samedi 1 mai 2021

Roman - « Les évanescents », d'une vie rêvée à une vie sans rêve

Disparaître. Arrêter d’être au centre de la société, en marge, invisible. Le premier roman de Damien Ribeiro, installé à Perpignan après une enfance du côté ouest des Pyrénées au Pays basque a pour héros un homme qui, du jour au lendemain, décide de ne plus jouer le jeu du paraître. Il fait partie de ces hommes et femmes, « Les évanescents » (titre du roman paru dans la collection La Brune des éditions du Rouergue), qui se contentent d’une non-vie.  Un texte fort, qui oblige le lecteur à se questionner sur sa propre propension à devenir invisible, à se lancer dans une introspection sur ses choix de vie. Attention, on ne sort pas indemne de cette lecture.  

Rencontrer Damien Ribeiro après avoir lu son roman Les évanescents, plonge l’interlocuteur dans un abîme d’interrogations. On a encore l’image du personnage principal en tête : un homme insignifiant, ayant décidé du jour au lendemain de se créer une non-vie faite de routine, sans la moindre passion. Pas même un soupçon d’émotion. C’est raconté avec une telle précision chirurgicale qu’on pense que l’auteur, forcément, raconte en partie son vécu. Perdu.

On se retrouve en face d’un homme très grand, élégant, souriant, dont la réussite professionnelle (lire ci-contre) est à l’opposé de l’emploi obscur de rédacteur d’arrêtés municipaux décrochée, par piston, par Michaël Dos Reis. Finalement, ce roman est tout sauf une autofiction. Tout juste trouve-t-on dans la première partie quelques références communes à la jeunesse commune entre Damien et Mickaël. Le premier a tenté de mettre sur papier cette contre-vie qui aurait pu être la sienne.

Le désir d’écrire, Damien Ribeiro l’a toujours eu au fond de lui. Il se lançait régulièrement dans l’écriture de romans. Sans jamais dépasser les trois pages. Mais pour Les évanescents, il a poussé le curseur très loin. L’idée est venue de la très courte nouvelle de Tchekhov, l’homme à l’étui. Un professeur se recroquevillait de plus en plus derrière des protections jusqu’à se sentir si bien dans ce dernier étui, son cercueil. Michaël Dos Reis, après un périple dans le sud de la France à taguer les wagons avec deux copains, décide du jour au lendemain, sur une plage de Cannes, de tout arrêter. Il plonge, nage un peu, refait surface et dès lors, « tout ce qui comptait pour l’heure était de flotter sur le dos en me laissant porter par le sel. La Méditerranée me lavait de cette peinture qui empêchait mon corps de respirer […] et qui ne m’offrait que la marginalité ou la folie pour horizon. » Après ce passage, le roman prend une ampleur, une force, une plénitude étonnante pour une première œuvre. 

Se contenter de vivre une « histoire simple, sans passion » 

 

On se met dans les pas de cet homme de plus en plus évanescent. Il se met en couple avec Corinne, une femme « pour qui la perspective de la solitude est inenvisageable. » Parfait car lui a besoin « d’une histoire simple, sans passion, offrant le confort moelleux des tapis d’algues. » Grâce à l’entregent du père de sa compagne, il obtient un poste d’obscur fonctionnaire municipal. Son bureau, sans fenêtre, petit, est le nouveau cercueil de l’homme à l’étui. 

Photo Olivier Got/L'Indépendant
Ce texte, que Damien Ribeiro a envoyé à plusieurs éditeurs à la fin de l’été 2019, sur l’insistance de son épouse (lui voulait simplement le mettre gratuitement sur internet), a trouvé preneur au bout de 15 jours. Une sorte de consécration qui a poussé le jeune romancier à se lancer dans son second roman. Une promesse de publication finalement pas tenue. Le second roman achevé, Damien Ribeiro contacte de nouvelles maisons d’édition. L’éditrice de la Brune du Rouergue se montre intéressée. Damien lui parle alors des Évanescents, lui envoie une version légèrement remaniée et très vite la décision de sortir ce texte en priorité est actée.

Après avoir lu ce roman, on ne peut s’empêcher (en plus de la fameuse introspection inévitable), de regarder d’un autre œil ses connaissances. Qui parmi les collègues, amis ou même parents font partie de ces évanescents, adeptes de la transparence ?

Au contraire, qui après une enfance insipide, a décidé, comme Charles D., ami de Michaël, de jouer des coudes pour s’imposer ? Charles D. semble grotesque dans son rôle de vendeur de fenêtres. Un passage finalement hilarant.

