dans la nature. Un premier roman policier saisissant de Joy Castro qui publie 'Au plus près' ce mois-ci dans la Série Noire.

"Après le déluge", Folio, 8,20 euros

DE CHOSES ET D'AUTRES - Sacré bœuf au paradis


Parfois me vient l'envie de croire au Paradis. Et tant qu'à faire m'y rendre illico presto. Parce que franchement, s'il existe, il doit être drôlement animé depuis le début de l'année. L'hécatombe des chanteurs et musiciens permet de composer un orchestre incroyable dans un ailleurs possible, peut-être. En premier, Lemmy Kilmister, le chanteur guitariste de Motorhead. Il n'est pas resté longtemps seul, David Bowie le suivait de quelques semaines. Le duo se transforme en trio avec l'arrivée de Prince.
Et comme le producteur des Beatles, George Martin, a lui aussi cassé sa pipe, il fallait un quatrième musicien hors normes pour former un groupe d'exception. Le sort a décidé que Papa Wemba (décédé samedi), icône de la rumba congolaise s'y collerait.
Ces quatre ne sont plus sur terre pour enchanter leurs fans, mais le petit Jésus doit avoir des fourmis dans les jambes en entendant leurs compositions (surtout en ces temps de résurrection). Et je les imagine, à fond dans un bœuf pour Saint-Pierre et ses anges, les veinards.
Plus prosaïquement, on peut se demander pourquoi cette année 2016 est si propice aux décès de célébrités. Des statisticiens ont enquêté et ont tout simplement mis le phénomène sur le dos du babyboom. La génération née après la seconde guerre mondiale approche des 70 ans. Or, c'est dans cette tranche d'âge (qui représente près d'un quart de la population) que l'on trouve le plus d'hommes et de femmes ayant "réussi" ces dernières décennies.
Donc, sans être un devin, on peut objectivement croire que l'au-delà résonnera de plus en plus de musiques d'exception.

dimanche 24 avril 2016

DVD et blu-ray - Que la Force envahisse votre télé

Après la conquête du monde à travers les salles obscures, le septième volet de Star Wars débarque chez vous, en blu-ray et DVD. Un peu plus de 10 millions de spectateurs ont acheté un ticket pour aller découvrir la suite très attendue de la saga de George Lucas.

Cinq mois après sa sortie au cinéma, le film de JJ Abrams s'attaque au marché du DVD et du blu-ray. Une déferlante impressionnante part à l'assaut des foyers français. Impossible d'éviter le phénomène, même dans les coins les plus reculés des campagnes. Petit rappel : une vingtaine d'années après la fin du premier cycle, la République se bat toujours pour la liberté. À la tête des armées, la Princesse Leia joue son rôle de force tranquille. Le côté obscur est mené par Snoke avec pour factotum Kylo Ren (Adam Driver). Pour le contrer, la jeune Rey aidée de Finn, un soldat renégat. Le trio de "jeunes" face aux trois anciens. Si Han Solo joue un rôle central et continu, Luke Skywalker n'intervient qu'en dernier ressort, comme pour donner l'envie de voir la suite.
Le scénario ne brille pas par son originalité, mais est le plus fidèle aux trois premiers films de George Lucas. La nostalgie joue à fond, avec cependant suffisamment de nouveautés pour attirer les jeunes spectateurs. Cette édition vidéo propose quantité de bonus (uniquement avec le blu-ray). On peut notamment découvrir quelques scènes coupées qui n'apportent rien à l'intrigue, mais prouvent combien JJ Abrams s'est investi dans ce projet dantesque.
Très instructif également la genèse de BB8, le robot rond et véloce, fidèle à Rey et parfait dans le rôle de compagnon numérique. On apprend notamment qu'il est né sur un coin de nappe, de la main même du réalisateur et comment il est animé par des marionnettistes surdoués.

________

Trois conditionnements

Le réveil de la Force bénéficie de trois conditionnements. Le DVD est le moins cher mais il n'y a aucun bonus. Donc réservé aux rares qui n'ont pas déjà vu le film lors de sa sortie. Les bonus sont par contre très copieux pour la version blu-ray. De plus la haute définition est préférable pour un film bourré d'effets spéciaux. Sur le blu-ray réservé aux bonus, un long documentaire sur le « réveil de la saga », quelques scènes coupées et surtout un reportage sur la première lecture du scénario, avec autour d'une table les anciens et les nouveaux personnages. Les passionnés feront certainement l'acquisition de ces même blu-ray, mais dans un boitier métal du plus bel effet. Par contre, il ne semble pas exister encore de version 3D ou 4K.

Rendez-vous le 14 décembre

Depuis son rachat par Disney, l'univers Star Wars est très présent. La machine, lancée par le 7e volet, est également l'occasion de développer des histoires parallèles. Si l'épisode 8 est attendue fin 2017, les fans ne resteront pas sur leur faim avec dès le 14 décembre 2016 la sortie de « Rogue One ». Situé entre les épisodes III et IV de la saga originelle, ce film de Gareth Edwards (Godzilla) racontera comment un commando rebelle se lance dans une mission pour voler les plans de l'Etoile Noire. L'occasion de découvrir de nouveaux personnages, de retrouver des robots connus et peut-être d'en savoir un peu plus sur l'origine de Rey...