En parcourant les pages de l'Indépendant de ce mercredi, vous avez certainement repéré quelques informations trop drôles pour être vraies. La tradition du 1er avril est toujours vivace et nos correspondants locaux s'en donnent à cœur joie chaque année. Une sorte de compétition à celui qui trouvera l'idée la plus incongrue tout en restant plausible.
Si vous tombez sur un crocodile, des piranhas et autres animaux rares sous nos latitudes, pas de doute vous entrez en zone de canular. Certains sont énormes, d'autres beaucoup plus subtils. Tant et si bien que la rédaction se fait parfois berner et publie des "Poissons d'avril" avant l'heure, persuadée qu'il s'agit d'une véritable information... Une photo truquée (merci Photoshop !) renforce l'effet.
En 2013, votre quotidien préféré avait récolté les honneurs de toutes les revues de presse de France et de Navarre avec la capture dans une rivière près de Perpignan d'une truite dotée d'une tête de cochon.
Méfiez-vous cependant, la réalité dépasse parfois l'affliction (dirait Bérurier).
Ce week-end, un fait divers semblait tout droit sorti de l'imagination d'un rédacteur en mal d'histoire invraisemblable. Un jeune pompier breton est découvert vers 4 heures du matin près d'un chantier naval de Vannes en train de prodiguer les gestes de premier secours à un corps allongé. Les policiers croient (comme lui) qu'il tente de ranimer un noyé. À la différence près que ce qu'il avait pris pour un homme est en réalité un bateau pneumatique... Le secouriste, totalement ivre, a terminé la nuit en cellule de dégrisement. Le bateau se porte très bien.
Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
jeudi 2 avril 2015
mercredi 1 avril 2015
BD - Les explorateurs galactiques du "Futura" de Kraehn
Jean-Charles Kraehn est un auteur prolixe et talentueux. Il enchaîne les séries et les succès. De « Bout d'homme » à « Tramp » et passant par « Gil Saint-André » il a tâté de tous les styles. Il lui manquait cependant une corde à son arc : la science-fiction. C'est chose faite avec la série « Futura » éditée par les éditions Paquet.
Les mauvaises langues diront que cela ressemble fort à du Léo mâtiné d'Avatar de James Cameron. Pas faux, mais trop réducteur. Kraehn, qui assure scénario et dessin, apporte une touche très personnelle, notamment dans la psychologie des personnages, sa marque de fabrique. Trois jeunes, deux garçons, Bart et Théo, et une fille, Chérine, volent une navette pour aller de l'autre côté de la zone connue, en terra incognita. L'action se déroule sur une planète lointaine où un ordre religieux règne en maître. Personne ne doit aller au-delà de la limite.
Les intrépides désobéissent et découvrent une nature généreuse mais hostile, avec monstres marins, grosses bêtes agressives et même tribu primitive. Ils devront affronter une myriade de dangers avec en plus le risque de ne jamais plus pouvoir revenir à la civilisation.
« Futura » (tome 1), Paquet, 13,50 €
mardi 31 mars 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Le nom de l'emploi
Mais qui sont ces aptonymes qui viennent de s'abonner à mon compte Twitter ? Explication en 140 signes : "Un aptonyme est un patronyme possédant un sens lié à la personne qui le porte, le plus souvent en relation avec son métier ou ses occupations".
Le compte propose régulièrement des exemples alliant burlesque et insolite. Le plus célèbre est certainement Joao Pippi Salle, urologue canadien. Plus près de nous, David Mélé, joueur de rugby, occupe le poste de... demi de mêlée. Édith Cresson, avant d'être la première femme Premier ministre en France a occupé le poste de l'Agriculture.
Chez le citoyen lambda, les associations sont tout aussi irrésistibles. Un certain André Perpette officie en tant qu'avocat, Rémy Brisemur maçon, le docteur Mac Donald s'est spécialisé dans la nutrition des enfants et Raymond Boudin, logiquement, a choisi la charcuterie comme épanouissement professionnel. Parfois, il faut l'ajout du prénom pour obtenir un aptonyme royal. Ce chauffagiste belge porte un nom qui sonne comme un slogan publicitaire pour ses installations : Gérard Manfroy.
