jeudi 28 avril 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Pour qui la cagnotte ?

Il ne se passe plus un jour sans un projet faisant appel au financement participatif. La grande mode du moment passe par Ulule, Kickstarter et autres KissKissBankBank. Comme si donner son argent sur internet était devenu la nouvelle religion dominante. Profitant de l'engouement, certains ont même eu l'idée de collectes plus privées. Tout employé d'une société de plus de dix personnes sait qu'à l'occasion d'un mariage, d'une naissance ou d'un départ à la retraite, vous êtes priés de contribuer à la célébration du moment.

Ainsi sont nées les cagnottes Leetchi suivies par quelques concurrents comme Lepotcommun, la Cagnotte facile ou Tilt. Plutôt que de passer dans les bureaux et de faire la quête, vous créez une page sur la plateforme choisie et envoyez le lien à tous vos collègues. On voit ainsi la somme grossir au fur et à mesure, avec la possibilité pour le bénéficiaire de profiter comme il veut de l'argent. Cela semble gros, mais de petits malins ont rapidement tenté de profiter de l'aubaine.
On voit ainsi fleurir des cagnottes pour le moins farfelues. La plus originale, et totalement vouée à l'échec, une collecte pour "racheter l'Olympique de Marseille". Pas moins... D'autres sont plus terre à terre : les sous serviront clairement à se faire plaisir. D'un Ipad à Noël en passant par une semaine de vacances aux Baléares ou une nouvelle paire de chaussures.
En fait, il n'y a pas de limitation dans les idées, pas plus, visiblement, que dans la naïveté des gens qui acceptent de participer à ce genre d'"aventure".

mercredi 27 avril 2016

BD - Buck Danny, "l'authentique", est de retour


Attachez vos ceintures, gare aux turbulences, Buck Danny est aux commandes. Le héros créé par Charlier et Hubinon n'en finit plus de séduire jeunes et nostalgiques. En plus de la série originale qui profite des dernières innovations de l'aviation militaire mondiale (54 titres parus !), les éditions Zéphyr proposent une collection "Classic" reprenant l'univers et le graphisme des années 60. Au dessin, Jean-Michel Arroyo rend un hommage permanent à Hubinon. C'est totalement dans le ton, avec un peu aussi de Milton Caniff dans l'utilisation des aplats noirs. Après deux albums se déroulant en Corée, cap sur le Japon, en 1945, peu de temps après la capitulation. 
Des militaires fanatiques aidés par la redoutable Miss Lee, fomentent un complot pour attaquer les USA. Ils dérobent une bombe atomique et veulent la lâcher sur la Californie. Heureusement Buck et ses fidèles compagnons interviennent. La grande aventure est indémodable.
"Buck Danny Classic" (tome 3), Dupuis-Zéphyr, 14 euros



mardi 26 avril 2016

Livre - Roland, le voisin mort et si encombrant

Roland, voisin discret, meurt la tête dans la gamelle de son chien. Début des soucis pour le narrateur.

Nicolas Robin joue sur le comique de répétition pour plonger le lecteur dans ce roman aux airs farfelus et légers mais d'une étonnante profondeur humaine. Chaque chapitre (il y en a 27) débute par la phrase "Roland est mort". Roland c'est le voisin du narrateur, un trentenaire, chômeur, se remettant mal d'une histoire d'amour foireuse. Tout ce qu'il souhaite, lui, c'est qu'on le laisse tranquille, à siroter son Campari tout en matant du porno. Mais les pompiers font du raffut en cassant la porte du voisin pour constater sa mort, depuis une semaine. Ils emportent le corps et confient au voisin de palier le caniche du mort. Une vieille femelle, qui répond au doux nom de Mireille. Comme Mireille Mathieu, Roland adorait les tubes de la chanteuse française à la coupe au bol, seuls sons que le narrateur entendait en provenance de l'appartement mitoyen. Que faire de ce chien ?

