mardi 9 octobre 2012

BD - Épée payante avec "Duelliste" au Lombard


Dans la droite ligne des feuilletonistes du 19e siècle, Emmanuel Herzet signe une nouvelle série de cape et d'épée rondement dessinée par Alessio Coppola, virtuose italien passé par l'école Disney, au trait classique éclatant de réalisme.
L'histoire, qui se passe essentiellement à Paris au temps de Louis XIV, débute en pleine mer. Alors que la tempête fait rage, un enfant naît à bord d'un navire marchand. La mère meurt. Un samouraï, accroché à une épave est recueilli à bord. Le Japonais et le petit garçon ne se quitteront plus. Le bébé s'appelle Antoine Velayne. Devenu adulte, il gagne sa vie en provoquant des duels très lucratifs. Dans son ombre, son père et mentor, Masao, veille. Antoine, fougueux, intempestif, a l'art pour se mettre dans des situations compliquées. Sans le vouloir, il est même au centre d'une intrigue au plus haut niveau de l’État. 
Une BD idéale pour les amoureux d'aventure et personnages au tempérament bien trempé.
« Duelliste » (tome 1), Le Lombard, 14,45 €


Billet - Fantômes urbains : du virtuel au réel sur Google Street View

Du virtuel au réel, des écrans à la rue. La démarche artistique de Paolo Cirio, artiste hacker, si elle ne révolutionne pas l'art contemporain, a le mérite de faire réfléchir sur notre société connectée et ses dérives.

Tout le monde est déjà allé sur Google Street View. Cette fonction bonus de Google Maps permet de se balader virtuellement dans les rues et sur les routes des pays photographiés sous toutes les coutures par le géant américain du net.

Après quelques scandales et procès pour atteinte à la vie privée, tous les visages des passants sont floutés. Ils en deviennent méconnaissables, comme des ectoplasmes figés dans un décor très réel. Paolo Cirio, pour s'insurger contre l'utilisation abusive de ces images,  reproduit ces « fantômes » de Google Street et les peint sur les murs, à l'adresse exacte où ils se trouvaient au moment de la photo originale. De silhouettes immobiles mais virtuelles (et quasi immortelles, les images de Google Street ne sont pas mises à jour), elles reviennent dans la vie réelle après le passage de Paolo Cirio. L'illusion est étonnante quand on compare la photo sur le site et celle réalisée par l'artiste italien.

Ces fantômes urbains font leur apparition depuis quelques semaines dans trois villes (New York, Londres et Berlin), mais la performance n'est pas terminée et de nouveaux spectres numériques sont en passe d'apparaître dans d'autres villes.

Ces anonymes de la toile deviennent acteurs involontaires d'une double démarche artistique : capturés par Google, relâchés par Paolo Cirio.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.

lundi 8 octobre 2012

Billet - Pain au chocolat vs chocolatine


Internet est le lieu de tous les débats. Du plus profond au plus futile. Vendredi, Jean-François Copé, en meeting à Draguignan, explique comprendre l'exaspération de ces parents quand ils apprennent, en rentrant du travail, que « leur fils s'est fait arracher son pain au chocolat par des voyous qui lui expliquent qu'on ne mange pas pendant le ramadan. »


Après le « racisme anti blanc », cette nouvelle déclaration sous forme d'anecdote du candidat à la présidence de l'UMP provoque une levée de boucliers. Nombreux sont ceux qui s'indignent de le voir marcher sur les plate-bandes du Front National. Un tweet résume cet état d'esprit : « Copé, c'est Le Pen au chocolat ! »
Ce débat de société on ne peut plus grave en provoque un second, beaucoup moins essentiel, mais qui suscite lui aussi quantité de réactions. En parlant de pain au chocolat, Jean-François Copé se met à dos les millions de zélateurs de la chocolatine.

Et sur Twitter les deux camps s'affrontent. Férocement. Mathieu Madénian : « Jean-François Copé dépasse les bornes. Ses propos sont honteux. On ne dit pas pain au chocolat. On dit chocolatine. »


Un certain Stan réplique « Ayons une pensée de compassion pour les attardés qui disent chocolatine. »


Comment trancher ? Facile, un site spécialement dédié a vu le jour samedi. Vous pouvez voter et faire triompher le bien face au mal. Et le premier Belge qui ose parler de couque au chocolat sera passé par les armes !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.