Après avoir bien rigolé en parcourant ce compte Twitter, je me suis demandé pourquoi il avait décidé de me suivre. Et soudain l'illumination : je suis moi aussi un aptonyme qui s'ignore. En plus de cette chronique quotidienne, j'écris depuis une vingtaine d'années sur les nouveautés littéraires. J'aurais dû prendre un pseudonyme. J'ai bêtement gardé mon véritable nom : "Michel Litout, critique littéraire", interdit de se moquer !
Le compte propose régulièrement des exemples alliant burlesque et insolite. Le plus célèbre est certainement Joao Pippi Salle, urologue canadien. Plus près de nous, David Mélé, joueur de rugby, occupe le poste de... demi de mêlée. Édith Cresson, avant d'être la première femme Premier ministre en France a occupé le poste de l'Agriculture.
Chez le citoyen lambda, les associations sont tout aussi irrésistibles. Un certain André Perpette officie en tant qu'avocat, Rémy Brisemur maçon, le docteur Mac Donald s'est spécialisé dans la nutrition des enfants et Raymond Boudin, logiquement, a choisi la charcuterie comme épanouissement professionnel. Parfois, il faut l'ajout du prénom pour obtenir un aptonyme royal. Ce chauffagiste belge porte un nom qui sonne comme un slogan publicitaire pour ses installations : Gérard Manfroy.
Après avoir bien rigolé en parcourant ce compte Twitter, je me suis demandé pourquoi il avait décidé de me suivre. Et soudain l'illumination : je suis moi aussi un aptonyme qui s'ignore. En plus de cette chronique quotidienne, j'écris depuis une vingtaine d'années sur les nouveautés littéraires. J'aurais dû prendre un pseudonyme. J'ai bêtement gardé mon véritable nom : "Michel Litout, critique littéraire", interdit de se moquer !
BD - L'oracle de la NSA nous écoute
Il s'appelle Appolo. Ce jeune Noir américain est autiste. Du genre Rain Man, à l'esprit surdoué qui assimile tout instantanément. Ses capacités, repérées par la NSA, le service d'écoute des services secrets américains, sont exploitées au quotidien. Plongé en catalepsie, il ingurgite des milliers d'informations et peut répondre à n'importe quelle question. Ou annoncer des événements en préparation. Voilà comment il est devenu l'Oracle et que ses « visions » revêtent une importance cruciale.
Le problème avec Appolo, c'est sa dépendance complète à sa mère. Tel un enfant de 5 ans, il est incapable de faire les choses du quotidien. Et s'il n'a pas cet environnement apaisant, il est trop perturbé pour avoir la moindre vision. Quand sa mère se fait renverser par un chauffard, le programme à plusieurs millions de dollars s'arrête. Seule solution, confier Appolo à sa demi-sœur, Oz, flic tête brûlée.
Personnages complexes, loin des clichés déjà-vu, intrigue à plusieurs niveaux, cette série écrite par Gloris et dessinée par Bleda passionnera les amateurs de série télé genre « 24 heures ».
« NSA » (tome 1), Casterman, 13,50 €
lundi 30 mars 2015
DE CHOSES ET D'AUTRES - Playlist de grévistes
Douze jours que Radio France est en grève. Une partie du personnel a cessé le travail pour protester contre les coupes budgétaires et les suppressions de postes. Douze jours cela fait long pour l'accro à France Inter que je suis. Une journée n'a forcément pas la même saveur sans ces compagnons du quotidien. Comment être de bonne humeur sans les piques d'Alex Vizorek, Charline Vanhoenacker, Nicole Ferroni ou François Morel ? Que comprendre de la politique française sans l'éclairage de Thomas Legrand ? On se sent un peu plus bête sans les découvertes de Rebecca Manzoni.
En attendant un hypothétique journal, les auditeurs ont la chance de découvrir des chansons qui font du bien. Ma joie, un matin la semaine dernière, en entendant "Busy Earnin'" de Jungle ou la superbe chanson "Bruxelles" du trop rare Dick Annegarn.
Et comme le service public est réel, même quand une partie du personnel cesse le travail, cette playlist qui tourne presque en boucle depuis plus d'une semaine, est détaillée sur le site internet de la radio. Chouette, ils annoncent du Léo Ferré, Juliette et même "Tigre du Bengale" des Liminanas.
Même en grève, France Inter reste ma radio préférée.
