jeudi 9 septembre 2021

De choses et d’autres - Deux mois et une solution

On se demande parfois à quoi servent les hauts fonctionnaires qui rédigent les lois et autres décrets qui régissent la vie de millions de Français. Dernier exemple en date avec la mise en place du pass sanitaire.

Dès le 30 septembre, il s’appliquera également aux jeunes à partir de 12 ans. Des parents consciencieux ont donc décidé de se mettre en conformité. Mais, la vaccination n’est possible qu’à partir de 12 ans, révolus. Or, un pass sanitaire n’est valide qu’une semaine après la seconde injection.

Même si l’enfant se fait vacciner le jour même de son anniversaire, il ne pourra obtenir son pass, au mieux, qu’un mois plus tard. Et les parents de se demander quel est le technocrate hors-sol qui a pondu une telle loi sans en comprendre les effets pratiques. Après quelques protestations et articles de presse, le gouvernement a fait amende honorable et, depuis hier, le pass sanitaire sera obligatoire à partir de 12 ans et deux mois.

Les deux mois de battement qui permettront aux parents prévenants de faire le nécessaire pour que leur gamin ne se retrouve pas coincé dans une sorte de vortex temporel et administratif qui l’obligerait, malgré un parcours vaccinal entamé, de faire des tests PCR tous les 72 heures pour aller au resto, au cinéma ou accompagner ses camarades (plus vieux ou plus jeunes de quelques mois) dans une sortie où le pass est nécessaire.

Deux mois. C’est en gros le temps que l’administration française a mis pour trouver la solution…

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le 9 septembre 2021 

mercredi 8 septembre 2021

De choses et d’autres - Tintin, Astérix et Lucky Luke au feu

Ça ne plaisante plus au Canada sur la représentation des Autochtones dans la littérature ou la bande dessinée. Une communauté d’écoles catholiques en Ontario a décidé de retirer des bibliothèques plusieurs dizaines de titres qui proposent des images stéréotypées des peuples autochtones. Il y a déjà tous les titres contenant le mot indien dans leur titre.

Et ce bannissement s’est accompagné d’une cérémonie hautement symbolique si elle ne rappelait pas de sinistres moments en Europe. Radio Canada rapporte qu’« une cérémonie de purification par la flamme s’est tenue afin de brûler une trentaine de livres bannis, dans un but éducatif. »

Et comme l’esprit écolo semble irradier partout, les responsables de cet autodafé expliquent que les cendres des ouvrages brûlés ont été récupérées pour servir d’engrais en plantant un jeune arbre. Quand on sait qu’il y a dans les livres bannis Tintin en Amérique, des Astérix ou plusieurs titres de Lucky Luke, on peut s’interroger de la pertinence de ce bûcher.

Car, s’il s’agit de l’édition originale du troisième titre des reportages du reporter belge, elle cote officiellement à 8 000 € l’exemplaire. C’est un peu cher payé pour quelques grammes d’engrais destinés à un arbre qui, si ça se trouve, n’est même pas originaire du Canada. Mais les organisateurs de ce feu de joie affirment qu’il s’agit de « tourner du négatif en positif ».

Pourtant, ils ont peut-être brûlé des pépites qui auraient pu financer la plantation de quelques milliers d’arbres. Mais notre société est ainsi désormais : tout dans le symbole, même s’il est ridicule car détruire des BD humoristiques n’a jamais contribué à la paix dans le monde. 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 8 septembre 2021

mardi 7 septembre 2021

De choses et d’autres - Savez-vous parler le Vert ?

Ceux qui ont des difficultés avec l’écriture inclusive ne comprendront sans doute jamais le verbiage en vigueur dans le camp écologiste. Ce dimanche, les cinq candidats à l’investiture écolo pour la prochaine présidentielle ont cherché à se faire comprendre du commun des mortels (ces cochons de votants…) en limitant volontairement ces formules alambiquées.

Exemple : le Vert ne fait pas pousser des plantes vertes dans son salon, il « crée une micro-forêt pour lutter contre le dérèglement climatique ». Face au problème de l’insécurité, Eric Piolle, maire de Grenoble, préfère expliquer qu’il est urgent « de réinvestir avec de la présence humaine notre citoyenneté collective ». Une autre militante verte affirme que « L’antibiorésistance sera le fléau de l’avenir ! ». Mais c’est quoi exactement « L’antibiorésistance » ?