BD - "Minas Taurus", un spartiate amnésique

Presque nu, un homme se réveille sur les marches d'un temple grec. Nous sommes au Ve siècle avant JC et Minas mettra quelques jours pour se souvenir de son passé. Il retrouve la mémoire et la santé dans la maison d'une jeune veuve. Il est aidé par le fils, un jeune garçon d'une dizaine d'années. Mais quand Minas reprend pied dans la réalité, elle ne lui plaît pas. Il est un soldat d'élite, un Spartiate, un tueur sanguinaire. 
Il est allé trop loin au cours d'une bataille. Depuis, il est hanté par des démons. Se sentant devenir dangereux, il quitte la maison, mais, au dernier moment, intervient pour protéger la veuve et l'orphelin. 
Cette superbe série, renouvelle le genre du péplum. Elle est signée Mosdi (scénario) et Cerqueira (dessin).

« Minas Taurus » (tome 1), Le Lombard, 14,45 €


dimanche 7 octobre 2012

BD - Une galette saignante au menu de "Pizza roadtrip" de Cha et El Diablo


Quand
Cha, blogueuse punk dessinatrice dans un style humoristique « gros nez » mais sans nez, rencontre El Diablo, un des scénaristes des Lascars, cela donne une BD bien allumée, pleine de baston, de coups tordus et de descente aux enfers. Une nuit, dans l'appartement parisien d'un jeune couple. Leur meilleur ami vient d'arriver en n'en croit pas ses yeux. 
Le couple a besoin de sa Kangoo familiale pour déménager un paquet encombrant. Le paquet, c'est un dealer de 2 mètres, 120 kilos. De la viande froide car il a le crâne explosé. Après avoir campé la situation, les deux auteurs prennent un malin plaisir à mettre quantité d'obstacles sur la route du trio. 
Même si c'est publié dans la collection Hostile Holster (aux titres très violents), c'est avant tout comique. Hilarant même !
« Pizza roadtrip », Ankama, 14,90 €


samedi 6 octobre 2012

Billet - Comment se ruiner sans effort...


Comment se ruiner ? La question semble incongrue en pleine crise, mais la réponse est sur le net. Un site vous y aide. Il se nomme tout simplement commentseruiner.com. L'idée est de permettre à l'internaute de dépenser ses derniers euros en achats compulsifs.

Gadgets aussi futiles que marrants, vous y trouverez tout ce qui fera de vous un véritable geek, branché... mais ruiné. Craquez pour cette télécommande universelle. Elle permet de piloter télé, lecteur de DVD, home cinéma mais aussi de décapsuler vos bières. Dans le même ordre d'esprit, ne vous privez pas de la glacière à roulettes télécommandée. Confortablement allongé dans votre canapé, elle vous amène les bières fraîches à portée de main. La vidéo de démonstration ci-dessous :

Pour moins de 50 euros, téléphonez avec votre main. Il suffit d'enfiler ce gant kit mains libres. Muni d'un micro à l’extrémité de l’auriculaire gauche et d’un écouteur à l’extrémité du pouce gauche, vous pourrez téléphoner tel un agent secret - ou un gamin de 5 ans qui fait semblant.
Amoureux de l'Italie ? Conciliez deux spécialités locales, avec cette roulette à découper les pizzas en forme de Vespa. Plus de 700 objets sont référencés sur le site, des baguettes sabres laser aux boucles d'oreilles Pac-Man en passant par un lanceur de pop-corn ou le micro cibi à brancher sur votre iPhone.
Mais pour vous ruiner vraiment inutilement, rien ne vaut le kit extermination zombies (efficace aussi contre les invasions extra-terrestres) vendu 22 000 euros !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendredi en dernière page de l'Indépendant.

Billet - Mourir, la bonne blague !


Personne n'est éternel. S'il est quelque chose que tout le monde partage, c'est bien la mort. Alors sur internet, quelques petits malins ont développé l'idée. Jesuismort.com propose une vaste panoplie de nécrologies de gens célèbres. Très complète, la plate-forme publie le « Top of the top », c'est à dire le niveau de célébrité de la personne disparue. En tête hier Claude François suivi par Jacques Brel et... Jésus de Nazareth. Le chanteur belge doit bien rigoler, où qu'il soit, d'être devant l'idole de ces « Bigotes » dont il s'est si bien moqué.