BD - Les racines de Rahan
Rahan, fils des âges farouches, est l'archétype du nomade qui ne s'arrête jamais de découvrir de nouvelles civilisations. Il va où le guide son coutelas d'ivoire. Au lieu de rester auprès d'une belle et aimante guérisseuse, il préfère reprendre la route. Mais cette fois son arme fétiche le conduit vers le Mont-Bleu, le volcan qui a anéanti sa famille lors d'une éruption mémorable. Un retour aux sources compliqué pour l'adulte qui n'a pas fait encore le deuil de ses proches. Mais il n'a pas trop le temps de se poser des questions.
Capturé par une tribu de guerriers, il constate que toutes ses inventions, destinées à faciliter la vie des hommes (irrigation, moulin, levier...) ont été dévoyées pour favoriser l'esclavage d'une autre tribu. Cette aventure inédite, la première depuis cinq ans, est toujours dessinée par Chéret
malgré ses 80 ans. Le scénario est signé Lécureux, Jean-François, le fils de Roger, le créateur du personnage.
malgré ses 80 ans. Le scénario est signé Lécureux, Jean-François, le fils de Roger, le créateur du personnage.
« Rahan et les fantômes du Mont-Bleu », Soleil, 14,95 €
dimanche 29 mars 2015
BD - L'industrie des films X expliquée à partir des coulisses
Véritable prouesse réalisée par Olivier Milhaud, le scénariste d’“Explicite” roman graphique dessiné par Clément C. Fabre. Il raconte, sans fioritures, comment il a accepté de tourner dans le film d’un de ses amis. Problème, l’ami en question est John B. Root, pape du porno français. Olivier Milhaud, plutôt spécialisé dans les BD jeunesse, angoisse sérieusement avant le tournage (une semaine dans une villa de rêve dans le département du Gard). Pourtant il n’a pas de scènes hard. John est persuadé qu’il ferait un bon acteur traditionnel dans une production plus écrite.
Olivier endosse le costume de comédien et se transforme en policier. Mais comme le film est quand même composé à 30 % de scènes hot, il partage la vedette avec de véritables acteurs X. Olivier Milhaud raconte ainsi les coulisses, les engueulades, les problèmes de timing, les jalousies et même les histoires d’amour qui se nouent entre comédiens.
Sans jamais montrer la moindre scène cochonne, il humanise ces hommes et femmes autant victimes que complices d’une industrie du sexe en pleine expansion. Une BD qui ne peut que décevoir les amateurs du genre, mais qui e apprend beaucoup aux autres.
“Explicite, Carnet de tournage”, Delcourt, 16,95 euros
BD - Un éditeur se livre sans fard
Dans le monde de la bande dessinée franco-belge, les principaux éditeurs sont tous originaires de ces deux pays. Pourtant la BD suisse est dynamique et riche de grandes signatures, de Zep à Derib en passant par Cosey. Manquait un éditeur pour compléter le tableau.
C’est là qu’intervient Pierre Paquet. Ce jeune entrepreneur lance une société d’impression et en parallèle développe une maison d’édition. Vingt ans plus tard les éditions Paquet acquièrent une dimension supplémentaire avec quelques séries à succès. Déjà scénariste de quelques albums, Pierre paquet est titillé par l’idée de raconter cette saga. Il commence à jeter les idées sur le papier, cherche un dessinateur (Jesus Alonso) et se retrouve rapidement face à une somme incroyable d’anecdotes. Surtout, il parle plus de lui et de son chien Fiston que des aléas de l’édition de “petitmiquets”.
Un roman graphique dans lequel il ne se ménage pas, pour preuve le titre très évocateur de “Paquet de merde”. Il parle ouvertement de ses débuts peu concluants, de ses procès contre des auteurs teigneux, des festivals (et leurs soirées très arrosées) et de sa quête de l’âme sœur à travers les sites de rencontre. Un portrait au vitriol d’un jeune des années 2000, entre ambition et introspection. Durant tout ce temps il a aimé ce chien, toujours présent et aimant. Et c’est ce qui reste de cette BD : une belle histoire entre un jeune homme et un vieux chien, jusqu’aux larmes finales.
“PDM, Paquet de Merde”, éditions Paquet, 19 euros.
samedi 28 mars 2015
Autobiographie - My name is Moore, Roger Moore
Roger Moore troque le pistolet de l’agent 007 pour un stylo moins agressif. Dans cette biographie, concoctée sous forme de souvenirs précis, l’acteur britannique qui a conquis Hollywood, revient sur plus de 50 ans de carrière. Des théâtres londoniens aux plateaux américains en passant par la télévision, Roger Moore a surtout interprété le personnage de James Bond. Sa distinction et son flegme ont donné une autre dimension au héros de Flemming. Mais il a su exister avant et après.