Des Verts qui ont des problèmes de compréhension même chez les jeunes. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, fier d’inaugurer la nouvelle cour de récréation d’une école a dû subir les remontrances d’un élève de CM1 regrettant qu’il n’y ait pas de place pour jouer au foot à cause de… l’immense bac à copeaux.

Des copeaux, mais c’est un sacrilège. J’attends la réaction outrée de l’autre maire écolo d’une grande ville, le Bordelais Pierre Hurmic, contre l’exploitation totalement odieuse des restes « d’arbres morts ».

Si ça se trouve des sapins de Noël qui, en plus, ont terminé leurs jours sur la place d’une ville qui pense qu’on peut encore « faire rêver les enfants ». 

Chronique parue le mardi 7 septembre 2021 en dernière page de l’Indépendant.

lundi 6 septembre 2021

Disparition de Jean-Paul Belmondo - En 1975 à Perpignan, Bébel produit et joue dans L’Alpagueur de Philippe Labro

Durant le mois d’octobre 1975, Jean-Paul Belmondo tourne plusieurs scènes de L’Alpagueur, polar écrit et réalisé par Philippe Labro. L’acteur a décidé de créer sa propre société de production pour donner des rôles en or à Bébel.

Archives l'Indépendant

Jamais il ne se sera fait doubler. Jean-Paul Belmondo aimait assumer de bout en bout les défis physiques imposés par les rôles qu’il choisit. Comme Jean Marais quelques années auparavant, il n’hésite jamais à payer de sa personne pour rendre les prises de vue plus spectaculaires. Même si parfois c’est douloureux.

Dans « L’Alpagueur », polar réalisé par Philippe Labro en 1975 à Perpignan et ses environs durant une dizaine de jours (le reste du film a également été tourné à Rotterdam et en région parisienne), il doit courir derrière un camion-citerne de vin et monter sur la remorque en marche. Quatre prises sont nécessaires.

Dans un froid glacial, on est fin octobre. Belmondo ne rechigne pas. Pourtant il a passé une nuit affreuse. Il souffre d’une crise de sciatique aiguë due à une hernie discale. Même le réalisateur ne saura pas lors des prises de vue le degré de souffrance enduré par sa vedette. Son médecin personnel a fait le déplacement et en secret de tous, il lui fait des piqûres pour supporter la douleur. Le film aurait pu être interrompu le temps des soins et du repos nécessaires. Mais Belmondo est un dur au mal. D’autant plus que sur ce long-métrage au budget conséquent, il est la vedette mais aussi le producteur. Un double rôle qui le pousse à prendre sur lui pour ne pas faire exploser le budget entièrement financé avec ses deniers personnels.

Au milieu des années 70, Jean-Paul Belmondo est au sommet de sa célébrité. L’acteur français, après des débuts tonitruants dans les films de la Nouvelle Vague, s’est orienté vers un cinéma plus commercial, entre comédie et action. Pas toujours satisfait des scénarios qu’on lui propose ni des cachets qu’il tire des succès astronomiques de réalisations qui lui doivent tout, il crée sa propre société de production, Cerito, et devient une star doublée d’un patron. Pour le premier film entièrement monté par sa maison de production, Bébel fait appel à Philippe Labro. Le journaliste et écrivain a toujours été attiré par le cinéma. Il tente de transposer à la France l’ambiance et les thèmes typiques des réalisations US. Lui-même sera souvent déçu du résultat et a décidé au bout de six tentatives de se recentrer sur l’écriture et son métier d’origine.

Dix jours de tournage en octobre 1975 à Perpignan et dans les environs

Mais en 1975, à Perpignan, il croit dur comme fer que « L’alpagueur » va passionner les foules et révolutionner le genre. Notamment pour le personnage atypique interprété par Belmondo. Un tueur à gages qui travaille pour l’État, en dehors de toute légalité. Il est engagé pour éliminer un certain « Épervier ».

Dans son étude exhaustive et très imagée publiée par Mare Nostrum, « 100 ans de cinéma en Pyrénées-Orientales », Jean-Noël Grando revient sur la couverture quotidienne du tournage dans l’Indépendant. Des articles parus entre le 13 et 22 octobre 1975. Malgré son statut de star française absolue, Jean-Paul Belmondo reste particulièrement disponible, tant pour les journalistes que ses fans. Arrivé par avion, accueilli dès sa descente par Philippe Labro, il prend immédiatement la direction de Salses. Déguisé (moustache et lunettes aux montures en fer), il s’attable à l’Euromotel de Salses. Ça tourne ! Il y lit un exemplaire de l’Indépendant imprimé spécialement pour le film. A la Une, on distingue nettement un titre sur l’Épervier mais également une manchette à propos de l’arrestation d’officiers à Barcelone preuve que l’actualité catalane a toujours été bien traitée dans le quotidien des Pyrénées-Orientales (et de l’Aude).

