jeudi 14 avril 2011

BD - "Marche ou rêve", questions de jeunes


Deux jeunes auteurs, passés par les blogs, ont mis en commun leur sensibilité pour réaliser ces 80 pages entre amour et mort. Laurel a signé le scénario. Elric les crayonnés. Puis Laurel a encré et colorié les planches alors que Elric se chargeait du lettrage. Une collaboration concluante car ces créateurs sont encore en pleine recherche de leur style. Il ont travaillé sans contrainte, avec un plaisir et une soif d'apprendre qui illumine les planches. L'histoire est celle de Harold. Il a 19 ans, une fiancée, Claire, mais n'arrive pas encore à franchir le pas question sexe. En plein été, il va passer une semaine chez sa grand-mère. Il y rencontrera une jolie rousse, Mathilde, un demi-frère et quelques chatons. Harold en plein doute sur l'orientation qu'il doit donner à sa vie. Encore rêveur, il a tendance à fuir face aux responsabilités. Une BD initiatique dans laquelle nombre de jeunes adultes pourront se reconnaître.  
« Marche ou rêve », Dargaud, 12,95 €

mercredi 13 avril 2011

BD - Les soldats sacrifiés de "Death Squad"


La guerre, quelle idiotie. Cela vient peut-être du fait que les guerres sont l'œuvre de soldats. Et qu'y a-t-il de plus bête qu'un soldat ? Des soldats du Death Squad répond immédiatement Mike, le scénariste et dessinateur de ces strips ridiculisant les glorieux conquérants des planètes inconnues. Les Death Squad sont généralement débarqués en milieu hostile. Leurs ennemis, des extraterrestres monstrueux, des virus virulents et autres plantes carnivores. Reste que les plus grandes pertes ce sont eux-même qui se les provoquent. Car dans le genre manchots avec des armes de destruction massive, difficile de faire pire. Carbonisés par un missile, transpercés de flèches, bouffés par un poulpe mutant à double mâchoires rétractiles, écrasés par un container de vivres ou dissous par une mine antipersonnel bactériologique : les troupes rétrécissent au fil des pages de ce recueil qui n'épargne rien à des militaires d'élite. On admirera l'imagination de Mike pour créer des aliens originaux. Ils ont quand même souvent des points communs : de grandes dents et une méchanceté naturelle. 
« Death Squad », Delcourt, 10,50 €

mardi 12 avril 2011

BD - Jérôme et les braqueurs


Détective privé de proximité. Jérôme K. Jérôme Bloche a trouvé sa voie, sa spécialité. Le héros rêveur et maladroit de Dodier se spécialise dans les intrigues de la vie quotidienne. Ainsi, dans le 22e titre de la série, il accepte de rendre service à Madame Zelda, sa voisine. La voyante est inquiète : une de ses amies ne donne plus signe de vie. Jérôme enfourche son Solex et va sonner à la porte de ce petit pavillon de banlieue. 
A travers une fenêtre, il aperçoit la vieille dame étendue au pied des escaliers. Il entre par effraction et appelle les secours. Cinq secondes plus tard il est maîtrisé par des hommes du GIGN. Une nouvelle fois, Jérôme plonge dans les ennuis. 
Cette vieille dame est la mère de Mathias, l'ennemi public numéro un des années 80. Il vient de s'évader avec la complicité de son fils. La police le recherche... ses anciens complices aussi. Jérôme prendra pas mal de coups dans ces 56 pages rondement menées. Mais malgré l'adversité il n'abdiquera pas et démêlera cette histoire de magot caché, permettant même l'arrestation de quelques méchants...

« Jérôme K. Jérôme Bloche » (tome 22), Dupuis, 11,95 €

lundi 11 avril 2011

Livre - Les quatre vérités de Madame Wolinski

Maryse Wolinski, avant de devenir une romancière reconnue, a été surtout la femme du dessinateur. Des années d'amour et quelques secrets.




