mercredi 28 février 2018

Cinéma - L’amitié plus forte que les drogues dans "La fête est finie"


Céleste (Clémence Boisnard) et Sihem (Zita Hanrot) ont un point commun. De ceux dont on se passerait bien et qui font tâche sur un CV : toxicomanes. Elles se rencontrent pour la première fois dans un centre fermé où elles tentent de décrocher. Marie Garel-Weiss pour son premier long-métrage a puisé dans son expérience personnelle pour bâtir les personnalités de ses deux héroïnes. Et raconter avec sensibilité mais réalisme aussi leur long chemin vers le décrochage, une vie « clean ».

■ Comment se sortir de la drogue ?

Céleste, à peine adulte, semble plus rebelle que Sihem, 26 ans. Leurs premiers échanges sont tendus. On devine que l’arrivée dans ce type d’établissement n’est jamais une décision prise de gaîté de cœur. Alors pour accepter cette situation, on a tendance à être dur avec les autres pensionnaires. Qui vous le rendent bien. Conséquence les deux filles, arrivées le même jour, vont finalement se trouver des points communs et devenir amies. Très proches même. Un peu trop selon les autres convalescents.

 

Un premier avertissement pour Céleste et Sihem qui ne pourront plus faire dortoir commun. Alors la nuit elles se retrouvent en secret, rêvent de la vie dehors. Et sur un coup de tête, elles partent. Juste pour manger un « grec ». Cela va marquer leur expulsion définitive et sans possibilité de retour au centre. Car les encadrants ont compris qu’en s’aidant trop, elles s’empêchaient mutuellement de s’en sortir seules.

Le film questionne alors sur la meilleure façon de se sortir de la drogue. Groupe de parole, vie d’ascète et solitude contre amitié sincère et soutien mutuel ? Le retour dans la société, avec ses difficultés matérielles et ses tentations donne en partie la réponse. Certes Céleste et Sihem sont en permanence ensemble et profitent l’une de l’autre, mais quand la plus âgée fait des efforts pour s’insérer, la plus jeune se laisse aller. Et quand l’une plonge, l’autre comprend qu’elle ne s’en sortira pas si elle reste avec elle.

Excellente photographie des méthodes actuelles pour rendre leur libre choix aux toxicomanes (notamment sur les groupes de prise de parole), le film révèle deux comédiennes brillantes. Clémence Boisnard, très nature, joue la fougue et la folie alors que Zita Hanrot, plus secrète et torturée, doit passer par plus de niveaux. Froide, chaleureuse, obstinée, désespérée, toute une palette de sentiments qu’elle retranscrit à merveille.

➤ « La Fête est finie », drame de Marie Garel-Weiss (France, 1 h 33) avec Zita Hanrot, Clémence Boisnard.

Livre sur le cinéma - Harcourt, photos et studio de légende

Studio Harcourt. La signature au bas des photos de stars toujours un peu évanescentes a fait le tour du monde. A la base c’est une jeune photographe, Cosette Harcourt, associée à deux patrons de presse qui a créé ce Studio, devenu le passage obligé de toutes les célébrités du cinéma français et mondial. Du noir et blanc classieux, comme une signature de l’esprit distingué français.

Le livre de Guillaume Evin revient sur la saga de ce studio de légende. Personnalité de sa créatrice mais aussi techniques de « fabrication » de ces clichés où « on sculpte la lumière (...) afin que le modelé de chaque visage soit sublimé ». Des visages il y en a des centaines dans ce livre, qui retrace toute l’histoire du cinéma français de ces 80 dernières années. 

➤ « Cosette Harcourt », Guillaume Evin, Hugo Doc, 19,50 €

DVD et blu-ray - "Le sens de la fête" bien placé aux Césars

Ce vendredi, le cinéma français célèbre ses meilleurs éléments. Les césars ont de nouveau placé deux films en tête des nominations. La lutte sera rude entre « Au revoir là-haut » d’Albert Dupontel et « 120 battements par minutes » de Robin Campillo

Mais attention, parfois ce sont les outsiders qui tirent leur épingle du jeu. «Le sens de la fête » du duo Eric Toledano, Olivier Nakache, avec 10 nominations, ne devrait pas revenir bredouille. Pour vous en persuader, n’hésitez pas à regarder ce film choral en vidéo dominé par un Jean-Pierre Bacri (nominé) exceptionnel. 