Ambiance nocturne au centre-ville et balnéaire sur le pont du Lydia  

Philippe Labro, originaire de Midi-Pyrénées, connaît la région et ses atouts. Il profite du centre ville de Perpignan pour réaliser des scènes nocturnes à l’ambiance trouble. Enfin il plante également ses caméras sur le pont du Lydia, le paquebot ensablé à Port-Leucate.

Le film, comme beaucoup de réalisations des années 70, a pris un sérieux coup de vieux. Mais pour les scènes de rue dans Perpignan ou sur le paquebot ensablé, il reste un témoignage de la région à un moment clé de sa modernisation, de sa transformation définitive et irrémédiable. Heureusement, les films restent les témoins de ces mondes perdus.

Quant à Belmondo, il restera à jamais cet Alpagueur capable de changer d’apparence comme il veut. Un immense acteur aux mille facettes qui brilleront longtemps au firmament du cinéma français. 


 

dimanche 5 septembre 2021

De choses et d’autres - Perdu dans le labyrinthe des QR codes

Cette crise sanitaire, depuis plus d’un an et demi, aura au moins eu l’avantage de nous sortir de nos habitudes. Rappelez-vous tous les interdits qui nous sont tombés dessus en très peu de temps. Les attestations de sortie à remplir sur papier puis dans les smartphones, l’interdiction de dépasser le kilomètre autour de son domicile, puis le couvre-feu avec la course, le soir, avant le gong fatidique de 18 h.

On croyait être sorti d’affaire au printemps dernier avec la vaccination mais le pass sanitaire est arrivé pour de nouveau nous compliquer un peu la vie. Pour ceux qui ont été doublement vaccinés en temps et en heure (plus de la moitié de la population française quand même), la difficulté consistait surtout à retrouver ce fichu QR code dans son téléphone.

Cela a donné quelques scènes croquignolesques à l’entrée des cinémas, restaurants et surtout grands centres commerciaux des Pyrénées-Orientales. La première fois où j’ai dû l’utiliser, j’ai passé plus de temps à le chercher dans le labyrinthe du smartphone et l’appli Tousanticovid qu’à faire mes trois courses non essentielles.

Les fois suivantes, le spectacle était souvent dans la file d’attente. Telle cliente persuadée qu’elle a pris son téléphone mais qui ne le retrouve pas dans le fouillis de son sac, cette autre qui tente d’amadouer le « flasheur »… en vain.

Vous remarquerez aussi de nombreux consommateurs qui cherchent fébrilement ce QR code, sésame obligatoire pour dépenser l’argent du ménage. Un monsieur m’a fait pitié. Il passait de page en page tout en jetant régulièrement des regards désespérés derrière lui. Sa femme, partie chercher un chariot, semblait être plus habile pour dégotter le laissez-passer dans les méandres de la mémoire électronique. Tant qu’elle ne serait pas là, il ne pourrait pas rentrer dans le centre commercial. Un aveu de faiblesse et de dépendance, en public, qui a dû lui faire prendre conscience qu’on n’est pas grand-chose sans sa moitié.

C’est peut-être cette nullité en informatique qui a poussé certains olibrius en mal de publicité à se faire tatouer le QR code à même le bras ou le dessus de la main.

Et comme pour les attestations, c’est quand le pass sanitaire ne sera plus obligatoire qu’on aura enfin compris où (et rapidement) le trouver.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le lundi 6 septembre

samedi 4 septembre 2021

De choses et d'autres - À bas ? Non, Abba, le célèbre groupe suédois est de retour !

 
À bas… ! comme le cri des manifestants professionnels du samedi ? Non, Abba ! comme le groupe de musique pop suédois.

Abba qui vient d’annoncer sa reformation, un album en novembre et une série de concerts à Londres. 40 ans qu’ils n’avaient plus rien proposé de nouveau à leurs millions de fans. Le plus étonnant dans ce come-back près d’un demi-siècle après, c’est que le quatuor (deux musiciens et deux chanteuses) va se produire sur scène comme si le temps s’était arrêté à la fin des années 70, au faîte de sa gloire.