Car ce roman, tout en cultivant une certaine noirceur, est aussi bourré de scènes où l’auteur, avec une acuité remarquable, ose raconter sans fard la comédie de la vie. Et souvent, pour s’en sortir, mieux vaut en rire que de chercher à réduire encore et encore son étui.


« Les évanescents » de Damien Ribeiro, La Brune éditions du Rouergue, 16,50 € 

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S’imaginer une contre-vie 
 

Un premier roman est souvent autobiographique. Dans Les évanescents, Damien Ribeiro a mis un peu de son vécu. Essentiellement dans la première partie se déroulant au Pays basque. La passion du graf, elle rythmait véritablement sa vie quand il avait 16 ans. Mais la suite, à l’opposé, est la tentative de se créer une « contre-vie ». Une réalité parallèle à son véritable parcours qui n’a rien de celui de Mickaël Dos Reis.

Si la vie de Damien Ribeiro a effectivement basculé d’un coup d’un seul à l’entrée de l’âge adulte, c’est au contraire pour vivre pleinement cette histoire d’amour qui l’a saisi après une rencontre en soirée. Elle est prof de français en pays catalan. Il décide de la rejoindre quittant ses parents avec un simple sac à dos. Une passion qui lui donne l’envie de terminer ses études et de réussir professionnellement. Mais sans renier ses passions. Il avait arrêté le graf mais continuait à composer et produire dans le milieu du rap.  « Tout en étant manœuvre pour payer mes études, j’ai obtenu deux masters en droit. Rapidement j’ai trouvé du travail à la Maison des vignerons de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Puis, il y a 11 ans, j’ai décroché le poste de directeur de la Maison des artisans à Perpignan ».

Une réussite professionnelle à l’opposé de la dérive nihiliste du héros du roman. Mais il est vrai que Damien Ribeiro a un atout dans sa vie, une femme qu’il aime par-dessus tout et à qui il a dédié le roman. Sa première lectrice, celle qui l’a encouragé à envoyer le manuscrit à différentes maisons d’édition. Sa muse.

Du graffiti au Street Art  

En se lançant dans l’écriture de son roman, Damien Ribeiro avait l’envie de raconter ses années graffiti et mettre en valeur le milieu du rap qu’il a longtemps côtoyé. On retrouve le premier thème dans le début du texte, quand le héros, encore adolescent, tague son pseudo sur les murs d’un bâtiment en ruines. Ce country club, réservé à l’élite de la côte basque, a longtemps été un lieu interdit aux pauvres. Même les classes moyennes ne pouvaient s’approcher de ce club sélect. Mais l’opération, essentiellement immobilière, a capoté et le Country, à l’abandon, est devenu le terrain de jeu de tous les toxicomanes du BAB (Bayonne, Anglet, Biarritz) et des ados qui y trouvaient des murs vierges à marquer de leurs empreintes. « Sur l’ancien mur du training, nous avions exécuté une fresque où nos noms de guerre se mariaient dans un mélange d’orange et de bleus. »

Cette passion, Damien Ribeiro, des années plus tard, ne la renie pas. Au contraire, il essaie encore et toujours de comprendre ce qui le motivait. Il a définitivement écarté la volonté esthétique. Objectivement, leurs créations étaient moyennes. Juste de la typographie et des couleurs. La mode du graffiti est cyclique. Aujourd’hui on parle plus noblement de Street Art. Mais le fond est le même.

À un moment donné, des jeunes veulent simplement monter qu’ils existent. Et pour cela, rien de plus simple que de laisser une trace sur les murs. Aujourd’hui Damien Ribeiro ne touche plus aux bombes de peinture, mais sur un mur en ruine, peut-être, il reste une trace de son passage, un fragment d’adolescence que personne ne pourra lui enlever.  

vendredi 30 avril 2021

Série Télé - « Fluide » ou quand deux couples explorent leurs désirs


Projet ambitieux que ce « Fluide » imaginé par Thomas Cadène et Joseph Safieddine. L’histoire sexuelle comparée de deux couples, dans une série diffusée sur Arte.tv et dans un album de BD dessiné par Benjamin Adam chez Dargaud (100 pages, 19,99 €). Couples où les hommes sont… auteurs de BD. Voilà comment on transforme l’autofiction en histoire aigre-douce, avec remise en cause, mise à nu et expériences humaines ou graphiques. 