Ce chef d’entreprise en pleine déroute sentimentale, doit assurer la pérennité de son affaire et gérer un mariage qui s’annonce comme une catastrophe inéluctable. Les gags fusent comme des bouchons de champagne et les nombreux bonus permettent de prolonger ce grand éclat de rire.

➤ « Le sens de la fête », Gaumont, 14,99 €

mardi 27 février 2018

De choses et d'autres - Ondes divines

En Grande-Bretagne, la couverture internet en haut débit passera prochainement par les voies (prétendues impénétrables) de Dieu. Du moins par les églises et paroisses qui pourront accueillir des antennes relais wifi sur les clochers. Un accord a été signé entre l’exécutif et l’église anglicane : contre rétribution, les opérateurs pourront louer le sommet des édifices religieux (16 000 églises et 12 500 paroisses quand même) et y installer leur matériel. Le gros avantage de ce plan consiste en ce que la grande majorité des bâtiments concernés est à la campagne, campagne justement mal desservie pour l’instant par internet. Les zones blanches disparaîtront et la promesse de David Cameron, en 2015, l’accès au très haut débit à tous les foyers et entreprises en 2020 pourra finalement être tenue. Merci mon Dieu.

Cette initiative anglaise pourrait-elle donner des idées en France ? Tout en étant mé- créant, je prie pour qu’il n’en soit rien. Franchement, j’ai été échaudé par les multiples études et controverses concernant les effets néfastes des ondes électromagnétiques sur la population. Les relais de téléphonie mobile installés sur les châteaux d’eau ou bâtiments en pleine ville ont dû déménager après des luttes parfois acharnées de collectifs déterminés.

Alors si on truffe nos clochers d’émetteurs pour arroser les villages, ce n’est plus à l’occasion de la messe du dimanche qu’il y aura un peu de monde sur le parvis de l’église, mais à chaque jour de manifestation pour le démontage de ces appareillages du diable. Je m’emballe un peu, les ondes ne sont pas l’œuvre de Satan, bien qu’à écouter le calvaire de certains électro-sensibles, on pourrait croire aux pires damnations. Alors le wifi sur les clochers, oh my God. 

lundi 26 février 2018

De choses et d'autres - Vélo volé

Encore une affaire dont l’image de marque de la France à l’international ne sortira pas grandie. L’entreprise Gobee.bike spécialisée dans la mise à disposition de vélos partagés dans les grandes agglomérations annonce son intention de se retirer du marché français. Différents des Velib dans la mesure où ils ne nécessitent ni abonnement ni lieu précis pour les rendre, les Gobee.bike sont devenus la cible préférée des vandales. Des milliers d’engins ont été saccagés voire volés et revendus après maquillage.

Quatre mois d’existence plus tard, cette start-up, persuadée d’avoir trouvé le moyen de rendre service, de protéger la planète et d’engranger des bénéfices en même temps met la clé sous la porte. Tout ça à cause de quelques dizaines d’idiots, persuadés que casser est la meilleure façon de se faire remarquer. Décidément, le règne du vélo partagé a du plomb dans l’aile. Et on constate le même phénomène partout. Le nouveau service parisien Smovengo a souffert d’énormes ratés lors de son lancement il y a deux mois. Le retard est en cours de rattrapage, mais la qualité du service a nettement chuté. A Perpignan, les pauvres Bip, vélos rouges accrochés en quelques points stratégiques ont cessé de jouer les figurants. Car rares étaient les utilisateurs. De toute manière, on dirait que tout a été conçu pour décourager les valeureux entre les pédaliers cassés, les pneus à plat ou les antivols impossibles à détacher.

