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dimanche 18 février 2018

BD - Leda Rafanelli, l’enragée


Figure de l’anarchisme italien, Leda Rafanelli a eu une vie incroyablement dense. Sa chance, c’est d’avoir été formée comme typographe dès son adolescence. À la fin du XIXe siècle, rares sont les femmes sachant lire et écrire. Grâce à son métier, elle comprend le monde, les relations sociales et se forge une conscience politique. Elle sera anarchiste, écrivain et éditrice. Elle participe aux grands mouvements ouvriers du jeune royaume d’Italie, milite activement pour propager les idées anarchistes. Elle côtoiera les plus grands penseurs de ce mouvement. Et contribuera régulièrement à son évolution. Ainsi elle deviendra anarchiste individualiste, s’éloignant d’un collectivisme socialiste d’où elle fera la connaissance de Mussolini. Le dictateur fasciste, avant de prendre le pouvoir en 1922, a longtemps été le plus grand des orateurs de gauche, dirigeant le principal journal d’opinion du pays.

La BD dessinée par Sara Colaone n’occulte pas ces moments troubles de la vie de Leda. En plus d’être la maîtresse du futur Duce, elle devient musulmane, fascinée par l’Afrique et plus particulièrement l’Égypte. Devenue trop sulfureuse, elle a terminé sa vie comme cartomancienne à Gênes, ne publiant que sous pseudonyme.

➤ « Leda Rafanelli, la gitane anarchiste », Steinkis, 20 €

samedi 6 septembre 2008

BD - La fille d'Alain Bignon sur la route du bonheur

Traverser l'Amérique du Sud en vélo, profitant du périple pour rencontrer des auteurs de BD locaux. Ce pari fou, c'est Pauline Bignon qui l'a relevé. Cette jeune étudiante est la fille d'Alain Bignon, dessinateur trop tôt disparu. En plus de raconter son périple, elle a sollicité des dessinateurs européens, ayant connu son père, et les auteurs américains sur ce thème simple mais pas évident à illustrer : « Dessine-moi le bonheur ». 

L'ensemble de cette démarche se retrouve dans cet album souple de 48 pages avec un générique francophone prestigieux, de Juillard à Lepage en passant par Léo et Cabanes. 

Sans vouloir classer ces histoires courtes de quatre pages, celle de Lepage, notamment le passage sur la naissance de son premier enfant, respire effectivement le bonheur. Emmanuel Lepage qui signe également la couverture. 

La version de Léo et Rodolphe (qui ressuscitent au passage le personnage de Trent) plus classique n'en reste pas très humaine. Côté américain, c'est une véritable découverte qui est proposée aux lecteurs. Celle de Pablo de Santis (scénario) et Juan Saenz Valiente (dessin) émerge nettement du lot. L'histoire d'un romancier en panne d'inspiration, qui finalement rencontre le succès en achetant « la plume des histoires tristes ». Il sombre dans la dépression et la solitude, mais avoue au final qu'il « n'y a pas de plus grand bonheur que d'écrire des histoires tristes ».

« Dessine-moi le bonheur », Dargaud, 10,40 €