Le début du roman raconte les différentes tentatives de se débarrasser de l'animal puant. Mais les ennuis s'aggravent quand un croque-mort remet au voisin une urne contenant les cendres de Roland. Sans famille ni ami, cet employé au tri postal était un solitaire. "Quand la solitude prend racine, elle est plus tenace que le chiendent", constate le narrateur, en prenant conscience qu'il ressemble de plus en plus au mort.
Le roman de Nicolas Robin alterne scènes cocasses (un anniversaire de vieux copains ou un mariage en péril) avec de vrais moments d'émotion comme le retour chez les parents ou la rencontre avec Chantal, la seule 'amie' de Roland.
"Roland est mort" de Nicolas Robin. Anne Carrière. 17 euros (disponible au format poche chez Le Livre de Poche)

lundi 25 avril 2016

Poches - Meurtres à travers les âges et le temps

Paris, en l'an 1584. Une année troublée par la mort de "Monsieur", le frère du roi, et par l'assassinat du prince d'Orange. Tandis que rumeurs et pamphlets circulent sur les pratiques occultes du roi, le jeune commissaire au Châtelet Jean du Moncel, imaginé par Viviane Moore, est chargé d'enquêter sur un vol de cadavres au gibet de Montfaucon.

"L'homme au masque de verre", inédit, 10/18, 8,10 euros

Brooklyn, 1922. En pleine nuit, un petit garçon se terre au fond de son lit : quatre hommes viennent de tuer sa mère et d'enlever son père. Réfugié en Irlande, il jure de revenir chercher son père. 90 ans plus tard, le vol d'une vieille montre cassée intrigue. Une montre qui s'est arrêtée une certaine nuit de 1922. Un thriller à travers les âges signé par Peter James.

"Que sonne l'heure", Pocket, 7,40 euros

Jeune journaliste ambitieuse, Nola rêve du prix Pulitzer mais est confinée aux pages Loisirs d'un quotidien de La Nouvelle-Orléans. Jusqu'au jour où on lui confie un reportage sur les délinquants sexuels libérés au moment de l'ouragan Katrina et qui, depuis, sont toujours dans la nature. Un premier roman policier saisissant de Joy Castro qui publie 'Au plus près' ce mois-ci dans la Série Noire.

"Après le déluge", Folio, 8,20 euros

DE CHOSES ET D'AUTRES - Sacré bœuf au paradis


Parfois me vient l'envie de croire au Paradis. Et tant qu'à faire m'y rendre illico presto. Parce que franchement, s'il existe, il doit être drôlement animé depuis le début de l'année. L'hécatombe des chanteurs et musiciens permet de composer un orchestre incroyable dans un ailleurs possible, peut-être. En premier, Lemmy Kilmister, le chanteur guitariste de Motorhead. Il n'est pas resté longtemps seul, David Bowie le suivait de quelques semaines. Le duo se transforme en trio avec l'arrivée de Prince.
Et comme le producteur des Beatles, George Martin, a lui aussi cassé sa pipe, il fallait un quatrième musicien hors normes pour former un groupe d'exception. Le sort a décidé que Papa Wemba (décédé samedi), icône de la rumba congolaise s'y collerait.
Ces quatre ne sont plus sur terre pour enchanter leurs fans, mais le petit Jésus doit avoir des fourmis dans les jambes en entendant leurs compositions (surtout en ces temps de résurrection). Et je les imagine, à fond dans un bœuf pour Saint-Pierre et ses anges, les veinards.
Plus prosaïquement, on peut se demander pourquoi cette année 2016 est si propice aux décès de célébrités. Des statisticiens ont enquêté et ont tout simplement mis le phénomène sur le dos du babyboom. La génération née après la seconde guerre mondiale approche des 70 ans. Or, c'est dans cette tranche d'âge (qui représente près d'un quart de la population) que l'on trouve le plus d'hommes et de femmes ayant "réussi" ces dernières décennies.
Donc, sans être un devin, on peut objectivement croire que l'au-delà résonnera de plus en plus de musiques d'exception.

dimanche 24 avril 2016

DVD et blu-ray - Que la Force envahisse votre télé

Après la conquête du monde à travers les salles obscures, le septième volet de Star Wars débarque chez vous, en blu-ray et DVD. Un peu plus de 10 millions de spectateurs ont acheté un ticket pour aller découvrir la suite très attendue de la saga de George Lucas.