Pourtant ailleurs le système fonctionne. Le leader mondial du vélo partagé connecté se nomme Ofo et vient de Chine. Selon son argumentaire commercial, « Ofo a connecté plus de 10 millions de vélos à 200 millions d’usagers dans 20 pays ». Mais il est vrai que des pays comme la Chine, l’Allemagne ou l’Australie cultivent un peu plus les notions tels que la discipline et le respect

dimanche 25 février 2018

Découverte - Quand les fleurs se racontent à Ille-sur-Têt dans "L'art des jardins"


Le week-end prochain, à Ille-sur-Têt, dites-le avec des fleurs. Car contrairement à l’idée reçue, les fleurs sont de grandes bavardes. Elles se la racontent même, serait-on tenté de constater en découvrant le programme du salon « L’art des jardins ». Pourtant ce rendez-vous, devenu incontournable dans la région, n’a rien de floralies. « Vous ne trouverez pas de plantes fleuries » prévient Magali Rezoug, responsable des structures touristiques de la communauté de communes Roussillon-Conflent et cheville ouvrière de la manifestation. «Les pépiniéristes pré- sents s’adressent pour beaucoup à des collectionneurs. Ils sont à l’écoute des acheteurs et donnent des conseils pour la plantation », souligne Magali Rezoug. Une certaine philosophie règne à l’Art des jardins, salon lancé il y a 15 ans et qui a pris de l’importance. « Nous ne prenons pas de revendeurs et les exposants sont triés. » Pour qu’ils ne se fassent pas de concurrence entre eux, « on cherche la complémentarité ».

■ Tatouages fleuris

En plus des plantes, vous pourrez trouver à l’Espace la Catalane des produits de l’artisanat en rapport avec le jardin, comme des boissons aux fleurs d’hibiscus ou des bijoux en résine avec des fleurs intégrées à la matière. Côté végétaux, il y en aura pour tous les goûts, des figuiers aux fraisiers en passant par de plus exotiques agrumes, cactus, yucca ou orchidées. Sans oublier les variétés de roses anciennes. Durant ces deux jours, en plus de faire vos emplettes pour le printemps, vous aurez la possibilité d’assister à des conférences. Le thème de cette année a été résumé par ce joli concept: « Les fleurs se la racontent ». On le retrouve dans la conférence de dimanche matin, à 11 heures, avec une intervention des spécialistes du salon « Enjoy Tatoo » de Cabestany. Vous saurez tout sur la symbolique de la fleur au travers des différents styles de tatouages. Car une rose « chicano » n’a pas la même signification qu’une rose « old school ».

A 16 heures, toujours dimanche, Michelle Vallière, historienne de l’art, abordera la place de l’élément floral dans l’art, comme simple décor ou pour sa symbolique. Enfin pour ceux qui ont l’âme verte et envie de plus de naturel dans leur alimentation, ne manquez pas l’intervention de deux agriculteurs bio d’ici, Laurent Balaguier et Alain Margalet (lire ci-dessous), invités à faire le point sur cette révolution agricole qu’est le bio.

Tout au long de la journée, vous pourrez déambuler entre les stands mais également vous restaurer sur place. Un stand grillades (tenu par le club de foot) et un autre de spécialités sucrées confié depuis le lancement de l’Art des jardins à l’association de sauvegarde de l’ermitage Saint-Maurice. Vous pourrez y déguster crêpes, gâteaux et les traditionnelles bunyè- tes catalanes (Pâques approche). En vous régalant, vous aiderez également à l’entretien et à la restauration de l’ermitage situé en pleine garrigue. Un bijou d’architecture occupé actuellement par une ermite, Nicole, et qui a déjà vu sa petite chapelle entièrement restaurée. 