Pourtant, une rapide recherche confirme qu’ils ont tous largement plus de 70 ans. Pas un âge pour se déhancher sur des rythmes disco.


Sauf si on a les moyens de se créer des avatars numériques (des abbatars en l’occurrence selon le terme inventé par le fans) qui danseront à votre place sur la scène aménagée spécialement à Londres. Avatars créés numériquement en fonction des millions de films et d’images des quatre stars, quand elles étaient jeunes et jolies.

Un making-of vient d’être dévoilé, les quelques secondes diffusées des avatars sur scène sont incroyables de réalisme. La technologie numérique va de plus en plus être utilisée pour ces fausses images plus vraies que nature.

Mais au moins dans le cas d’Abba, ce sont les acteurs, toujours vivants, qui décident de modifier leur apparence afin de rester jeunes pour l’éternité.

Par contre, dans la nouvelle émission sur France 3 de Thierry Ardisson, ce dernier va interviewer des célébrités… mortes. Là aussi les images montrées en avant-première sont bluffantes. Mais au niveau éthique, cela me semble beaucoup moins défendable.
 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le samedi 4 septembre 2021

vendredi 3 septembre 2021

De choses et d’autres - « Ou aveugles ou naïfs »

Emmanuel Macron à Marseille est revenu sur la polémique provoquée par son ministre de l’Éducation. Jean-Michel Blanquer a sous-entendu que la prime de rentrée sert, parfois, aux parents à acheter des écrans plats.

Loin de condamner ces propos, le président en a remis une couche : « Nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des allocations servent à acheter des fournitures scolaires. » Étrange sortie populiste d’un président qui, le jour même, en même temps qu’il rendait hommage à l’enseignant Samuel Paty, égorgé dans la rue, a exhibé la photo de deux youtubeurs champions du placement produit.

« Nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des interventions présidentielles servent à valoriser la grandeur de notre pays » pourrions-nous dire pour paraphraser le président.

De la même façon, si l’on commence à se pencher sur les multiples condamnations d’élus, de tous bords, pour des malversations financières et détournements d’argent public, on ne peut que constater que « nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des impôts servent à améliorer le quotidien des contribuables ».

De toute manière le débat ne devrait pas avoir lieu car depuis les confinements, l’enseignement à distance et les programmes éducatifs diffusés toute la journée sur France 4, un grand écran, même plat et fabriqué en Corée, peut tout à fait être considéré comme une fourniture scolaire de base.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le 3 septembre 2021

jeudi 2 septembre 2021

De choses et d’autres - L’angoisse de la rentrée

Aujourd’hui ils sont donc des millions à retourner à l’école après deux mois de vacances. J’espère qu’ils ne sont pas dans le même état d’esprit que moi quand j’étais enfant. Le retour en classe me terrorisait. 

Pas forcément sur le plan éducatif mais plutôt sur tout ce que cela implique d’à-côtés. Les habits neufs et rêches, la coupe fraîche chez le coiffeur, les réveils au petit matin pour prendre le bus dans le froid…

Je dois avouer que la fin de mon cursus éducatif était comme une libération absolue. Et longtemps, dans mes différents boulots, je prenais un plaisir immense à prendre mon mois de congés payés en septembre. Quand tout le monde devait se remettre en ordre de marche, je lâchais prise avec un bonheur absolu.

Cela a marché quelque temps. Et puis, l’angoisse de la rentrée est revenue insidieusement. Pourtant je ne suis en rien tributaire de l’échéance. Mais en ce jeudi, bizarrement, je suis aussi anxieux que les millions de gamins qui redoutent de quitter leurs parents, de découvrir qui est leur prof principal et trop souvent, de croiser de nouveau quotidiennement le chemin de ceux qui prenaient un malin plaisir à les harceler l'an dernier.

C’est aussi pourquoi je n’ai jamais envié les profs et leurs deux mois de vacances en été. Car ces soixante jours se terminent toujours par ce jour noir entre tous : celui de la rentrée.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 2 septembre 2021

mercredi 1 septembre 2021

De choses et d’autres - Reconversion professionnelle risquée

Si le général de Gaulle a longtemps boudé la télévision, ce média est par la suite devenu le passage obligé de tout politique désirant remporter une élection. Qu’importe vos idées ou votre programme, si vous passez bien à l’écran, vous avez toutes les chances de faire un bon score. Mais cela n’empêche pas les échecs.

