Sans que personne ne s’en aperçoive, Marie-Bernadette Dupuy est devenue une des romancières les plus lues en France. Ses sagas familiales se vendent à des millions d’exemplaires. Pour faire patienter les fans, elle ressort ses premiers écrits des années 90. Voici donc les deux premières enquêtes de Maud Delage, policière basée à Angoulême. Presque du polar local, mais avec cette petite touche qui fait la différence.
Maud, jeune et célibataire, va résoudre deux affaires. La première voit un couple retrouvé égorgé dans une caverne isolée, la seconde se déroule dans le milieu des bolides d’antan participant au Rallye des Remparts, célèbre course charentaise.
Je me dois de partager avec vous mon fou rire du jour. D’autant que je me suis un peu reconnu dans le portrait peu flatteur que cette femme fait de son mari.
Elle publie une petite annonce sur le net et explique que « pour cause de mari débile » elle vend une « boîte de 30 capsules Nescafé Dolce et Gabano ou je sais plus quel truc qui rime en O ». Elle lui avait demandé des capsules Nespresso et précise un poil énervée : « Ça fait 8 ans qu’on a la machine ! »
Chère madame, je me permets de vous faire remarquer que malheureusement, les hommes ont souvent des problèmes avec les listes de courses. Moi en particulier. J’ai deux problèmes quand je suis seul au magasin en mission commandée : je ne trouve pas ce qui est demandé et quand je crois l’avoir déniché, je me trompe.
Presque une malédiction sous le signe du beurre doux à la place du demi-sel, de la pâte brisée à la place de la feuilletée. J’avoue, seul en courses, je suis catastrophique. Pas au point du mari aux mauvaises capsules, cependant.
Dans la petite annonce, l’épouse en remet une couche : « L’autre fois je lui demande un pot de gommage moussant et il m’a ramené un pot de houmous. » Le meilleur pour la fin, le mari, pour justifier son achat argumente : « C’est dommage, on aurait pu en donner à notre fils de 8 ans au petit-déjeuner ».
Réponse définitive de madame : « Le 7, c’est l’intensité du café, pas une recommandation de jeu vidéo, pauvre nouille ! ». Les nouilles, c’est quel rayon déjà ?
Lady S, personnage créé par Van Hamme et dessiné par Aymond sait désormais qui elle est. Le premier cycle a permis de dévoiler ses véritables origines. Mais elle reste une espionne en or, toujours prête à aider le monde libre. Dans cette 15e aventure, elle est en Indonésie. En vacances avec sa tante.
Avant de rejoindre Bali elle est l’invitée d’un diplomate américain qu’elle a connu dans sa jeunesse. Quand elle surprend une conversation prouvant que c’est un traître, elle décide d’agir. Mais rien ne va se dérouler comme prévu et Lady S se retrouve en prison, sa tante aux mains des services secrets chinois.
L’album, en plus de mettre en lumière la puissance de la Chine dans cette région du monde, montre l’enfer des prisons indonésiennes. Un album édifiant.
Ils étaient la coqueluche de Paris dans les années 50. Le duo Poiret et Serrault a débuté au cabaret en interprétant des sketches où la fantaisie se battait en duel avec l’absurde. Des sketchs parfois oubliés retrouvés et publiés dans ce livre que tous les humoristes d’aujourd’hui devraient lire de toute urgence. Leur spécialité au début étant la parodie d’interview. Ainsi en cette période de prix littéraires, le sketch sur les œuvres (et la prétention) du romancier Stéphane Brineville semble encore tout à fait d’actualité en pleine résurgence de l’autofiction.
Mais le plus flagrant est le sketch sur M. Schnops, réfugié politique venu demander l’asile en France. Poiret, en bon journaliste demande à Serrault s’il a fui l’URSS ou un pays communiste (on est en pleine guerre froide), mais ce dernier avoue qu’il est Suisse. Mais pourquoi quitter ce pays démocratique et pacifique ?
« Car la tyrannie du régime helvétique pèse sur tout… Toutes les libertés sont réduites à néant. »
Vous ne trouvez pas que la parodie ressemble à l’actualité d’aujourd’hui ?
La fantasy se permet parfois d’être impertinente. C’est le cas d’Orépia scénariste par Fabien Dalmasso. La série raconte les aventures d’une bande de mercenaires. Dans le premier tome, ils sont au service d’un noble mais décident finalement de détaler face aux attaques de l’armée d’un mage très puissant.
Leurs pérégrinations dans ce royaume d’Orépia donnent l’occasion au lecteur de découvrir les mentalités des différents personnages.
On salue plus particulièrement Hermine, une fée qui aime massacrer et tuer tout en parlant comme un charretier, ou Fram, un Sylvan aux grandes oreilles détestant les Humains. Il vivait dans les forêts. Mais ces dernières sont devenues très rares. À cause des humains…
Pour ceux qui doutent du retour en force du monde d’avant, il leur suffit d’aller jeter un œil à leur boîte aux lettres. S’ils n’y ont pas apposé l’autocollant « Stop à la pub », ils ont constaté que les prospectus arrivent de nouveau en quantité.
Mercredi, c’est plus d’un demi-kilo de dépliants et catalogues divers qui ont atterri chez moi. Comme si la reprise de la consommation ne suffisait pas, il fallait en plus pousser les Français à acheter encore et encore. Mais que nous conseille-t-on d’acquérir en ces temps sombres entre pandémie et fin du monde pour cause de dérèglement climatique ? Des canapés et des téléviseurs encore plus grands pour les enseignes spécialisées.
La pub s’adresse aussi aux gens dans le coup puisqu’on propose une banquette-lit en palettes pour 300 €. Ce sont de fausses palettes, sans doute plus confortables, mais ne vaut-il pas mieux faire avec le matériau original qui est souvent gratuit ?
Dans les grandes enseignes, les promos touchent surtout ce qui se mange. Des pages et des pages de photos de viande sanguinolente ou de poissons à l’œil éteint. Feuilleter ces prospectus permet de voyager à moindres frais. Saumon de Norvège, agneau de Nouvelle-Zélande, crevettes d’Équateur ou avocats du Kenya, tous les continents s’offrent à nos papilles.
Attention, ces pubs d’un autre âge continuent à plomber notre bilan carbone. Même recyclé ce papier n’est pas neutre. Et savoir que le « trafic est fluide pour la Normandie », jeu de mot approximatif pour promouvoir de la crème légère, ne m’apporte pas grand-chose.
Finalement, je vais moi aussi accoler l’autocollant « Stop à la pub ». Même si j’y perds certainement quelques idées de chroniques…
Dans l’esprit des feuilletons du début du XXe siècle, le Dr Radar, tel un Fantomas, sème la mort et le désordre. Il s’attaque à Venise dans cet album avant de tenter de bombarder toutes les grandes capitales européennes depuis une fusée. Heureusement les deux héros, Ferdinand Straub et Pascin, osent tout pour l’empêcher de trop nuire.
Les planches sont tellement belles que les éditions Glénat ont décidé de les exposer dans leur galerie à Paris. A ne pas manquer jusqu’au 28 septembre.
Ainsi donc, la ligne à grande vitesse entre Perpignan et Montpellier avance. Pas trop et pas trop vite, mais elle avance. Le calendrier est de nouveau mis à plat et au regard des dernières décisions gouvernementales, des délais normaux pour le foncier et, bien évidemment, la phase de construction, on arrive désormais à la date approximative d’après 2040.
Encore près de 20 ans à attendre, telles des vaches dans le pré qui ruminent en regardant passer les tortillards. Mais, attention, 2040 c’est pour la jonction avec Perpignan.
La ligne entre Montpellier et Béziers, elle, pourrait être mise en service beaucoup plus tôt. Enfin, pas tant que ça, les prévisions les plus optimistes évoquant l’année 2033.
Cette ligne est en train de devenir la Sagrada Familia du sud de la France. Un chantier qui n’en finit plus. Chaque année qui passe rajoute deux ou trois ans à la date finale des travaux.
En comparaison, les Américains estiment qu’ils pourront lancer un vol habité vers Mars en 2033 ou, plus certainement, lors de la fenêtre de tir suivante de 2037. Dans tous les cas de figure, il semble plus simple d’aller sur Mars que de prendre un véritable TGV de Perpignan à Montpellier.
De toute manière, si cela continue à ce rythme, les dernières traverses des rails seront posées vers 2070, au moment même où une équipe d’ingénieurs mettra au point la téléportation instantanée rendant totalement caduques toutes ces installations.
Et, à ceux qui me rétorquent que c’est de la pure science-fiction, je répondrais que cette ligne TGV en a aussi tous les airs.
À l’heure de la primaire écologiste avant la présidentielle en France, ce roman devrait faire réfléchir bien plus que les 120 000 inscrits et potentiels participants. Thomas B. Reverdy est parti d’un fait : la Norvège a construit une plateforme pétrolière nommée Ragnarok. Encore plus au nord, vers de nouvelles réserves d’or noir, dans cette mer arctique qui fond comme neige au soleil. Expression qu’on va bientôt modifier par « comme banquise sous l’effet du réchauffement climatique».
Loin d’être un pensum scientifique, Climaxse présente comme un roman d’aventures. Un premier accident sur la plateforme fait revenir au pays Noah, un ingénieur. Il va de nouveau croiser la route de ses amis d’enfance. Quand ils passaient des nuits à vivre des aventures fantastiques dans des jeux de rôles basés sur les légendes scandinaves. Quand ils escaladaient le glacier qui domine la région. En plus de l’action qui semble conduire inéluctablement vers la fin du monde, des chapitres racontent les animaux menacés de cette région. L’ours blanc, évidemment, « un des seuls prédateurs qui n’avait pas peur de l’homme avec les crocodiles et les grands requins blancs ». L’ours affamé qui est devenu cannibale pour survivre. Les loups aussi sont menacés comme des poissons. Un bestiaire qui va devenir fabuleux, comme celui de la partie jeu de rôle du roman, quand Noah, Anders et Knut s’imaginaient en héros, mages et autres trolls.
Ce mélange des genres, des ambiances, des styles, donne une puissance supplémentaire à ce roman dont le message essentiel est résumé en page 227 : « On approchait de la fin du monde. On finissait par s’y attendre - on l’avait tellement attendue. » Vu les dernières prédictions du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), jamais on n’aura été si proche.
L’inflation repart à la hausse et, par conséquent, le smic va être un peu augmenté en octobre. Après cette étrange période de crise sanitaire où les milliards d’aides en tout genre ont déferlé sur la France, où en sont les Français avec leurs finances ?
Difficile de dresser des tendances, chaque cas étant particulier et la relation avec l’argent, quelque chose de très personnel. Se contenter de deux catégories (fourmis qui épargnent et cigales dépensières) est trop réducteur.
J’ai pourtant eu un petit indice quand une personne, pour expliquer qu’elle n’arrivait pas à utiliser son application d’une banque, a partagé une capture d’écran. Un exemple, pour preuve ce sont les comptes de M. et Mme Exemple qui sont détaillés. Le compte de M. est crédité de 2 540 €, le compte joint de M. et Mme de 6 643 € et le livret A (de M. encore) de 17 922 €.
Les réactions portaient, essentiellement, sur les montants. Pour certains, jamais ils n’ont eu plus de 500 € sur le Livret. D’autres soulignaient qu’ils étaient tous les mois à découvert. Les plus pragmatiques s’étonnaient d’une telle somme sur le compte courant qui ne rapporte pas…
Bref, la majorité trouvait M. et Mme Exemple très riches.
Personnellement, ce qui me gênait dans le tableau, c’est la répartition des comptes. Si M. Exemple peut utiliser, comme il l’entend, les trois comptes, soit une somme de près de 27 000 €, Mme doit se contenter du compte joint et des 6 600 €. Mais, il est vrai que les banques ont longtemps freiné l’indépendance financière des femmes. N’oublions pas que ces dernières ne peuvent ouvrir un compte à leur nom que depuis le 13 juillet 1965.