Dans ces mémoires très directes et vivantes, il retrace aussi ses débuts à Londres, sa conquête du monde avec la série « Amicalement votre » en compagnie de l’impayable Tony Curtis et la suite de sa carrière, une fois auréolé du titre de James Bond officiel. Un livre événement qui fait une part belle aux illustrations. En plus d’un cahier de photos en couleurs, le livre bénéficie de très nombreux clichés en noir et blanc issus de la collection personnelle de l’acteur. Un témoignage émouvant sur une immense carrière.
« Roger Moore, mémoires », First Editions, 19,95 euros
vendredi 27 mars 2015
Cinéma - Un sandwich aux sentiments
Partagée entre deux amours, Mélodie ne sait plus où donner de la tête. “A trois on y va”, film pétillant de fraîcheur, montre les nouvelles amours de la jeunesse.
Le sujet est un peu scabreux et carrément casse-gueule en ces temps de politiquement correct. Charlotte (Sophie Verbeeck) file le parfait amour avec Micha (Félix Moati). Ils viennent d’acheter une maison à Lille et font des projets. Pourtant, depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie (Anaïs Demoustier). Mélodie qui tout en étant officiellement la meilleure amie de Charlotte et secrètement sa maîtresse, tombe dans les bras... de Micha.
Une maîtresse, deux cocus dont un au féminin : « A trois on y va » de Jérôme Bonell renouvelle un peu le genre éculé du vaudeville. Car le film débute comme une pièce de boulevard. Un repas improvisé, Micha s’absente, Mélodie et Charlotte en profitent pour s’embrasser fougueusement entre deux assiettes sales. L’homme revient, elles font comme si de rien n’était. Le spectateur sourit face à des situations un tantinet éculées mais transfigurées car tout est chamboulé. La maîtresse n’a d’yeux que pour l’épouse. Une passion dévorante qui met Mélodie dans tous ses états.
Triangle parfait
Rapidement, le ton badin du film dévie vers un message plus grave. Dans le trio, Mélodie joue le rôle de la dynamiteuse. Charlotte, l’introvertie, est celle qui se cherche le plus. Elle aime Micha. Mais ne peut pas résister à son attirance pour Mélodie. Un dilemme qui lui pourrit la vie. Devenue maussade, taciturne, Micha s’interroge. Pour tenter de trouver des réponses, il se tourne vers la meilleure amie, Mélodie. Et un soir, il fait le premier pas, embrasse Mélodie. Il culpabilise, mais pas autant que cette dernière...
En ces temps où le cinéma français ne brille pas par son optimisme et ses sujets légers, « A trois on y va » est une véritable bouffée d’air frais. Les acteurs, naturels et totalement crédibles, donnent corps à cet amour impossible en forme de triangle parfait. Pas de discours pédant sur l’homosexualité, juste la constatation que l’amour frappe toujours au hasard, sans discernement de sexe ou de condition.
Très pudique dans les scènes intimes, la réalisation rend beau ce qui au final a des airs de tragédie. Une belle réussite qui doit beaucoup aux dialogues enlevés et l’interprétation, très charnelle et fusionnelle de trois jeunes comédiens bourrés de talent.
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Une frimousse craquante
Le visage constellé de tâches de rousseur, Anaïs Demoustier est de ces actrices qui accrochent le regard. On ne se lasse pas d’admirer sa frimousse toujours souriante. Celle qui a toutes les chances de devenir l’incarnation d’un nouveau style de femme, tourne de plus en plus. Dans le film de Jérôme Bonell, elle interprète une jeune avocate, débordée par son travail et son trop-plein de sentiments pour un couple parfait. Elle a déjà joué dans un film sur l’équivoque. Pour « Une nouvelle amie », elle interprétait Claire, la jeune femme qui découvrait le secret de Romain Duris, jeune père se déguisant en femme pour élever son bébé.
Le mois prochain elle sera également à l’affiche de « Caprice », la nouvelle comédie d’Emmanuel Mouret (présentée en avant-première demain au Castillet de Perpignan). Elle va là aussi faire exploser un couple en séduisant un professeur épris d’une actrice célèbre (Virginie Efira). Anaïs Demoustier sera également à l’affiche du prochain film de Christophe Honoré : l’adaptation des célèbres “Malheurs de Sophie” de la comtesse de Ségur.
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