samedi 4 février 2012

Mallaury Nataf, la SDF la mieux manucurée de France

Le Parisien a révélé vendredi que l'ancienne actrice de sitcom et vedette de la télé réalité, Mallaury Nataf, est SDF en région parisienne. Un article raconte la lente descente aux enfers de cette mère de famille. Elle expliquait qu'elle était à la rue depuis mars dernier. « Je n’ai plus rien. Mes trois enfants m’ont été retirés. La brigade des mineurs m’a pris le plus petit samedi et l’a placé auprès de l’aide sociale à l’enfance » devait-elle raconter au journaliste du quotidien. Article illustré d'une photo de Mallaury Nataf, emmitouflée dans une parka, bonnet vissé sur le crâne, tenant un gobelet de café fumant.
Seul problème, qui a sauté aux yeux de très nombreux lecteurs s'en étant fait écho sur Twitter et dans les commentaires de l'article mis en ligne : la main de Mallaury Nataf tenant le gobelet semble fraîchement manucurée. Une French manucure même, certainement très rare parmi ses compagnes d'infortune.
Ce petit détail qui cloche n'enlève rien à la détresse de la mère de famille. Mais on s'interroge quand même sur cette mise en scène. Mallaury Nataf est surtout connue pour quelques écarts. Actrice dans les sitcoms d'AB productions, elle a chanté dans la bande à Dorothée. C'est là que sa carrière a décollé, quand le zapping de Canal+ a révélé qu'elle chantait... sans culotte. Ensuite, ses excentricités dans la Ferme Célébrités a beaucoup fait parler. Aujourd'hui elle n'a plus rien. SDF, mais pas jusqu'au bout des doigts...

BD - Le Tueur raccroche



« Les gens méritent-ils vraiment d'être aidés ? » s'interroge le Tueur, le héros de la série politiquement incorrecte de Matz (scénario) et Jacamon (dessin). En cours de reconversion dans le pétrole, le Tueur est sur le point d'abandonner son métier de tueur à gages pour devenir un industriel militant pour une meilleure répartition des richesses. Mais, alors qu'il est attablé en terrasse à Paris, il constate que « tout ce que veulent les gens, c'est plus de fric, et dès qu'ils en ont, ils foncent s'acheter des bagnoles de luxe et des fringues de marque. Pourquoi leur demander de voter, alors qu'ils ne comprennent rien à la politique et encore moins à l'économie ? » Un discours radical alors que ses affaires sont de plus en plus menacées. Il est vrai qu'exploiter du pétrole à Cuba n'est pas sans risque. Surtout quand vos associés sont d'anciens trafiquants de drogue. Mais le Tueur a quelques arguments frappants pour imposer son business. En fait, cette BD démontre avec brio que rien ne ressemble plus au capitalisme que la pire des mafia...


« Le Tueur » (tome 10), Casterman, 10,95 €


jeudi 2 février 2012

Littérature jeunesse - Dictature numérique mise en cause dans "Little Brother" de Cory Doctorow

Si vous êtes un utilisateur assidu d'Internet et avez une légère tendance à la paranoïa, « Little Brother », roman de Cory Doctorow, va vous terrifier.


Marcus, 17 ans, est un jeune Américain bien dans sa peau, bien dans son temps. Ce lycéen résidant à San Francisco a une passion : les jeux en réalité alternée (Alternate reality game, ARG). Un jeu de rôle, se passant en partie sur internet, mais également dans la vraie vie, sous forme de chasse au trésor avec indices à déchiffrer.

Ce jour-là, Marcus, en compagnie de trois amis, sèche les cours. Ils veulent être la première équipe à découvrir l'indice du jour. Ils sont dans la rue quand tout tremble autour d'eux. Ils croient à un séisme mais c'est en fait un attentat contre un pont. Dans la panique, l'un des gamers est blessé. Pour lui porter secours, Marcus arrête une voiture de police. Le cauchemar débute.
Les policiers, au lieu de secourir le blessé, interpellent les jeunes. Menottés, cagoulés, ils sont conduits dans une prison secrète sur une île dans la baie. Durant deux jours Marcus sera littéralement torturé par des policiers en civils. Le simple fait d'être dans la rue au lieu d'être en cours le transforme en suspect. Les flics ne croient pas à sa version. Ils veulent tout connaître de sa vie numérique : code de sa messagerie, de son téléphone portable.
Sans rien à boire ni à manger, attaché, ne pouvant s'empêcher d'uriner sur lui, c'est un être sale, puant et faible qui finalement craque. Vérifications faites, il est relâché. Mais avec la menace de retourner en cellule s'il raconte ce qui lui est arrivé.