La série, en accès libre sur Arte.tv, est composée de dix épisodes de six minutes. Un format très court pour comprendre le cheminement de ces deux amis, collègues de travail, aux prises avec des soucis dans leur couple. Emma (Pauline Clément), est attirée par une femme. Quand elle le dit à Léo (Simon Thomas) son amour de toujours, il pique une crise de jalousie carabinée. Waël (Matthias Jasquin) ne comprend pas quand Esther (Manon Kneusé) lui demande un peu plus de fantaisie quand ils font l’amour. Des soucis conjugaux qu’ils vont transformer en série BD. Et afin d’étoffer le scénario, ils vont tenter de nombreuses expériences, pour le plus grand bonheur d’Emma et d’Ester. 

Excellemment joué, avec des dialogues percutants, sans la moindre vulgarité, Fluide, la série télé, est une jolie réussite preuve qu’il est encore possible d’inventer dans ce format encore balbutiant. La bande dessinée de son côté va plus loin, montrant ce qui n’est que suggéré à l’écran. Avec une même efficacité. 

jeudi 29 avril 2021

Série télé - Baker Street fait toujours rêver


Etonnant comment une œuvre littéraire qui a plus d’un siècle continue au quotidien à alimenter l’imaginaire de toute la planète. Quand Sir Arthur Conan Doyle a écrit les premières lignes de Une étude en rouge, il ne se doutait sans doute pas que son personnage de Sherlock Holmes deviendrait une légende. Les adaptations cinématographiques se comptent en centaines et cet univers de la capitale anglaise de la fin du XIXe siècle est une nouvelle fois au centre de l’intrigue des Irréguliers de Baker Street, série proposée sur Netflix. Créée par Tom Bidwell, la série anglaise raconte comment une bande de gamins des rues va être contactée par le docteur Watson pour aider le grand Sherlock dans ses enquêtes. Ces ados, orphelins vivant de rapines, habitent à quelques rues du 221b Baker Street, la maison du détective. Ils sont quatre à s’entraider depuis des années. Béa, la plus mûre, qui fait office de mère de substitution, Jessie, sa petite sœur, en proie à d’horribles cauchemars, Billy, grand échalas parfois violent et Spike, métis malicieux. Ils seront rejoints par Léo. Ce dernier, héritier de la reine d’Angleterre, se glisse incognito dans la bande pour quitter la protection du palais. 

Le duo Sherlock - Watson entièrement revisité

La série surfe sur la vague fantastique. Le fil rouge montre comment un magicien tente de profiter d’une brèche entre deux mondes pour devenir un dieu. Ce qui marque surtout dans cette série c’est le duo Sherlock/Watson, très éloigné des personnages originaux. Le docteur est carrément amoureux de Sherlock. Mais ce dernier, complètement bouleversé par la disparition de sa compagne, a sombré dans la drogue. Une épave qui a bien besoin des gamins pour résoudre quelques affaires et contrer le magicien maléfique. 

Les huit épisodes sont très sombres, le final spectaculaire et les amours nouées au cours de l’histoire trop compliquées pour être prolongées. Une noirceur assez étonnante en 2021.   


mercredi 28 avril 2021

Cinéma en streaming - "Je te veux"… pas nous !


A ce rythme, cela va devenir la marque de fabrique d’Amazon Prime. Dès qu’un film français se retrouve diffusé sur la plateforme sans sortir en salles, on peut craindre que le long dictionnaire des navets vient de s’enrichir d’une entrée. Il y a eu « Forte », puis « Brutus vs César », place désormais à « Je te veux, moi non plus ». 

Écrit par Inès Reg et Kevin Debonne, réalisé par Rodolphe Lauga, le scénario est inspiré de la véritable vie des comédiens qui sont à l’humour ce qu’est Pascal Praud à la philosophie. Nina est avocate à Paris. Dylan est barman sur la côte basque. Amis d’enfance, ils s’aiment mais n’osent pas le reconnaître. 


Durant 1 h 30 ils vont se tourner autour pour finalement finir ensemble. Mal joué, vulgaire, parfois incompréhensible, bourré de clichés et de situations grotesques, ce film calamiteux ne vaut que par la participation de Pauline Clément. Même si dans quelques années elle risque barrer ce titre de sa filmographie. 