 Maryse Wolinski, féministe convaincue, a la particularité de vivre depuis quarante ans avec un des plus affreux misogyne de Paris. Georges Wolinski, dessinateur de presse et de BD, était déjà tout auréolé de succès quand la jeune journaliste stagiaire du Journal du Dimanche le croise dans les couloirs du quotidien. Maryse Wolinski, dans ce récit plein de sincérité, d'amour et de tendresse, revient sur cette rencontre et les premières années de vie commune. Et l'auteur s'adresse directement à son homme. Wolinski avait la réputation d'être un veuf joyeux. Sa femme, morte dans un accident de la circulation, lui avait laissé deux petites filles. Il collectionnait les conquêtes. Pourtant, il reconnaît rapidement que Maryse sera la femme de sa vie. La petite fille blonde, copie conforme des personnages qu'il dénudait sans vergogne dans ses BD, mettra du temps à l'apprivoiser.

Amour et soumission

Un jour, allant à l'encontre de toutes les bonnes résolutions prises par Maryse, féministe désirant vivre libre, il accepte de l'épouser. Un mariage presque clandestin, mais qui marque, paradoxalement, un véritable tournant dans la vie du couple. Après la cérémonie, « des amis nous avaient envoyé des corbeilles de fleurs que nous avons étalées dans un champ près d'une maison que tu louais. Nous nous sommes allongés au milieu et nous avons fait l'amour jusqu'à ce que les étoiles nous avertissent que la nuit était tombée. » Cette relation, passionnelle, charnelle, n'empêche pas parfois de grosses fâcheries. Maryse ne supporte pas la vulgarité de certains dessins, notamment quand les femmes ne sont que des objets du désir. Elle a même souvent été tentée de partir, de quitter cet homme pouvant devenir épouvantable. Peine perdue : « Malgré mes résolutions, j'étais prise au piège de l'amour et de la soumission. »

Libido et virilité

Véritable confession parfois très personnelle, ce texte de Maryse Wolinski atteint l'universel quand il aborde le problème du désir et de la vieillesse. Tout couple se reconnaîtra en partie dans ces inquiétudes sur la virilité de monsieur ou la perte de libido de madame... Car la romance, commencée il y a quarante ans, a moins d'intensité qu'aux premiers jours. Georges est devenu un vieux monsieur. Toujours amoureux, mais vieux. Maryse fait tout pour contrer les ravages du temps. Sans grand succès. « Notre amour est aussi inoxydable que ma génération vers laquelle je t'entraîne en t'interdisant gentiment de vieillir. Mais je le sais aussi, dès que j'ai un moment d'inattention, tu en profites pour vieillir un peu. » Reste que si le corps de Georges Wolinski a vieilli, sa main continue de dessiner sa femme sous la forme d'une jeune fille blonde, peu vêtue. La preuve en image avec la couverture de ce livre réellement bouleversant par moment.

« Georges, si tu savais... », Maryse Wolinski, Seuil, 16 €

Roman - Les quatre vérités entre virilité et libido de Madame Wolinski

Maryse Wolinski, avant de devenir une romancière reconnue, a été surtout la femme du dessinateur. Des années d'amour et quelques secrets.



Maryse Wolinski, féministe convaincue, a la particularité de vivre depuis quarante ans avec un des plus affreux misogyne de Paris. Georges Wolinski, dessinateur de presse et de BD, était déjà tout auréolé de succès quand la jeune journaliste stagiaire du Journal du Dimanche le croise dans les couloirs du quotidien. Maryse Wolinski, dans ce récit plein de sincérité, d'amour et de tendresse, revient sur cette rencontre et les premières années de vie commune. Et l'auteur s'adresse directement à son homme. Wolinski avait la réputation d'être un veuf joyeux. Sa femme, morte dans un accident de la circulation, lui avait laissé deux petites filles. Il collectionnait les conquêtes. Pourtant, il reconnaît rapidement que Maryse sera la femme de sa vie. La petite fille blonde, copie conforme des personnages qu'il dénudait sans vergogne dans ses BD, mettra du temps à l'apprivoiser.