Et certains, après avoir tâté des plateaux en tant qu’invités, sont parfois tentés de prolonger l’expérience en passant de l’autre côté. Comme Manuel Valls qui va piger à RMC et BFMTV ou Roselyne Bachelot qui, après avoir assuré la main sur le cœur qu’elle ne ferait jamais plus de politique, a animé shows à la radio et à la télé durant quelques années. Un coup de téléphone du président Macron et les belles promesses se sont envolées.

Et dès que son intérim ministériel aura pris fin (le plus vite possible me hurlent certains acteurs du monde de la culture à l’oreillette), elle retrouvera son siège dans les studios.

Elle croisera peut-être un nouvel animateur qui comme elle, est passé par la case gouvernement. Benjamin Griveaux, ancien et éphémère (pour cause de sextape) candidat à la mairie de Paris, présentera une émission économique mensuelle sur la chaîne B Smart. Il y interrogera des chefs d’entreprise.

Fou rire assuré quand il devra interroger un patron qui spécule sur des bitcoins, ce marin qui accroche son bateau à une bitte d’amarrage ou ce fabricant de raquette de tennis sans oublier les créateurs de la marque emblématique du Slip français. Mais pas sûr qu’il sache à quoi sert un slip.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 1er septembre 2021

mercredi 21 octobre 2020

Cinéma - “Adieu les cons” : la cavale ultime

Toujours aussi acerbe, Albert Dupontel brocarde de nouveau notre société devenue folle.

Le suicidaire (Albert Dupontel), la condamnée (Virgine Efira) et l’aveugle (Nicolas Marié), le trio improbable de la cavale du film Adieu les cons.  Jérôme Prébois - ADCB Films


Depuis toujours, Albert Dupontel a un faible pour les ratés, les oubliés de la vie, les imparfaits et autres inadaptés à notre société du toujours plus beau, toujours plus brillant. Il puise dans ces personnages des idées de scénario où toute sa loufoquerie couplée à un anarchisme radical permet de transformer le banal en extraordinaire. Adieu les cons n’échappe pas à cette règle, avec cependant de plus en plus de tendresse pour ces handicapés de la vie sociale.

Tout débute dans le cabinet d’un médecin. Suze Trappet (Virginie Efira) découvre les radios de ses poumons. Elle trouve ça très joli. Le toubib, lui, s’égare en circonvolutions pour ne pas avouer de but en blanc qu’elle est condamnée. JB (Albert Dupontel), informaticien austère, est mis au placard pour laisser la place à un jeune diplômé plus dynamique. Désespéré, il décide de se suicider. Cela tourne mal et le voilà en fuite avec Suze, qui va lui demander de retrouver le fils qu’elle a abandonné quand elle était adolescente. Pour cela ils vont avoir besoin de l’aide de M. Blin (Nicolas Marié), un archiviste rendu aveugle après une bavure policière. Ces Pieds Nickelés vont déjouer tous les pièges des forces de l’ordre et localiser le médecin qui a accouché Suze. Le docteur Lint (Jackie Berroyer), souffre de démence sénile, mais cette histoire lui permet de retrouver un peu de lucidité et finalement, après bien des péripéties improbables (qui font tout le sel du film), le trio va enfin mettre la main sur ce fils disparu et l’aider à mieux gérer sa vie sentimentale de geek coincé et introverti.

Trio équilibré

Cela semble touffu résumé de cette façon, et pourtant le film est d’une fluidité absolue. Les désespoirs de Suze, l’honnêteté de JB, les bravades de M. Blin permettent à chacun de tirer le meilleur de l’autre. Une réelle complicité, tendresse aussi, se noue entre les trois. A noter que dans le rôle de la petite amie du fils de Suze, Marilou Aussiloux, comédienne originaire de Narbonne, prouve qu’elle est aussi à l’aise en tailleur chic qu’en robe d’époque qu’elle porte dans La révolution série diffusée sur Netflix. Autre petit rôle remarqué (et remarquable), Terry Gilliam des Monty Python interprète d’un vendeur d’armes à feu qui pourrait faire de l’ombre à Trump. 

Et la morale de l’histoire me direz-vous ? Elle se résume par le titre du film : Adieu les cons !

Film français d’Albert Dupontel avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié