jeudi 21 mars 2013

BD - Oreilles pointues chez les Elfes de Soleil


Popularisées par Glénat et Delcourt, c'est au tour de Soleil de se lancer dans la série-concept. Logiquement c'est dans l'héroïc fantasy que l'éditeur toulonnais puise son inspiration. « Elfes » sera composé de cinq titres publiés sur une année. Chaque titre sera l'œuvre d'un duo différent. En commun, le monde des Elfes et leurs différentes races. Les Elfes bleus, écrit par
Istin (coordinateur de la série) et dessiné par Duarte, se penche sur ces créatures, mal vues des humains, mais souvent sollicitées par les humains car excellents guerriers-mercenaires. Il y est raconté comment la conquête du Crystal permet aux elfes bleus de commander à la mer.
Le titre suivant, en mai, se penche sur la vie des elfes sylvains, réfugiés dans les forêts de ce monde imaginaire. En août, ce sont les elfes blancs, les plus puissants de l'espèce qui seront dans les bacs des libraires. Attention, vous risquez vite de devenir accros...
« Elfes » (tome 1), Soleil, 14,30 €

mercredi 20 mars 2013

Billet - L'écriture en option

Plusieurs états américains viennent de décider que l'enseignement de l'écriture cursive deviendra une option dans les prochaines années. Oui vous avez bien lu (vous savez, la lecture, ce truc ringard appris dans votre enfance), l'apprentissage de l'écriture  ne sera plus obligatoire partout aux USA dès la rentrée 2014 ! A la place, les élèves bénéficient de cours sur des logiciels de traitement de texte. Le clavier va définitivement enterrer le porte-plume.
Je ne vous ferai pas l'affront de jouer le rôle de l'ancien combattant, regretter avec des trémolos dans la voix (ou plutôt des tremblements dans les doigts qui frappent les touches) quelque chose qui a quasiment disparu de mon quotidien. Car je l'avoue, je n'écris presque plus à la main. Excepté pour prendre des notes, mes stylos sèchent désespérément sur mon bureau, abandonnés, délaissés. Toutes ces chroniques sont directement tapées au clavier, archivées sur le disque dur, dématérialisées. Les jeunes d'aujourd'hui ne tiennent plus de journal intime. Tout au plus postent-ils leurs états d'âme sur leur page Facebook. Certaines tablettes proposent l'option écriture. Avec un stylet, vous écrivez, le logiciel tape le texte à votre place. Mais je sens que cet argument ne se montrera pas déterminant. 
Le problème se posera cruellement dans quelques années, quand les décideurs exigeront, en vain, des lettres de motivation manuscrites. Et les graphologues iront tous pointer au chômage... 
 
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue mardi en dernière page de l'Indépendant.   

BD - Le retour des Tigres volants

Plus d'un demi-siècle après leurs parutions, ces aventures de Buck Danny publiées dans le 8e volume de l'intégrale, sont toujours incroyablement modernes. Certes
Hubinon reste dans une mise en page classique, mais ses dessins sont d'une force étonnante. Chaque scène est idéalement amenée, autant quand il s'agit de comédie que d'action. Le militaire américain quitte durant trois albums le cadre strict de l'armée pour la compagnie privée des Tigres volants. 
Dans un pays imaginaire de l'Asie du Sud-est, il va de nouveau croiser la route de la séduisante mais très dangereuse Lady X. En plus des 200 pages de BD, l'intégrale s'ouvre sur une copieuse rétrospective de l'activité des deux auteurs entre 60 et 62. En plus d'animer les pages de Spirou, Charlier et Hubinon se lançaient dans l'aventure de Pilote avec Barbe Rouge. Sans oublier des collaborations avec Record. A l'époque, travailler plus n'était pas un vain mot...
« Buck Danny, l'intégrale » (tome 8), Dupuis, 24 €

mardi 19 mars 2013

Billet - Habemus Tweetam

« 
Chers amis, je vous remercie de grand cœur et je vous demande de continuer à prier pour moi. » Habemus Tweetam ! Le pape François a enfin tweeté. Son compte officiel en anglais, fort de près de 2 millions d'abonnés, s'est réveillé ce dimanche sur le coup de midi. Un tweet traduit et diffusé simultanément sur ses nombreux comptes, du français au latin en passant par l'espagnol et l'arabe. Un premier message repris des milliers de fois, comme quand le Vatican a annoncé l'élection de François. Mais il n'atteint pas les records de mercredi soir : le compteur était monté jusqu'à 130 000 tweets à la minute. Benoît XVI avait lancé le mouvement. Une trentaine de tweets seulement. Certaines mauvaises langues prétendent que c'est en découvrant la rapidité du réseau que Joseph Ratzinger a pris conscience qu'il était temps pour lui d'abandonner sa charge.
François ne semble pas être à la pointe de la modernité. Mais il ne manque pas d'esprit. Lors de ses rares prises de paroles post-élection, il a souvent eu un petit mot pour plaisanter. Revenant sur le déroulement du Conclave, il a eu une expression très imagée pour définir le moment où il a compris qu'il risquait d'être élu : « Quand les choses sont devenues dangereuses... » Il a le sens de la formule. Idéal pour Twitter. Malheureusement, il y a peu de chance que le compte @pontifex concurrence les « stars de la déconne en 140 signes ».
 
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - L'image du faune dans Vito de Stalner

Vito, nouvelle série fantastique d
'Eric Stalner, se déroule entièrement en Italie. Après la seconde guerre, Giuseppe, cinéaste raté, survit en projetant sur les places des villages de Sicile des films américains. Il vit seul dans son camion en compagnie de son chien. Un jour, un mystérieux homme lui remet une bobine de film lui expliquant que ces rushs auraient un grand succès auprès du public. Effectivement, la scène est étonnante de réalisme. Une fillette s'enfuit dans la campagne. Elle est rattrapée par un homme. Un centaure exactement. La fillette le chevauche, rejoint une belle maison et parle à un faune. Giuseppe cherche les trucages. Ne les voit pas. Il comprend que tout est vrai quand Vito trouve refuge dans son camion. Un adolescent sauvage, cachant ses cornes et des oreilles pointues de faune sous une casquette. Un monde merveilleux à découvrir.
« Vito » (tome 1), Glénat, 13,90 €

lundi 18 mars 2013

BD - Salgari, capitaine abandonné

Cloué à sa table de travail, Emilio Salgari a écrit des centaines de romans. Des aventures exotiques essentiellement. Ses récits avaient un immense succès à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Voyageur par procuration, il n'a quasiment jamais quitté l'Italie.
Paolo Bacilieri raconte son existence immobile et misérable. Car Salgari n'a jamais roulé sur l'or. Exploité par ses éditeurs, il dépensait tout pour faire survivre sa famille. Cette biographie se décompose en deux parties distinctes. Une chronologique où on découvre l'enfance puis la vie d'adulte de Salgari. L'auteur se concentre sur la dernière journée de l'écrivain. En manque d'inspiration, dépassé après l'internement de sa femme pour folie, il écrit quelques lettres d'adieu et cherche un bel endroit dans les bois. Là, il sort son rasoir le mieux affuté et se fait hara-kiri, comme certains de ses héros imaginaires. Une vie triste et édifiante. L'œuvre reste, notamment un volume chez « Bouquins » de Robert Laffont.
« La vie rêvée du capitaine Salgari », Delcourt, 16,95 €


dimanche 17 mars 2013

Billet - Mon 4 mieux que ton 5 !

La bagarre commerciale entre Apple et Samsung pour la suprématie mondiale en matière de smartphone est digne d'une bagarre de cour de récréation. Si on oublie les milliards de dollars en jeu, les arguments des uns et des autres se limitent souvent à des affirmations d'autant plus efficaces qu'elles sont dites avec assurance.

Ton iPhone en est à sa cinquième version ? Certes, mais mon Galaxy S de Samsung, 4e mouture, est encore plus mieux ! Et de se chamailler sur des détails. Car pour les fonctions essentielles (téléphoner et surfer sur le net), ils se valent.

L'iPhone met en avant « siri », la petite intelligence artificielle qui répond à vos questions. Réplique de Samsung : le Galaxy S4 n'a plus besoin de la parole, ni des doigts de son utilisateur ! Il vous comprend d'un simple clignement de paupière. Quand une vidéo est diffusée, si vous quittez l'écran des yeux, elle se met en pause. Et ne reprend que quand votre regard est de nouveau dans l'axe de l'appareil. Une idée géniale, notamment pour les publicitaires. Impossible de zapper les annonces placées avant les clips...

Par contre le Eye-Scrolling, pour faire défiler les pages avec les yeux, est remplacé par un système sensible à l'inclinaison. Penchez votre Galaxy vers l'arrière, et les pages défilent vers le haut. Attention quand même au mal de mer.

On attend maintenant la réplique d'Apple. Deux axes de recherches seraient à l'étude : la commande par la pensée ou... le retour au cadran rotatif pour faire vintage. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant. 

samedi 16 mars 2013

Billet - Nan mais, allo, allo quoi, Nabilla...


De plus en plus bas. Le néant absolu. Les théoriciens du buzz sur internet  en mangent leur chapeau. Depuis une semaine le « Allo, quoi... » de Nabilla (obscure participante à une téléréalité sur la téléréalité...) est sur tous les écrans. Toutes les lèvres aussi, comme si imiter la bêtise personnifiée était le summum de la branchitude. 

Tout est parti d'un court extrait des « Anges de la téléréalité », émission de NRJ12. Nabilla s'étonne, en simulant un coup de fil, que deux autres participantes n'aient pas de shampoing. Il suffit désormais de dire « Allo, quoi... » pour déclencher les rires. Les parodies se multiplient. Même Audrey Pulvar a cautionné le phénomène... Les professionnels du porno ont récupéré la séquence, avant de pouvoir faire signer un contrat juteux à la fameuse Nabilla.

Seul effet positif de ce buzz, les blondes ne passeront plus pour les idiotes de service car Nabilla est brune. « A forte poitrine » selon l'expression d'Elie Seimoun, mais brune. Par contre, je plains toutes les femmes prénommées Nabila (notre star du moment a doublé ses L, pour devenir un ange). Un prénom d'origine arabe signifiant « noble »... Jusqu'à la semaine dernière on n'y voyait qu'un brin d'exotisme. Aujourd'hui, c'est la honte suprême. 
Personnellement je me réserve pour le prochain télévendeur de panneaux solaires (deux appels par jour) : « Nan mais allo, allo quoi... Des panneaux solaires alors qu'il pleut... »   
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

Billet - Les Experts dans le caca

La série télé américaine «
Les Experts » a popularisé le métier de policier scientifique. Dans leurs labos, armés d'éprouvettes, de loupes et autres produits chimiques, ils traquent les tueurs en utilisant leur moindre erreur. En France aussi ces nouveaux flics font rêver. Mais un récent fait divers, repris sur nombre de sites internet, vient de remettre en perspective leur boulot, pas si glamour que cela...
La semaine dernière, en région parisienne, une adolescente de 13 ans est interpellée, soupçonnée de cambriolage. Elle passe entre les mains des scientifiques pour une analyse ADN. Les fichiers parlent. Son ADN est également découvert sur un autre cambriolage près de Toulouse, un an auparavant. A l'époque, l'imprudente laisse des traces sur les lieux de son forfait. Des cheveux ? Une rognure d'ongle ? De la transpiration sur une poignée de porte ? Non... un morceau de papier hygiénique usagé au fond du jardin... On imagine la scène. Le chef veut bizuter le nouveau : « Kevin, va récupérer les preuves dans le jardin. Tu les manipules avec précaution... et tu les fais parler ! » Kevin, docile, s'exécute. Il ramasse la merde, dans tous les sens du terme. Et en tire une belle empreinte ADN. Car Kevin est consciencieux. Et aujourd'hui, Kevin pavoise. Son épreuve d'entrée dans le service n'aura pas été vaine. En faisant des prélèvements sur de la matière fécale (mot politiquement correct pour désigner le caca), il vient de mettre hors d'état de nuire une redoutable délinquante de 13 ans, qui ne sait même pas utiliser des toilettes. 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

BD - Dans l'enfer virtuel de DMC


Jeu vidéo vendu à plus de 12 millions d'exemplaires, Devil May Cry (DMC pour les initiés) débarque en BD. Un univers peuplé de monstres et autres démons sortis des enfers, en lutte contre quelques humains courageux. Passées les planches un peu bavardes pour planter le décor et donner au néophyte quelques notions sur ce monde, ce sont essentiellement des scènes de baston d'anthologie qui sont proposées. 
Virgil, le frère de Dante, véritable héros du jeu vidéo, doit le retrouver. Il fait appel à un médium, Kat, pour le localiser. Mais avant de pouvoir frapper à sa porte, le couple devra affronter Mundus (le grand méchant), le Phlégéthon, les Onyx et le démon prison Hellfire. Virgil pour s'en tirer sortira ses armes fatales : Rapid Slash et Spiral Swords... 
Cela semble un peu hermétique, mais il faut surtout profiter des dessins grands formats de Patrick Pion et Robin Recht, experts en abominations.
« Devil May Cry, les chronique de Virgil », Glénat, 13,90 €