Amour et soumission

Un jour, allant à l'encontre de toutes les bonnes résolutions prises par Maryse, féministe désirant vivre libre, il accepte de l'épouser. Un mariage presque clandestin, mais qui marque, paradoxalement, un véritable tournant dans la vie du couple. Après la cérémonie, « des amis nous avaient envoyé des corbeilles de fleurs que nous avons étalées dans un champ près d'une maison que tu louais. Nous nous sommes allongés au milieu et nous avons fait l'amour jusqu'à ce que les étoiles nous avertissent que la nuit était tombée. » Cette relation, passionnelle, charnelle, n'empêche pas parfois de grosses fâcheries. Maryse ne supporte pas la vulgarité de certains dessins, notamment quand les femmes ne sont que des objets du désir. Elle a même souvent été tentée de partir, de quitter cet homme pouvant devenir épouvantable. Peine perdue : « Malgré mes résolutions, j'étais prise au piège de l'amour et de la soumission. »

Libido et virilité

Véritable confession parfois très personnelle, ce texte de Maryse Wolinski atteint l'universel quand il aborde le problème du désir et de la vieillesse. Tout couple se reconnaîtra en partie dans ces inquiétudes sur la virilité de monsieur ou la perte de libido de madame... Car la romance, commencée il y a quarante ans, a moins d'intensité qu'aux premiers jours. Georges est devenu un vieux monsieur. Toujours amoureux, mais vieux.

 Maryse fait tout pour contrer les ravages du temps. Sans grand succès. « Notre amour est aussi inoxydable que ma génération vers laquelle je t'entraîne en t'interdisant gentiment de vieillir. Mais je le sais aussi, dès que j'ai un moment d'inattention, tu en profites pour vieillir un peu. » Reste que si le corps de Georges Wolinski a vieilli, sa main continue de dessiner sa femme sous la forme d'une jeune fille blonde, peu vêtue. La preuve en image avec la couverture de ce livre réellement bouleversant par moment.

« Georges, si tu savais... », Maryse Wolinski, Seuil, 16 €

mercredi 6 avril 2011

BD - L'amour ambulant du "Magasin sexuel" de Turf


Turf a définitivement tiré un trait sur sa Nef des fous et s'est lancé dans une nouvelle aventure, plus actuelle mais toujours empreinte d'une douceur et d'une poésie trop souvent absentes des productions BD actuelles. « Magasin sexuel » a pour cadre le petit village des Bombinettes. 234 âmes, une spécialité alcoolisée (la Bombinette) et un maire récemment divorcé et très vieux jeu. Raymond Orloff (comme le rôti), belles moustaches de Gaulois, crâne dégarni, ventre rebondi, veille à la tranquillité de sa petite communauté. Il est presque victime d'une attaque quand il constate, le lundi, jour de marché, qu'un nouvel étal fait son apparition : un sex-shop ambulant. Passé son premier effroi, il tombe sous le charme la vendeuse, Amandine, jeune et réaliste, pas spécialement portée sur le sexe mais avouant qu'au moment d'entrer dans le monde du travail, « entre vendre des sextoys ou des courgettes, j'ai vite fait mon choix ! ». Adorable Amandine qui donne tout son charme à cette BD. Une héroïne comme on aimerait en rencontrer plus souvent dans la vraie vie.

« Magasin sexuel » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

BD - L'amour ambulant à base de sextoys


Turf a définitivement tiré un trait sur sa Nef des fous et s'est lancé dans une nouvelle aventure, plus actuelle mais toujours empreinte d'une douceur et d'une poésie trop souvent absentes des productions BD actuelles. 

« Magasin sexuel » a pour cadre le petit village des Bombinettes. 234 âmes, une spécialité alcoolisée (la Bombinette) et un maire récemment divorcé et très vieux jeu. Raymond Orloff (comme le rôti), belles moustaches de Gaulois, crâne dégarni, ventre rebondi, veille à la tranquillité de sa petite communauté. Il est presque victime d'une attaque quand il constate, le lundi, jour de marché, qu'un nouvel étal fait son apparition : un sex-shop ambulant. 

Passé son premier effroi, il tombe sous le charme la vendeuse, Amandine, jeune et réaliste, pas spécialement portée sur le sexe mais avouant qu'au moment d'entrer dans le monde du travail, « entre vendre des sextoys ou des courgettes, j'ai vite fait mon choix ! ». 

Adorable Amandine qui donne tout son charme à cette BD. Une héroïne comme on aimerait en rencontrer plus souvent dans la vraie vie.