Tous surveillés !
Les premières pages du roman de Cory Doctorow, bien que s'adressant à un public de jeunes adultes, sont très dures. Marcus, malgré un caractère bien trempé, n'est pas préparé à une telle épreuve. Quand il retrouve la liberté et l'air pur du dehors, il craque complètement. Heureusement ses parents sont là pour le soutenir. Ils étaient persuadé qu'il faisait partie des milliers de victimes de l'attentat. Il va expliquer qu'il était bloqué dans un camp de réfugié, de l'autre côté de la ville. Et tenter de vivre de nouveau normalement. Peine perdue.
Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, les autorités vont durcir les mesures de surveillance des particuliers. Tout le monde sera pisté grâce aux téléphones portables, aux cartes à puces et autres GPS intégrés dans les voitures.  Marcus, sera un des premiers à prendre conscience que la police, en plus d'outrepasser ses droits, surveille tout le monde, créant une ambiance de paranoïa absolue. Quant aux terroristes, ils courent toujours...
Petit génie de l'informatique, Marcus va tout faire pour garder un embryon de liberté individuelle dans ce monde à la Big Brother. Sans le vouloir, il a va trouver un moyen de contourner la surveillance policière et se retrouver à la tête d'un mouvement contestataire de plus en plus vaste.
Hackers contre Etat : la lutte semble inégale et pourtant, l'envie de préserver les libertés individuelles va faire des miracles.
Ce roman d'anticipation, sorti aux USA en 2008, semble avoir simplement anticipé ce que nous vivons actuellement. Des projets de loi aux USA contre le piratage risquent de considérablement réduire la liberté d'expression.
Les actions récentes contre Mégaupload et autres Anonymous donnent le ton. Finit la rigolade. Il y a danger et Cory Doctorow, l'auteur canadien, est le premier à se mobiliser pour  contrer les projets US. Comme s'il endossait le rôle de son jeune héros, quelques années après l'avoir imaginé.

« Little Brother » de Cory Doctorow, Pocket Jeunesse, 18,80 €

mercredi 1 février 2012

BD - Max et Pablo, histoire de la peinture par Birmant et Oubrerie chez Dargaud



Picasso, avant de devenir le peintre phénomène de son époque, a débuté en peignant des tableaux assez anodins. Le jeune Catalan a débarqué à Paris, vivotant dans un milieu fêtard et anarchiste. Ce sont les premiers pas de Pablo que Julie Birmant, la scénariste, raconte dans ce premier tome intitulé « Max Jacob ». Clément Oubrerie, dessinateur de « Aya de Yopougon », aborde pour la première fois un sujet adulte. Car en parallèle de la vie de Picasso, les auteurs dévoilent aussi celle de Fernande Olivier, celle qui sera son modèle et sa maîtresse durant dix ans, de 1902 à 1912.  Fernande, jeune femme ayant mal commencé dans la vie (mariage de force) et qui revit au contact des artistes de Montmartre. C'est Max Jacob qui fera les présentations. Le poète occupe une importance primordiale dans l'évolution de la peinture de Picasso. C'est aussi le propos de cet album instructif, passionnant et passionné.


« Pablo » (tome 1), Dargaud, 16,95 €


lundi 30 janvier 2012

BD - Jeremiah et Kurdy, héros de Hermann, débarquent dans un faux paradis


Jeremiah et Kurdy, les vagabonds du monde post-apocalyptique imaginé par Hermann, font une pause dans leurs errances entre crasse et poussière. En aidant une riche héritière, ils bénéficient durant quelques jours du gite et du couvert dans la somptueuse villa du papa. Du lit de l'héritière également, en mal d'hommes jeunes n'ayant pas froid aux yeux. Mais ce petit paradis de luxe et de volupté cache un sacré panier de crabes. 