Le site permet également aux visiteurs d'écrire une lettre d'hommage au défunt. Véritable fourre-tout de la mort médiatique, il répertorie les dates d'anniversaire des disparus.
Aujourd'hui 6 octobre, souvenons-nous de Colette Renard, François Cevert et Henry Calvin. Ce dernier nom ne vous dit peut-être rien, c'est pourtant le nom de l'interprète l'inoubliable Sergent Garcia dans Zorro.
On retrouve un peu le même principe sur necropedia.org. A une différence de taille : les vedettes ne sont pas encore mortes. Il s'agit de « Nécrologies anticipées de personnalités à l'usage des journalistes pressés »... Ces infos un peu glauques permettent de récupérer des pages plus vraies que nature annonçant la mort de votre chanteur préféré ou animateur de télé honni. A ne pas utiliser pour propager de fausses rumeurs demande Nécropédia. D'accord, mais c'est tellement tentant...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.

vendredi 5 octobre 2012

BD - Jeune fille en pleurs dans "Larguée" de Collet et Maroger


Romy, jeune file moderne, vit une existence speed entre boulot, chat, copines, petit ami. Non, plus de petit ami. Dès les premières pages, Romy apprend, par SMS, qu'elle vient de se faire larguer. Isabelle Maroger et Géraldine Collet racontent dans cet album entre rires et larmes les états d'âme d'une jeune fille en pleurs. Mais dans cette succession de gags et d'histoires courtes, ont retrouve aussi beaucoup des interrogations des working girls des années 2000. Romy se questionne sur les raisons du départ de son boyfriend : « 
parce que je ris fort ? Je ne mets pas de string ? Je ronfle ? J'ai trop de poils ? » Pour ne pas tomber dans la dépression (et rester des heures à pleurnicher dans son canapé) elle réagit : va à la piscine, fait les boutiques et va même boire des coups avec une copine célibataire. Finalement, le salut elle le trouvera dans une idée toute simple. Il suffit parfois de peu pour transformer sa vie. Une BD fraîche et optimiste, un peu grivoise, dans l'air du temps comme les blogs BD tendance Pénélope Bagieu et Margaux Mottin.
« Larguée », Fluide G., 12 €


jeudi 4 octobre 2012

Billet - Les geonpis sont vénères


Internet sert de caisse de résonance depuis quelques jours à ce qui ressemble fort à une révolte patronale française. En cause le projet de loi de finances 2013. Il taxera lourdement le capital des entreprises, notamment celles du net (prélèvement de 60 % des plus-values de cession des entreprises). Ce « mouvement de défense des entrepreneurs français » a ironiquement pris pour nom « les Pigeons ».

Sur leur page Facebook, un pigeon en colère proclame « We are pigeons », slogan directement inspiré du révolutionnaire « We are legion » des hackers d'Anonymous. Sur Twitter, cela donne le mot-clé #geonpi parce que les patrons savent aussi parler verlan sur la toile. En moins d'une semaine, le phénomène a littéralement explosé : 43 000 fans sur Facebook ce jeudi. Un chiffre en constante progression car dans ces « pigeons » se trouvent également l'armada d'auto-entrepreneurs dont les charges sociales vont fortement augmenter.
Les « geonpis » se démènent sur internet. Anonymes, non affiliés à un syndicat ou un parti politique, ils multiplient les initiatives, relancent les rédactions et sont de plus en plus cités par les spécialistes économiques.
On est quand même encore loin d'une révolte populaire. La parfaite maîtrise de la forme, comme une campagne publicitaire millimétrée, incite davantage à penser aux efforts d'un lobby de nantis qui refuse de céder la moindre part de son gros gâteau numérique.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

Billet - Recherche en paternité



L'information a tourné en boucle mardi sur tous les sites internet. Si bien que pour certains c'est « la fin d'un des plus grands mystères de ce siècle : on sait qui est le père de l'enfant de Rachida Dati. »



A l'origine un article du Point affirme que l'ancien Garde des Sceaux « a assigné Dominique Desseigne, le P-DG du groupe de casinos et hôtels Lucien Barrière, devant un tribunal civil hors de Paris pour reconnaissance de paternité ». Information immédiatement démentie par la maire UMP du VIIe arrondissement de Paris. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, elle demande, une nouvelle fois, que « l'on respecte ma famille et particulièrement la santé de ma fille souvent perturbée par ce type d'agissements. »
Ce nouveau rebondissement de la « peopolisation » de la vie politique française atteint une ampleur démesurée sur internet. Tous les sites accordent une importance énorme à ce genre de nouvelles car elles assurent de fortes audiences. Il est fini le temps où la politique se suffisait à elle-même.
Le meilleur exemple en est Roselyne Bachelot. Cette ministre emblématique de tous les gouvernements Fillon, se reconvertit comme chroniqueuse à la télévision. Lors de la présentation de l'émission (dès lundi sur D8, la chaîne customisée par Canal+), elle a volé la vedette à la présentatrice Laurence Ferrari. Et ce n'est pas un hasard si l'autre chroniqueuse mise en avant est Audrey Pulvar... compagne de ministre. Pour une fois je vais être nostalgique : rendez-nous Simone Veil !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.