« Magasin sexuel » (tome 1), Delcourt, 14,95 € 

mardi 5 avril 2011

BD - Le Découpeur frappe, Midi-Minuit veille


Jean-Charles Gaudin, s'il n'a pas le succès d'Arleston, est tout de même un des scénaristes les plus productifs des éditions Soleil. Et ses séries durent, preuve que le public est au rendez-vous. Meilleur exemple avec les Arcanes de Midi-Minuit qui en est à son 8e titre, presque un exploit chez l'éditeur toulonnais particulièrement prompt à interrompre la vie d'un héros ne touchant pas rapidement un large public. Jim et Jenna, les héros de ces histoires entre SF et fantasy, ont la particularité de ne jamais être vus ensemble. En fait il s'agit d'une seule et même personne, pouvant laisser la place à son double simplement grâce à un miroir. Si cette trouvaille était mise en avant dans les premières enquêtes, c'est moins vrai pour cette « Affaire Trinski ». Les deux agents sont envoyés dans une province du Royaume victime du coup d'Etat du chef des armées. Il terrorise la population. De même que le Découpeur, tueur sanguinaire armé de deux sabres et exterminateur de la résistance. Jim et Jenna auront fort à faire pour mettre hors d'état de nuire ces deux terreurs. Trichet, au dessin, aime les femmes sensuelles aux courbes généreuses. Un vrai plaisir pour les yeux...

« Les Arcanes du Midi-Minuit » (tome 8), Soleil, 13,50 €

lundi 4 avril 2011

BD - Derib et les Ahlalâââs au sommet du 9e art


Buddy Longway, Red Road : Derib s'est imposé dans le monde du 9e art avec des sagas réalistes au long cours. Pourtant cet auteur suisse a débuté dans la plus pure tradition de la BD franco-belge pour enfants, avec gros nez et jeunes héros positifs. En s'imposant dans le western social, il n'a pas totalement oublié ses premières amours et les éditions du Lombard nous donnent l'occasion de redécouvrir ce talent caché en rééditant « L'impossible ascension », première et seule aventures des Ahlalâââs. Ces microscopiques personnages, poilus et au langage limité, ont fait leur apparition dans le bref mais très remarqué Achille Talon Magazine. Le crâne lisse d'Achille Talon, tel est l'objectif de ces alpinistes experts. Ils vont, en 46 pages pleines de rebondissements, s'attaquer à ce sommet de la BD humoristique. Ils devront affronter une mite, un moustique, une coulée de blanc d'œuf et les mains de leur hôte qui n'apprécie guère ces démangeaisons. Étonnante et farfelue, cette BD prouve que Derib a plus d'une corde à son arc. Dommage que la suite, l'ascension du mont Lefuneste, autrement plus abrupt que son voisin tout en rondeurs, n'ai jamais vu le jour...

« Les Ahlalâââs », Le Lombard, 19,95 €

BD - Au sommet du 9e art


Buddy Longway, Red Road : Derib s'est imposé dans le monde du 9e art avec des sagas réalistes au long cours. Pourtant cet auteur suisse a débuté dans la plus pure tradition de la BD franco-belge pour enfants, avec gros nez et jeunes héros positifs. 

En s'imposant dans le western social, il n'a pas totalement oublié ses premières amours et les éditions du Lombard nous donnent l'occasion de redécouvrir ce talent caché en rééditant « L'impossible ascension », première et seule aventures des Ahlalâââs. Ces microscopiques personnages, poilus et au langage limité, ont fait leur apparition dans le bref mais très remarqué Achille Talon Magazine. 

Le crâne lisse d'Achille Talon, tel est l'objectif de ces alpinistes experts. Ils vont, en 46 pages pleines de rebondissements, s'attaquer à ce sommet de la BD humoristique. Ils devront affronter une mite, un moustique, une coulée de blanc d'œuf et les mains de leur hôte qui n'apprécie guère ces démangeaisons. Étonnante et farfelue, cette BD prouve que Derib a plus d'une corde à son arc. 

Dommage que la suite, l'ascension du mont Lefuneste, autrement plus abrupt que son voisin tout en rondeurs, n'ai jamais vu le jour...

« Les Ahlalâââs », Le Lombard, 19,95 €