Le papa, riche antiquaire, a tenté d'escroquer un Russe très susceptible. Cela tombe bien, Jeremiah et Kurdy peuvent se transformer en gardes du corps très efficaces. Un album un peu à la Chabrol, huis-clos dans un milieu aisé où les rancœurs sont tenaces. Avec le portrait hilarant d'un artiste prétentieux, créant des œuvres avec... ses fesses.

« Jeremiah » (tome 31), Dupuis, 11,95 €






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dimanche 29 janvier 2012

BD - La tragédie Milady racontée par Agnès Maupré chez Ankama



Directement inspiré du roman d'Alexandre Dumas, Milady de Winter d'Agnès Maupré met en lumière ce personnage de méchante, indissociable de celui de D'Artagnan. Dans la seconde partie, on retrouve la blonde héroïne prête à tout pour se venger du mousquetaire. Lui fait le siège de La Rochelle, elle est envoyée en Angleterre par Richelieu pour assassiner le duc de Buckingham. 
Faite prisonnière, elle devra déployer des trésors d'ingéniosité pour accomplir sa mission. Cette BD en noir et blanc, sans totalement excuser Milady, lui donne un côté humain indéniable. Ce n'est pas par hasard qu'elle a barricadé ses sentiments derrière une carapace. Femme et liberté ne faisaient pas bon ménage à l'époque.

« Milady » (tome 2), Ankama, 14,90 €


samedi 28 janvier 2012

BD - Le sommet de l'auto dérision selon Marc Villard et Jean-Philippe Peyraud



Il y a deux types d'humoristes : ceux qui se moquent des autres et ceux, plus rares, qui savent se moquer d'eux mêmes. Dans cette dernière catégorie, Marc Villard remporte la palme. Romancier reconnu, il utilise à merveille tous ses défauts pour nous faire rire à gorge déployée. Le héros, écrivain de 60 ans sur le déclin, a un très gros problème d'égo. Bedonnant, hypocondriaque, un peu dépressif, il vit avec une jeune femme un peu blasée, son fils ado ayant déjà tout compris de la personnalité de son père et un chat, peut-être l'être le plus normal du foyer.

Différents thèmes sont exploités dans ce recueil de gags en quatre cases maximum (dessins de Jean-Philippe Peyraud). Celui de l'écrivain incompris marche à tous les coups et permet une féroce critique du milieu de l'édition. Les histoires de maladie imaginaire sont souvent efficaces, mais pas toujours nouvelles. Plus étonnantes les confidences sur la vie sexuelle de ce couple peu banal. Madame aime acheter des gadgets sur le site « missdominia.com », monsieur, souvent, le regrette dans le feu de l'action. « J'aimerais être un saint, mais bronzé » ce sont 100 pages et autant d'éclats de rire. C'est cool de savoir rire de soi, surtout si cela permet d'ajouter une brique à son œuvre...

« J'aimerais être un saint, mais bronzé » de Marc Villard et Jean-Philippe Peyraud aux éditions Treize Étrange, 15,50 €

vendredi 27 janvier 2012

Billet - Raid des Anomymous sur divers sites : héros ou pirates ?



On ne parle que d'eux depuis quelques jours. Eux, ce sont les Anonymous, ces activistes insaisissables, mystérieux, aux visées souvent obscures, voire inquiétantes.

Site de Vivendi, gouvernement brésilien, l'Express... loin d'être coordonnés, leurs raids tapent tous azimut. Certainement car le mouvement est tout sauf structuré. Anonymous est apparu en 2006 selon Wikipédia et s'est popularisé en 2008. « Ils se présentent comme des défenseurs du droit à la liberté d'expression » explique l'encyclopédie en ligne. Cette fameuse liberté d'expression qui ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Les hackers sont des héros dans les dictatures, des pirates dans les démocraties. Mais selon eux, le terme de démocratie est souvent dévoyé. Les projets de loi SOPA et PIPA aux USA sont les exemples mêmes de cette volonté de régenter la toile.
Pour mieux comprendre la mentalité des Anonymous, je vous conseille de lire « Little Brother » de Cory Doctorow récemment paru chez Pocket Jeunesse. Cet auteur de SF canadien y décrit une Amérique de plus en plus paranoïaque. Un attentat terroriste est l'alibi que cherchaient les autorités pour mettre tout le monde sous surveillance. Quelques jeunes vont se rebeller et démontrer au public que cet espionnage constant est pire que le terrorisme. Directement inspiré de « Big Brother » de George Orwell, ce roman n'est plus une anticipation. On est en plein dedans. Marcus, le héros, est un Anonymous. Héros et anonyme. Voilà tout le dilemme de ce mouvement.