Cinéma en streaming - Une amourette au milieu de gros monstres

Sorti directement en VOD en octobre dernier, « Love and monsters » fait une entrée remarquée sur Netflix. Il est vrai que le sujet du film, des amours de jeunesse et des monstres, tape directement dans le cœur du public de la plateforme de streaming. Un film entièrement tourné en Australie et qui vaut aussi pour ces décors naturels uniques au monde. Au début, tout semble aller parfaitement dans le meilleur des mondes pour Joel (Dylan O’Brien). Il embrasse sa petite amie Aimée (Jessica Henwick) dans son pick-up. Les deux jeunes amoureux ne sont pas loin de se promettre amour et fidélité pour l’éternité. Quand une pluie de feu tombe sur la ville. Une guerre totale qui, de plus, provoque des mutations chez certains animaux devenant monstrueux. Les amoureux se séparent et se réfugient chacun de leur côté dans un bunker. 

Le film débute sept ans plus tard. Joel décide de franchir les 150 km qui le séparent d’Aimée. Un périple dans une véritable jungle au cours duquel il va devoir affronter ses pires cauchemars. Le film alterne scènes d’action, passages romantiques et rencontres comiques comme cette fillette survivaliste qui décrit avec force de détails les démembrements et autres écrasements ou décapitation quand on n’est pas vigilant face à un de ces nouveaux animaux si surprenants. L’ensemble est un peu disparate mais se laisse regarder si on aime les trucages et les retournements de situation tirés par les cheveux.

mardi 27 avril 2021

Cinéma en streaming - Rire aux éclats avec Bad Trip


Présenté comme un simple film de caméras cachées par les producteurs de Jackass, « Bad Trip » est bien plus que cela. Les scènes avec du public piégé sont aussi là pour permettre au scénario de se dérouler avec son lot de rebondissements. On trouve dans les deux principaux rôles Eric André (vu dans la série Two Broke Girls) et Lil Rel Howery (comique qui a déjà eu sa propre sitcom). Le premier décide d’aller à New York déclarer sa flamme à une ancienne copine de classe. 

Le second l’accompagne après avoir volé la voiture de sa sœur. Très rapidement le duo va enchaîner les mésaventures. Toutes filmées avec de véritables victimes. Les deux acteurs sont irrésistibles, osent tout provoquant une vague d’étonnement parmi les piégés. La bonne surprise Netflix de cette fin de mois de mars.   


DVD - La peur filmée en noir et blanc par Richard Brooks

Certains films marquent plus que d’autres. De sang-froid de Richard Brooks, adapté du roman de Truman Capote, fait partie de ces œuvres qui vont longtemps rester dans votre mémoire. Réédité par Wild Side Vidéo dans un coffret contenant un DVD et un blu-ray de l’œuvre restaurée ainsi que plusieurs compléments et d’un livret signé Philippe Garnier, ce film de 1967 est tourné en noir et blanc. Pour une seule et bonne raison : selon le réalisateur, « La peur, je ne vois ça qu’en noir et blanc. » Une peur palpable tout au long des deux heures racontant dans le détail un horrible fait divers du Kansas. 

Perry (Robert Blake), vient de sortir de prison. Avec sa guitare et ses dernières illusions, il rejoint Dick (Scott Wilson), ancien compagnon de cellule qui lui promet un coup en or. Dick, belle gueule, séducteur et désinvolte est l’antithèse de Perry, petit, dépressif et boiteux. Ensemble ils parcourent des centaines de kilomètres pour rejoindre, au Kansas, la ferme de la famille Clutter. Là, un coffre contenant des milliers de dollars serait leur passeport vers une meilleure vie au Mexique. Pas de coffre pour les deux anciens taulards qui massacrent toute la famille. 

On ne voit rien de cette tragique nuit dans la première partie. Tout est suggéré au cours de leur fuite à travers les USA. Avec une ténacité à toute épreuve, les policiers pourchassent le duo pour finalement l’intercepter. C’est au cours de l’interrogatoire que Perry raconte dans le détail ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. 

Véritable chef-d’œuvre, qui doit beaucoup à l’écriture de Truman Capote et à l’interprétation des deux acteurs principaux, De sang-froid est une réflexion sur le mal. Celui que des hommes peuvent faire sans raison, celui qu’ils ont subi dans leur enfance, toujours sans raison. Dans les bonus qui combleront les cinéphiles, Patrick Brion revient sur le film et sa genèse et le réalisateur explique en 18’ son propos pour l’émission Cinéma Cinémas. Sans oublier « Contrebasses pour un massacre » (30’) : la musique originale de Quincy Jones décryptée par Stéphane Lerouge.

lundi 26 avril 2021

Série télé - Australiens destroy

On reconnaît une série australienne sur Netflix à sa façon d’exploser tous les tabous. Mis en ligne la semaine dernière, « Why are you like this » est l’exemple parfait. Ce trio de jeunes adultes de Melbourne est tout sauf « normal ». 