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Figure : Alain Margalet, des résultats à l’avenant d’un cerveau bouillonnant

Son air enjoué et son enthousiasme communicatif n’arrivent pas tout à fait à masquer l’évidence. Alain Margalet travaille beaucoup. Sans doute trop. Et la fatigue finit parfois par le rattraper, qui se lit sur son visage comme on parcourrait une carte. Les petites rides aux coins des yeux, la peau burinée par le grand air, le sourire un peu las. Il lui en faudrait plus pour se laisser abattre depuis toutes ces années – en 2009 exactement – qu’il a décidé de transformer l’entièreté de son exploitation agricole (25 hectares quand même), en tout bio. « Le passage au bio s’est très mal passé » confie-t-il. « A Ille, ils s’imaginaient que c’était réservé aux cheveux longs, enfin vous voyez, quoi. On nous prenait pour des fous. Même avec les banques, on a galéré ». Pourtant Alain, fort de ses 33 ans d’expérience, avait déjà bien compris que l’agriculture conventionnelle court à sa perte. Lui et une poignée d’autres exploitants, huit en tout, mettent leurs idées et leur savoir en commun pour sortir la tête de l’eau et tirer le meilleur parti de leurs récoltes.

■ L’ail au bout du fusil

Ainsi, ils imaginent toutes sortes de moyens naturels pour venir à bout des ennemis des arbres et des cultures, à savoir entre autres les sangliers et les pucerons. L’un des 8, versé en aromathérapie, met au point une huile essentielle d’ail puissance 1000, destinée aux groins dévastateurs des sangliers, censés être carrément dégoûtés par l’odeur. Et ça marche. « D’ailleurs, rigole Alain, même les ‘conventionnels’ s’en servent maintenant ! » De la même manière empirique, ils découvrent que le piment de Cayenne s’avère un excellent répulsif contre les pucerons. Mais justement, ces tâtonnements prennent du temps, requièrent une énergie folle, aboutissent parfois à des échecs tellement rudes qu’il faut vraiment avoir la niaque pour repartir. Et la vie de famille dans tout ça ? La voix d’Alain s’adoucit : « C’est Myriam, ma femme, qui m’a poussé à passer au bio. Si elle n’avait pas été là depuis le début, si elle n’était pas là, tout le temps à mon côté, je n’y serais jamais arrivé ». Parce que non content de s’astreindre à toutes ces difficultés, l’infatigable Alain imagine d’autres plans. Par exemple, ça lui donne mal au ventre de jeter les fruits et légumes « moches », ceux auxquels seul l’aspect déplaît au consommateur. Ainsi, avec trois de ses compères, naît « siBio ! » en 2011. Après quelques péripéties, ils louent aujourd’hui des locaux au Soler pour fabriquer leurs jus, nectars et confitures, mais l’aventure se poursuit. Avec toujours le même mantra. Produire du très bon, éviter autant que possible de vendre à la grande distribution, se dépasser. Et rêver que les jours durent 30 heures. 

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Avec les amis des jardins


Un petit paradis. Les jardins de l’Amitié d’Ille-sur-Têt ressemblent à s’y méprendre à l’Eden. « Nous avons 27 parcelles de 140 m2 , explique Philippe Tisané, le secrétaire chargé des relations avec les jardiniers. Et tous les adhérents peuvent profiter du bâtiment en dur, de l’aire de pique-nique et de barbecue, du verger commun avec vigne, abricotiers, kiwis ou du hangar destiné aux outils encombrants. » Créés depuis des décennies, ces jardins familiaux sont en pleine relance. L’espace pédagogique destiné aux enfants des écoles devrait être réactivé. Et si vous habitez le village, que vous avez la main verte mais pas de terrain, sachez que quelques parcelles seront bientôt disponibles. Alors n’hésitez pas à postuler auprès de la mairie. 

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Manger : La saveur et le sourire en plus

Depuis 9 ans, Yvon Rossignol joue avec talent sur le piano du restaurant le plus classe d’Ille-sur-Têt. En salle depuis autant d’années, la charmante Lucia veille au moindre détail. « J’ai étudié dans une école hôtelière en Slovaquie », explique-t-elle. « Vraiment stricte ». Un sourire, on n’en saura pas plus. Mais on s’est régalé de tout.

Saveurs des Orgues, 1, rue Gütemberg, Ille-sur-Têt. 04 68 84 10 48.