Cinq mois après sa sortie au cinéma, le film de JJ Abrams s'attaque au marché du DVD et du blu-ray. Une déferlante impressionnante part à l'assaut des foyers français. Impossible d'éviter le phénomène, même dans les coins les plus reculés des campagnes. Petit rappel : une vingtaine d'années après la fin du premier cycle, la République se bat toujours pour la liberté. À la tête des armées, la Princesse Leia joue son rôle de force tranquille. Le côté obscur est mené par Snoke avec pour factotum Kylo Ren (Adam Driver). Pour le contrer, la jeune Rey aidée de Finn, un soldat renégat. Le trio de "jeunes" face aux trois anciens. Si Han Solo joue un rôle central et continu, Luke Skywalker n'intervient qu'en dernier ressort, comme pour donner l'envie de voir la suite.
Le scénario ne brille pas par son originalité, mais est le plus fidèle aux trois premiers films de George Lucas. La nostalgie joue à fond, avec cependant suffisamment de nouveautés pour attirer les jeunes spectateurs. Cette édition vidéo propose quantité de bonus (uniquement avec le blu-ray). On peut notamment découvrir quelques scènes coupées qui n'apportent rien à l'intrigue, mais prouvent combien JJ Abrams s'est investi dans ce projet dantesque.
Très instructif également la genèse de BB8, le robot rond et véloce, fidèle à Rey et parfait dans le rôle de compagnon numérique. On apprend notamment qu'il est né sur un coin de nappe, de la main même du réalisateur et comment il est animé par des marionnettistes surdoués.

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Trois conditionnements

Le réveil de la Force bénéficie de trois conditionnements. Le DVD est le moins cher mais il n'y a aucun bonus. Donc réservé aux rares qui n'ont pas déjà vu le film lors de sa sortie. Les bonus sont par contre très copieux pour la version blu-ray. De plus la haute définition est préférable pour un film bourré d'effets spéciaux. Sur le blu-ray réservé aux bonus, un long documentaire sur le « réveil de la saga », quelques scènes coupées et surtout un reportage sur la première lecture du scénario, avec autour d'une table les anciens et les nouveaux personnages. Les passionnés feront certainement l'acquisition de ces même blu-ray, mais dans un boitier métal du plus bel effet. Par contre, il ne semble pas exister encore de version 3D ou 4K.

Rendez-vous le 14 décembre

Depuis son rachat par Disney, l'univers Star Wars est très présent. La machine, lancée par le 7e volet, est également l'occasion de développer des histoires parallèles. Si l'épisode 8 est attendue fin 2017, les fans ne resteront pas sur leur faim avec dès le 14 décembre 2016 la sortie de « Rogue One ». Situé entre les épisodes III et IV de la saga originelle, ce film de Gareth Edwards (Godzilla) racontera comment un commando rebelle se lance dans une mission pour voler les plans de l'Etoile Noire. L'occasion de découvrir de nouveaux personnages, de retrouver des robots connus et peut-être d'en savoir un peu plus sur l'origine de Rey...




DE CHOSES ET D'AUTRES - Mon QG a déménagé

En février 2014, je vous ai raconté dans cette même rubrique comment deux jeunes - Vincent et Sébastien - ont repris le Café du Midi de mon village. Un endroit chaleureux, où l'on mange très bien pour pas cher. Il est rapidement devenu notre "cantine", notre "QG" selon l'expression de mon épouse. Deux années plus tard, le Café du Centre déménage. Une migration de quelques centaines de mètres, vers la mairie. Le QG s'appelle désormais Café Brasserie de l'Europe, comme la place à l'entrée du village et l'équipe s'est adjointe le charme et l'efficacité de Sandra. Exit les vieux murs et la salle sans ouverture. Place à un espace clair et fonctionnel, aux larges baies vitrées, à la terrasse en permanence ensoleillée et un grand parking à deux pas. La municipalité de Pollestres a lancé un programme de revitalisation du village en construisant des locaux commerciaux près de la mairie. En plus du café, le tabac-librairie y a trouvé refuge, ainsi qu'une fleuriste et une boulangerie. Un ensemble de commerces de proximité si agréable pour redonner un peu d'âme à ce bourg en pleine expansion mais qui ne veut surtout pas devenir un simple dortoir à quelques kilomètres de Perpignan. Certains nostalgiques de l'ancien temps pourraient regretter le déplacement de l'animation hors du vieux village. Mais franchement, il n'y a pas photo. Et tout le monde s'y retrouve. Pour preuve, le Café de l'Europe dans ses nouveaux murs a créé des emplois. Nouveau départ, nouveau défi, nouvelles ambitions. Mais ça reste notre QG.

samedi 23 avril 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Géopolitique du sac

En juillet, ils seront totalement interdits. Les sacs en plastique à usage unique sont condamnés, ainsi en a décidé Ségolène Royal, ministre de l'environnement.