Penny (Naomi Higgins, également créatrice et scénariste de la série), militante féministe acharnée passe son temps à combattre le patriarcat. Elle vit une vague histoire d’amour avec Mia (Olivia Junkeer), bisexuelle, originaire du Pakistan et musulmane. Quant au colocataire de Penny, Austin (Wil King), gay et drag-queen la nuit, il apporte une touche de fantaisie supplémentaire dans la vie du trio qui n’en manque pourtant pas. 

Totalement délirante, la série parle ouvertement de coupe menstruelle, de ramadan, de harcèlement, de réputation numérique et d’amour libre. Mais toujours avec cette autodérision salutaire. 


vendredi 23 avril 2021

De choses et d’autres - Hygiène, cheveux et confinement

Il est temps que l’on se déconfine. L’annonce du calendrier de libération par Emmanuel Macron vient à point nommé quand on découvre un sondage effectué par l’Ifop pour une marque de produits sanitaire solides. Confinement et télétravail poussent les Français à négliger leur toilette. Pas de façon catastrophique, mais c’est assez sensible.

Pour ce 3e confinement qui tire à sa fin, 32 % des Françaises reconnaissent qu’elles ne procèdent pas à une toilette complète tous les jours. Elles n’étaient que 19 % avant le début de la pandémie. Un relâchement qui cependant ne ramène pas l’hygiène des Françaises au niveau de 1951 où elles n’étaient que 52 % à se laver entièrement tous les jours.

Le sondage détaille longuement les habitudes de lavage des cheveux. Parmi les informations étonnantes, les sondés ont été questionnés sur les leurs préférences sexuelles.  Mauvais temps pour les roux puisque 36 % des femmes disent non juste en raison de la couleur de leurs cheveux.

Un rejet encore plus marqué (46 %) chez les sympathisantes du Rassemblement national.

A l'opposé, les rousses ont la cote puisqu’ils ne sont que 17 % des hommes à préférer s’abstenir. Et là, à l’inverse des femmes, les militants du RN ne sont plus que 14 % à faire un blocage.

Par contre, si le cheveu est mal lavé, pas la peine de rêver : 90 % des femmes et 77 % des hommes passent leur chemin, quelles que soit la couleur, la forme et la longueur.

Étude Ifop pour Unbottled réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 12 avril auprès d’un échantillon de 2028 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.


jeudi 22 avril 2021

De choses et d’autres - Protection péruvienne

Le Pérou, s’il n’a pas inventé un vaccin contre la Covid-19, a quand même des idées pour freiner la pandémie. Le pays, durement touché, vient d’obliger les personnes se rendant dans un magasin de porter, non pas un, mais deux masques. Et comme on n’est jamais trop prudent, il est également exigé de mettre une visière de sécurité sur l’ensemble.

Je ne sais pas si mettre double couche de masque diminue de moitié le risque de contamination, mais il y a fort à parier qu’il est plus compliqué de respirer. Surtout si l’on se trouve dans la région de Cuzco, ancienne capitale se situant à plus de 3 000 mètres d’altitude.

Deux masques au Pérou, zéro aux USA. Du moins, si l’on est vacciné ou qu’on vit dans un des 15 états ayant décrété qu’il n’était plus obligatoire de le porter en extérieur.

Chez nous, on met le masque, par habitude. Comme on rentre  avant 19 heures, selon une routine qui s’est lentement mais sûrement installée. Cependant, on n’en met qu’un. Et, essentiellement, dans les magasins. Dans la rue, notamment des petits villages, il a tendance à descendre sous le nez (quand ce n’est pas sous le menton), voire à rester accroché au poignet.

Des masques qui ont une longévité de plus en plus étendue. Souvenez-vous quand, bons élèves, vous en changiez toutes les quatre heures. Désormais, le masque, même jetable, fait la journée, voire la semaine pour les moins regardants. Et passe à la machine avec slips et soutiens-gorge.

Finalement, tout ce que je souhaite, à cinq jours de la levée de quelques restrictions, c’est que, dans un an, je ne me souvienne même plus comment on le met, me demandant à quoi peut bien servir cette barre de fer cachée dans la couture…