Visiter : L’espace La Catalane

Ancienne conserverie de fruits et de légumes, l’Espace La Catalane a rejoint le giron des infrastructures municipales depuis dix ans. De l’espace pour des exposants à l’extérieur et à l’intérieur, une large possibilité de se garer en cœur de ville, la Catalane est devenue incontournable dans l’animation du village. Et pour la trouver, pas de problème, il suffit de se repérer à l’immense cheminée en briques rouges, seul vestige des installations de l’époque. 

Déguster : Si bons, si bios

Avec une cinquantaine de références, l’usine de jus de fruits siBIO !, pour l’instant implantée au Soler, ne manquera pas de satisfaire les palais les plus exigeants. Jus 100% fruits, nectars, confitures, soupes, la marque s’approvisionne principalement en production locale. Comme le secret sera bientôt éventé, on peut d’ores et déjà annoncer que siBIO ! s’implantera prochainement à Ille-sur-Têt.

Thriller - Même les psychiatres peuvent devenir fous

Thriller machiavélique, roman psychologique voire texte à connotation fantastique ? En lisant les premiers chapitres de « La femme à la fenêtre » de A. J. Finn, on oscille longuement, incapable de classer ce roman américain. Seule certitude : quelle que soit la direction et le genre décidé par l’auteur, on ne le lâche plus quand on a fait connaissance avec Anna Fox, narratrice et personnage principal.

Anna est psychiatre. Mais elle ne reçoit plus ses patients. En pause. Arrêt maladie exactement. Dans sa grande maison, beaucoup trop grande depuis le dé- part de son mari Ed et de leur fille Olivia, elle passe de longues heures à observer ses voisins en sirotant des verres de vin rouge. Cela fait des mois qu’Anna n’a plus mis les pieds dehors. Elle se contente de vivre par procuration en décryptant le ballet de ses voisins, entre femme adultère, couple acariâtre et nouveaux venus dans ce quartier huppé de New York.

■ Ciel oppressant

De la façon dont elle raconte ses journées, on se surprend à la croire morte. Comme si elle n’était plus qu’un fantôme prisonnier de ces murs. Mais finalement une explication rationnelle vient remettre le roman dans le vivant, le concret. Anna souffre d’agoraphobie, tendance crainte de l’extérieur plus que de la foule.

Le soir, elle continue à « travailler », animant un forum pour les autres malades. Trouble handicapant comme quand elle veut aller gronder des enfants trop turbulents, le soir d’Halloween. Dès quelle franchit le pas de sa porte, « le monde extérieur est pareil à un bloc de pierre projeté par une catapulte, qui me heurte au creux de l’estomac avec une telle force que je me plie en deux sous l’impact (...) Mes yeux se révulsent, j’aperçois le rouge vif des feuilles, et après plus rien. » Pourtant, parfois, face au danger il faut affronter ses pires peurs.

C’est ce qui arrive à Anna, prise au piège d’une situation au cours de laquelle elle devient le jouet d’un psychopathe. Mais comment le découvrir quand on est soimême gravement malade ? A ceux qui craignent une histoire alambiquée, laissez-vous entraîner dans le monde d’Anna et dans son sillage, trouvez les ressources pour de nouveau affronter le ciel, parfois oppressant, mais si beau quand il symbolise la liberté retrouvée. 

➤ «La femme à la fenêtre», A. J. Finn, Presses de la Cité, 21,90 €

Livres de poche - La sélection du week-end : Claire Favan et Patricia Cornwel

Dompteur d’anges

Personne n’aime les tueurs d’enfants. En prison encore moins qu’ailleurs. Harcelé, battu, agressé quotidiennement sous le regard aveugle des matons, Max Ender vivra cinq ans d’enfer. Le crime qui l’a jeté là, Max ne l’a pourtant pas commis. Finalement innocenté, c’est un autre homme qui retrouve la liberté. L’homme à tout faire s’est mué en prédateur. Ses tortionnaires, il les châtiera un par un, par l’intermédiaire de leurs enfants, préalablement enlevés, dressés, domptés : les anges de sa vengeance, au glaive ensanglanté. Un thriller implacable de Claire Favan.