Apparus depuis plusieurs décennies, ils ont rapidement séduit les ménagères. Une chaîne de supermarché avait même décidé il y a quelques années, pour offrir un plus à ses clients, de demander aux caissières de ranger les achats dans ces sacs. Un de ses concurrents avait vu plus juste en les bannissant et en proposant, bien avant la mode de l'écologisme-responsable, des cabas réutilisables. La mort programmée des sacs plastiques nous laisse cependant une interrogation : pourquoi ne portent-ils pas le même nom partout ?
Si dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales le terme "sac" semble évident, il n'en va pas de même dans d'autres régions. Preuve que la fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon est une hérésie, à Toulouse on parle de "poche" alors qu'à Montpellier on demande un "sac". Si on n'est pas d'accord sur l'appellation d'un produit aussi basique, comment espérer trouver un consensus sur le nom de la "Grande région" ?
Plus étrange, dans l'ouest (Bretagne essentiellement) ce sont les "pochons" qui ne viendront plus polluer les campagnes. Les zones limitrophes de la Suisse utilisent des "cornets" et il existe même une région en Normandie où le sac est connu sous le vocable de "nylon".
Étrange France aux multiples différences où la boulangère dispose des chocolatines dans une poche à un endroit et des pains au chocolat dans un pochon ailleurs.

Roman - Steampunk et Homunculus

Lauréat du prix Philip K. Dick, "Homunculus" de James P. Blaylock est le roman parfait pour découvrir l'univers du steampunk. Deux groupes s'affrontent pour acquérir un homoncule, créature fantastique dotée de tous les pouvoirs. D'un côté, un milliardaire avide de pouvoir aidé d'un savant fou, de l'autre des scientifiques éclairés menés par Langdon St. Ives. Un affrontement dans une ville de Londres de la fin du XIXe siècle, où morts-vivants, dirigeables et petit peuple côtoient des inventeurs de génie capables de construire un moteur au mouvement perpétuel.

Un roman passionnant et un livre au charme indéniable. Couverture et tranche dorées, enluminures en tête de chapitre : l'objet aide aussi au dépaysement.
"Homunculus" de James P. Blaylock. Bragelonne. 25 euros.



vendredi 22 avril 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Boire ou cuisiner

Les Québécois ont inventé le concept : demander à un personnage public de confectionner une recette tout en ingurgitant quantité d'alcool. Appelées "Recettes pompettes", Eric Salvail les présente depuis deux ans. Les quelques extraits vus sur le net sont, avouons-le, désopilants. Tout l'intérêt consiste à observer l'évolution du comportement de l'invité. Sobre au début, il se déride au fur et à mesure, confirmant le formidable effet de désinhibition de l'alcool.

Ne manquez pas le numéro avec Stéphane Rousseau. Déjà impayable en temps normal, l'humoriste se déchaîne littéralement après quelques "shoots".

De la même façon, Xavier Dolan, le cinéaste, repousse très loin les limites. Mais son cas est un peu particulier, il n'a clairement qu'une idée en tête : vider la bouteille de vodka.
D'autres se montrent plus réservés comme la chanteuse de "Cœur de pirate". Jeune maman, pas habituée à boire, elle se prête quand même au jeu, rit de bon cœur aux plaisanteries, gaffes et bévues de Salvail qui lui aussi termine l'enregistrement complètement "pompette".

Le concept vient d'être adapté en France. Monsieur Poulpe présente. Premier invité Stéphane Bern. Une émission précédée d'une polémique, une association anti-alcool tentant de la faire interdire par le CSA. En vain. Uniquement diffusé sur YouTube, ce premier numéro totalise déjà plus d'un million de vues. Pourtant il semble bien sage à côté de l'original québécois. Comme si en France la vodka était coupée à 90 % d'eau.