(Billet paru en dernière page de l'Indépendant du Midi)

jeudi 26 janvier 2012

Billet - Pour ou contre ? Les sites de débats ont le vent en poupe


Est-ce la période électorale qui veut ça ? La dernière mode sur internet est le site de débat. Vous avez un avis ? Partagez-le ! C'est en résumé le concept de ces sites s'adressant au plus grand nombre.

Newsring, Talkeo, Netoo-débats, ils sont de plus en plus nombreux et demandent votre participation à deux niveaux : donner votre opinion, mais également lancer de nouvelles controverses.
Le plus sérieux est sans conteste Newsring. Parrainé par Frédéric Taddéi, il a une rédaction attitrée. Chaque journaliste arbitre le débat et le replace dans son contexte. C'est donc un véritable site d'information, même si au premier abord, on a l'impression d'une simple machine à pondre des OUI (en bleu) et des NON (en rouge) omniprésents sous chaque question. Les rubriques permettent de mieux s'y retrouver, avec beaucoup de politique et d'économie. Mais aussi quelques questions philosophiques comme « Peut-on revendiquer le droit à la paresse ? » (oui à 83 %) ou « La richesse est-elle immorale ? » (non à 64 %). Newsring a su, dès le début, attirer parmi ses contributeurs quelques pointures d'internet. C'est du reste la principale critique : trop d'influenceurs, pas assez de M. Toutlemonde.
Talkeo et et Netoo-débats semblent beaucoup plus simples. Des sujets très futiles sont abordés comme cet improbable «Chimène Badi : aimez-vous son nouveau style ? » et ce commentaire très limite « 30 kilos de moins c'est très bien. Par contre sa coiffure ne lui va pas du tout. » Rappel : Chimène Badi est une chanteuse...

mercredi 25 janvier 2012

BD - Maki, le lémurien de Fabrice Tarrin, se dévergonde chez Vents d'Ouest



Maki, le lémurien imaginé par Fabrice Tarrin, se démultiplie. Cet avatar servant à représenter l'auteur sur son blog (le Tarrin Blog) a débuté dans la collection Shampoing de chez Delcourt. C'était essentiellement les notes du blog reprises sur papier. Ensuite Maki, plus jeune, a partagé son enfance dans les pages de Spirou et chez Dupuis dans deux albums. Voici aujourd'hui une troisième version du personnage (constituée à 80 % d'inédits) racontant « Le parcours d'un puceau » chez Vents d'Ouest. Dans son style très dépouillé et si caractéristique, Fabrice Tarrin explique comment cet adolescent de 14 ans, par un incroyable concours de circonstance, va se retrouver ami avec la star Vanessa Colibri. Une actrice femme-enfant, aimant se moquer de ses fans. Maki, souvent plus victime passive qu'acteur des événements, est entraîné dans un tourbillon de coups de théâtre. Pour séduire une camarade de classe, il va l'inviter à une soirée organisée par Vanessa. Mais cela se passera très mal. De plus son meilleur ami disparaît après avoir fait des ménages, nu, chez une ancienne actrice suspectée d'avoir assassiné son enfant trisomique. Aidé d'un opportuniste ressemblant à Fred Neidhardt (l'âme damnée de Fabrice Tarrin), il va se lancer à sa recherche. Parfois émouvante, souvent loufoque, toujours juste, cette BD va asseoir encore plus la réputation de Fabrice Tarrin, star de la blogosphère adorant se mettre en scène, même dans les pires situations.


« Le parcours d'un puceau », Vents d'Ouest,13,90 €