➤ « Dompteur d’anges », Pocket, 7,80 €

Chaos

Par une chaude soirée d’été, une cycliste est trouvée morte. Il semblerait que la jeune femme ait été agressée, mais les indices sont étranges : de petits éclats de verre sur le corps de la victime et une forte odeur de brûlé. Le Dr Kay Scarpetta est appelé sur les lieux. Nouvelle enquête de la célèbre héroïne de Patricia Cornwell

➤ « Chaos », Le Livre de poche, 8,40 €

samedi 24 février 2018

De choses et d'autres - Justin Trudeau est prêt pour Bollywood

Champion du monde de la coolitude ! Justin Trudeau, depuis son accession au pouvoir au Canada, ne cesse de se faire remarquer par ses attitudes, avis et sorties peu conventionnelles. Jusqu’à présent, cela lui réussit à merveille, mais il semble que son voyage en Inde marque un tournant. La frontière est parfois ténue entre l’originalité et le ridicule. Selon la presse elle a été nettement franchie lors de cette longue, très longue, visite officielle. Premier étonnement, le Premier ministre canadien a bloqué une semaine complète pour découvrir le sous-continent. Et comme il est accompagné de sa femme et de ses deux enfants, le séjour protocolaire a souvent pris des airs de vacances en famille.

Le pire reste cette volonté de s’habiller comme les locaux. Il a donc multiplié les changements de tuniques, bariolées et très typiques. Au point qu’il semblait en permanence déguisé, tel les Dupondt de Tintin, persuadés de passer inaperçus en vêtements folkloriques.

Et quand en plus il danse sur la musique locale, pieds nus, alors même que les vedettes de Bollywood sont habillées d’un sobre costume sombre, il donne l’impression d’être complètement à côté de la plaque. Costume qu’il a d’ailleurs endossé à nouveau pour rencontrer le Premier ministre indien, le dernier jour de la visite. Comme s’il avait besoin de passer par un sas de réaclimatation avant de rejoindre les rigueurs politiques et atmosphériques canadiennes.  

➤ P.S. : en théorie, Emmanuel Macron doit se rendre en Inde le mois prochain. Il me tarde de savoir s’il va relever le défi de la tunique.

vendredi 23 février 2018

De choses et d'autres - Les poulets battent de l’aile

Bâtir sa réputation sur un seul produit est risqué. Car si l’on tombe en rupture de stock, tout l’édifice s’écroule. Prenez la chaîne de restaurants KFC (Kentucky Fried Chicken) en Grande-Bretagne, spécialisée dans le poulet frit. Sans poulet, plus de menu. Conséquence, plusieurs enseignes ont dû se résigner à fermer temporairement leurs portes face au mécontentement croissant des amateurs. Une grogne qui a même poussé la police anglaise à communiquer sur Twitter pour préciser qu’elle n’avait aucun pouvoir sur cette pénurie. A croire que les Anglais, même les fous de poulet frit, sollicitent au quotidien les bobbies pour régler tous leurs problèmes.

Mais comment KFC a-t-elle pu se retrouver en rupture de stock ? Pour une fois ce n’est pas la faute aux éleveurs. Ni à la grippe aviaire. Le souci vient de l’acheminement de la viande. KFC a changé de transporteur. Le marché est revenu à DHL, un des poids-lourds mondial du transport de marchandise. Mais visiblement entre des colis en carton et de la viande fraîche, la différence de logistique est mal appréhendée ou l’infrastructure inadaptée, allez savoir. En tous les cas, les morceaux de poulet se sont égarés et les cuistots n’ont plus rien eu à frire.

Que l’on rassure les amateurs britanniques de ce genre de préparation, la situation devrait revenir à la normale dans quelques jours. En attendant, s’ils sont véritablement en manque, on peut leur conseiller d’acheter de la volaille dans une boucherie et de tenter de trouver une alternative à la friteuse. Parce que quand même, le problème des fast-foods tout comme leur attrait, se résument en un mot : gras. Ainsi la diète forcée de KFC pour les plus « accros » leur aura permis de surseoir à leur probable infarctus.